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Société Périllos ©

Des eaux thermales à …. L'Ave MARIANI
(4ème partie) - De l’Ave Mariani… à la montagne Fleurie

 

Avant toute chose nous tenons de nouveau à bien préciser que nous ne sommes de profession ni historien ni chercheur, et que nous n’avons aucune prétention à nous dire spécialiste de l’affaire de Rennes-le-Château et de sa galaxie.

Pierre Saintyves

Nous avouons que nos petites recherches sont pour nous une détente -le meilleur moyen de se reposer n’est-il pas de changer d’activité ?- de nos principales occupations, dont André Douzet nous a aimablement autorisé à publier quelques éléments dans les colonnes de la S.P. Il est donc inévitable que, parfois, au lieu de faire une “découverte” ou d’apporter un autre point de vue sur un sujet connu, nous “enfoncions une porte ouverte”, en toute ignorance de sa cause, ainsi que ce fût dernièrement le cas avec un envoi de quelques pages de “La muse historique” concernant une pluie d’or sur Alet : nous ne savions pas que M. DAFFOS avait, il y a quelques années, présenté ces pages dans un de ses ouvrages -et qui ne sont pas sur son site- état de fait que nous ignorions complètement, et qui parfois risque de se reproduire. Nous nous permettons ici de lui demander d’accepter nos excuses, et faisons de même d’avance à tout auteur que, involontairement, nous mettrions dans la même situation, et, ce, d’autant plus candidement que nos insertions sont entièrement bénévoles.

Mais revenons à nos flacons, tout en faisant un petit détour par les remarques de la Société Périllos qui accompagnent notre 3ème partie.

Il est logique que “l’homme à la béquille “soit torse nu, puisque, représentant le feu, il ne peut qu’avoir chaud, même s’il y a des feux sans fumée….Salomon, est-il précisé, aurait construit le temple de Jérusalem en sept ans avec l’aide d’ ASMODÉE, lui-même ayant la maîtrise des “VERS SHAMIRS”, seuls capables de tailler la pierre, en la rongeant, sans utiliser d’outils à la lame de fer -que nous ne pouvons qu’entendre “L’AME DE FER”, pour FAIRE….. Nous nous permettrons ici de compléter son enseignement en toute cohérence avec la nature de l’Asmodée minéral. Les faits précédents nous sont appris par le Talmud de Babylone, Traité Sotah 48.b. Quant au shamir, les MAXIMES DES PERES, chapitre V, verset 6 (ou 9 selon les versions) nous apprennent qu’il fait partie des dix créations du sixième jour de la création, qui sont : le gouffre, la SOURCE, la bouche de l’ânesse, l’Arc-en-ciel, la MANNE, le BATON (de Moïse), le SHAMIR, les Tables de la Loi, la forme des caractères et le ciseau.

Le shamir était (ou est ?) un produit doté d’un pouvoir radio actif extrêmement puissant, que chimiquement parlant on pourrait associer à un sulfate ou à un fluorure, voire même un fluo-borate d’uranyle : jaune verdâtre luminescent, VERS LUISANT facilement fusible, c’est le véritable Rayon Vert, dont celui du soleil couchant donne une bonne approximation tant de teinte que “d’effet de pompe”; C Rayon vert, Crayon vert, cire verte (cierge vert), dissolvant de la serrure de la porte du temple… [avant l’invention du Gutta Percha, les acides fluorhydriques ou fluoborique étaient conservés en des récipients creusés dans des troncs de chêne : “note ce chêne” se contente de dire Nicolas FLAMEL].

Asmodée fut mis en fuite par Tobie grâce à la fumée issue de la cuisson d’un poisson sur un grill :

“Le vitriol philosophique, sujet initial et premier être de la pierre philosophale… il a reçu le nom de “L’HUILE DE VICTOIRE… “ huile de verre, ce qui marque son aspect vitreux, sa fluidité grasse et sa coloration verte… Notre maquereau… est un poisson mystique, objet de mystifications. Il doit son nom et sa réputation à sa brillante coloration verte, coupée de BANDES NOIRES, SEMBLABLE A CELLE DU MERCURE DES Sages. BESCHERELLE signale qu’en l’année 1430 le maquereau était le seul poisson de mer qui parvint jusqu’à Paris (Bar-Isis, le temple d’Isis), où selon une coutume fort ancienne, on l’apprêtait avec des groseilles vertes…” (FULCANELLI, DM, Le cadran solaire du palais d’Holyrood), soit cabalistiquement le gros sel vert : la rosée des sages est un sel vert, écrit symboliquement par le X et le P juxtaposés, Les deux consonnes du mot “KLOROS”, mais aussi le monogramme du Christ… attention, ce lieu est terrible, une église peut en cacher une autre…

Dans l’affaire Asmodée (2ème partie), André DOUZET signale l’Asmodée de Ste Lucie de PIave, qui porte, autour des reins, une ceinture faite d’une peau de serpent. Il ne sera pas inintéressant de rapprocher cette ceinture de celle que porte le St Christophe d’un bas relief de l’hôtel Lallemant à Bourges : sa ceinture est piquée de lignes entre-croisées, de croix, semblables à celles que présente la surface du dissolvant lorsqu’il a été canoniquement préparé : c’est là le signe de la pureté de la substance mercurielle évertuée à l’extrême. L’Asmodée de Ste Lucie n’est-il pas en marbre blanc de carrare, et non plus brun la tunique bleu-verdâtre.

Les Editions Emile NOURRY publièrent en 1936 un livre de Pierre Saintyves : “Saint Christophe, successeur d’Anubis, d’Hermès et d’Héraclès”, que le lecteur pourra consulter (ou télécharger) sur le site Gallica de la BNF, dont la lecture lui permettra d’approfondir l’arcane.
Pour terminer cette digression, l’âne qui vit naître Jésus, l’âne qui le transporta triomphant à Jérusalem, -cet âne à la peau cendrée, du conte Peau d’Ane de Perrault (Père eaux) à Anne, la mère de la Vierge- porte sur l’échine une croix noire de poils. D’où son appellation de “SAINT CHRISTOPHE de PAQUES FLEURIES, parce que Jésus entra dans Jérusalem le jour des Rameaux, ou de Pâques fleuries… celui-là même où les alchimistes ont coutume d’entreprendre leur grand ouvrage” (FULCANELLI, DM, Louis d’Estissac)

L’expérience psychédélique

Dans “L’art et l’expérience psychédélique” de Robert E.L. MASTERS et Jean HOUTON (1968, Balance House, N.J., version Française Robert Laffont, Paris) nous pouvons lire :

“La notion d’espace est faussée et la taille des objets peut croître ou décroître aussi capricieusement que dans Alice au pays des merveilles… certains auteurs ont MODIFIE CHIMIQUEMENT le contenu conceptuel ou l’imagerie verbale dans leurs écrits… les COMPOSITIONS BOURREES de certains peintres psychédéliques sont une tentative pour traduire cette richesse d’image, cette abondance…”

