Plan du site | Recherche | Forums | Publications | Actualités
Marie,
Madeleine, Magdala |
Vénosèse.
1550-1560. La conversion de Madeleine.
Au
long de cet article, nous reprenons simplement quelques aspects documentaires
de Marie Madeleine, ou dérivés, qui auraient pu retenir l’attention
de Saunière... ainsi que d’autres “curieux” ou
chercheurs théologiens...
Les remarques qui suivent font appel à différents écrits
religieux. Nous excluons radicalement de ceux-ci, afin d’éviter
trop de controverses, les textes “très” apocryphes ou
“douteux”.
Magdala
Marie
de Magdala ou Marie la Magdaléenne... Dans les écrits bibliques
reconnus, il est extrêmement rare qu’un personnage féminin
soit identifié par son lieu géographique, ou toponymique,
de naissance. Notons, en plus, que ces “identifications” concernent
essentiellement le prénom Marie... tel que: Marie de Béthanie!
Pour les personnages masculins, on retrouve cet aspect ‘d’identifiant’
appliqué aux seuls personnages du Christ et des acteurs de sa passion,
d’où:
- Jésus de Nazareth.
- Joseph d’Arimatie.
- Simon de Cyrène.
Et… Judas l’Iscariote.
Jeu
de mots...
Notons
d’abord que la ville de Magdala était une garnison militaire...
En araméen Magdala, en temps que ville, dans le Talmud s’interprète
sous deux aspects:
1) Migdal Nounayah = Tour des Poissons.
2) Magdal Tsab’ayah = Tour des Teinturiers.
Magdala est liée indiscutablement à l’abondance de l’eau
mais aussi à ses inconvénients. Lors des fouilles de 1971
sur ce site seront remises à jour de nombreuses citernes communicantes,
et une tour d’eau d’une hauteur de 7 mètres. Les archéologues,
les Pères Carbo et Loffreda, attribuent à cette tour exceptionnelle
l’appellation de Migdo. D’après eux le nom de la ville
en découlerait.
La grande quantité d’eau souterraine semble être à
l’origine de l’abondance d’acacias dans ce secteur...
D’après Amédée Brunat les acacias sont “l’essence”
de base utilisée pour la mise en oeuvre de l’arche Sainte.
Les
cheveux
Le
vase et la tour de Magdala
Que
contient-il, que représente t’il au pied de la croix, ou encore
lors
de la mise au tombeau?
Madeleine s’en servit pour parfumer les pieds du Christ et elle apporta
ce qui en restait au tombeau pour embaumer son corps.
Pour les écrits médiévaux se référant
au Graal, le vase recueille le sang de Jésus dans la sépulture,
et non au pied de la croix.
Il y a analogie d’idées entre Magdala et le vase: au pied de
la croix Madeleine ne pouvait qu’être imprégnée
du sang de Jésus... donc être le “contenant”.
Dans les Litanies on lui attribue trois fois le nom de Vase: vas spirituale,
vas honorabile, et vas dévotionis...
Tout comme elle est désignée sous le nom de Tour: tunis davidica
et turnis éburnea...
Notons encore que lorsque Jésus demande à Marie de ne pas
retenir ses pieds ne donne t’il pas sa destination à celle
dite Marie de Magdala, dite “de la Tour”... comme elle est dite
aussi “du Magnificat” pour “magnifier” le seigneur.
En hébreu, tegadelo, dérive de la racine identique à
Magdala...
Pour mémoire: Migdol: “Le nom de IHWH est une tour puissante”.
proverbe 18-10.
Les
sept dormants d’éphèse
Les 7 dormants d’éphèse selon la tradition sont dans la même tombe que Marie Madeleine. Ou plus justement: Leur dormition est veillée par Marie Madeleine.
Voyons
en France où l’on peut retrouver traces des dormants:
Crypte de St Lazarre avec bas relief de M. Madeleine. St Victor; Marseille
La
Madeleine, Lazare, les Chartreux
Le
manuscrit de Berne “Vita erremitica” contient une intéressante
anotation datant du XII ème S.:
“Sa grotte dans laquelle elle vécut solitaire trente années
est dite se trouver dans l’évêché de Marseille
non loin de l’ermitage de Montrieux”
Montrieux est une chartreuse fondée en 1117 sur les territoires de
St Victor de Marseille.
Extrait
du plan perspective de Lyon en 1550.
1* Emplacement de la chapelle.
2* Emplacement rue des Maccabées.
Cette ancienne abbaye, au XIème S., était sous le vocable
St Victor et St Lazare.
En 1252 le Maître-Autel de la chartreuse est consacré... avec
les reliques de St Lazare, Ste Marie Madeleine et Ste Anne! Aujourd’hui
encore les Pères Chartreux assurent le service de la grotte.
