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Société Périllos ©

Le monde souterrain d’Opoul-Périllos

 

Nos récents travaux sur le secteur général de Périllos nous ont permis de découvrir de nouvelles cavités souterraines. En effet, nous avons besoin, pour nos prochains travaux concernant le symbolisme du territoire des Périllos, de la disposition des grottes et réseaux naturels souterrains de la région. Un des membres de la Société Périllos, natif de cette région, a dressé pour nous une liste de ces points souterrains dont il connaît l’existence et les moyens d’y accéder. Le premier travail d’archives terminé, nous avons entamé les premiers repérages, sur sites, de cavités connues et plus ou moins répertoriées.

Le projet de dossier concernant les suites de nos recherches prendra en compte l’aspect des cavernes et des réseaux accessibles à l’homme. De fait, nous exclurons, dans un premier temps, tout ce qui concerne les parties de ce monde de l’obscurité que ne pouvait fréquenter l’homme, avec les moyens et possibilités d’éclairage dont il disposait à l’origine. En ce qui concerne l’usage de torches dans des espaces réduits, cette méthode devait poser le problème de la clarté d’abord, mais aussi celui de l’oxygène indispensable à la fois à l’homme et son moyen d’éclairage par combustion. Ensuite, dans un espace réduit, une torche émet parfois plus de fumée que de clarté… ce qui la rend pratiquement inutile. L’ensemble des impératifs, et des résultats attendus, devait être une sorte d’équation rendant impraticable certaines parties trop basses ou exigues des avens naturels du secteur. A ceci s’ajoutent, plus tardivement, les souterrains taillés par la main de l’homme ou les passages naturels aménagés pour une circulation acceptable avec tous ses impératifs d’éclairage. On pourrait, évidemment, ajouter le système des lampes à huile, mais ce dernier nécessite l’usage de plusieurs lampes à la fois et, lui aussi, engage un problème de combustion.

Nous avons déjà évoqué plusieurs fois la question d’un réseau naturel réaménagé pour les besoins de l’homme. C’est le cas pour l’aven sur lequel est construite l’église St Michel du village de Périllos, ancienne chapelle castrale des seigneurs. Ce genre de choix semble s’être imposé de nombreuses fois avec plus ou moins d’interventions de l’homme sur une galerie naturelle qu’il réadapte à la mesure de ses besoins. Le monde souterrain du territoire de Périllos est d’une richesse inouïe et nous réserve encore de nombreuses surprises et découvertes importantes pour la compréhension de l’énigme du passé de cette région oubliée. Le recensement de ces avens, grottes, cavités et réseaux se fera surtout sur les sites montrant indiscutablement des traces d’occupation humaine. Ces dernières seront retenues dans plusieurs catégories: sédentaire, ponctuelle, rituelle, funéraire, guerrière ou religieuse.
Ce genre de sites ne peut juridiquement, tout au plus, qu’être visité dans la mesure où il ne s’agit que de découvertes fortuites ou à but spéléologique. A aucun moment nous n’engagerons la moindre recherche pouvant déboucher sur un aspect archéologique. Cette dernière est formellement interdite sans la présence d’un spécialiste dûment autorisé, ou hors du cadre strict de la législation en cette matière.
De toute évidence, les cavités naturelles de la région ont de tous temps été occupées par l’homme depuis ses lointaines origines. Le fait de ne rien avoir trouvé en archives sur un site ne signifie surtout pas qu’il n’ait jamais été utilisé. Le meilleur exemple serait celui de la ‘Caune d’Arago’, sur le territoire de Tautavel. Durant des siècles rien ne laissait supposer qu’une découverte d’importance mondiale serait faite ici. Puis ce fut la mise à jour de quelques vestiges épars… jusqu’à ce jour de 1972 où eut lieu la découverte d’un crâne humain qui allait bouleverser la communauté scientifique. Aujourd’hui, ce site s’est avéré riche de 190 individus ensevelis ici. Personne ne peut imaginer que si nos ancêtres occupaient la ‘Caune d’Arago’ ils se soient cantonnés à ce seul site et nulle part ailleurs. Si l’homme était là, il se trouvait également forcément dans les environs, voire jusqu’à une distance de 40 km qu’il parcourait pour trouver le minéral indispensable à son artisanat… Si l’on admet que les abris naturels du secteur de Périllos se trouvent à moins de 40 km, il faut supposer que l’homme de cette époque en avait connaissance et sans doute les fréquentaient-ils. C’est en tous cas l’avis des spécialistes du musée de Tautavel avec qui nous avons abordé ce sujet.
Ensuite, la colonisation de ces territoires, sans doute, ne cessa jamais plus. Au-dessus de la chapelle Ste Barbe se trouvent les vestiges de plusieurs mégalithes dont un dolmen démantelé. Là encore, comment imaginer que les artisans de ces monuments n’aient pas investi les grottes et abris pour leur besoins sédentaires et rituels ?... C’est impossible ! Les peuples de l’Antiquité pratiquant quasiment tous le culte du monde souterrain, pouvaient-ils ne pas privilégier les opportunités souterraines de ce pays ? Là encore, nier cette évidence serait une sottise. Quant aux romains, rares étaient les lieux de ce genre qui échappaient à leur intérêt… Le reste de l’histoire nous est un peu plus connu. C’est ainsi que beaucoup plus tard, Ramon de Périllos, revenant de son pèlerinage en Irlande, affirme à son tour savoir que sur ses terres se trouve l’accès vers l’autre monde ! L’histoire souterraine des terres ‘périllossiennes’ est engagée et ne se défera jamais plus. C’est dire la richesse de fréquentation des cavités profondes de ce territoire aussi vieux que l’homme… de Tautavel. L’histoire est souvent un éternel recommencement, nous dit-on. C’est sans doute vrai si l’on observe, avec humour, que si l’homme de la ‘Caune d’Arago’ colonisa sans doute les grottes de Périllos, les seigneurs de ce territoire ‘rendirent la monnaie’ beaucoup plus tard en inféodant Tautavel…