Puis, en prenant comme exemple un tableau de Mati Klarvein “Vision abstraite en forme de paysage espagnol (Huile Tempera sur toile) :

“…chaque chose est vue d’une manière très détaillée et très nette, sans que la DISTANCE à laquelle est placée la chose en question entre en ligne de compte… Dans ce tableau, un galet est VU AUSSI CLAIREMENT qu’une grosse pierre; et la distance n’estompe rien, de telle sorte que les pierres du mur au premier plan sont VUES AUSSI NETTEMENT -mais pas plus- que les pierres des murs de plus en plus petites qui grimpent au loin le long de la colline”…

Et enfin, lors d’une analyse comparative entre le Surréalisme et l’Art psychédélique :

“le Surréalisme est exclusif; l’ART PSYCHEDELIQUE EST GLOBAL… Contrairement au Surréalisme… l’art psychédélique NE S’OPPOSE PAS A L’ART RELIGIEUX du passé et n’a pas d’affinités avec l’art démoniaque et hérétique en tant que tel.. Il est à la recherche d’IMAGES. QU’ON DECOUVRE DANS LES PROFONDEURS… Là où le Surréalisme fait appel à la magie, l’art Psychédélique veut être SCIENTIFIQUE… il se veut également RELIGIEUX… devant les réalités qui se révèlent à la CONSCIENCE AMPLIFIÉE…”

L’ensemble des phrases que nous venons de lire ne pourrait-il pas, pratiquement intégralement, être appliqué à la décoration intérieure de l’Eglise de RENNES-LES-BAINS, exécutée durant la période faste et forte des PRODUITS COCAÏNES ?
La notion de “COMPOSITION BOURRÉE” ne convient-elle pas parfaitement à la sensation, -à la vision qui vous submerge, presque dérangeante par sa capacité d’intrusion mentale-, que l’on ressent en entrant dans la nef de l’église ?
Et que dire, pour ne prendre que l’exemple qui nous intéresse ici, de la “Fresque de la Montagne Fleurie” ?

La fresque de la montagne fleurie

Le lecteur intéressé trouvera, sur le site www.rennes-le-chateau-archive.com de M.GARCIA, quatre articles d’étude descriptive de cette fresque, fondés sur une “campagne photographique” de M. BRUNELIN et qui présente, nous citons “une sélection de plus belles photos de ces TABLEAUX ABSTRAITS que quelques PRETRES DU RAZES ont bien voulu nous laisser pour le PLAISIR DES YEUX”.

Mais ici ce sont les mots et les phrases employées dans les descriptions que nous allons saisir :

- ”chaque détail est un véritable tableau”…

- ”aiguisez vos yeux… vous verrez au bout de quelques secondes… jouer des lumières et des filtres”…

- ”des objets insolites ont été dessinés intentionnellement”…

- ”il FAUT FAIRE ABSTRACTION DES DISTANCES ET DES PERSPECTIVES… le paysage cache en réalité un autre décor plus secret et plus discret”…

- ”les images se superposent comme si plusieurs diapositives mélangeaient leurs lumières”…

- ”un REEL VERTIGE ARTISTIQUE.. images surprenantes forment de SUPERBES TABLEAUX abstraits… chacun y verra son paysage…

- ”rechercher d’AUTRES REGARDS CACHÉS dans les recoins du paysage”…

Ici ne retrouvons nous pas l’état paranoïde classique découlant de la prise de cocaïne ? que dire de ces yeux qui vous regardent, sournoisement attentifs de biais, dans l’attente… QUELLE EST LA NATURE DE L’ETRE QUI CONSTITUE LE MONT-JOIE au sommet duquel est élevé le héros mystique, de l’être qui se fait et se défait dans le flux et le reflux submergeant des replis de sa folie ?

Quel est cet être qui te regarde, du cœur du buisson ? Est-ce toi, dans le miroir de la folie, farfelue, est-ce un frère feuillu, l’âme d’un druide, la présence toujours actualisable d’un temps révolu, de l’époque (pas si lointaine que cela) où le magnétisme terrestre et la radio activité naturelle étaient deux fois plus intenses que maintenant, l’époque des MAGES, des ROIS NATURELS…?

Dans cette fresque, ou plutôt peinture murale compte tenu de la technique picturale apparemment employée, le village en ruine de la scène de droite, le château crénelé de celle de gauche, le personnage au parapluie ou les fleurs rouges ne sont-ils pas aussi nets que le chapiteau corinthien qui occupe le premier plan, résultats d’une vision identique à celle de Mati Klervein et de son paysage espagnol ?

Cette peinture murale, réalisée à partir de 1897 -avant ou après la mort de l’Abbé GELIS ?- est positivement une œuvre psychédélique, dont nous ne pouvons douter de l’origine chimique. “Elle cache, semble t’il, bien des secrets” (M. GARCIA)

Une question pourtant nous taraude :

Certes, au XXème siècle Mies Van der Rohe déclarait “Dieu est dans le détail”

Mais cela n’est il pas une des conséquences des grandes dérives du monde humain -dont un des dégâts collatéraux fut de transformer la République en Démocratie, au grand profit des politiques habiles manieurs de miroirs aux alouettes dont nous pouvons mesurer la vitesse angulaire en écoutant St Thomas d’Aquin s’exprimant au XIIIème siècle : “Le diable chie dans les détails”

Ce DIABLE qui est si proche de la fresque et du Ronde bosse, ce malin qui se glisse derrière cet aspect continu de l’environnement que nous appelons réalité !

Ecoutons M. GARCIA : “Ces visages prouvent… que l’affaire de Rennes-le-Château est bien réelle… c’est la concrétisation d’un projet ambitieux qui demande certainement des heures de réflexion, d’étude et de conception. Alors que sa réalisation murale nécessita peut-être quelques semaines, sa complexité prouve qu’il ne s’agit pas du travail d’un seul homme. PLUSIEURS AUTRES ont certainement participé l’ébauche de cette œuvre qui devait parachever le CODAGE de RENNES-LE-CHATEAU…”.

Conclusion provisoire en forme d’interrogation

Dans la première partie de notre texte nous avons signalé le groupement de personnalités qui, selon les indications rapportées par Patrice CHAPLIN se rencontraient à Quillan. Nous y avons signalé Maître SAUZEDE, Notaire Royal inscrit à la Loge de l’Union Africaine en compagnie de Gustave et Pierre VISON, ami du Maréchal CLAUZEL, propriétaire de forges à un quart de lieu de Quillan, et qui reçut en 1839 Mgr le Duc et la Duchesse d’Orléans en route pour Alger. Nous y avons signalé ANGELINA…..
A cette époque où “LES FRANCS-MACONS SONT TOUT PUISSANTS EN ROUSSILLON” (Revue des questions historiques, 1895) est-il anodin d’ajouter que le PERE d’H. BOUDET DIRIGEAIT LA FONDERIE DE QUILLAN, grande manufacture de boulets de canons et de projectiles militaires. Son frère, Edmond, fut notaire à Axat.

