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Et il est là, mort » (3ème partie) - Qui est là, mort ? |
Indices
de la maquette – 1
Les écrits
contenus dans la Bible nous indiquent, de manière formelle, que Jésus
a été enterré, après sa crucifixion, dans le
tombeau de Joseph d'Arimatie. L’évangile de Marc s’arrête
à cet épisode, alors que d’autres écrits évangéliques
poursuivent leurs récits sous la forme d’un épilogue.
Pour résumer, il est dit qu’après le ‘Sabbath’,
le corps du Christ s'avère absent du tombeau. Et c’est ainsi
qu’au fil des siècles, l’Eglise affirme qu’il s’agit
là de la résurrection de Jésus. Cet extraordinaire
événement est devenu le point central du christianisme et
chacun, croyant ou non, sait ceci. Depuis la redécouverte de la maquette
de l’abbé Saunière, beaucoup de choses ont été
écrites à son sujet … y compris, le fait majeur qu'elle
montre des endroits identifiés sous les noms de « tombeau de
Joseph d'Arimatie » et « tombeau du Christ ». Au début
de cette affaire, il a d’abord été avancé que
l’objet était un faux manifeste. Ensuite, devant l’évidence
de son authenticité, il fallait aux détracteurs habituels
convenir d’une autre tactique de démolition. C’est ainsi
que les plus virulentes critiques s’appuyèrent essentiellement
sur le fait que ce ‘moulage’ soit seulement un support pédagogique
ludique pour l’enseignement religieux… et, par conséquent,
que cet objet ne devait pas susciter l’attention particulière
qui lui fut consacré, par tous, dans la décennie passée.
Il n’y a aucune difficulté pour démontrer la sottise
d’un tel raisonnement. Comment pourrait-on nous faire croire, une
seule seconde, que le moindre religieux (l’abbé Saunière
ou un religieux chargé de ‘penser’ cet objet à
fins d’enseignement) n’ait pas assez de connaissances pour avoir
commis, stupidement, une erreur monumentale sur le point crucial du christianisme
? Car pour l’Eglise catholique, et ses fondements, il n’y a
jamais eu qu’un seul tombeau ayant hébergé le corps
du Christ durant deux nuits, et moins de deux jours!
Mais dans une perspective purement « logique », et juive, la
maquette est néanmoins correcte dans ses indications. Les enterrements
juifs, à l'heure de Jésus, se déroulaient en deux étapes
bien distinctes : un premier enterrement primaire et un suivant un peu plus
tard. D'abord, le corps est lavé et oint avec des essences et des
épices et enveloppé dans un suaire d'enterrement. Il est,
ensuite, placé sur une étagère en pierre ou dans une
sorte de loge connue sous le nom de loculus, un emplacement entaillé
dans la paroi rocheuse du tombeau. Le corps, ainsi, se décompose
et dessèche durant toute une année. La plupart du temps, seulement
les os sont laissés sur place. Ces derniers sont recueillis et placés
dans un ossuaire, ou « boîte des os », habituellement
découpée dans de la ‘pierre à chaux’. Cet
étui est ensuite entreposé parmi toutes les autres ‘boîtes
des os’ des défunts membres de la famille. Le plus souvent,
l'emplacement du loculus se trouve à l’intérieur même
du tombeau et de l’ossuaire.
Des
circonstances exceptionnelles
La
mort de Jésus - si tant est qu’il soit mort sur la croix -
s'est produite précisément au moment délicat qu’est
celui des quelques heures précédant le Sabbath. L'épreuve
entière est évidemment un événement qui se déroule
au fil d’étapes quasiment imprévues. On voit, par exemple,
des juges rassemblés au beau milieu de la nuit… pour donner,
à la hâte, des verdicts sans sérénité
ni réflexion. Quasiment tous les observateurs notent que l'ensemble
du jugement, et son application, n’ont aucune validité et que
tout se trame pour aboutir à la condamnation, sans appel, de Jésus.
Les experts estiment que Jésus est resté environ six heures
cloué sur la croix avant de mourir de ce supplice. Ajoutons que les
écrits sont formels sur le fait qu’il n’ait pas eu les
os des tibias fracassés, comme le voulait la coutume romaine, pour
abréger l’agonie du condamné. Ensuite, le légionnaire
romain plante sa lance dans le flanc du Christ pour s’assurer qu’il
est là… mort. Cependant, le fait que tous ces épisodes
se soient déroulés, en cascade, quelques heures avant le Sabbath,
nous fait admettre que quelque chose d’extraordinaire s’est
produit.
