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Société Périllos ©

« Et il est là, mort »
(2ème partie) - Un prêtre, un notaire et un pèlerin

 

De la France vers l'Egypte antique

C'est Jean-François Champollion qui traduit la fameuse ‘pierre de Rosette’… L'empereur Napoléon a une véritable fascination pour tout ce qui touche l’Egypte antique. Lors de sa campagne dans ce pays, il semble porter son intérêt plus sur les efforts des scientifiques engagés dans cette ‘conquête’ que sur sa propre armée. De son côté, la Franc-maçonnerie française s’engage résolument dans la création d’un mouvement maçonnique sur un modèle rituel ‘Egyptien’, lui-même fortement influencé par les rites antiques des égyptiens.
Aujourd'hui, la fascination pour l'ancienne Egypte demeure ancrée, non seulement en France, mais dans la plupart des pays du monde occidental. Les pyramides et les momies, par exemple, nous intriguent profondément au point d’être une étape incontournable par laquelle notre imagination s’active.

De l’Egypte antique vers la France

Un lien entre la terre de France et celle de l'Egypte antique peut sembler totalement absurde au premier abord. Cependant, nous avons récemment relaté une série d’éléments, pour le moins insolites, pouvant former des points de correspondances entre l'Egypte et la France… et plus particulièrement dans les Pyrénées et ses proches environs. L’évidence de notre propos se présente sous la forme de petites statues égyptiennes antiques, retrouvées dans des cavernes et autres sanctuaires de ces régions. Il semble que ces cavernes aient été également liées avec des nécropoles dont on a retrouvé des vestiges indiscutables. Malheureusement, certaines de ces cavernes, trouvées avant la deuxième guerre mondiale, ont curieusement disparu des cartes topographiques… en attendant d’être probablement redécouvertes prochainement.

« Le roi est mort, vive le roi ! »

Livrons-nous d’abord à l’approche de quelques rituels égyptiens dont nous en retiendrons un plus particulièrement: celui de la cérémonie du couronnement. D'abord, nous notons que cette célébration de couronnement est souvent répétitive, de un an minimum à trente ans maximum. Le roi se soumettait à cet étrange cérémonial permettant d’assurer qu’il se montrait au mieux de sa virilité… et ‘agilité’ à cette règle. Ce cérémonial était connu sous le terme de « Heb Sed ». Il semble avoir été retranscrit minutieusement au sein des pyramides, dans lesquelles on retrouve de nombreuses scènes de ces royales festivités, y compris dans les entrailles de la première « vraie pyramide ». Cette dernière fut édifiée sur ordre du pharaon Zoser à Saqqara, près de Memphis. Nous retiendrons à propos de ce nom qu’il se retrouve à la meilleure place du terme "rite de Memphis" désignant l’obédience maçonnique fondée par le Marquis de Chefdebien !

Les parallèles avec Jésus

Il y a de réelles analogies, entre ce rite et ce qui s’est produit au moment de Pâques, que nous allons tenter de retrouver. Jésus est souvent dépeint en tant que roi… Cependant, ceci est également montré comme étant une sorte de raillerie utilisée par les Romains. De son côté, l’antique rituel Egyptien met l'accent sur Seth, la puissance destructive, symbolisé par son animal, l'âne… Et les écrits montrent Jésus allant et entrant dans Jérusalem, le « centre du monde », monté sur un âne. Jésus, par cette image, montre sa dominance sur ‘l'animal’… et sur Seth, dont le nom donnera naissance au mot « Satan » !
Le ‘roi’ égyptien subit alors « une mort spirituelle » qui l’identifie à Osiris, le seigneur des enfers. C’est donc dans le Duat que se passe la royale descente dans le royaume des morts. De ce monde funéraire le ‘roi’ pourra ensuite affronter sa résurrection d’entre les morts, qui souvent se déroule le troisième jour. Cet enchaînement d'événements est en tous points identique aux grands moments-clés de la Passion de Jésus. Cette série d'opérations s’inscrit également dans la norme des mystères grecs… tout comme ceux d’Eleusis.