Dans son ouvrage “Franc Maçonnerie et sociabilité en pays catalan” Céline SALA a développé une partie de son étude sur la franc-maçonnerie et la religion en pays catalan, de laquelle nous extrayons les quelques phases suivantes, en complète adéquation avec les recherches d’André DOUZET et de M. Isaac Ben JACOB :

“Nous ne pouvons mesurer la sincérité de l’engagement religieux des frères roussillonnais, mais il est certain que l’attachement religieux des frères roussillonnais resta une valeur ancrée dans les temples”…

“N’étaient-ils pas les MEMES PERSONNES qui, dans leurs TESTAMENTS, faisaient inscrire de NOMBREUSES MESSES pour le SALUT de leur AME”…

…”des proches des évêques avaient parfois été membres des loges…”

…”les innombrables tableaux des membres révèlent la présence des membres de l’église dans les Loges Roussillonnaises”…

…”sous l’Ancien Régime, beaucoup d’ecclésiastiques roussillonnais ont adhéré à l’ordre maçonnique et réalisé leur foi dans le rituel et l’esprit maçonnique de la période”…

…”il est utile d’aborder la question des relations entre les confréries roussillonnaises et la Franc-Maçonnerie… les transferts entre les confréries de pénitents et les loges maçonniques”…

…”à Limoux, les nobles et négociants engagés n’en quittent pas moins pour autant les confréries. Souvent, plus de deux tiers de ces frères maçons et pénitents appartenaient à la noblesse et au négoce. En étudiant la double appartenance, on pourrait constater qu’il y avait pas d’empêchement majeur entre ces deux formes de sociabilité en Roussillon et que, en participant des deux, certaines personnalités pouvaient accroître leur notoriété en ville”…

Une gravure tirée de l’Histoire Pittoresque de la Franc-maçonnerie, Parie 1843, nous montre un banquet maçonnique dans un couvent au XVIII ème siècle.

Peut-on, en intégrant ces différents aspects de la fraternité catalane, de la Franc-maçonnerie en Roussillon, fidèle aux préceptes de l’Eglise, soumise aux lois de l’Etat mais ne s’appliquant pas à elle-même ces idéaux, ne pas penser à Mgr BILLARD qui, selon la notice Laborde, “les riches et les nobles satisfaits… songe à placer ses amis” ? Monseigneur BILLARD dont les réactions sont, nous l’avons vu, chimiquement identiques aux effets principaux de la consommation de cocaïne, qui était généralisée à cette époque.
Etait-ce le cas de nos prêtres du Razès, quand, avec plusieurs autres personnes ils conceptualisèrent la fresque de la montagne fleurie, dont “il faut être à moins de 50 cm pour le [un détail] deviner” (M. GARCIA), ou était-ce le cas de l’artiste ou des artistes peintres qui exécutèrent les fonds, avant qu’une autre personne exécute les rehauts ? Cinquante centimètres : la distance de l’œil du peintre au bout de son pinceau… ou bien, tous nos prêtres étaient-ils en permanence dans un état d’acuité visuelle que nous ne pouvons qualifier que de chimique pour être persuadés que la transmission de leur message pouvait se faire à travers ce moyen ?

En un mot, peut-on, comme en une phrase mnémotechnique regrouper tout un pan des données concernant Rennes le Château, en considérant les lettres R.L.C. comme les initiales de : RADIO ACTIVITE - LOGES - COCAÏNE ?

Sans descendre dans la matière picturale, au même niveau discontinu du détail comme MM. GARCIA et BRUNELIN, niveau pratiquement quantique -et où l’ensemble des potentiels existent simultanément une fois passé consciemment le “mur culturel” de l’INVERSION DU TEMPS ET DES FORMES -approche réservée dans l’art à des professionnels, à des spécialistes du kaléidoscope psychédélique nous resterons -à l’inverse d’HILLEL ERLANGER- sur un niveau sensitif et cognitif plus Euclidien mais qui, déjà, peut se révéler, bien qu’ici sous un aspect quelque peu naïf et à l’aulne de l’œil du chercheur de bon air, très bavard.
Et si, en fonction de notions d’espaces faussées, de tailles d’objets apparaissant et variant comme dans Alice au pays des Merveilles; si, en fonction des INVERSIONS, si fréquentes, entre autre, dans la “sphère” de RLC qui permettent de sauter d’un cromleck à une source entourée de terre aussi bien qu’à une île entourée d’eau, glissant du pays d’Alice au pays des merveilles à celui de la Malice au pays des Cervelles nous osions avancer l’idée que, en arrière et en aval de la MONTAGNE FLEURIE, cette peinture serait celle d’une VALLEE FLEURIE...

Un objet peut en cacher un autre… dans plusieurs dimensions. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas…

Du Razès au Forez

Aussitôt vient à l’esprit, comme une bulle de conscience amplifiée, Notre Dame de Valfleury, dans le Forez, sur la route du Pilat, ou l’Abbé Jean JOURDE, en poste à Notre Dame de Marceille à Limoux de 1880 à 1890 fut muté de 1891 à 1899, avant de revenir à Limoux jusqu’en 1903. Certes l’hypothèse semble souriante, mais encore faut-il essayer de l’appuyer sur des bases dont la cohérence sera le fondement de la crédibilité.
Tout d’abord, dans quelle scène nous trouvons-nous ?
Reprenons les descriptions de M. GARCIA :
“si l’on rapproche les deux peintures latérales, il est incontestable qu’elles sont très différentes, aussi bien par les couleurs dominantes que par la scène représentée. A gauche, c’est le printemps ou l’automne, à droite c’est l’entrée ou la sortie de l’hiver”

Maintenant, ces quelques lignes, extraites du “Forez, de la Madeleine au Pilat”, ouvrage collectif édité par Christine BONNETON :

“comme dans le Forez l’étagement est bien exprimé : s’y ajoute de plus une dissymétrie entre le versant occidental plus humide, plus froid, et le versant méridional, mieux exposé… aux étages supérieurs le sapin… est l’espèce essentielle.
…au nord, en Jarez, versant froid, … hêtres et sapins s’étendent assez bas, vers les prairies jusqu’à 700 m d’altitude…
Sur le versant méridional, les espèces méridionales montent à l’assaut des versants : les forêts de feuillus, successivement chênes pubescents, chênes sessiles et châtaigniers, hêtres, l’emportant nettement
… la lande est parsemée d’arbustes : il ne s’agit pas d’un véritable pré-bois, mais plutôt d’une lande arbustive
…l’abondance de rochers… qui sont étalés sur les versants au milieu de la lande…
…entre ces buttes, un réseau de chenaux remplis d’eau libre en été.

Peut-on plus nettement définir nos deux paysages de la fresque comme appartenant à une même région : nous laissons le lecteur apprécier.