Dès sa descente de la croix, le corps de Jésus, d’abord
replié dans un linceul, est temporairement placé dans un tombeau
voisin, « dans un jardin », où il demeurera toute la
durée du Sabbath. Le dimanche matin, les femmes arrivent avec les
aromates et trouvent la pierre du tombeau roulée et déplacée.
Cet épisode, bien connu, suggère simplement que Jésus
pourrait avoir été emporté, par quelqu'un, à
son tombeau définitif. A ce sujet, les archéologues supposent
que le tombeau de la famille de Jésus se trouvait en Galilée.
Quant à l'endroit où le tombeau de Joseph d'Arimatie a été
localisé, il s’agit actuellement de l'endroit où se
situe l'église du Saint Sépulcre.
L'énigme
de Joseph d'Arimatie
On
affirme que le tombeau ayant provisoirement recueilli la dépouille
de Jésus était celui que Joseph d'Arimatie prévoyait
à son usage. Ce personnage insolite est, comme Marie Madeleine, un
‘acteur’ de cette tragédie qui apparaît seulement
pendant les derniers jours de la vie de Jésus… du moins semble
t-il.
Cependant, non seulement Joseph offre son tombeau, mais il réclame
également le corps de Jésus à Ponce Pilate. Bien qu'on
connaisse peu ce personnage, si bienveillant pour la dépouille de
Jésus, il faut toutefois qu’il soit un membre de sa famille
pour procéder à son enterrement. Bien que dans la bible il
soit évident que Joseph est simplement un étudiant de Jésus,
selon le Talmud… il s’avère qu’il est le plus jeune
frère du père de la Vierge, c'est-à-dire l'oncle de
Marie et, donc, le grand-oncle de Jésus. Et c'est précisément
ce lien familial qui lui permet de pouvoir toucher le corps d'une personne
morte de son clan, en conformité avec la loi juive. De plus, cette
demande justifiée et recevable permet également à Pilate
de se défausser officiellement du corps de Jésus...
Ajoutons, enfin, que Joseph est également un membre du Sanhedrin…
ce groupe de chefs juifs qui confirmèrent la culpabilité de
Jésus. Cependant, on dit aussi que Joseph n'aurait pas voté.
Les catholiques ont vu dans ce refus qu’il était chrétien
et qu’il ne pouvait se prononcer contre son chef… En fait, Joseph
a tout simplement été convié à condamner un
membre de sa famille. Ce constat fait que personne ne lui aurait tenu rigueur
de ne pas avoir émis de décision dans ce jugement. En outre,
le verdict du Sanhedrin était simplement le point final d’une
façade d’actions conduites par un régime de marionnettes,
à la solde de l’occupant romain.
Un
scénario mortel
Le scénario, si Jésus n'était pas ‘ressuscité’, était donc qu’il meurt sur la croix, et que Joseph récupère son corps pour l'ensevelir en toute hâte dans un tombeau très proche du lieu du supplice. Il se peut d’ailleurs que ce tombeau ne soit pas nécessairement le sien en propre, mais qu’il ait pu, dans l’urgence, l’acquérir ponctuellement. Après le Sabbath, les plus proches parents enlèveraient le corps de ce tombeau pour le transférer dans celui de la famille… Ce qui fait deux tombeaux pour un homme. Ce nombre est curieusement celui, assez incongru pour avoir été choisi par un religieux, des tombeaux représentés sur la maquette géographique de Saunière. Il est clair que le lieu des deux tombeaux comporte une anomalie notoire. En effet, la distance entre les deux sépultures, très courte sur la maquette, devrait obligatoirement être extrêmement plus conséquente à Jérusalem. Cependant, si l’on en croit la maquette (puisque nos détracteurs prétendent qu’en effet elle serait seulement le reflet de la réalité topo du secteur), nous devrions retenir l’option de la courte distance entre les deux lieux. En ce cas, il n’y avait aucune raison de placer le corps de Jésus dans un… tombeau de Joseph d’Arimatie, alors que le sien était si proche.