Lyon,
le culte de Madeleine et le mimétisme
Toujours sur cette colline en 1353, existait déjà une autre chapelle “de la Bienheureuse Marie-Madeleine et de St Loup”. A cette époque une autre chapelle aurait été accolée à la partie est du cloître d’Ainay.
Mimétisme:

Le bois de la croix et la reine de Sabat.
extrait de la fresque de Kuttenberg.
Encore un détail analogique:
Madeleine,
le Bois, l’Arbre et la Croix
Marie
Madeleine, dans la scène de la crucifixion nous amène, de
toute évidence à la croix. Puis de la croix à l’arbre
de la connaissance du bien et du mal... superposé à celui
de la vie. Ce dernier est planté au centre du Paradis Terrestre.
Observons que souvent, au pied de la croix se trouve un crâne. Dans
ce cas il est question du crâne d’Adam que la tradition ensevelit
sur le Mont Golgotha. Ce nom signifie “Crâne”.
Dans ce cas nous retrouvons la vision de St Paul: “ Jésus est
le nouvel Adam et rédempte l’homme grâce au “bois
vert de la croix”
- La reine de Sabat pour consulter Salomon devait franchir la rivière
“le Cédron”. Au moment d’utiliser la poutre servant
de pont -rejetée et refusée pour la construction du Temple
parce que tantôt trop courte, tantôt trop longue - elle eut
la vision que ce bois supporterait le Christ à sa fin... et ne foula
pas la poutre.
D’où correspondance entre Salomon, la reine de Sabat, le bois,
et... Jésus, Marie Madeleine et la Croix!
Nous nous en tiendrons à ces exemples...
Quelques
parallèles entres ces “observations” et des détails
relatifs à Saunière ou Rennes-le-Château:
De
la Provence au Roussillon: dans les pas de Marie-Madeleine
Plantons
grossièrement le décor provençal autour des lieux traversés
ou occupés par Marie-Madeleine. Elle aurait abordé la côte
en un lieu que les cartes anciennes nomment “les trois Maries”,
au sud d’Arles.
Marthe continua jusqu’à Tarascon, et même jusqu’en
Avignon, on peut supposer que sa sœur Marie-Madeleine l’accompagna
un certain temps, avant de bifurquer à droite, soit par la chaîne
des Alpilles, soit plus au nord par la Montagnette et le gué de Bonpas,
sur la Durance, puis Le Thor et le massif du Lubéron.
Aux Baux-de-Provence un rocher porte un bas relief nommé “les
Trémaïé” que certains traduisent par “les
Trois Maries”. A Lioux, près de Roussillon au coeur du Lubéron,
une croyance locale voit la falaise surplombant le village servir de refuge
à Marie-Madeleine. Une chapelle lui a été élevée.
Ces lieux sont le cadre de traditions locales, nées peut-être
du passage de la Sainte dans ces régions. Pour arriver jusqu’à
sa grotte.
Elle dut ensuite obliquer vers le sud-est, passer vers Aix, la chaîne
de l’Etoile et la montagne de la Sainte-Baume. Les deux sommets les
plus proches de sa grotte se nomment, l’un le “Joug de l’Aigle”,
l’autre le “Saint-Pilon”. On y voyait jadis une colonne
et les ruines d’un sanctuaire dont il ne restait que la porte. Ce
sont les éléments visibles en arrière-plan sur la gravure
du “petit pilon”, et que Bérenger Saunière reprendra
pour servir de décor de fond au bas-relief de la Madeleine qui orne
le devant de l’autel de l’église de Rennes-le-Château.
“Joug” doit être compris au sens d’une barre sommitale,
en forme de joug (en latin “jugum’, sommet), et “pilon”
est un terme typiquement provençal pour désigner un col ou
un sommet.
Gravure sur le “petit pilon” de St Maximin-la-Ste-Baume.
L’âme de Marie-Madeleine est soutenue par quatre anges qui l’emportent
au ciel.
Maintenant, si nous jetons un coup d’œil sur une carte ancienne, sur l’autre rive du Golfe du Lion, côté Languedoc, nous voyons l’île de Maguelonne près de Sète, et en arrière, plus proche de la côte, l’île de “la Magdelène”. Le littoral a été profondément modifié par l’avancée des terres, et ces îles n’existent plus, ou plus exactement ne sont plus des îles. Au bord de l’étang de Thau, dernier vestige de la mer primitive, l’église du village de Mèze abrite une belle statue des “Saintes Maries de la Mer”. Dans cette région du Languedoc-Roussillon la légende est identique! Y aurait-il plusieurs traditions relatives à l’abordage de la barque des Saintes? Ou les hagiographes se sont-ils trompés en le situant en Camargue?