Actuellement, nous disposons d’une première liste qui ne tardera pas à s’allonger dans les mois qui viennent grâce aux recherches sur le terrain, conduites par plusieurs de nos adhérents du secteur concerné.
Nous apportons une classification arbitraire de ces sites que nous rangeons en catégories : ‘grottes et cavernes’, ‘avens’, ‘puits’ et ‘citernes’.

Remarques

Ce dossier sera mis à jour au fil des découvertes que nous ferons.
Il reste entendu que nous ne situerons jamais les emplacements précis de tous ces points. Nous ne répondrons donc pas à ce genre de demandes. C’est le seul moyen, hélas, de tenir ces sites éloignés des habituels saccages, destructions et pollutions du pire imbécile ennemi de la nature : l’homme !

Catégorie ‘Grottes et cavernes’

La grotte ‘des mouches'

- La Caune. La grotte de la Caune. Il s’agit d’une grande caverne dont nous avons plusieurs fois fait mention. Ce site est visité et accessible sans difficulté à son premier niveau.

- La grotte ‘des mouches’. Depuis peu de temps, nous avons retrouvé une cavité à peu de distance de La Caune. Il s’agit d’une caverne sans doute oubliée depuis longtemps puisque cette découverte est totalement fortuite, mais cependant prometteuse de remise à jour conséquente. En effet, se retrouvent ici les fameuses ‘croix’ foisonnant dans la Caune. Ce site n’a pas subi les dégradations affligeantes devenues monnaie courante sur le secteur. Nous pouvons envisager que ce soit un des deux lieux possibles de la mythique ‘grotte Oursv’.

- ‘Oursu’. La grotte « OURSV » ou « ORSU » (deux écrits en donnent une orthographe différente). Elle devait être accessible, puisque le prêtre local y conduisait, irrégulièrement, une sorte de procession. Nous en cherchons toujours l’accès.

- ‘La grotte du déserteur’. Repérage également d’une caverne ayant servi de refuge et de cachette à un déserteur, d’où son nom ‘Grotte du déserteur’. L’endroit est visiblement un abri sécurisé à l’abri de tous les vents. A l’intérieur, une partie est soigneusement murée et on y retrouve les vestiges de plusieurs époques d’occupation (cheminée rudimentaire, une sorte de banquette en pierre). L’entrée, invisible et très basse, est quasiment impossible à localiser si on ne la connaît pas. Le cheminement qui y conduit est long, pénible et parfois difficile. Le lieu est très élevé et dispose d’un angle de vue impressionnant. Sans doute, tous les détails et avantages de cette cavité lui ont-ils permis de servir d’abri sécurisé à des personnes en marge de la société pour diverses raisons.