Le
message
Notons
que, sur son modèle, l’abbé Saunière fait mention
d'un « Etat Primitif », écrit sur l’intitulé
du cartouche. En ce cas, la présence de deux tombeaux serait en conformité
avec la tradition ‘primitive’ du rite des morts. En outre, certains
archéologues bibliques n'adhérent pas à la doctrine
chrétienne de la résurrection. Ils pensent que le vrai tombeau
de Jésus - celui de sa famille - se situait quelque part en Galilée.
Plusieurs de ces chercheurs scientifiques estiment cette localisation comme
plausible, en partie en raison de très anciens récits médiévaux
(ou légendes) énonçant la présence d’«
un » tombeau de Jésus dans cette région. Ainsi, si Saunière
ne croyait pas en la résurrection, il était persuadé,
en échange, de l’existence de « deux tombeaux ».
Sur
son modèle, Bérenger Saunière emploie un système
astucieux d’images à regarder dans un effet ‘miroir’
pour délivrer son message : le paysage représenté en
relief est le reflet inversé d'une section du pays de Périllos.
Au cas où nous choisissons d’appliquer une telle inversion,
pourquoi ne pas l’adapter à d’autres ‘messages’
contenus dans cet objet ? Ainsi, quand il nous est dit « Etat Primitif
», ne pouvons-nous pas supposer plutôt un « Etat Final
» ? Les deux endroits sur le modèle ne seraient-ils pas l’illustration
de l’« état final » des événements
du déroulement de la Passion ? Dans ce scénario, de plus en
plus acceptable, on pourrait arguer que le ‘tombeau du Christ’
identifie, en effet, l'endroit final où la dépouille de Jésus
fut déposée après avoir été enlevée
du tombeau de Joseph d'Arimatie… et que cet endroit se trouve sur
le territoire de Périllos !
Sur ce difficile sujet, le professeur David Flusser, invité à
présenter ses remarques sur le lieu historique du tombeau de Jésus,
expliquait : « Il y a de nombreuses années, un représentant
de la BBC, venu me rencontrer, me demande si les rouleaux de la Mer Morte
nuiront au christianisme. Je lui ai dit que rien ne peut nuire au christianisme.
La seule chose qui pourrait être dangereuse au christianisme serait
de trouver un tombeau avec le sarcophage ou l’ossuaire de Jésus…
si celui-ci contient toujours ses ossements. Alors j'ai ajouté que
j’espère seulement qu'on ne fera pas une telle découverte
sur le territoire de l'état d'Israël. »
Indices
de la maquette – 2
Il
y aurait une autre manière de ‘lire’ cette affaire. Pour
ceci, nous avons besoin de savoir si l’abbé Saunière
a été commandité par La Sanch. Cette dernière
est une archiconfrérie constituée par un groupe de laïcs
et de… « prêtres des morts ». Ceux-ci se donnaient
pour devoir de préparer les condamnés à mort à
affronter dignement et religieusement leur exécution. Leur mission
se poursuivait également jusqu’à donner une sépulture
décente à ces malheureux. A cette fin, La Sanch recueillait
l’argent nécessaire à l’enterrement auprès
de la foule ou de généreux donateurs. On note déjà
certaines similitudes avec les événements arrivés à
Jésus… ainsi que le rôle important de Joseph d'Arimatie
après la mort. Jésus a été condamné par
la justice romaine, et par conséquence, il est mort en tant que criminel.
Si l’on en croit les écrits bibliques, rien ne laissait prévoir
cette condamnation, ni l’exécution dans la foulée du
même jour. Tout s’est déroulé si rapidement qu’il
est évident qu’aucune préparation funéraire ne
semble avoir été mise en place en prévision de cette
mise à mort. Nous pourrions presque dire que l’intervention
de Joseph d’Arimatie, proposant à la hâte ‘son’
tombeau, a sans doute sorti tous les acteurs de ce drame de l’embarras
pour ne pas avoir prévu de sépulture! Nous noterons la similitude
entre la ‘sollicitude miséricordieuse’ de Joseph pour
Jésus, mis à mort comme un criminel, et les pratiques de la
Sanch, pour les condamnés à la peine capitale, dans le secteur
de Perpignan. Ce petit constat doit nous amener à poser une question
importante : La Sanch, dans son rôle funéraire, s'identifiait-elle
à celui de Joseph d'Arimatie ?