Continuons :

Dans “Mémoires pour servir l’histoire naturelle des provinces du Lyonnais, Forez et Beaujolais” par M. ALLEON DULAC, Lyon, 1765, nous trouvons une énumération des “végétaux qui croissent sur les montagnes de Pila, ou dans le voisinage.. je me contenterai d’indiquer quelques plantes”. Après la digitale, qui “est une des plantes qu’on trouve le plus souvent dans toutes ces montagnes, et dont le suc mêlé dans un onguent guérit les glandes écrouelleuses” l’auteur signale le LIS MARTAGON, dont les fleurs servaient à soigner l’EPILEPSIE. Faut-il ici rappeler les démêlés du père CHIRON avec Antoine GAY ? -ce lis a droit à une pleine page dans l’ouvrage précité sur le Forez, comme espèce du parc régional, et il est précisé au lecteur qu’il le trouvera aux abords des landes arbustives et non du côté des prairies de type alpin: lande parsemée de bouleaux, hêtres et chênes rabougris.

Par ailleurs nous y apprenons que le gel peut conduire au DEVELOPPEMENT DE MOTTES, sortes de buttes végétales, hautes de 50 cm, qui rendent la marche particulièrement pénible. Tous les éléments végétaux de la fresque se trouvent décrits : Fleurs rouges -à comparer aux photos de lis Martagon- poussant du côté des arbustes, mottes, prairies, sapin. Si à priori nous sommes bien dans le Forez, et non dans le Razès comme l’on aurait pu s’y attendre, il nous reste à déterminer les localisations possibles dans cette région.

De la montagne Fleurie à Valfleury

Une bien jolie légende entoure l’histoire du lis Martagon, et la relie à celle de la Vierge Marie : autrefois le lis martagon était blanc comme les autres lis, mais un jour que la Ste Vierge allaitait l’enfant Jésus, celui-ci, qui venait de percer sa première dent, mordit sa maman. Une goutte de sang parla et tomba sur le lis martagon qui devint jaspé d’éclaboussures rouges.

Valfleury présente, par de nombreux aspects, de fortes similitudes avec Notre Dame de Marceille : toutes les deux sont des sanctuaires dédiés à la Vierge, les deux sanctuaires sont millénaires et ont chacun leur vierge noire.

Notons, à ce sujet, que celle de Valfleury fut trouvée sous un genêt en fleurs. Au nord du Forez se trouvent les gisements uranifères des Bois Noirs (au nord-est de Couzan). Parmi les fleurs d’urane -pardon, les oxydes d’uranium- deux silicates n’ont pu manquer d’attirer l’attention de nos aïeux : ceux-ci portent les noms modernes de Kasolite et de Sklodowskite. Certes, vu de près, ces “fleurs” ressemblent plus à celles du mimosa qu’à celles du genêt -plus proches d’une mini “gueule de loup”-, mais dans une même région le rapprochement se fera entre les espèces minérales et végétales locales et ressemblantes -Du point de vue “chymique” il ne sera pas inutile de noter que ces genêts, nous dit la légende, étaient sous la neige, rare indication analogique d’une partie de la technique de la voie brève alchimique-.

Dans son livre “Notre Dame de Valfleury” (Lyon 1931) A. BERJAT, vice-recteur de Notre Dame de Fourvière nous donne deux précisions complémentaires au sujet des Vierges Noires. La première ne peut que venir conforter les corrélations que nous avons établies plusieurs fois dans cette étude avec la radioactivité :

“Après la révolution, plusieurs fois, des lueurs mystérieuses révèlent des statues si soigneusement cachées que l’on ne savait plus où les retrouver”. Nous retrouvons ici le phénomène des fluorescences et de phosphorescence que nous avons plusieurs fois signalés.

L’autre précision nous rapprochera directement de notre fresque :

“Ces statues [les Vierges Noires en majesté] RENFERMAIENT GENERALEMENT UN PETIT COFFRE… La statue de Notre Dame du Puy avait aussi une cavité semblable, que nul ne connaissait, car la toile marouflée la dérobait aux regards : ce fut sur le bûcher de la Révolution que l’on vit s’ouvrir cette cachette, d’OU SORTIT UN PARCHEMIN que l’on essaya en vain de sauver du feu….
La Vierge de Valfleury n’a pas de case faite ainsi; cependant une pièce de bois est fortement encastrée dans le dos… Valfleury à l’insigne honneur de posséder encore l’un des plus anciens et des plus précieux monuments de l’art chrétien en l’honneur de la Mère de Dieu…
Comment ne pas faire le lien ici avec le “coffre dissimulé derrière le chapiteau de la fresque (et dont) le manque d’échelle interdit toute déduction sur sa taille exacte… détails comme ce reste de ferrure ou de lanière” (M. GARCIA, la fresque, latéral droit)

Ce coffret, placé à côté d’un chapiteau, se trouve sous un rocher, ou plutôt sous un ensemble de deux rochers superposés. Ecoutons M. A. BERJAT :

“Car l’on voyait et l’on voit toujours la place où elle [la Vierge] reposa sur le rocher qu’on appelle la Chaise de la Vierge… On lui élèva bien vite une chapelle, à l’endroit qu’elle avait choisi, trop vite même, car cette chapelle s’écroule bientôt”…

Et d’apporter plus loin une précision d’importance :

“Cette Chaise de la Vierge semble bien avoir été auparavant une chaise de St Martin : on y voit la marque de son bâton et, un peu plus loin, la FAMEUSE CHAISE DU DIABLE TOUJOURS INSEPARABLE DE LA PREMIERE”.

Nous avons donc deux rochers, une chapelle effondrée et une Vierge Noire avec un coffre, ou, tout du moins une pièce de bois fortement encastrée.

Après la reconstruction d’un prieuré, avec cloître, la vie monacale suit son cours et les pèlerinages deviennent de plus en plus fréquents : Valfleury était très fréquenté et nous trouvons, d’après les actes anciens un “chemin de la procession”, “une croix blanche, une croix Ramey, une croix du Plot”.

Au XV ème siècle, l’église est reconstruite grâce aux libéralités du Cardinal de Saluces, évêque de Valence en 1383, qui fût créé cardinal par Clément VII et faillit être élu pape en 1414 au Concile de Constance.

Le XVI ème siècle s’achève au milieu des épreuves de la peste, et les populations viennent en foule au pèlerinage, “tellement qu’un auteur ESPAGNOL DE BARCELONE, voyageant en France et passant par Lyon, voulut visiter Val Fleury” lieu connu jusque dans l’Espagne et fameux par toute la terre”.
Aussi, tous les chemins qui aboutissent à Valfleury se JALONNENT DE CROIX, encore intactes, et dont la première, au hameau de Plantey, porte la date de 1620.

Pourquoi, nous direz-vous, insister sur ces croix ?

Nous répondrons par une autre question : Pourquoi, parmi les villes portant le nom de Rennes l’abbé BOUDET ne cite t’il pas Rennes-les-Bains ? Nous trouvons la réponse dans la préface que Pierre PLANTARD écrivit pour la réédition de “la Vraie Langue celtique” chez Pierre BELFOND.

