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La
Généalogie de la famille de Perellos (2ième partie) - La généalogie certaine |
Les
fils de Ramon I : Ramon II et Francois I
Au
XIVième siècle, un Ramon de Périllos est désigné
comme « seigneur du misérable village de Perellos ».
Mais à la fin de ce siècle, on le trouve parmi les plus hauts
rangs de la noblesse Aragonnaise. Comment la famille a grimpé l’échelle
de la noblesse reste encore une énigme, même si leur position
de « famille qui possède des territoires frontières
» ne pouvait être sous-estimée.
On
commence cette histoire avec « Raymond Ier de Périllos
». Quelques sources le disent « décédé
en 1352, Damoiseau en 1300 ». Il a au moins deux fils : Ramon II,
l’aîné, et un Francois. On retrouve la première
mention de Ramon II, qui est mort en septembre 1384, vers 1349. De 1351
à 1353, il est magistrat en chef du Conflent. Il est aussi maître-queue
royal et porteur de bras du Roi Pierre III de Catalogne-Aragon. Pour ses
compétences, il est envoyé en Angleterre et Avignon comme
diplomate par le roi, qui lui accorde toute sa confiance. Plus tard, il
est envoyé en mission à Pise (Italie), pour rassembler des
fonds pour l’entretien des soldats du vicomte Bernat de Cabrera (1354).
Il a épousé Isabelle de Ro(u)venac, mais ce sera un mariage
sans enfants. Son épouse est une femme d’importance : elle
est dame de la moitié de Joch, héritière de son père,
Roger, et par achat de l’autre moitié, avec Finestret et Sahorre,
d’André de Fenouillet, vicomte d’Ille sur Têt (1357).
Le roi lui avait vendu la jurisdiction correspondante (1356). Sa belle-soeur,
Esclarmonde de Rouvenac, héritière d’Isabelle (décédée
vers 1378), lui cède tous ses droits (1383).
Ramon se retrouve alors seigneur du château de Rodès (1359),
à titre perpétuel (1370) et fut procurateur lors de l’alliance
entre le comte de Foix (1365) et le gouverneur du Roussillon (1376). Ramon
se trouve sans héritier et il se remarie vers 1378 avec Constance
de Manresa qui est l’aînée de Ramon, née vers
1345. Ce mariage donne trois filles: Eléonore, Constance et Béatrix,
ce que veut dire qu’à la mort de Ramon II, le titre revient
à son frère Francois.
Constance
de Périllos, née vers 1380, est mariée en 1401 avec
Bernard-Bérenger de Peyrepertuse, Huissier d’Armes du roi.
Béatrix de Périllos est née vers 1381, décédée
après 1438 et mariée en 1398 avec Hugues de Carmaing,
né
vers 1360 et décédé vers 1437 (à l’âge
de peut-être 77 ans), Sénéchal de Toulouse. Eléonore
de Périllos, née vers 1385, est décédée
en 1456 (à l’âge de peut-être 71 ans) et mariée
en 1404 avec Michel de Périllos.
Le château de Rodès
Avec
sa soeur Constance, Eléonore était sous la tutelle de leur
mère et de leurs cousins Raymond de Périllos et Ferrer de
Marimon i de Manresa (1390). Le roi leur achète la location du château
de Rodès et leur vend la propriété foncière
perpétuelle de Llo. Quand ses cousins souhaitent aller en Sardaigne
avec le roi, le monarque nomme un autre cousin, Pons de Périllos,
comme précepteur. Selon la volonté et le testament de leur
père, Eléonore était promise à Michel de Périllos
qui l’a épousée en 1404, devenant sa veuve en 1407.
Plus tard, elle a épousé Bérenger de Vilaragut, qui
est décédé en 1449.
Sa soeur Constance avait épousé Bernat Bérenger de
Perapertusa (1401), et leurs enfants étaient des prétendants
au domaine d’Eléonore, qui n’eut aucun enfant. Le Roi
Alphonse a décidé qu’Eléonore morte, la reine
hériterait de ses domaines. Cependant, ceux-ci ont été
réclamés par François de Périllos y Rocaberti,
le quatrième vicomte de Rueda, suite à une donation faite
à son grand-père Raymond de Périllos, et aux terres
qui lui ont été accordées en 1452. La concession est
entrée en vigueur au moment de la mort d’Eléonore. Néanmoins,
quelques années plus tard, le territoire est acquis par la famille
de Peyrepertuse.