Mais ce n’est pas tout, car il existe d'autres ressemblances : des textes et des descriptions expliquent que l’usage de ce rituel exige un lit ou un sarcophage. Ce lit ou sarcophage n’est utilisé qu’une seule et unique fois. Un premier est indispensable pour le rite du couronnement et un nouveau pour chaque « Heb Sed ». Le sarcophage est employé en tant que « tombeau provisoire », d’où le roi sortira « ressuscité ». En bref, nous pouvons ajouter, qu’à l’issue de la résurrection, il reste seulement… un tombeau vide. Ceci, pour certains égyptologues, tel Mark Lehner, commencerait à expliquer la présence de tombeaux vides au sein de certaines pyramides scellées qui ne montrent aucun signe de vol ou viol. Nous observons que c'est également un tombeau vide et scellé que nous trouvons dans le mythe de Jésus ! C’est également une structure scellée de ce type (royal et sacré) que l’abbé Saunière identifie sur sa maquette sous le nom de « tombeau du Christ »… et qu’il situe, de fait, sur le secteur du territoire de Périllos. Nous pourrions même affirmer que si le lieu désigné « tombeau du Christ » à Périllos s'avérait ne contenir qu’un sarcophage vide… il ne faudrait surtout pas considérer cette découverte comme décevante, mais bien au contraire comme un élément s’inscrivant dans le droit fil de la grande Tradition… Royale! Egalement, nous notons que ce « sarcophage vide », employé dans le rite de couronnement lors du « Heb Sed », est considéré comme « le tombeau royal » par excellence, et c'est naturellement l'autre terme employé par le notaire Courtade pour décrire la structure contenue dans un secteur secret de Périllos.

Prêtres des morts

La cérémonie de couronnement comporte un rite de descente aux enfers, le Duat, vers la terre d'Osiris. Aujourd'hui, on appellerait ça « une expérience proche de la mort » ou, pour les shamans une « recherche de vision ». Pour aider le roi, dans ce trajet initiatique, un type spécifique de prêtres était à sa disposition : les prêtres de Sem. Cette corporation était composée de spécialistes en contact avec l'au-delà et les morts.
Ce groupe de prêtres semble avoir de nombreuses similitudes spirituelles avec les ‘parfaits’, ceux qui se ‘perfectionnent’… comme les prêtres de la religion cathare ? Ce sont ces mêmes ‘parfaits’ qui pratiquaient un rituel unique et important sur la mort : le prétendu « consolamentum ». Nous observons que les derniers fidèles de cette religion, avec leurs prêtres, se réfugièrent vers les Pyrénées. Cependant, demandons-nous si cette fuite en ces lieux était le seul fruit de la terreur et de l’espoir d’un dernier havre de paix… ou, se sachant perdus, cherchèrent-ils, peut-être, à se rapprocher de lieux dont ils n’ignoraient pas la valeur et le symbolisme ? N’oublions pas que certaines grottes à cette époque contenaient depuis des siècles les vestiges et reliques d’une antique religion égyptienne. Les Cathares se réfugiant dans des grottes pyrénéennes en connaissaient les moindres recoins, et pouvaient fort bien en savoir ces particularités orientales. Demandons-nous seulement si ‘certains’ parfaits n’étaient pas versés dans les rites égyptiens. Cette hypothèse, pas vraiment nouvelle, fit l’objet de plusieurs études des plus sérieuses. Sur ce registre, disons que l'origine de la nécessité du consolamentum n’a jamais été réellement établie. Certaines zones d’ombre sur le Catharisme gagneraient à être mises en lumière. Par exemple, comment et sur quel critère les Cathares sont vraiment venus, dans une contrée précise des Pyrénées, chercher un refuge qu’ils savaient forcément illusoire et mensonger ? Mais surtout, il nous faudrait savoir, avec précision, comment le rite du consolamentum leur a été enseigné, par qui, comment et pourquoi ? Il y a sur ces points un manque cruel de documentation ! On peut aussi simplement se demander si les Cathares sont arrivés dans ces contrées du Sud avec leur rite mortuaire… ou si ce dernier était… « indigène » à cette région. Si un jour une réponse catégorique était apportée à cette question, ce serait un profond bouleversement, car à bien y regarder, aucun document n’atteste que les Cathares aient apporté avec eux le fameux consolamentum !