“…il faut se souvenir du “VAL CRUX”, vallée des croix, nom que l’on donnait au site de RENNES-LES-BAINS en 1709, au temps ou l’abbé Delmas était curé et écrivant ses mémoires…”

Quel saisissant rapprochement ! mais continuons. Vers 1658, le cloître tombe en ruine, l’église est délabrée :

“L’antique prieuré de St Robert avait duré 635 ans. Il nous a laissé la majestueuse statue de Notre Dame, peut-être quelques colonnes de son vieux cloître, deux blasons et enfin la PRECIEUSE PIERRE SACREE DU MAITRE AUTEL de l’ancien sanctuaire…”

L’histoire, où la légende, veulent que cette pierre du maître autel provienne de la grotte de GETHSEMANI, qui fût rapportée des croisades. Impossible ici de ne pas penser à la maquette (ou aux deux maquettes) de l’abbé SAUNIERE portant la mention Gethsémani, mention qui nous fut entièrement inutile pour décoder le message contenu dans ce moulage. Se pourrait-il qu’il ait été par contre utile pour l’autre abbé qui devait recevoir la seconde maquette -légèrement différente- en un autre lieu de France ?

Terminons notre promenade à Valfleury par les quelques lignes suivantes, qui décrivent les environs du site de pèlerinage : “En sortant du Rosaire, le SENTIER, EN PARTIE ASSEZ RAIDE, CONDUIT A L’ERMITAGE DE 1611… Un petit champ cultivé indique bien l’emplacement des anciennes constructions et de la chapelle : quelques pans de mur restent encore et quelques débris de sculpture ont été trouvés dans le champs”

Un dernier point : en 1852, Mme de Valfleury, descendante de cette famille des anciens seigneurs du pays fit un don de 120 000 francs pour l’érection d’un évêché à Laval…

Voilà exposés les quelques points principaux que nous avons pu réunir concernant le Forez, et plus précisément Valfleury. Les données semblent convergentes -et renforcées par la présence du père JOURDE tant dans ce lieu qu’à Limoux- mais nous ne sommes pas convaincus : quelque chose manque, comme si Valfleury n’était qu’un des lieux indiqués par la fresque, comme s’il n’avait servi que de poteau indicateur d’une direction à suivre.

A partir de Valfleury

Autant la localisation en Forez a remporte notre adhésion, autant le choix de Valfleury, s’il est fort incontournable dans le cheminement ne nous semble pas définitif ni exhaustif.

Notre certitude en ce qui concerne le Forez est renforcée par Honoré d’URFÉ, qui a popularisé l’idée d’une mer Forézienne recouvrant les terres avant la conquête romaine. “De toute ancienneté, cette contrée que l’on nomme à cette heure Forez fut couverte de grands abîmes d’eau”… On retrouve cette tradition, plus au sud, à la Tour-en-Jarez dans les écrits de la Mure Ce serait Jules César qui assécha la Plaine : “Un étranger romain du nom de Julius… fit rompre quelques montagnes, par lesquelles ces eaux s’écoulèrent”… Quelle similitude, quel parallélisme avec l’Aude, dont Onésime RECLUS, écrivait en 1899 dans “Le plus beau royaume sous le ciel”

…”Où se détache le chaînon du Canigou (2785 m) d’où l’on voit si bien à l’est la mer intérieure…”

…”derrière ce grand barrage le torrent qui est maintenant l’Aude refluait en lac dans la plaine carcassonnaise, puis courait sans doute vers l’Atlantique…”

…”Alors le bassin de Carcassonne était un lac ayant son issue vers l’Atlantique”…

Nous ne pouvons ici qu’évoquer H. BOUDET et ses paragraphes sur les bancs de coquillages ainsi que conseiller au lecteur de se reporter sur le site de M.GARCIA, qui nous montre, dans la fresque quelques détails “évoquant l’époque où le cromleck fut il y a des millions d’années au fond de la mer” -bivalve, requin-taureau, etc.-

En ce qui concerne Valfleury, nous possédons, au-delà des éléments topographiques et géographiques quelques éléments qui vont peut-être servir à éclairer notre lanterne. Guillaume de Roussillon (ou de Chateauneuf) fait le 11 août 1275 son testament avant de partir pour la Croisade. Dans ce testament, nous trouvons un leg de trente sous d’argent pour trente messes à dire à Valfleury. Or, l’épouse de Guillaume est bien connue : il s’agit de Beatrix, Dame de Chateauneuf, qui fondera la Chartreuse de Ste Croix près de Pavezin.

Nous avons signalé, précédemment, en même temps que la pierre d’autel, l’existence de deux blasons, qui furent trouvés en démolissant l’ancienne église de Valfleury et qui sont conservés dans la Salle des pèlerins.
Le premier blason a 1 m 32 sur 1 m 20, tandis que le second mesure 1 m 05 sur 0 m 80.
Le premier porte les armes de Jacques MITTE DE CHEVRIERES, seigneur de St Chamond, avec les colliers de l’ordre de St Michel et du St Esprit. Le second écusson est timbré d’un casque et entouré aussi des colliers de St Michel et du St Esprit : il est attribué à Pierre de FLAGHEAC, seigneur de Chagnon, qui épousa, en 1586, Marguerite de ROSTAING.
Or, le “Dictionnaire de la Noblesse” de M. de la CHENAYSE DES BOIS, tome X, nous apprend que Jean MITTE DE CHEVRIERES, vivant en 1360, épousa Agnès ADEMAN, FILLE DE GUICHARD ALEMAN ET DE BEATRIX DE ROUSSILLON dont il eût, entre autre enfant, Jacques MITTE…
Voilà deux éléments historiques qui nous indiquent la possibilité d’une direction : la chartreuse de Ste Croix en Jarez.

La fresque du couronnement de la Vierge

Tout en cheminant mentalement vers Ste Croix en Jarez nous ne pouvions enlever de nos pensées Valfleury, ses pèlerinages et surtout le COURONNEMENT de la statue miraculeuse par un décret du Pape Pie IX du 2 mars 1860. Les couronnes furent apportées le 31 mai de la même année, en présence de 3 cardinaux assistés de deux cents prêtres du diocèse de Lyon et des diocèses voisins. Douze cent jeunes filles vêtues de blanc marchaient en tête du cortège…
Une cérémonie grandiose, 16 ans avant celle de Lourdes et précédent de 19 ans celle de la Salette : Valfleury rentrait dans les rares pèlerinages de la Vierge parmi les 1424 existants alors à avoir reçu cet honneur.

A cette époque H. BOUDET continuait son écriture et ses mises au point de La vraie langue celtique. En 1886, justement, était publié un récit de voyage au Mont Pilat effectué en 1806 par Mgr le Cardinal DOUNET et envoyé au vicomte Hippolyte de SAINT TRIVIER, à BOURG ARGENTAL :

…”un reste de fort gothique se dressait comme un burg colossal. Ainsi que dans les nuages, on voit dans les montagnes à peu près ce qu’on veut. Notre imagination trouvait dès lors à s’exercer. Le soleil éclairait en plein les escarpements des murailles, le dôme et les tours de la chartreuse de Ste Croix”…

…”le mont Pilat s’ouvrit soudain à nos regards… on eut dit un énorme fragment de lune tombé du haut du ciel… nuages montaient et descendaient, semblables aux anges de l’échelle de Jacob”…

…”on discernait les moindres accidents de terrain… les noms de ces pics et de ces aiguilles : l’Aiguille du Pilat, le site ravissant de Virieux, les Trois-Dents, la Croix de Montvieux, le Dôme de la Terrasse, la Chartreuse de Ste Croix, le pèlerinage de Valfleury. Mais tout cela… ne forme qu’une immense dentelle aux gracieuses découpures”…

Quel cromleck cela eut été pour Henri BOUDET ? -eût été ?-. Mais la couronne (crown, crom) n’en est-elle pas aussi un symbole : Valfleury avec la Vierge couronnée, Valfleury qui participe d’un “cromleck” forezien.