Nous avons localisé une caverne avec un grand porche sur le versant conduisant au ‘radar météo’. Si cet orifice en lui-même n’a rien d’exceptionnel, son nom a de quoi retenir toute notre attention, car il s’agirait de la fameuse « grotte de l’Esprit ». A bien y réfléchir, et observer la topographie des lieux, il se pourrait qu’il s’agisse de la seconde possibilité de la ‘grotte Oursv’ qui servait de but au pèlerinage oublié. Un second repérage plus précis se déroule cet été de 2006.

Une grotte, située près du four à verre retrouvé, se remarque particulièrement par deux détails importants. Le premier est l’adjonction d’une ancienne porte prise dans une muraille qui condamne l’entrée. Ce détail, pouvant se comprendre en cas de réutilisation de la cavité à usage de bergerie ponctuelle, paraît curieux ici, en raison du fait que le volume intérieur est trop réduit pour abriter un troupeau… L’accès n’en est pas facile non plus et on a du mal à imaginer ces animaux faire de l’escalade pour rejoindre un abri, de plus, loin de tous points d’eau. Le second détail se présente sous la forme d’un petit abri sous roche situé près de la grotte. Cette petite anfractuosité n’aurait pas de quoi attirer l’attention si elle ne comportait certains détails de points gravés sur sa petite paroi de gauche. Ces ‘gravures’ sont visiblement très anciennes… et incluses dans une forme de la roche naturelle pouvant ressembler au relief d’une forme animal accentuée par de légères retouches artificielles dues à la main de l’homme. Ce petit abri est peu facile d’accès et ne pourrait être suffisant pour recevoir un être humain qui ne s’y logerait qu’avec des contorsions incroyables et très inconfortables… Tout le problème de ce site double est encore à résoudre. Nous tenterons un relevé précis prochainement.

Catégorie ‘avens’

Champ de la mort

- L’aven ouvrant sous l’église, ancienne chapelle des seigneurs de Périllos. Ce site est pour l’instant inaccessible et non visité… Cependant, nous disposons d’un relevé sur la partie extérieure à la chapelle, réalisé par une équipe professionnelle en la matière.

- Trois avens sans noms autour du village abandonné. L’un d’entre eux est encore empli de restes d’animaux, sans doute jetés, morts, afin d’éviter une contamination. Ces ouvertures ne sont visiblement pas des cavités utilisées à d’autres fins que celles de décharges très anciennes.

- Un aven depuis peu a été retrouvé à proximité du lieu-dit ‘La Mourtre’. Il s’agit, en vérité, d’un ensemble se composant d’un petit vallon en friche et d’une hauteur en ‘oppidum’. Le tout était appelé le ‘Champ des tombes’ ou ‘Champ de la mort’ ou ‘des morts’. L’ouverture se situe au sommet sous la forme d’un tout petit aven qui s’ouvre très vite après l’entrée. A première vue, l’endroit a fort bien pu servir de nécropole ou de lieu de culte très primitif. Par exemple, nous pouvons imaginer que pouvait se dérouler ici un rite funéraire simple, consistant à descendre la dépouille en position ‘debout’ et la déposer ensuite dans les ramifications du réseau souterrain naturel. Cette inhumation a pu aussi se produire de façon très ponctuelle. Une légende raconte que dans le petit vallon eut lieu une bataille terrible ayant fait de nombreuses victimes dans les deux camps. Ces dernières furent mises ensemble dans l’aven sans distinction de clan… et unies indifféremment dans la mort. Nous prévoyons une exploration avec l’aide de spéléologues chevronnés dont un secouriste spécialisé en la matière… Le fait que ce site se trouve près de ‘La Mourtre’ retient toute notre attention. Donc il s’agit, pour nous, d’une affaire à suivre avec le plus grand soin.

Catégorie ‘puits’

Les puits étant très nombreux dans ce secteur, nous nous cantonnerons à retenir seulement ceux qui peuvent apporter plusieurs remarques utiles à nos travaux. Ces points d’eaux, il faut le remarquer, annulent radicalement la légende racontant que la désertion du village de Périllos fut la conséquence d’un manque d’eau crucial, puisque l’un de ces puits se situe très près du village qui en comptait au moins trois dans son enceinte !
Une bonne dizaine, bien connus des chasseurs et de certains habitués, sont recensés dans les proches alentours.

- Dans les ruines du village se trouvait une sorte de… ‘puits soufflant’. Il s’agit d’un petit aven, peu profond (moins de quatre mètres), au fond duquel on ressentait, et quelles que soient les conditions climatiques, un courant d’air permanent, capable de faire vaciller, toujours dans la même direction, une fumée ou la flamme d’une bougie.