Francois
I
L’héritier est son frère, Francois – ou Francisco pour les Espagnols –, qui est considéré comme le vrai « fondateur » de la famille. Il est né entre 1300 et 1305, décédé avant avril 1370. D’un simple « bailli et chatelain de Tautavel et de Salses », en 1358, il est élevé au rang de « ricos hombres » – les hommes riches –, alors la plus haute noblesse, recevant le 30 mars 1366, les villes de Roda et Epila. Il devient alors le « Vicomte de Roda » et c’est vers 1360 que se dévelope la fortune de la famille.
Francois est capitaine, homme politique et diplomate, dans le service de
Pedro (Pierre) IV el Ceremonioso (Balaguer, Cataluña, 1319 - Barcelona,
1387) en Majorque, Valence, Castille et Angleterre. Il sert alors comme
ambassadeur du roi Aragonais, où déjà en 1354, il est
connu comme majordome de la maison royale. Il est en France pour le mariage
de Louis d’Anjou avec dona Juana, la fille de Pedro IV. Après
son titre de « Vicomte de Roda » en 1366,
il
est nommé Amiral de France par Charles V de France. Il a cette fonction
jusqu’au 3 juillet 1368.
Pedro IV
Francois a comme épouse Constance de Fenouillet. A cette époque, il est parfois coutume de ne pas donner la liste totale des enfants. La généalogie s’intéresse souvent plus aux fils qu’aux filles, et plus aux héritiers qu’à ceux qui n’ont rien. Dans la version officielle, on lit cette liste d’enfants:
1.
Brunisen (Brunissende) Perellos, qui se marie avec Aymarich de Centelles
2. Ramon Perellos (III), qui lui succède
3. Francisco Perellos (II), qui va succèder après
4. Ponce Perellos, qui sert la reine d’Aragon, Yolande/Violante, et
se marie avec Marie de France, dame de chambre de cette reine
Une autre version, que nous appelons la « version française », donne une liste des enfants, en ajoutant « entre autres » :
1.
Michel, archevêque d’Embrun (- 1427)
2. Ramon (-1408)
3. Pons (- 1416)
4. Yolande
On note que les deux versions disent bien que le deuxième fils, Ramon, est héritier, bien que les raisons données pour expliquer que le fils aîné ne soit pas héritier semblent différer. On note aussi qu’à ce moment, le blason de la famille est connu : d’or à trois poires au naturel (Armorial de Gelre, folio 63r), parfois avec 6 poires, 3, 2 et 1 – ce dernier sera plus tard de moins en moins utilisé.
La
vie de Michel et Pons
La
« version francaise » note la présence de Michel et de
Pons, qui ont, bien évidemment, existé. En 1370, Michel était
évêque de Mallorque. Il fut nommé Archevêque d’Embrun
(1378) par le pape d’Avignon Clément XII, probablement grâce
à l’influence de son père qui, à ce moment, résidait
à la Cour royale de France à Paris. Mais on note que Michel
était aussi proche de Pedro de Luna, le futur pape Benoît XIII.
Il reçut son titre dans la grotte merveilleuse de Gaëté,
dans le royaume de Naples et « que la tradition rapporte à
la mort du Fils de Dieu ». Michel est devenu archévêque
d’Embrun au moment où son prédécesseur “Pierre
de Sarracenas” recevait le chapeau rouge de cardinal des mains de
Pedro de Luna. Or, “Pierre de Sarcenas” (ou, dans ce cas “Sarracenas”)
n’était nul autre que Pierre Amiel, mais “d’Embrun”,
et à ne pas confondre avec le Pierre Amiel “de Brenac”.
Il a, dans le débat
des papes, bien soutenu le pape Benoît XIII, qui, à sa demande,
lui a envoyé Vincent Ferrer (1401) pour prêcher dans l’archidiocèse.
Dans cette action pastorale, il fut aidé par son sacristain vicaire-général
Jaume Albert, ancien curé de Perpignan. En 1415, il a rendu hommage
à l’empereur Sigismond à Perpignan par l’intermédiaire
de son frère Raymond, deuxième vicomte de Rodès, qui
prête le serment à sa place au nom de l’archévêque,
du chapitre et du clergé d’Embrun. Il était protecteur
de l’Ordre de Citeaux et est décédé le 1er mai
1427 à Embrun.