Dans ce cas, nous pourrions voir dans cette coïncidence un élément
révélateur à retenir. Il serait alors envisageable
de supposer le moulage de Saunière comme le réceptacle d’un
indice supplémentaire entre cette affaire et les intérêts
profonds de La Sanch. En ce cas, cette archiconfrérie pourrait fort
bien avoir beaucoup d’intérêt dans la localisation, la
surveillance, ou l’exploitation des endroits définis par Saunière.
A ceci, nous ajoutons le fait que cette fraternité fut fondée
par Vincent Ferrer, qui était en liaison étroite avec les
seigneurs de Périllos… cette nouvelle suite de coïncidences
ne devrait plus tellement nous surprendre.
Le
Roi Jésus
A
présent, rappelons-nous ce que Courtade (notaire royal) mentionne
sur ses registres au sujet du fameux emplacement ‘inaliénable’.
A aucun moment il ne fait état, ou allusion, d’un « tombeau
du Christ ». Sa qualité professionnelle lui permet de
donner, simplement, à cet endroit, son statut juridique approprié…
celui d'un « tombeau royal ».
Les chrétiens savent que Jésus a été prétendu
« roi des juifs »… Ce fut, d’ailleurs, la charge
principale et le chef d’accusation retenus contre lui par les Romains.
Et pour ces derniers, ce motif était intolérable pour celui
qui se prétendrait être le prochain chef de l’insurrection
qui soulèverait et conduirait les juifs vers la liberté. Jésus,
en la matière, n'était ni le premier, ni le dernier, et tous
ont souffert le même dramatique et mortel destin.
Le professeur James Tabor, dans son ouvrage « la dynastie de Jésus
», précise que Jésus était, effectivement, le
fils aîné d'une famille royale. Il s’agit d’un
titre par descendance de la lignée du Roi David, dans l'antique Israël,
qui fut proclamé « roi des juifs ». De fait, Jésus
pouvait réclamer légitimement ce trône et le titre qui
allait avec, bien qu’il soit nécessaire de préciser
qu’il n’en fut pas le seul prétendant.
Nous trouvons, dans la bible, des propos retenus dans le sens d’une
lignée royale de Jésus, telle Luc -1:32- affirmant qu’il
« s'assiérait sur le trône de son père David ».
Il ajoute encore que « plutôt que d'être le fondateur
d'une église, Jésus réclamait un trône ».
Pour Tabor, les apôtres étaient des membres de son conseil…
cependant celui-ci ne pouvant qu’être une sorte de gouvernement
de l'ombre. Ensuite, la référence au ‘Messie’
(et ‘Christ’ provient d'un rituel sacré au cours duquel
une huile était versée sur la tête d'un individu choisi
pour être désigné, puis confirmé officiellement,
en tant que « prêtre » ou « roi ». Le premier
Messie juif était Aaron, suivi de nombreux autres Messies…
Jésus ne fut donc pas le seul à prétendre à
ce titre, ou l’utiliser.
Indices
de la maquette – 3
Jusqu'ici, nous avons
pris les indices extraits en lecture directe sur la maquette. Nous savons
que ceux-ci conduisent, d’abord à une conclusion logique, et
ensuite à la possibilité d’une indication précisant
un emplacement du tombeau du Christ sur un territoire précis du Roussillon.
Ce moulage signifie donc que Saunière est sans doute le seul à
pouvoir identifier cet emplacement avec précision et à connaître
l’importance extraordinaire du contenu. Néanmoins, il faut
aussi savoir que d’autres personnages, ne sachant plus le point précis,
n’ignorent ni l’existence de ce secret ni ce que contient le
‘tombeau’. Pourtant, nous ne savons pas si nous devons lire
les indications sur la maquette telles qu’elles sont inscrites, ou
si nous devons les considérer à travers une image ou un symbolisme
particulier… En fait, sans le très court texte du notaire royal
Courtade, indiquant sur les terres des Périllos l'endroit d’
« un tombeau royal », nous pourrions considérer un seul
élément. Ce dernier serait de conclure que Saunière
avait décidé de se servir de l’événement
de la Passion comme d’un écran de fumée destiné
à voiler astucieusement la transmission d’un savoir capital
complètement différent de celle-ci…
Bien
que Courtade nous apporte une certaine confirmation, il va de soit que nous
ne saurons jamais, dans tous les détails, le contenu de ce site funéraire,
jusqu'à ce qu’il soit archéologiquement ouvert et fouillé.