Mais, à Ste Croix, n’y a t’il pas une fresque du couronnement de la Vierge ?
Cette fresque fait partie d’un ensemble situé dans l’ancienne chapelle des pères de la Chartreuse de Ste Croix. Le lecteur intéresse trouvera sur le site de France Secret des articles complets sur cet ensemble pictural.
La Vierge est assise sur un banc de pierre à la droite du Christ, tandis qu’un ange lui pose une couronne sur la tête.
Mais ce qui va nous intéresser ici, c’est le siège lui-même, avec ses bras sculptés en forme de chapiteau, et principalement celui situé du côté de la Vierge, qui présente un curieux air de famille avec celui… de notre fresque de R.L.C, mais -nous y sommes habitués- inversé, pour attirer notre attention.

Est-il indifférent que ces fresques décoratives de la tombe de Thibauld de VASSALIEU ont été faites de son vivant ?. Thibaud de VASSALIEU négocia les deux traités passés à Pontoise au mois de septembre 1307 entre le Roi Philippe le Bel, l’Eglise -Cément V- et la ville de Lyon. Le 13 octobre de la même année les templiers étaient arrêtés.
Il passa les dernières années de sa vie à la chartreuse de Ste Croix, où il s’était retiré, avec son mobilier : ses livres et son LABORATOIRE D’ALCHIMIE…
Par testament il légua de fortes sommes aux religieux, sa maison, ses vignes: de même il fit diverses legs de bienfaisance en faveur des églises et des hôpitaux de la contrée, ainsi qu’à… son médecin.

Un autre élément de la fresque : le village en ruines

Dans notre quête les éléments semblent donc se préciser : Le Forez, avec sa géographie climatique très particulière et indiqué par Valfleury, la vallée fleurie en inversion de la montagne fleurie; le Forez où l’on trouve les traces d’une mer intérieure comme dans l’Aude; Valfleury et sa Vierge Noire avec cache intégré; Valcroix….; Valfleury et le couronnement de la Vierge qui nous entraîne vers Ste Croix, au même titre que des blasons de pierre; La chartreuse de Ste Croix et le bras du siège de la Vierge… Notons, à ce moment, que le personnage qui marche dans la fresque de droite de RLC a le bras droit dans une position qui indique directement le chapiteau, comme si celui-ci était une clef: nous reviendrons sur cet abbé ultérieurement. Pour l’instant, il nous importe maintenant d’essayer de découvrir au moins quelques indices concernant les autres éléments “en rehaut” qui apparaissent dans la fresque : le château, en haut à gauche, et le village en ruine dans la partie droite.

En ce qui concerne ce dernier, s’agit-il réellement d’un village ? Certes, l’ensemble est composé de plusieurs bâtiments, mais à y bien regarder, on y voit tout d’abord trois groupes qui semblent composés de mêmes bâtiments vus sous des angles différents, comme pourrait les apercevoir un voyageur selon le chemin par lequel il arrive en ce lieu : le bâtiment “carré” est répété trois fois, avec une sorte de tour- clocher en ruine et un bâtiment à toit en pente qui semblent jouer à cache cache.

Reprenons le voyage au Mont Pilat en Forez du Cardinal DOUNET, que nous avons laissé devant un “paysage de cromleck” :

…”A un détour, où l’espace plus large a permis à quelques chalets de s’implanter… on traverse une forêt de sapins.. il y a, à cet endroit, une petite auberge et des hangars et des écuries”…

…”La grange de Pilat… se compose de deux corps de bâtiments en pierre; l’un est destiné au bétail, l’autre est la maison d’habitation, séparée du premier par une basse cour; cette maison se divise en plusieurs pièces…

Cette grange était connue du monde ecclésiastique. En effet :

…”Je ne pus m’asseoir sans attendrissement à cette table rustique où Mr d’AVIAU de SANSAY, M. MALGONTIER, curé de Maclas, et mon père fuyant les proconsuls de l’époque Révolutionnaire, avaient été heureux de trouver des provisions envoyées par ma mère à son archevêque et à ses deux compagnons de voyage…Là venait aussi se reposer J.J. ROUSSEAU”…

La grange de Pilat, dite aussi auberge de la Jasserie, est en effet composée de trois corps de bâtiments disposés en U et qui vont apparaître dans des ordres différents selon le chemin par lequel on y arrive. Quant aux pentes des collines en arrière plan, elles correspondent bien à celles peintes sur la fresque. Nous avons joint aux vues photographiques des images d’une maquette de l’auberge, prises sous différents angles. Certes cette maquette nous montre l’auberge restaurée, et non en partie en ruines comme au XIXème siècle : mais quelques images valent mieux qu’un grand discours…

Un autre élément de la fresque : le château fort

Les deux aspects de la fresque de RLC que nous avons précédemment étudiée, -versant froid, sapins descendant assez bas, versant méridional, forêts de feuillus- peuvent, d’un autre point de vue, à priori plus poétique, se rattacher à l’Astrée d’H. d’URFÉ parue de 1607 à 1627. L’action se passe au Vème siècle après Jésus Christ, au temps des druides; ce roman pastoral est inscrit avec précision dans la plaine du Forez.

Nous en avons déjà fait part lorsque nous avons parlé de la genèse mythique de cette région, lorsque le Forez était couvert de “grands abymes d’eau”.

“On ne trouve pas moins de quarante lieux du Forez cités par Honoré d’URFÉ : hameaux, bourgs, maisons fortes, châteaux étangs, sources, rivières et fleuves, bois et prés, ponts, carrefours et grands chemins. Trois villes forment les points d’un triangle presque parfait; FEURS, BOËN et MONTBRISON… Les côtés de ce triangle ne sont pas moins nets… Entre ces grandes lignes, le “cœur de la plaine” que la “tortueuse rivière de Lignon” partage en deux petits mondes : rive gauche, le côté bergères, rive droite le côté nymphes”… (Forez, de la Madeleine au Pilat, opus cité).

De ce Forez qui dissimulait à cette époque sa réalité et son emplacement sous l’homonymie d’un nom commun (Forez, forêt) l’Europe n’en connaissait pas le chemin : c’est d’URFÉ qui le lui apprit, pour découvrir “une terre et une vie au-delà de toute promesse”.

Puis, lentement, le son grêle du chalumeau fut remplacé, à quelques lieux de là, par le tintamarre des enclumes : les forges de l’Arsenal du boiteux mari de Venus se développent pour fabriquer les machines de son rival, le belliqueux Mars.