On
peut imaginer Marie-Madeleine débarquant en Roussillon, en un lieu
toujours nommé aujourd’hui “Mas de la Madeleine”,
à l’est de Perpignan, près de la tour dite “Château-Roussillon”,
qui est en fait le seul vestige d’une ville ancienne, Ruscina, jadis
au bord de la mer mais ruinée par le recul des eaux.
On peut aussi imaginer la voir partir vers le nord-ouest pour rejoindre
les montagnes des Corbières. Son itinéraire franchirait le
Têt au niveau de Château-Roussillon, et l’Agly au “pas
de la Founds”, au niveau de Bompas, puis aborderait les premières
collines près du mas de St-Michel pour se terminer, peut-être,
soit au Pilou de Montpeyrous, soit au Pilou de la Serre, proches de Vingrau...
et de Périllos ! Ces deux montagnes possèdent de nombreuses
grottes. Plus loin sur ce même axe est la colline d’Aguillar
(aigle en occitan).

Carte
ancienne des rivages du Golfe du Lion. Deux détails sont à
remarquer:
- “Les III Maries”, au sud d’Arles.
- L’île de “La Madeleine”, entre Maguelonne et la
côte.
(Carte extraite de l’ouvrage de Charles Lenthéric “Les
villes mortes du golfz de Lyon”)
Un deuxième scénario verrait Marie-Madeleine partir vers le sud-ouest par Thuir et Arles-sur-Tech pour arriver au Puig de l’Estelle, au pied du Canigou.
Bien
évidemment, tout n’est que suppositions... Mais nos lecteurs
attentifs auront noté, à l’énoncé de tous
ces noms de lieux, de curieuses coïncidences au niveau toponymiques:
PROVENCE - ROUSSILLON
Arles = Arles-sur-Tech
Le Thor = Thuir
Chaîne de l’étoile = Le puig de l’Estelle
Le Joug de l’Aigle = Aguillar
Le Saint-Pilon = Le Pilou
Roussillon = Château-Roussillon
Bonpas = Bompas
Le tombeau de Arles-sur-Tech
Certes, ces ressemblances peuvent s’expliquer par une certaine analogie au niveau de configurations géographiques, ce qui aurait donné des toponymes presque identiques: un gué se nomme souvent “Bon Pas”, Thor et Thuir dérivent tous deux d’un mot latin qui désigne une petite hauteur, etc...
Il y a cependant une analogie plus troublante... Le village d’Arles-sur-Tech est bien connu pour son fameux sarcophage qui se remplit d’eau mystérieusement. Dans la bonne ville d’Arles, en Provence, l’église Saint-Honorat conservait les sarcophages de plusieurs saint locaux, dont celui de Saint Genès, qui LUI AUSSI se remplissait d’eau tout aussi mystérieusement, et faisait l’objet d’une grande dévotion.
Hélas tout a été pillé au cours des siècles récents où l’obscurantisme a remplacé la dévotion!

Itinéraire possible de Marie-Madeleine en Provence
Notre propos était de démontrer que la Provence et le Roussilllon se remarquent par plusieurs noms de lieux semblables, au point de provoquer peut-être une confusion dans la localisation des traditions relatives à Marie-Madeleine. Nous y ajouterons une dernière coïncidence: La ville de Carpentras, en Provence, se nommait à l’époque gallo-romaine “Carbotorate”, ce qui signifie en langue gauloise “la cité des chars”. Or c’est la même étymologie qui explique l’ancien nom de Rennes-le-Château, Rhedae, du latin Rheda = char!
Si la Sainte-Baume n’était que la christianisation d’un culte à Artémis d’Ephèse, nous serions tentés de conclure que le vrai refuge de Marie-Madeleine se trouve effectivement non loin de la “cité des chars”, mais celle des Pyrénées, Rennes-le-Château...
Et si le “trésor” de Bérenger Saunière était en fait un “secret” lié à Marie-Madeleine et au Christ? On imagine le retentissement d’une telle révélation, surtout au siècle dernier, toute la croyance catholique étant construite sur le “dogme de Nicée”. On imagine enfin tout le profit que Bérenger Saunière pouvait tirer de son “silence”...

Itinéraire possible de Marie-Madeleine en Roussillon
Tout ceci bien sûr n’est que supposition... D’autres aussi
ont “supposé” que Marie-Madeleine, épouse de Jésus,
serait venue en Gaule avec leurs enfants, qui seraient à l’origine
de la lignée des Mérovingiens... Mais là on glisse
sur une pente dangereuse!
Peinture sous l'autel de Rennes-le-Château. Marie-Madeleine. (droite) peinture de M-Madeleine dans le Pilat. (à comparer) |
|
Il n’en demeure pas moins l’omniprésence de Marie-Madeleine à Rennes-le-Château. Certes l’église lui était dédiée depuis des siècles… Mais Bérenger Saunière en a singulièrement « rajouté » :
Et si nous avions là un « premier » message laissé par Saunière ?