En attendant, nous avons la possibilité d’étudier tous
les indices potentiels et voir s'ils nous entraînent vers une solution
plausible.
Nous trouvons un cartouche avec un titre en plusieurs descriptions. Le rôle
d’un cartouche est d’être un condensé bref, mais
précis dans son contenu, de ce que présente le plan, ou l’objet
concerné. Dans ce titre, on lit « tombeau du Christ »…
et non pas « tombeau de Jésus Christ ». L’étiquette
d’origine est collée et ne peut avoir été ‘faussée’.
En tant que tel, l’objet délivre « tout simplement »
une indication concernant l’emplacement du tombeau d'un Messie…
c’est à dire de quelqu'un qui a été oint…
comme un roi ou un prétendant au trône. Quoi qu’il en
soit, il s’agit toujours d’un tombeau royal, et cette affirmation
est involontairement confirmée par le notaire Courtade. Cependant,
le court commentaire – contenu dans son inventaire – de ce notaire
royal du 17e siècle ne signifie pas que ce ‘tombeau’
soit celui de Jésus Christ. Avant d’aller plus loin dans cette
étude, il faudra toujours considérer que les inscriptions
contenues sur la maquette sont celles décidées par un religieux
parfaitement au courant des événements de la Pâques
de Jésus et de son issue… qu’il s’agisse de l’abbé
Saunière, d’un commanditaire ou d’un autre auteur de
ce modèle. N’en déplaise à nos détracteurs
habituels !
La lecture des indications
peut fort bien indiquer, effectivement, un ‘tombeau’ pouvant
contenir la dépouille, ou les restes « d'un personnage royal
par onction ». Ce constat a de fâcheux qu’il nous emporte
dangereusement près des rives de la mythologie du Prieuré
de Sion… qui recherchait désespérément un « monarque
perdu ». Comme nous l’avons vu dans une partie précédente
de notre étude, nous pourrions également lire l'inscription
comme « tombeau de l’oint » ; dans ce cas, l'endroit sacré
ferait partie d'une tradition attachée à « roi couronné
», peut-être en conformité avec les rites égyptiens
de couronnement (vu au chapitre précédent).
Pour conclure sur ce sujet, nous devons noter que la tradition Rosicrucienne, elle aussi, fait appel à la nécessité, bien connue, de « trouver un tombeau » pour accéder au savoir. La tradition Rosicrucienne est essentiellement basée sur la découverte de Christian Rosenkreutz. Les brochures au sujet du mouvement Rosicrucien sont parues au début du XVIIe siècle, et principalement en Allemagne. Cette fraternité employait l'expression « découvrir un tombeau » pour signifier l’ouverture d’une nouvelle loge Rosicrucienne. Ainsi, quand l’abbé Saunière énonce, par le biais de son moulage, qu’il a « trouvé un tombeau », il pourrait vouloir signifier - s'il était Rosicrucien - qu'il vient de fonder une nouvelle loge Rosicrucienne. Cependant, ajoutons tout de suite qu’il n’y a aucun indice qui permettrait de dire, ou même soupçonner, que Bérenger Saunière était Rosicrucien. Il faut ajouter, également, qu'il pouvait tout à fait être à propos des traditions Rosicruciennes… et avoir employé cette expression pour donner son message à qui de droit pouvant le comprendre sur le propos de la connaissance de cet endroit spécifique.
Le
royaume de Dieu
Bien
que nous ne puissions pas, dans l’état actuel des choses, être
certains de la nature spécifique du tombeau… ou de son occupant
(potentiel), il est clair que tous les « indices » de cette
affaire tombent dans la même catégorie : tous font allusion
à certains tombeaux royaux, ou des tombeaux pour un « roi couronné ».
Ce dernier, dans la tradition égyptienne, peut s’entendre comme
un possible passage dans une autre dimension… Cet aspect s’inclurait
dans la conclusion de Ramon de Périllos, revenant de son pèlerinage
en Irlande, au sujet de la particularité (accès à l’autre
monde) qu’il vient d’apprendre concernant son territoire. La
mort, naturellement, est un passage vers un autre monde. Retenons qu'on
a suspecté des organismes, tels que le Prieuré de Sion et
d'autres, d'avoir employé des méthodologies synarchiques pour
établir une théocratie placée au-dessus d'une Europe
unie. Une telle théocratie est également présente dans
la bible : c'est le « royaume de Dieu » et c’est ce que
Jésus s’était attaché à instaurer. Ce
n'était pas un certain « royaume spirituel », mais tout
simplement l'accomplissement d'un ordre juif de toute première puissance.