Honoré d’URFÉ, fut chevalier de l’Ordre de Malte à 13 ans, ardent catholique, membre de la ligue dans les combats en Forez. Son frère, Anne, après avoir été bailli du Forez est entré en vie religieuse. Ce guerrier, devenu prêtre, lutta contre Henri de BOURBON pour éviter qu’il ne devienne Henri IV. Leur ancêtre, prince d’Allemagne, avait fait construire le Château des Cornes d’URFÉ -sur les hauteurs de la montagne des bois Noirs, site minier d’uranium qui fut de première importance dans la deuxième moitié du XXème siècle-, une riposte conjointe des familles d’URFÉ, de COUZAN et de BEAUJON aux attaques de Guy II contre Hugues DELMAS II -de “Damas” qui serait un souvenir de la première croisade. Couzan, aux portes du Forez, au-dessus de Boën, l’un des trois sommets du triangle de l’Astrée en ALIGNEMENT avec Valfleury et Ste Croix en Jarez.

Boën fut, au début du XIX ème siècle, présenté, par divers historiens, comme étant l’ancienne NERIS romaine, une des plus grandes et des plus belles villes des Gaules.

…”Elle était entourée d’une muraille… de plus défendue par un château très-fort, appelé de Couzan… qui fut inutilement assiégé par les Sarrazin dans le 8ème siècle”…

…”On trouve fréquemment sur le territoire de Boën et de Couzan d’anciennes monnaies… ces monnaies peuvent être romaines, peut-être même celtiques”…

…”Le pays, lors des ravages de César, ne formait qu’un lac entretenu par la Loire… On voit en conséquence, de nos jours, sur plusieurs montagnes du Forest, les anneaux de fer auxquels on amarrait les bâtiments qui naviguaient sur le lac”…

…”Ceux qui, avec BLAISE DE VIGENERE, André DUCHESNE, PIGANIOL DE FORCE, AURAUX DES POMMIERS, et tant d’autres placent Néris dans le pays des Boiëns et en font le Gergobia, ou le Gergobinna de ce peuple, en supposant toujours le passage du septième livre de César très exact”…

Pour laquelle de ces raisons le château de Couzan figure t’il sur la fresque -évidemment… inversé ?-. Nous ne pouvons l’affirmer, c’est aux historiens que revient le rôle de nous renseigner à ce sujet. Pour nous, il forme un lien habile entre le Forez, le triangle de l’Astrée d’H. d’URFÉ et Blaise de VIGENERE, auteur du FAMEUX SYSTEME DE DECRYPTAGE utilisé pour certains parchemins.
Sur l’image jointe, la faille sous le château, très caractéristique, est semblable à celle de la fresque. Serait-ce le lignon dont l’on voit quelques reflets argentés serpenter au centre de la fresque de gauche sous la “montagne très élevée” du château.

L’abbé au parapluie

Comme nous l’avions espéré notre fresque, tout en restant au niveau sensitif et cognitif du plan Euclidien, a déjà été quelque peu disserte. Parfois des détails -tel celui du petit coffre, du coffret, telle les caches dans les Vierges Noires habilement dissimulées ou ceux du coquillage ou du poisson confirmant la réalité d’une époque où l’endroit concerné était sous la mer- sont venus nous indiquer des lieux d’information complémentaires par l’image. Nul doute que leur rassemblement demande, à lui seul, l’enquête spécifique d’un spécialiste de l’iconographie ainsi qu’une approche différente de la nôtre mais qui, comme par entrelacs, s’avère complémentaire pour tresser la corde de la connaissance.

Ce petit personnage, d’abord nommé “paysanne” puis “prêtre” par M. GARCIA, après l’analyse des vêtements, porte indubitablement une soutane, un chapeau, et tient un parapluie noir. Il est peut être dommage qu’alors le prêtre n’ait pas gardé les “sabots” de la paysanne.
Le parapluie fut, au XIXème siècle, la marque d’une faction politique, par “allusion” à celui de feu le roi Louis XVI. Albert SAUNIERE porta même la référence sans équivoque avec son célèbre parapluie blanc.

Observons le chapeau : les bords en sont relevés comme pour former un trièdre : il s’agit là du large tricorne à l’antique qui caractérisait les habits sacerdotaux la fin du XVIIIème siècle.
Le parapluie est robuste et vaste, du modèle fabriqué sous le Roi Louis XVI : produit lyonnais, assurément, le beau noir soyeux de sa jeunesse a tourné au roux délavé; la fresque est précise à ce sujet, l’artiste ayant rajouté une couche de brun, en glacis, sur la soie noire.

Les sabots et le corps mince et allongé sont célèbres… Non… vous ne voyez pas ? Mais c’est bien sûr… Il s’agit du curé d’Ars, St Jean Marie Baptiste VIANNEY, qui rencontra à plusieurs reprises à Lyon le père CHIRON dont nous avons déjà parlé.
Notre bon curé tient son bras droit exactement dans la direction du chapiteau qui nous a amené au couronnement de la Vierge, cette Vierge qu’il aimant tant.
Pour nous, il est aussi là pour d’autres raisons : ses relations plutôt houleuses avec le boîteux, qu’il appelait “le grappin” pourrait en être une compte tenu de la proximité d’Asmodée.

…”C’était comme une armée d’Autrichiens et de Cosaques qui parlaient confusément un langage qu’il ne comprenait pas” (Catherine LASSAGNE, petit mémoire, P. 93)

…”Tu quis es ? [qui es tu ?] demanda le Saint Magister Caput [Maitre tête] répondit le démon..
Je ferai si bien trembler ta main que tu ne pourras pas écrire”…(Catherine LASSAGNE, dito, P. 95) - oh, Angelina !-

Celle qui nous paraîtra pourtant la plus probable, et nous ramène à la première partie de notre texte, est le fait que le Curé d’Ars n’a jamais cru à la réalité des apparitions mariales ni de la Salette, ni de Lourdes d’ailleurs.

…”Si ce que l’enfant m’a dit est vrai, il n’a pas vu la Ste Vierge”…(Abbé Raymond, Procès de l’ordinaire)

…”Notre Dame de la Salette ! répéta VIANNEY. Ah ! si je savais seulement qu’elle est réellement apparue aux enfants”…

…”Vous avez entendu parler de Lourdes, où la Vierge est apparue à une jeune fille ?…. il n’y a encore rien de décidé là-dessus. Il faut se garder des jugements prématurés”… (Frère Athanase)

Mais ce n’est pas parce qu’il ne croyait pas à leur qualité mariale qu’il ne croyait pas à la réalité des apparitions : le Forez est un pays de sources; à Valfleury, outre les prières, ON SE LAVAIT LES YEUX, on plongeait les vêtements dans la source que l’on avait conservée avec soin dans la chapelle antique, et on remplissait des fioles de l’eau miraculeuse.

A Limoux, site miroir, une fontaine dont les pèlerins puisent quelques gouttes dont ils se mouillent les paupières.