Pape Benoît XIII
Quant
à Pons, il est cité en 1378 dans un partage familial pour
le fief de Montner. Il hérite d’Arnaud de Puigdorfila une partie
de Mallorque. Après 1391, il passe plusieurs années en France
comme administrateur de Jean Ier d’Aragon. Il acquiert de la reine
en 1381 le contrôle de l’industrie de la pêche de Perpignan,
ce qui, sans doute, a dû améliorer les caisses de la famille.
Comme déjà vu, il était précepteur auprès
des filles de son oncle Ramon de Périllos (1393), et le roi lui a
donné la juridiction au-dessus de Glorianes, de Rigardà, etc.
Comme chambellan de la Reine Violante, il s’occupe de ses affaires
à Daroca et Calatayud (1398). Elle lui vend des terres à Llauró
et Tresserra, ainsi que la juridiction de Nidoleres, de Vilamulaca (1399),
etc. Il était ambassadeur à la Cour papale (1399) et à
celle de Bourgogne (1409). Pendant l’inter règne, il a été
envoyé auprès de Ferdinand I de Castille pour des affaires
liées à la succession du trône, et à sa demande
les troupes castillannes se retirèrent de Catalogne (1411). Ferdinand
l’envoya auprès du comte d’Urgell, et il fut un des procurateurs
qui ont arrangé le serment de fidélité du comte au
nouveau roi (1412). Il se marie avec Maria van Steenhoont, dame de compagnie
de Violante de Bar, venue à la cour avec elle.
Ils ont trois enfants : Michel, Pons et Jeanne, qui va avoir une relation
avec Louis II de Châlon-Auxerre (1380-1423), comte de Tonnerre (1398-1410)
et Seigneur de Rochefort (1398-1424). Bien que celui-ci ait été
marié avec Marie de la Trémoille, son aventure avec Jeanne
donnera naissance à un fils, Jean de Châlon, dit ‘bâtard’,
qui se mariera avec Jeanne L’Orfèvre.
Ramon
III 
L’héritier de François I est, quand même, Ramon III, qui hérite du titre de vicomte de Roda. Il est né vers 1325, mort en 1408, bien que certaines sources, moins ‘sûres’ le placent « avant 1419 ». Dans sa vie, il est conseiller et chambellan de Jean I d’Aragon, mais plus connu pour son voyage au Purgatoire St Patrick. A son retour, il devient page du roi Francois Charles, à cause de l’alliance de son père Francois avec ce roi.
Purgatoire St Patrick
Avant, en 1387, sur ordre de Juan (Jean) I, il emmena Pedro de Luna de Rome
à Avignon en bateau. C’est en 1391 que le roi d’Aragon
créa la “Vicomté de Périllos” réunissant
les terres de Périllos, Millas, Céret, Montner, Réglella
et autres, ce qui fait que Ramon devient le “Vicomte de Roda et de
Perellos” : il est alors le premier vicomte de Périllos et
le second de Rueda (Rodès-Roda).
Il est en plus Seigneur de Millas, Néfiach, Saint Marsal, Saint Martin
de la Ribera, Céret et Argelès, ainsi que diplomate et auteur.
Henri de Transtamare lui a donné la ville d’Igualada. Il fit
partie de la ligue des nobles contre les vicomtes de Cardona et de Castellbò
et fut envoyé comme ambassadeur en Angleterre, pour les pourparlers
d’une alliance avec le duc de Lancaster. De retour par Santiago en
Galicie, il fut fait prisonnier au royaume de Grenade, et sa rançon
fut payée par Pierre III de Catalogne-Aragon (1374). Il a servi comme
capitaine des offices du roi de Chypre (1377-78) et, comme administrateur,
chambellan et conseiller du prince Jean, il a acheté Voló,
Thuir et Montesquieu à son jeune maître en 1381.
Alphonso
V d'Aragon
Alors,
Jean d’Aragon l’a envoyé aux Cours papales d’Avignon
et de France, mais aussi auprès des ducs de Bar pour arranger la
dot de la future Reine Violante (1382-87). Il fut appelé seigneur
de Céret, et le roi lui a donné la juridiction pour poursuivre
ses débiteurs de Millars, Saint-Marcel, Périllos, etc. (1387).
