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| A la mémoire de Mary Reid |
On
peut se souvenir de Mary Reid (M.R) décédée tragiquement
le mercredi 29 janvier 2003 à l' age de 49 ans pour plusieurs raisons
: les évènements de sa vie, pour les différents milieux
qu' elle a fréquentés, pour la vie qu 'elle a menée
... et même pour sa mort; mais ce sera son intérêt pour
Périllos qui retiendra ici notre attention et pour lequel nous nous
souviendrons d' elle.
Nous n'avons connu M. R. que brièvement, mais elle nous a laissé une impression vivace. Mary s'intéressait à Périllos à cause de sa relation avec un autre lieu : le Purgatoire de Saint Patrick en Irlande, lieu qu' elle adorait. Mais pour Mary, adoration signifiait une profonde volonté pour découvrir tous les aspects de son histoire dans une constante recherche de la vérité absolue. Avec d'autres irlandais elle avait effectué à rebours le pèlerinage de Ramon de Périllos pour célébrer le 600° anniversaire de cet événement. Lorsqu'elle apprit l'existence de notre site anglais de Périllos elle s'empressa de contacter les organisateurs de manière à partager ses propres recherches. Ceci conduisit à une première confrontation le 24 juillet 2001.
Nous apprîmes vite que M.R avait eue une vie riche en péripéties.
comme
Enseignante,
elle était licenciée de UCD et Trinity College et avait un
Master en développement rural de l'Université Irlandaise de
Galway et un Master de Création Littéraire de l'Université
de Lancaster. Elle fut chargée d'enseigner au Derry's North West
Institute of further and Higher Education.(Women's Studies)
comme Poête,
elle publia de nombreux ouvrages de poésies irlandaises. Elle fut
aussi une grande amie du poète de Donegal : Cathal O' Searcaigh.
Ses dernières oeuvres doivent être éditées à
titre posthume.
comme
Militante,
féministe, elle adhéra à l' IRSP (Parti Socialiste
Républicain Irlandais) en 1976 et fut éditeur du Starry Plough
(la charrue étoilée) organe de l' IRSP jusqu'à sa démission
de ce parti en 1979. Son militantisme devait la faire considérer
comme 'activiste', c 'est ainsi qu' elle avait fait partie des "irlandais
de Vincennes".
Le 26 Août 1982 elle et son petit garçon, Mick Plunkett ancien
Secrétaire Général du Parti Socialiste Républicain
Irlandais, et Stephen King furent arrêtés par la police française
dans une banlieue parisienne. L'armée française assura avoir
trouvé une "liste noire", 3 pistolets et 500 grammes d'explosifs
dans l'appartement des "Irlandais de Vincennes".
Les trois déclarèrent que les pistolets étaient destinés
à assurer leur protection car ils étaient convaincus du risque
d' être assassinés par le MI6 un organisme des services secrets
anglais. Après 24 heures ils furent placés sous garde policière.
Ils furent d'abord présentés au parquet de Créteil
puis à celui de Paris où le procureur tenta d' établir
un lien entre eux et l'organisation terroriste française Action Directe.
Les trois furent condamnés à 5 années d'emprisonnement
mais furent relachés 9 mois plus tard après avoir fait appel
en 1983. Mary elle même déclara combien la date de sa remise
en liberté (le 20 Mai) fut un jour important pour elle de même
que cet épisode avait détruit sa vie. Plus récemment,
on apprit que l' homme responsable de l'arrestation s'était fait
un nom et une carrière par ces trois innocents qui furent victimes
de ses plans machiavéliques.
comme
Femme,
Pendant un temps, elle fut l' épouse de Cathal Og Goulding qui mourut
en 1998 à l' age de 75 ans.
Goulding fut chef de l'IRA dans les années 60 et 70. Son approche
marxiste préconisait la subversion du monde politique de l'Irlande
du Nord par l'intérieur plutôt que le recours à la violence
extérieure et conduisit à la déclaration de cessez
le feu par l'IRA en 1972 et a une scission du mouvement républicain
qui engendra l'IRA provisoire.
Elle en eut un fils Catha Goulding. Plus tard, elle rencontra le Dr Terry
Robson, enseignant au Magee College qui fut son compagnon pendant 12 années.
Sa
mort
En 2003 le destin frappa
encore, mais cette fois ci le coup fut mortel: les journaux irlandais rendirent
compte de la mort de M.R le 29 janvier 2003, son corps partiellement dévétu
avait été découvert par un riverain sur la plage de
l'ile de Doagh près de Clonmany, Co Donegal. Mary avait été
promener ses chiens et, selon le coroner, s' était noyée.