Le qeni

Dans le rituel égyptien de couronnement, après un cortège et un repas rituel, un prêtre apporte un vêtement particulier, connu sous le nom de ‘qeni’. Porté au-dessus du torse, il est noué à l'épaule sur le roi. Ce dernier est également habillé de toile blanche, tissée par des femmes dont la seule tâche n’est peut-être que de fabriquer et préparer ceci. Il y a une analogie claire entre cette tradition et la coutume grecque de tisser une nouvelle robe pour la statue des divinités, telle Athéna, dans le Parthénon à Athènes. Gardons-nous également, sur ce sujet, d’oublier les remarques faites par Isaac ben Jacob, quant à la façon dont les Cathares sont souvent désignés sous le nom de tisserands. Ces tisserands, comme nous en voyons une pierre tombale, ornée de leurs attributs de compagnonnage, sur le sol d’une chapelle dans l'église de Prats-de-Mollot… un centre principal pour le culte de la Sanch. Enfin, nous soulignons que le Christ aurait porté, au moment d’être conduit à la Croix, un vêtement blanc tissé sans couture… tout comme les Cathares étaient prétendus savoir le faire et le porter !

L’un des aspects les plus intrigants, et cependant souvent le plus inconnu, du couronnement est précisément celui de l'utilisation de ce ‘qeni’. Ce dernier identifierait Osiris et serait empreint du pouvoir spirituel de Dieu. Ce tissu, ou sorte de peau ‘portée’ par le roi, répand sur lui tout le pouvoir du ‘qeni’. Les Egyptologues déclarent qu'il signifie l'union ou l’étreinte d’Horus (le nouveau roi) et d'Osiris. Le roi dit : « j'ai embrassé mon père qui est devenu fatigué, de sorte qu'il puisse devenir tout à fait en bonne santé de nouveau ». Les experts expliquent qu'on a vu ce rituel comme une vraie fusion, le point culminant de l'événement par lequel Osiris et Horus sont devenus un; c'était l'union des deux dimensions, la nôtre et celle du Duat (royaume des morts, unifié par le rituel de couronnement). En résumé, les experts disent que par cet enlacement symbolique le roi devient un esprit brillant (akh) ‘qui monte’ ou… ressuscite.

Ce qu’est vraiment le ‘qeni’ reste en question. Nous disposons de quelques possibilités. D’abord, il peut s’agir d’une peau, sans doute momifiée, d'Osiris qui en Egypte antique a toujours été considéré comme un mortel… avant de devenir un dieu et enfin un seigneur de la terre des morts. Certes, c’est une hypothèse qui peut sembler hardie. Cependant, même si nous restons dans l’imaginaire, il est logique de supposer qu'il y ait eu des ‘reliques d'Osiris’ et que celles-ci aient été employées lors de certains rituels.
Ensuite, au cours de cette cérémonie, le nouveau roi « embrasse » les restes momifiés de son prédécesseur (qui actuellement n'a pas été encore enseveli). A ce stade, il est possible de supposer qu’il s’agisse d’une vision (le nouveau pharaon voit son ancêtre dans le royaume spirituel)… ou admettre qu'il touche ou embrasse littéralement le cadavre décédé de son prédécesseur. Cependant, si la première suggestion est plus agréable, la seconde est nettement plus vraisemblable.

Sem et Orus

Notons qu’il est indéniable qu’il y ait eu des statues égyptiennes en certains lieux des Pyrénées. Cependant, il y a d'autres indices à ne pas négliger. André Douzet a souligné le lien linguistique qui peut être fait entre le village d'Orus et de Horus. Tout près, on trouve le « dolmen de Sem » (ou « Palais de Sem »). Cet emplacement important est lié avec un site d’abord templier puis hospitalier, qui ensuite devient une possession de l’Ordre de Malte et qui fut visité par… Ramon de Périllos lorsqu’il était Grand Maître de cet Ordre. Simple hasard ?