Tabor,
et d'autres chercheurs, arguèrent que Jésus avait rejoint
« le mouvement messianique » de Jean-le-Baptiste. Ce dernier
prêchait afin que tous, et chacun, se repentent de leurs péchés
et soient « baptisés »… ou, plus précisément,
immergés dans l'eau baptismale pour y être ‘lavés’
de leurs péchés. Ces ‘rachetés’ deviendraient
ainsi les « membres de la mission ‘Way’ (en anglais) ».
Plusieurs parallèles intrigants sont à souligner ici. D'abord,
‘Way’ était le pseudonyme employé par Plantard.
Ensuite, le mot ‘mission’ est bien connu dans cette affaire,
y compris en ce qui concerne l’édification d’un monument
à Rennes-le-Château, sous l’impulsion de l’abbé
Saunière. En outre, Picknett et Prince notent que Plantard utilisait
un langage figuré concernant le prieuré qui était étroitement
lié avec Jean-le-Baptiste. Par exemple, il déclare que les
nautoniers du Prieuré -leurs Grands Maîtres- étaient
également identifiés sous le prénom ‘Jean’.
Cela signifie que Plantard s'est non seulement imaginé en tant que
‘Jean’, mais également comme ‘Way’ ! Ceci
rend tout à fait logique de supposer qu'il s'est, en effet, identifié
à « un » Jean-le-Baptiste… et, en tant que tel,
missionné à préparer la mise en place d’une ‘route’
! Mais en ce cas… pour qui cette route ? Plutôt que croire stupidement
que Plantard se voyait en dernier descendant des rois mérovingiens,
peut-être faut-il imaginer qu’il préparait l’avènement
de quelqu'un d'autre parfaitement habilité à tenir cette ‘royale’
place?
Un
deuxième parallèle est naturellement à faire avec La
Sanch. La ‘mission’ essentielle de cette archiconfrérie
était celle spécifiquement voulue par son fondateur, Vincent
Ferrer. Celui-ci, précisément comme Jean-le-Baptiste, exhortait
tous les peuples d'Europe à se repentir de tous péchés…
de sorte qu'un « nouvel âge » puisse enfin arriver.
Ferrer est souvent considéré comme un prédicateur apocalyptique,
en raison du fait qu’il ait prêché la fin des temps.
Cette vision devrait, surtout, être perçue comme « une »
fin, et non comme « la » fin des temps… car il clamait
: « avouez vos péchés, car le royaume de Dieu est près,
et le jugement est actuel ». Comme Jean et Jésus, il espérait
que l’arrivée d’un monde sans péché soit
imminente et marque l'arrivée du « royaume de Dieu ».
Ajoutons qu’il s’agit là, plus ou moins, d'une théocratie,
dans laquelle l’humanité serait ‘régentée’
selon des principes divins, venant de Dieu, plutôt que d'une douteuse
succession de politiciens ou de juges.
Plaçons ceci à l’époque de Jésus : Dieu
a promis à David que son ‘trône’ durerait pour
l’éternité et que seulement ceux de sa ‘descendance’
pourraient l'occuper pour régner sur les nations d'Israël. Cette
promesse a été vue comme un engagement éternel que
rien ne pourrait jamais dévier ou changer… exactement comme
les conditions ‘administratives’ retenues par le notaire Courtade
concernant le lieu du ‘tombeau’ sur le domaine des Périllos!
Pour beaucoup de croyants et de disciples, on voit que ce principe sacré
reste le coeur de la religion juive… mais aussi celui de la ‘mission’
de Jésus. Nous pouvons seulement nous demander si, depuis les premiers
siècles, d'autres ont construit sur ce langage figuré, un
pouvoir fondé sur des ambitions théocratiques. Soulignons
encore, sur le sujet, que plusieurs chercheurs spécialisés
sur le thème du Prieuré de Sion pensent sérieusement
qu'il y eut, effectivement, de telles ambitions politiques.
Nous pouvons seulement nous demander si cet ‘ordre du jour’
était simplement en activité dans les années 50 et
60, au moment où cette campagne a émergé… ou
si cette ‘mission’ est encore active, ou en cours de planification
?…
Filip
Coppens