Mary avait 49 ans. A peine une semaine avant, elle nous avait dit qu'elle
avait fait une importante découverte sur le Purgatoire de St Patrick
- cette partie de sa recherche est restée inachevée. Cette
mort convient avec ce que nous savions de la vie extra-ordinaire de Mary.
La mort de M.R fut un sujet de controverses. Tout d'abord, on pensa qu'elle
était morte dans un effort courageux pour sauver un de ses chiens
de la noyade pendant une tempête sur la grêve. Mais certains
détails donnèrent à penser à sa famille que
certaines choses pouvaient ne pas êtres ce qu'elles semblaient être:
le T shirt qu 'elle portait avait été arraché de son
corps et aucune trace n'a jamais été trouvée du second
chien. En bref, la famille appris que le scénario de sa mort tel
que présenté par la police était vide de preuve sérieuse,
ce qui aurait du amener celle ci au moins à enquêter sur les
circonstances de sa mort plutôt que de parler de noyade accidentelle.
La possibilité d'un suicide ne fut pas tout d'abord écartée
par la famille, mais un fois la famille remise du choc initial du décès
elle tenta de réouvrir le dossier de sa mort.
Souvent lorsque quelqu'un meurt on apprend sur lui des choses peu flatteuses; dans le cas de M.R ce que vous avez appris lui fait honneur - autre signe de son humilité et de combien elle sut se sacrifier à la cause commune.
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Nous
ajoutons qu’en effet, quelques semaines avant son décès,
Mary semblait avoir fait une découverte très importante concernant
l’histoire et les lieux du Purgatoire de St Patrick, à l’époque
du pèlerinage de Ramon de Périllos et bien avant... Dans sa
communication elle laissait deviner une sorte de crainte fébrile
et un empressement à nous donner les éléments en question.
C’est elle qui, alors, nous conseillait d’instaurer la Société
Périllos à laquelle elle devait participer très activement
sous la forme de documentations et apport historique de grande valeur. Nous
avions alors ouvert officiellement notre association (sous-préf.
De Narbonne). Mary devait être des nôtres le jour de la première
A.G. et son absence était pour nous une inquiétude notoire.
Peu de temps après nous apprenions malheureusement sa mort. Cependant
elle avait eu le temps de nous envoyer un certain nombres de notes concernant
son extraordinaire découverte sur laquelle nous ne reviendrons qu’au
sein de notre société.
D’autre part c’est encore à Mary que nous devons de savoir
les emplacements des citernes sous le village de Périllos et d’un
‘puits soufflant’. Mais surtout, elle nous avait remis ses réflexions
et découvertes à propos des grottes de l’antique territoire
de Périllos, et des liens entre ces endroits souterrains et d’étranges
traditions maintenant quasiment oubliées.
Mary travaillait sur le vrai pourquoi du pèlerinage de Ramon de Périllos
au Purgatoire de St Patrick en Irlande et le trajet suivi à l’aller
et surtout au retour de cette étrange pérégrination.
C’est à elle que nous devons la richesse des références
bibliographiques, maintenant en notre possession, des manuscrits concernant
ce voyage ‘au bout du monde’… richesse documentaire quasiment
ignorée en France puisqu’à ce jour un seul manuscrit
à ce titre n’est retenu.
En hommage à la mémoire de Mary, nous redonnons ce texte qu’elle
nous envoyait au début de nos échanges. Pour ne rien lui enlever
de sa saveur nous l’avons toujours présenté dans son
intégralité. Il garde ici toute sa valeur:
“A
titre personnel, j’ai suivi les pas de Raimon au Purgatoire en 1997.
Les visions de l’enfer sont évanouies, laissant a leur place
des ronds interminables des ‘paters’ et ‘aves’.
Au moins, j’ai pu constater que le paysage autour restait aussi desert
qu’il n’etait du temps de Raimon.
J’ai entendu une vieille dame dire qu’on ne ressent pas les
benefices du lough Derg avant de rentrer chez soi. Je suis rentré
chez moi froid, trempe, affamé et mort de fatigue après la
longue veillée à jeun, pieds nus. Au bout, je me suis endormi
et j’ai rêvé entendre un voix m’invitant en Catalonia.
Deux jours après, j’appris par fax, que cette voix était
bel et bien réelle. J’avais été invité
a une rencontre pour fêter le départ de Raimon en Irlande.
Profondément en sommeil, j’avais accepté.
C’était ainsi que j’ai fait mon premier pèlerinage
à Périllos. Pour m’emprunter des paroles de Raimon au
moment de sa descente dans le caveau du Purgatoire ‘si Dieu le veuille
bien, je serai de retour’”.