Notre Dame de la Coupe… M. VISON…

Un message dans les petits papiers

Tout a déjà été dit sur le curé d’Ars, y compris ses “miracles” -dont le rouleau de pièces d’or qu’il offrit à une personne étant venue se confesser-.

Nous terminerons donc notre petite étude en essayant de “déchiffrer” l’attitude de notre curé, qui semble tenir deux feuilles de papier, serrées, dans chaque main.

Nous pouvons écrire, de plusieurs façons

CARTEL DEUX MAINS SERRENT PAPIER
Soit car tel démon serait (le) pape pierre

CARTEL DEUX MAINS FEUILLES PAPIER
Soit car tel démon fut le pape pierre

Ou encore,

CARTEL A DEUX MAINS…
Car tel Asmodée…..

Est-ce là l’ultime message codé et caché derrière un symbole bien connu et bien en vue (qui utilise la même méthode de cryptage que celui utilisé pour la brebis à la patte cassée du confessionnal- d’une petite église souterraine, d’un petit cercle qui resurgit (comme une source) par à coups, toujours vivante et en partie (au minimum) ignorée, parfois même des crypteurs ?

Retour sur le petit personnage

Nous avons rencontré, parmi les détails dans lesquels le diable chie, un petit personnage que le travail de MM GARCIA et BRUNELIN a fait réapparaître “perché dans les arbres…. Pantalon marron… veste…. Jabot… nez effilé… portant un chapeau noir… montrant de son bras droit un lieu ou une direction…”.
L’endroit que montre ce “petit personnage”, perché dans les arbres est le buisson abritant un visage : ce diable d’énergumène qui apparaît et disparaît dans les campagnes, se fond comme par magie dans les bosquets pour réapparaître de manière inattendue à un autre, c’est …. MANDRIN… le HEROS DES PETITS GENS, surnommé le contrebandier “BELLE HUMEUR”, d’où le visage souriant.
Mandrin est décrit avec des traits énergiques, un nez prononcé, portant un grand chapeau de feutre noir, la visière antérieure rabattue. Ce chapeau, fameux à l’époque, il l’a conquit le 7 janvier 1754 à Curson sur un gâpian (employé des fermes) : feutre noir, galonné d’or. Foulard rouge au cou, habit de pinsbeck (alliage de cuivre et de zinc pouvant prendre, avec les dues proportions, l’aspect jaune d’or) gris, culotte de peau

MANDRIN (1725-1755) s‘était attaché à piller systématiquement les biens et le numéraire des fermes générales : “les actions des particuliers, celles des chefs de pari, des vagabonds et autres; à qui la société donne des noms odieux, sont plus décisives, parce qu’elles montrent, pour l’ordinaire aux souverains, des endroits faibles du gouvernement… La misère qui forçait alors une infinité de gens de tout état en France à devenir Cartouchiens, avertit le Ministère qu’il était temps de prévenir les dangereux effets de cette indigence”… (MANDRIN Testament Politique).
MANDRIN redistribuait une partie de ses prises : est-ce ce qui le rendit aimable à l’abbé SAUNIERE, qui remit, aux familles les plus pauvres de la région des sommes allant de 10 000 à 15 000 francs or ?
Itinérant, MANDRIN avait pris l’habitude de cacher ses butins dans des endroits qu’ill. nommait “SES COFFRES FORTS”. Si plusieurs d’entre eux furent localisés (Saint Etienne de Saint Geoirs, Verel de Montbel), d’autres restent à trouver -on parle, entre autre, d’Ambert dans le Puy de Dôme, de Rochefort en Savoie- Cela peut aussi être une indication.

Du point de vue directement lié avec notre étude de la fresque et le Forez, il n’est sans doute pas innocent que MANDRIN entra dans St Chamond le 8 août 1754, où il débita sa contrebande sur la place du marché. Le 29 août il entre à Montbrison en Forez, et y libère les détenus incarcérés pour désertion, pour contrebande ou faux- saunage.
Le 5 septembre il sort de France à Fort de Joux sur la frontière Suisse. Dans la nuit du 3 au 4 octobre, toujours de la même année, il rentre à nouveau en France, et le 8 les contrebandiers franchissent les crêtes qui séparent le beaujolais du Forez : là ils se croient en sûreté, TANT LES POPULATIONS LEUR SONT DEVOUÉES.
Le 23 octobre il est à nouveau à Montbrison à onze heures du matin, et vers les sept heures du soir à Boën sur Lignon.

Voilà, semble t’il, des raisons suffisantes pour expliquer sa présence -dissimulée- sur la fresque, auxquelles l’on peut rajouter 1754 : 1 + 7 + 5 + 4 = 17

Mais laissons nous aller quelque peu :

A gauche MANDRIN, le diable attaquant, l’épurateur du monde MATERIEL et SOCIAL : sublimation de la terre et de l’eau

A droite le Curé d’Ars, épurateur du monde INDIVIDUEL et MENTAL, soumis aux attaques diaboliques visant à plonger la lumière dans les ténèbres : sublimation de l’air et du feu

Au centre, le héros sur le Mont Joie et le sceau de Salomon -le mont de sel- l’hexagramme antique de la réunion des contraires, de la Pierre Philosophale

Dieu peut être tout petit puisqu’il est le plus grand.

Ultime interrogation

Le Ronde bosse de la montagne Fleurie fut commandé en novembre 1896 pour une livraison quatre mois plus tard, avec d’autres réalisations en terre cuite (chemin de croix, piscine avec groupe, sept statues, six socles, deux pinacles, etc.). L’inauguration et la bénédiction des jardins et de l’église fraîchement terminés eut lieu le 6 juin par Mgr BILLARD (avec buffet comportant force victuailles et VINS), soit deux mois et demi après la livraison de tout cet ensemble, qu’il fallait installer, désinstaller, remplacer, caler, etc. Le temps fut donc très bref qui pu être alloué à la réalisation de la fresque. Selon M. GARCIA, les résultats des photos prises avec filtrages colorés indiquent que celle-ci comporterait deux couches distinctes : la première fut-elle rapidement exécutée pour l’inauguration ? Mais alors, il serait intéressant de connaître les dates de mise en œuvre de la deuxième couche et de la réalisation des rehauts, tant signifiants : avant, ou après, l’assassinat de l’abbé GELIS, le 1er novembre de la même année.
Les factures qui ont été publiées sur le site de la SP (“Béranger SAUNIERE à Lyon”) montrent des périodes de juin en septembre 1898, avril en juillet 1899, mai en juin 1900, qui indiquent des DEPLACEMENTS de l’abbé SAUNIERE dans la région lyonnaise à cette époque, soit DES L’ANNEE SUIVANT LA DISPARITION de l’abbé GELIS…
Henri BOUDET décéda le 30 mars 1915; Béranger SAUNIERE, qui l’avait accompagné dans ses derniers moments, commanda sa (ses) maquette(s) en 1916…

Ah : la perte des inhibitions… Asmodée, Ave Marie nie…
Maintenant Pluie…

Zephyrin