Il achète le château d’Estagel de Bernard de Senesterra
en 1390. Il est fait maréchal de camp du Roussillon, à vie
(1389), et captaine des trois offices armés par le pape Benoît
XIII (1390). La même année, il est un des précepteurs
de sa cousine Eléonore de Périllos. Il a acquis le château
de Rodès et le village de Llo (1393), et en 1396, a été
envoyé pour conclure un traité entre le comte d’Armagnac
et le roi de France, dans l’espoir d’éviter une invasion.
Il participe à l’arrangement du mariage de Jean de Lusignan,
fils du Roi de Chypre, avec Isabel, sœur de Jean I d’Aragon et
se marie avec Elvira, deuxième fille du Vicomte de Rocaberti ; ils
ont deux fils, même si quelques versions parlent –avec erreur
– d’un seul enfant, Ramon. En vérité, ils sont
deux : Ramon, son successeur, et Louis.
Ramon
IV
Ramon IV était le troisième vicomte de Rueda, et le second de Périllos, mort vers 1442 et aussi connu sous le nom de Raymond de Canet. Un monument funèbre fut d’ailleurs « érigé en son honneur, en marbre blanc, dans l’église Saint Francois de Perpignan ». Ce monument montrait Ramon de Perellos « en costume de guerrier, revêtu de son armure et avec le chien symbolique à ses pieds », comme le note l’abbé Capeille. Malheureusement, ce monument disparut au temps de la Révolution. Il a conseillé l’Infant Alphonse V, roi d’Aragon et Naples. En 1415, il l’a accompagné en Sicile. Comme seigneur d’Algerri, il eut une inimitié avec Jean de Luna (1417). Il a épousé Clara de Sagarriga en 1419 et fut gouverneur à vie des comtés de Roussillon et de Cerdagne, en 1421, après la démission de son beau-père, Raymond de Cagarriga, de cet office.
L'église
Saint Francois de Perpignan
Comme
les autres sires, Ramon se retrouve normalement en dehors de Périllos
– un endroit qu’ils ont apparemment quitté déjà
depuis plusieurs décennies. Il a participé à la première
campagne contre Naples, où il a aidé et libéré
Jean II, en forçant le retrait de la flotte angevine. Le roi lui
accorda Castelnou et il fut fait Lieutenant-Général de Calabre.
Fait prisonnier par Sforza, il est libéré lors d’un
échange de prisonnier. Le roi lui cède alors tous les droits
sur la Vicomté d’Ille-sur-Têt et de Canet, après
le décès de Pierre de Fenouillet en 1423, mais cette donation
lui fut retirée plus tard. Il eut aussi le droit à rachat
de la Vicomté d’Àger (1421). En 1427, il achète
les terres de Claira, de Saint-Laurent de la Salanque, d’Eus, etc...
ainsi que les terres de Thuir appartenant au roi (1429). Cependant, les
habitants de Thuir protestent, le forçant à renoncer à
ses droits. Il est fait Capitaine Général de la marine (1428)
et sert l’Infant Pierre à Naples et sur la côte africaine.
Puis, il accompagne le Roi Alphonse, en participant aux négociations
pour la trêve avec la Castille et la Navarre (1430). En compensation
de la vicomté d’Ager en Catalogne (1431), il reçoit
des revenus de Voló, de Corsavy et de Montbolo. La généalogie
espagnole nous informe qu’il a aussi reçu pour ses services
la baronnie de « Sesa y Taravel » dans le Royaume de Valence
; la généalogie francaise les nomme Ceta et Taravell.
On le retrouve à Tunis, à la tête d’offices armés
en 1432, et en 1433, il est envoyé par le roi près de l’empereur.
Il se retire ensuite en Sicile, laissant la lieutenance du Roussillon à
son frère Louis. Il était membre du Conseil royal de Gaeta
(1436), devint plus tard vice-roi de Sicile, et acquit Castellammare di
Stabia en 1441.
Durant un certain temps, il fut en litige avec sa belle-mère, Violante de Luna, qui réclamait les terres de Céret par droit de dot (1430-33). Il a également eu un conflit légal avec Constance de Périllos, la veuve de Peyrepertuse, procès fini à Millars en 1432. Ramon est mort entre 1441 et 1444 (quelques sources indiquant 1442), sans héritiers, à Córcega.