Également, notons que ce sarcophage royal illustre une nouvelle ère. Elle s’identifie par l'eau qui lave et efface la ‘vieille terre’, et ensuite par le feu, signal de renaissance. La nouvelle flamme ‘renaissante’, comme par exemple la flamme olympique nouvelle et toujours présente aujourd'hui, au commencement d’une nouvelle « ère Olympique ».
L'eau de la naissance, quant à elle, est indispensable pour enlever « le péché originel ». C'était la mission de base pour l'homme de ne pas accumuler de nouveaux péchés dans sa vie. Dans le cas contraire, son âme allait au purgatoire, où un feu lent « purgeait » son âme de ses péchés.

L'eau et le feu

Ajoutons que pour ce rituel culminant, le roi est paré d’un kilt court avec une queue de taureau à l’arrière. D'une manière générale, le cérémonial dure cinq jours et se déroule dans la foulée des rites annuels d'Osiris, à l'heure de la décrue du Nil, en quelque sorte au moment de la renaissance de la terre, imitant ainsi la création du monde.
En outre, aux cinq jours précédant le festival, une cérémonie du feu, du nom de « allumer la flamme », a servi à purifier l’enceinte de la cérémonie. On ajoute que ce rituel est souvent lié au culte solaire… tout comme nous le retrouvons également dans les Pyrénées, comme nous en avions fait mention. La flamme, bien sûr, illustre un puissant lien avec le soleil. On note, à ce propos, qu’à Olympia, la flamme était allumée à l’aide des rayons solaires !…

Après ce périple par l’ancienne Egypte, revenons maintenant au début du XVe siècle, et précisément au moment où Ramon de Périllos exécute son long pèlerinage au purgatoire de St Patrick en Irlande. Il s’y rend pour prier l'âme de son roi décédé, avec laquelle il sait pouvoir entrer en contact en ce lieu de ténèbres. Une fois de retour chez lui, il est convaincu qu'il existe un passage, sur ses terres, ouvrant sur un autre monde. Ramon serait revenu de son périple avec le savoir d’une entrée oubliée s’inscrivant dans certains parallèles permettant l'unification de deux dimensions, la nôtre et celle des morts. C’est exactement ce qui se passe symboliquement lors de la cérémonie égyptienne de couronnement qui semble faite pour mettre en évidence cette possibilité extraordinaire.

Dans cette affaire, nous retenons, sur le même registre, « la Sainte tombe » d'Arles-sur-Tech, qui était tenue en haute estime par la Sanch et parfaitement connue de l’abbé Saunière. Il s’agit d’un sarcophage se remplissant d’eau sans que personne n’en puisse comprendre le mécanisme ! D’un orifice percé en haut de la cuve tombale s’écoule une eau considérée comme miraculeuse et sainte. Le tombeau est celui ayant contenu les restes des saints Abdon et Sennen, deux princes persans. Il est donc bien question ici d’« un tombeau royal » d’où une eau sacrée continue à couler. Nous pouvons comparer ceci à la découverte récente d'une caverne souterraine sous le plateau de Gizeh, identifiée par Zahi Hawass comme « tombeau symbolique d'Osiris » entouré par l’eau. Cette appellation pourrait bien correspondre littéralement au terme de ‘ressuscité’, ou… ‘du Christ’. Cet ensemble, tout autant entouré d'eau, situé à l'Oseirion d’Abydos, est également considéré comme le tombeau d'Osiris. En conclusion, nous ajoutons un autre site, et non des moindres, où se trouve la même présence d'écoulement des eaux, sous la remarquable nécropole des rois Aragonais (et du pape Pedro de Luna auquel Ramon de Périllos resta fidèle jusqu’à sa mort), à San Juan de la Peña.