- Un autre point d’eau, situé plus en contrebas du hameau, est un de ceux à forte contenance et ayant réputation de n’être jamais à sec. Il est sur une propriété privée et a pour nom ‘le Puits de France’. Son eau y est carrément froide et abondante en été. L’édifice entièrement construit et fermé est maintenant enseveli dans un roncier profond. Une résurgence de sa nappe se retrouve encore plus bas avec un débit montrant l’importance de sa quantité.

- Près de la route de Périllos, au plateau du château dit improprement « d’Opoul », se trouve sous une roche avancée un puits qu’on nous a désigné sous le nom de « puits du Duc ». Il est profond et très bien maçonné. Son niveau est constant et son eau est fraîche et potable.
C’est à moins de cent mètres de la grotte de la Caune côté Périllos du chemin d’accès que se trouve ce point d’eau. Notons que son mode de construction est en cône descendant prononcé. Il est identique dans ce principe avec celui « du Duc ».

Catégorie citernes

- Dans les ruines du village de Périllos, nous avons fini par retrouver la localisation d’une citerne souterraine du donjon et d’une autre à usage des habitants. Ces ‘réserves’ sont oubliées et plus personne ne semble en connaître l’existence et le lieu. L’une d’entre elles est en parfait état de conservation, jusqu’à sa pierre commémorant son dernier curage et sa dernière remise en état. Il se pourrait même que la citerne du château ait été accompagnée d’une sorte de petite ‘glacière’, ce qui serait une construction très exceptionnelle dans ce secteur régional, voire unique.
Une précision : dans notre propos, nous ne prenons pas en compte la citerne extérieure du ‘Lézard’ qui est alimentée par les eaux de toiture.

- Pour information, nous ajoutons les citernes du plateau de ‘Salveterre’. Elles se trouvent dans l’enceinte du château et à l’extrémité nord du plateau. Ces dernières sont extrêmement dangereuses car non signalées, ni protégées. Elles sont profondes et colonisées par de nombreux reptiles dangereux. La municipalité ne signalant pas ces dangers, nous recommandons à nos lecteurs de ne pas tenter une approche avec des enfants ou des animaux. Nous donnerons prochainement des relevés complets de ces réservoirs essentiels à la vie d’autrefois sur les lieux.

A propos de grottes

Notons que nous en sommes à trois grottes (plus une autre que nous cherchons encore) qui étaient défendues par des portes métalliques (aujourd’hui défoncées et arrachées). La réponse que nous avons eue à notre interrogation se cantonne au fait qu’il s’agissait de bergerie… et que les bergers fermaient leur troupeau pour la nuit. Mais oui… pourquoi pas ! Nous ferons remarquer que ces cavités sont d’un accès si difficile qu’il n’y avait pas besoin de verrouiller les bêtes… car elles ne pouvaient accéder au lieu, ou alors au prix de pertes telles qu’aucun berger, ayant un minimum d’intelligence, ne se serait aventurer à cette sottise ! Alors, sur quoi se refermaient, avec l’image de l’innocence, ces solides portes de fer ?

A propos d’aven

Nous sommes maintenant certains que ces orifices naturels à fleur du sol ont tous été utilisés à des fins rituelles ou pour le déroulement d’un culte oublié mais souvent répétitif. On les retrouve exploités à proximité des grands sites qui nous intéressent. Nous n’avons, à ce jour, trouvé aucun aven ayant été modifié pour y pénétrer. Ils sont chaque fois laissés intacts en ce qui concerne leur entrée. Peut-on admettre qu’ils avaient une image d’un lieu laissé à son état naturel entrant dans un rite, une superstition ou sa vision magique ?

A propos de puits

Ils sont bien connus des chasseurs et de ceux qui en étudient les caractéristiques particulières. Nous déplorons que souvent retrouvés par hasard, par d’indélicats randonneurs ou saccageurs, ils soient la cible d’imbéciles irresponsables prenant un plaisir incompréhensible à en souiller l’eau en y jetant leurs propres saletés…
Ajoutons que ces ‘constructions’ sont souvent à ras terre et sans fermeture. Il est dangereux de laisser les enfants et animaux s’en approcher sans la présence d’un adulte.
En respectant ces points d’eau vitaux autrefois, et en passe de le redevenir de manière criante, nous respectons la nature, l’environnement et une partie du patrimoine ‘rustique’ régional ! Ceci est un devoir élémentaire de tous et de chacun.

A suivre !

Le 3 Août 2006

 

 

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