La
succession
Avec
la mort de Ramon IV sans héritiers, la famille devait trouver un
héritier. Une version « populaire », sinon populiste,
dit que les biens furent divisés en trois parts égales, au
bénéfice de chacun des deuxièmes fils de chacune des
trois sœurs mariées. Une telle maneuvre ne correspond pas à
la vérité. Malheureusement, les généalogistes
ont omis de consulter des dossiers historiques, qui nous informent comment
la version « officielle » va en effet continuer la lignée
avec un « Francois II de Fenouillet ».
« Francois I de Fenouillet » est le fils cadet de Louis de Périllos et l’oncle du Ramon qui est mort sans descendance masculine. Le titre « de Fenouillet » a été pris (sans doute du mariage antérieur de Constance de Fenouillet avec un Ramon de Périllos) et en fait, « Francois I de Fenouillet » est un « de Périllos ». Louis était lieutenant de son frère Ramon. Sa deuxième épouse était Simonette de Poitiers, qui a acquis les terres de Glorianes et de Rigardà de Jeanne de Périllos, la Comtesse de Tonnerre.
Ainsi, le neveu de Ramon, Francois II de Fenouillet, devient le nouveau comte de Périllos. Dans la biographie de Ramon IV, on retrouve des lettres d’Alfonso V, datées du 23 février 1428, qui confirment le rachat par Ramon IV des terres et droits du feu Pierre de Fenouillet, décédé en 1423 et qui avait laissé ses terres à sa nièce, la reine Marguerite, veuve de Martin d’Aragon. Comme Ramon IV n’a pas d’héritiers, les terres et titres passent donc à Francois II de Fenouillet.
Après
la mort de Ramon, les Fenouillet/Périllos laissent « glisser
» le village. Francois de Fenouillet a des dettes énormes,
qui sont sans doute à l’origine de la vente de Périllos.
Quand la transaction a lieu, le 6 mai 1441, on peut soupçonner que
peu de temps avant, Ramon IV était mort (l’abbé Capeille
nous informe de sa mort : « vers 1442 »), mais la vente en 1441
peut aussi être en rapport avec l’acquisition de Castellammare
di Stabia par Raymond IV. Ce jour, Francois de Fenouillet donne le château,
la tour et le village de Périllos à son cousin, Jaspert de
Tregura. Quarante ans après, Périllos sera de nouveau vendu.
Le 6 novembre 1482, Jaspert de Tregura (habitant d’Ille-sur-Têt
et apparemment le fils de Jaspert qui a acheté Perillos) vend Périllos
à Guillaume de Gleu (Gléon). Le prix est de 70 livres.
A ce moment, les terres de Périllos passent dans la famille des Durban-Gléon
qui prend le titre de ‘vicomtes de Périllos’ pour la
noblesse francaise. C’est le docteur Paul Courent qui a écrit,
après sa retraite à Rennes-les-Bains, la généalogie
de la famille Durban-Gléon. Il nomme au « 16ème degré
» de cette famille, Guillaume III, « Chevalier Senior de Gléon,
Treilles, Durban et Jonquières, Lt. Du Sénéchal de
Carcassonne. » On note que celui-ci est envoyé en ambassade
en 1451 par Marie d’Anjou, reine de France, vers la reine d’Aragon,
pour la restitution de ces terres. C’est lui qui va recevoir les terres
de Périllos. Il fait son testament le 7 janvier 1490. On sait que
sa veuve vivait encore le 7 février 1503.
Il se marie avec Yolande de Ribes, fille de Francois de Ribes, et ensemble
ont Edouard de Gléon comme enfant. On le sait écuyer, seigneur
de Gléon, et époux de Francoise de Rocaberti, fille de Rocaberti,
seigneur du château de St Maurice. Ni son père, ni son fils
Edouard utilisent le titre de « Vicomte de Périllos ».
On devra attendre le 21ème ‘degré’ avec Olivier
VIII, qui utilisera les titres de Seigneur de Durban-Gléon, Vicomte
de Périlllos ; celui-ci avait dans sa propriété le
domaine de la Belle Auriole et la justice d’Opoul. En Espagne, le
titre de Périllos existait toujours à cette époque
dans la famille La Nuca/La Nuza, mais la terre de leurs aïeux n’appartient
plus à cette branche de la famille.