La Sanch

La Sanch est une archiconfrérie qui, à ses origines, se donnait pour fonction de réconforter et accompagner les condamnés à mort jusqu’à leur supplice... puis de les ensevelir dignement et religieusement. Leur fameuse procession (encore très active le Vendredi Saint) parcourait lentement la vieille ville de Perpignan. Au long d’un interminable circuit elle présentait, au son de tambours voilés de noir, ses inquiétants ‘mystères’, afin de rappeler à tous de se repentir -se ‘laver’ de tous péchés- , de sorte que les âmes pénitentes échappent au feu du purgatoire en accédant directement à la félicité du ciel.
La Sanch fut fondée en 1416 par saint Vincenç Ferrer, un fervent prêtre d'Aragon qui prêchait l’imminence de la fin du monde… en insistant avec une rare conviction sur l’acte de ‘pénitence’, seul capable, selon lui, de nous apporter la rédemption. L'organisation, d’abord suspendue pour certains excès, fut rétablie curieusement juste avant l'arrivée de Saunière à Rennes-le-Château. Le prodigieux travail d'Isaac ben Jacob démontre clairement que l’archiconfrérie commanditait très largement Saunière, curé de Rennes-le-Château (d’importantes sommes d'argent transitant par l'intermédiaire de Rennes-les-Bains et de Boudet). Ajoutons à ceci que Ferrer était également un intime ami de la famille de Périllos, dont un évêque (issu de cette famille) a demandé Ferrer pour prêcher dans son évêché ! A la restauration de la Sanch c’est, curieusement, un membre influent d’une famille d’Opoul-Périllos qui interviendra pour cette ‘réouverture’.

S’il existe d’étranges parallèles entre les « prêtres de Sem » égyptiens et la Sanch primitive, cette correspondance ne doit pas vraiment nous surprendre. Comme Isaac ben Jacob l’a précisé dans ses exposés, beaucoup d’éléments constituant les bases de ce mouvement se retrouvent à l’époque de la croisade contre les Cathares. Ajoutons que certains Cathares ont été ‘convertis’ de telles manières, qu’ils furent ‘fondus’ au sein de certains organismes religieux qui perdurèrent jusqu’à la fondation de la Sanch. Ces ‘incorporés’ ont apporté, bon gré mal gré, leurs coutumes dans ces communautés… et nous pouvons seulement nous demander si ces coutumes ont pu survivre assez longtemps pour être utilisées au fil des temps. Isaac ben Jacob est persuadé que les événements se sont déroulés ainsi en perdurant par ce canal. C’est pourquoi il a baptisé sa recherche ‘the rise’, depuis le constat d’un rite de ‘résurrection des morts’ que ces groupes ‘post-cathares’ savaient mettre en pratique. Nous devons souligner, à ce stade, qu’en Egypte, de même qu'en d’autres endroits, il y a naturellement plus d’éléments que ce seul rite… parmi lesquels, pour l’instant, notre attention se porte seulement sur l’aspect d’« un tombeau royal ».
Les autres détails qui peuvent maintenant entrer en ligne de compte concernent la mise au tombeau d’Osiris. Observons que ce dernier, au cours du déroulement du rituel, une fois mort, est d’abord placé dans une toile blanche… Ensuite, il est dit qu’il est coiffé d’une couronne blanche… une longue couronne pointue qui lui fait office de coiffure… quelque peu semblable, hormis la couleur, aux cagoules portées par les pénitents de la Sanch. Nous noterons simplement, sans ajouter plus d’importance à ce fait, que certains spécialistes affirment que le port de ce ‘couvre chef’ en forme de cagoule pointue (ou effilée) produit facilement des états de transe chez certains sujets particulièrement réceptifs.

