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Société Périllos ©

Les monolithes dans l’affaire de Rennes-le-Château
(Eléments complémentaires)

 

Une Photo qui apporte une autre lumière

Suite à cet article nous apportons un additif et ses conséquences possibles.
Nous avons retrouvé un cliché du petit panneau explicatif concernant le mégalithe déposé près de la mairie de Rennes-le-Château. Cette photo a été prise il y a environ quatre à cinq ans. On y constate que le texte est différent de celui actuellement en place, ainsi libellé, que nous rappelons ici :

Bloc gravé préhistorique

Sur ce bloc creusé d’un bassin naturel, ont été réalisés,
par martelage au silex une dizaine de signes cruciformes : 3 croix
sur triangle et 8 croix simples
Il s’agit de représentations anthropomorphes représentant des
silhouettes humaines stylisées, selon les conventions de l’art
schématique préhistorique. Elles sont caractéristiques du
néolithique du sud de la France et dateraient de 4000 à 4500 ans

Précédemment, les affirmations étaient différentes et offraient effectivement d’autres possibilités d’investigation et de recherche historiques. On lisait alors :

PIERRE SACRIFICIELLE

AGE ESTIME 3000 ANS
Les différents signes sur cette surface permettent de penser qu’elle
a été utilisée à une période plus récente - 12ème 13ème siècle -
comme autel par les Cathares.

Elle a été découverte dans le périmètre de la commune de Rennes-le-Château.

L’ombre du Catharisme… et du Graal ?

Notons que ces indications ouvraient une voie de recherche en direction du catharisme dans ce secteur sur lequel circulent effectivement certaines rumeurs liées à cette religion, ses membres et parfois… ses trésors. Ces derniers, probablement d’une portée spirituelle élevée, ne sont sans doute pas de même origine matérielle que ceux habituellement envisagés dans l’affaire de Rennes-le-Château. Cependant, à propos du fameux trésor des Cathares, nous ne devrons pas perdre de vue qu’il a toujours été question de manière sous-entendue ‘du’, ou ‘d’un’, Graal. Or… si nous considérons qu’il y eut une ramification importante entre le Roussillon et le Razès, Rennes et Périllos, nous ne pouvons négliger que, si l’on dit «Graal», nous devons de manière incontournable dire «Joseph d’Arimathie». Si, ensuite, nous nous reportons dans cette affaire à la maquette de Saunière et au savoir lié aux terres ancestrales des Périllos, nous retombons bien sur la légende du Graal et le périple de Joseph d’Arimathie… comme il est écrit sur le moulage. Certes, les grincheux argumentent que les récits liés à ce personnage ne sont que des légendes assez tardives mises au goût du jour peu avant les croisades. Nous reviendrons sur d’autres textes bien plus anciens qui pourraient montrer non pas une légende mais une tradition religieuse oubliée très ancienne. Pour l’instant, c’est surtout le contenu laconique de l’affichette qui retient toute notre attention car il provient, n’en doutons pas, de la mairie de Rennes-le-Château elle-même. Il est donc difficile de supposer que les phrases aient été proposées sans réflexion préalable, comme le mot ‘Cathare’ par exemple qui dans ce cas prend une place insolite.

On change tout et on efface ?

Cependant, nous proposons depuis ces deux versions successives quelques réflexions… infondées ou pouvant s’avérer plus percutantes.
Tout d’abord, le premier panneau ouvre sur une hypothèse qui eut son heure de gloire, celle du trésor caché par les Cathares en fuite. Il serait bon de savoir par qui, ou sur commande de qui, le bref commentaire initial fut choisi.
Ensuite, voyons les modifications notoires entre les deux informations : le second panneau nous indique une date de ‘- 3000 ans‘ et son successeur fait état de ‘- 4000 à 5000 ans’… la différence chronologique est énorme et il serait surprenant qu’aucun archéologue n’ait apporté ses lumières en matière de datation.
Nous voyons encore que le deuxième texte ne parle plus que de « représentations anthropomorphes représentant des silhouettes humaines stylisées, selon les conventions de l’art schématique préhistorique » alors que le prédécesseur mentionne « différents signes sur cette surface permettent de penser qu’elle a été utilisée à une période plus récente - 12ème 13ème siècle - comme autel par les Cathares». La différence est notoire car nous passons de ‘représentations anthropomorphes préhistoriques’, évidemment sans ésotérisme ni coloration forcément religieuse conventionnelle… à des signes cathares importants. Et là, ça change tout car, selon cette version, on est en mesure d’attendre, sinon de l’ésotérisme, au moins un certain symbolisme religieux, ne serait-ce que par le fait que ces personnages ne laissaient pratiquement pas de gravures. Si celles sur ce mégalithe leur sont attribuées, la quantité montrerait une importance majeure… à proximité, peut-être significative, de cet endroit qui deviendra Rennes-le-Château. Nous terminerons par un détail dans le descriptif qui le fait passer de l’alléchant « Pierre sacrificielle » au stade plus neutre et inoffensif de « Bloc gravé préhistorique », qui veut tout et rien dire.

Rien qu’une vague grosse pierre…

Enfin nous regarderons ce qui aurait pu déclancher le changement de panneau d’information. Là où il était placé initialement, il ne pouvait être détruit ou endommagé. Egalement, nous avons toujours constaté, depuis des années, que le mégalithe déposé près de la mairie n’a jamais fait l’objet de beaucoup d’intérêt de la part des chercheurs habituels. On peut dire que la majeure partie des visiteurs ne lui accorde pas même une petite visite et nous sommes surpris qu’il n’ait pas été transféré dans le domaine de l’abbé Saunière où, là, il prenait toute sa place dans ‘l’énigme touristique’. Il a donc bien fallu que quelqu’un prenne l’initiative de changer le contenu des explications qui maintenant ne comportent plus le moindre indice concernant un lien potentiel avec le fond de l’énigme de Rennes-le-Château… Le bloc mégalithique (qui étymologiquement ne signifie rien d’autre que ‘bloc formé d’une grosse pierre’, sans autre connotation scientifique ou hermétique), maintenant bien ‘désinfecté’, voire ‘démystifié’, se trouve relégué au rôle de gros caillou comportant d’innocentes gravures. Le terme ‘Cathare’ qui pouvait porter un éclairage important est lui aussi passé à la trappe avec la même discrétion.
Maintenant que nous avons le texte des deux notices d’information, nous pouvons nous demander ce qu’il pouvait y avoir d’incohérent ou… compromettant, pour que soit, dans l’indifférence générale, apporter de telles modifications explicatives. Le mégalithe aurait-il eu une telle importance, un rôle prépondérant, qu’il aurait été décidé de le neutraliser entièrement en le sortant de son contexte local ? Le fait de l’avoir mis dans cet endroit était-il seulement une question de sécurité… ou une volonté de couper toute possibilité de le laisser poursuivre sa mission indicatrice ? Si oui, de laquelle pouvait-il s’agir et pour qui? Bien des questions auxquelles nous nous efforcerons d’apporter des réponses au fil de nos prochains travaux.

André Douzet

NB : Plus que jamais, les informations, commentaires ou photographies que pourraient nous apporter nos lecteurs sont les bienvenues. Merci d’avance.