L'arrangement

Ce genre de rituels de couronnement, cependant, n’est pas limité à l’Egypte antique. On en trouve d’identiques en d’autres pays, y compris parmi certaines cultures africaines « chamaniques », et aussi -cependant avec certaines variations- dans les contrées du Nouveau Monde. Cependant, que ces cérémonials soit d'Egypte ou d’ailleurs, nous savons que l'emplacement sur lequel ils se déroulaient étaient toujours considérés comme un ‘lieu de création’, un omphalos, ‘un centre du monde’, ‘un nombril du monde’… Il s’agissait pour ce rite, en tous points où il se pratiquait, d’un endroit où les « hommes devenaient des dieux ». Pour Osiris, il en était de même à propos du sanctuaire où, pour ce dieu, le « temps et l'espace ont fusionné »… en bref, ici, il peut sans problème s’agir d’une ‘porte vers les étoiles’ ou d’un ‘passage ouvrant sur une autre dimension’.
Il y a un important savoir stellaire attaché à ce genre d’emplacement sacré. Un rôle important, en Egypte antique, est donné à Sirius, l'étoile du chien, qui se trouve ainsi attachée au culte d’Isis. Cette épouse d'Osiris est souvent assimilée à Marie Madeleine. Les traditions ésotériques majeures, y compris celles ayant présidé aux renaissances modernes d’Ordres templiers, accordent toutes une importance prédominante à Sirius.
Le couronnement -et dans une certaine mesure chaque rite royal- formait une ‘soudure’ permettant de fusionner intimement l'Espace et le Temps. Le Temps était souvent représenté comme une nouvelle année, un couronnement, le Heb Sed. L'Espace formait une enclave sacrée. Cet « endroit de création » était le plus souvent représenté sous la forme d’une colline conique. Celle-ci était systématiquement reliée avec une autre colline plus importante, un sommet plus élevé, considérés comme la résidence des dieux. Naturellement, l'exemple le plus célèbre est l’Olympe.

En ce qui concerne la région des Pyrénées, nous retiendrons la nature sacrée que les Catalans accordent au Canigou… un nom intrigant qui signifie ‘le chien’. En outre, nous nous référons aux remarquables (mais pas assez cités) travaux de Gérard Lacoste, auteur de ‘La Tombe de Virgile’. Il s’agit d’une édition, en trois volumes, où il décrit parfaitement certaines constellations reportées au sol sur le paysage de cette région… dont la montagne sacrée du Canigou représente une pièce essentielle.

Un endroit secret

Le cérémonial du culte des morts est d’une nature publique mais privée. En échange, la procession ‘pénitente’ de la Sanch était un événement public. Pour le rite de l’ancienne Egypte, à l’issue de son couronnement, qui devait resté lui aussi un événement confidentiel, le roi devait ensuite montrer son agilité en courant autour d'une cour sacrée, comme celle devant la pyramide de Zoser, à Memphis.
Les moments les plus sacrés du rituel se déroulaient dans une chambre secrète, que certains chercheurs assimilent aux chambres centrales au sein des pyramides primitives. Grâce aux travaux de Niuserre, nous savons que ce genre de chambre contenait un lit… bien que d'autres descriptions affirment que dans certains cas il s’agisse d’un sarcophage. Nous savons qu’ensuite les pyramides continuèrent à contenir de telles chambres… occupées par des sarcophages vides.
Pendant la cérémonie, les prêtres de Sem pénètrent ce royaume mortuaire, en état de transe, afin de mieux assister leur roi dans sa visite. C’est au cours de cette dernière que le contact avec les morts, ainsi que celui avec les dieux, permet d’accomplir l’étape essentielle à l'ouverture de cette fameuse ‘porte vers l’étoile’ qui ouvre la relation entre les deux mondes. Cette ‘immersion’ dans le tombeau permet, avec l’aide des prêtres de Sem, d’épurer le roi de toutes impuretés, qu’elles soient corporelles ou spirituelles.

Une chambre secrète, « un tombeau secret », « un tombeau royal secret », un « tombeau du Christ »… serait la dénomination de l’endroit précis où « the rise » affirme que la « résurrection » s'est bien produite. Et à bien y relire, il est exact que ceci pourrait être le résumé, l’objet principal de l'énigme de Périllos. Nous avons trois descriptions principales au sujet de cet emplacement : pour Saunière, il s’agit du « tombeau du Christ »… Pour le notaire royal Courtade, il est fait mention d’« un tombeau royal et sacré » !!?? Enfin, pour Ramon de Périllos, revenant de son pèlerinage en Irlande, il est question d’un « passage vers l’autre monde ». Dans le cas des rituels égyptiens du couronnement royal, chacune de ces trois descriptions est solidaire de l’ensemble et en offre, chaque fois, un élément du tout…
Et nous d’argumenter, en conclusion de ce volet, sur le fait que cette hypothèse représente un ajustement quasiment parfait des étapes de cette énigme. Toute autre interprétation de ces éléments seraient extrêmement difficile à imposer, et en tous cas ne permettrait d’en retrancher aucune partie…

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Filip Coppens