Plan du site | Recherche | Forums | Publications | Actualités
Une
autre pierre d'autel près de Rennes-le-Château |
La
mémoire toujours vive de Jos Bertaulet
La
parution de notre article a fait vocation… Plusieurs autres mégalithes
semblent surgir ça et là autour de Rennes-le-Château,
ses environs ou précisément au cœur de son énigme.
C’est ce dernier que nous allons retrouver dans ce chapitre.
La pierre d'autel maintenant protégée à l’abri
près de la nouvelle mairie de Rennes a été récupérée,
nous l’avons vu, en pleine friche et au fond d’un ravin où
elle avait été précipitée par la bêtise
humaine. Le théâtre de cet événement se trouve
à proximité du village, et sur son territoire communal. Contrairement
à ce qu’on pourrait croire, ce mégalithe, dans la forme
que nous lui savons, n’est cependant pas le seul. Actuellement, nos
adhérents nous en signalent un certain nombre d’autres pratiquement
inconnus. Deux de ceux-ci, curieusement, sont quasiment de même forme
et dimensions.
Dans ce choix, nous retenons celui qui se situerait entre Rennes-le-Château
et Blanchefort, plus précisément dans le secteur de la colline
de Siala qui, à première vue, ne semble présenter aucun
intérêt particulier ou signalé dans « la Forêt
Domaniale du Rialsesse ». Ce milieu forestier se présente sous
forme d’une forêt particulièrement dense dont l’épaisse
végétation la rend pratiquement « interdite »
aux visiteurs pas assez motivés pour s’y aventurer profondément.
Nous retrouvons notre ami Jos Bertaulet au début des années
1990. Ce chercheur exceptionnel, nous nous en souvenons, s’est illustré
par sa découverte de l’extraordinaire réseau souterrain
de Notre-Dame de Marceille. Jos Bertaulet s’est intéressé,
simultanément à ses explorations souterraines, à un
endroit précis de cette forêt qu’il soupçonnait
fortement d’être une étape importante dans une ‘géométrie
sacrée’ établie sur la région de l’énigme.
C’est précisément le fait que ‘Le Siala’
soit à mi-distance entre les deux impénétrables collines
qui pourrait faire que ce soit « la colline oubliée »,
plutôt… qu’inspirée.
Un
pénible périple vers l'autel
L’endroit
où repose le mégalithe est plutôt difficile d'accès.
Dans la vallée face à Coustaussa, une voie se détache
et monte légèrement jusqu'à la colline croisant la
Sals. Bientôt la voie s'arrête en disparaissant totalement dans
une végétation devenue trop dense. La marche se poursuit de
plus en plus péniblement jusqu’à un petit chaos de rochers
surgissant des fourrés. C’est depuis cette émergence
rocheuse que Bertaulet établit une série de visées,
suivie de lectures d'orientation… avant de parcourir, en suivant ces
coordonnées, les derniers soixante-dix mètres qui le séparaient
encore de l’autel mégalithique perdu en pleine forêt.
En bref, il faut bien dire que la localisation de cette roche s’avère
plutôt difficile si on n’a pas le système de repérage
établi par Jos. Ce dernier écrivait à ce propos : «
On y est allé chercher, une première fois, une seconde fois,
et tant d’autres encore car, à chaque tentative d’approcher
le gros monolithe, on s’est égaré dans une végétation
trop dense, sur une montagne très accidentée: pas de sentiers,
des ravins à franchir, des arbres beaucoup trop hauts pour permettre
la moindre orientation visuelle ou un alignement à la boussole. Le
seul avantage de ces expéditions répétitives était
que, petit à petit, nous nous familiarisions un peu plus avec cette
montagne capricieuse… et puis, rien de meilleur pour la santé
qu’une telle promenade dans la nature ! »
Une
fois le site trouvé, Jos entame un processus de dégagement
du périmètre : « Pour m’en faire une meilleure
idée, mon premier travail fut d’enlever les plaques de mousse
et l’épaisse couverture de lierre qui l’enveloppait de
tous côtés. C’est alors que j’ai fait des découvertes,
pour le moins curieuses ! »
La découverte faite, Bertaulet baptise, arbitrairement, cette roche
« l’autel druide ». Il s’est inspiré de ce
nom en référence aux recherches de l’abbé Henri
Boudet concernant le fameux ‘cromlech’ qu’il situe dans
le secteur de Rennes-les-Bains. Cependant, cet emplacement n’a pas
été repéré, ni inventorié par Boudet
(ou quiconque d’autres à l’époque car aucun document
cartographique ou officiel n’en fait mention). Cette réflexion
semble logique si l’on considère que l’endroit est introuvable,
visiblement plus visité depuis des siècles, et en grande partie
impossible à découvrir sans avoir des informations précises
pour le localiser parmi d’autres roches.
En effet, ce secteur géographique est parsemé de rochers répandus
ça et là, ce qui permettrait à certains chercheurs
d’arguer du fait qu’il s’agisse seulement d’une
pierre naturelle et non d’un mégalithe travaillé ou
installé ici par la main de l‘homme. Cependant, pour aller
contre ces suppositions, nous retiendrons plusieurs éléments
signalés par Jos et qui nous semblent difficile à contredire.
L'autel
mégalithique retrouvé
Encore
une fois, revenons aux écrits de notre ami en indiquant, pour information
que le mégalithe y est intitulé ‘la table’. «
La ‘table’ a une forme rectangulaire, mesurant 2.20 mètres
de long sur un de large et haute d’environ 1.30 mètre. Du côté
Ouest, on peut voir une deuxième dalle, plate celle-la, posée
à une quinzaine de centimètres au bas de la grande pierre.
Elle mesure huit à dix centimètres d’épaisseur,
pour quarante de hauteur et sa longueur est la même que celle de la
‘table’.
Tout porte à croire qu’elle a été posée
là par la main de l’homme. S’il est vrai que les caprices
de la nature peuvent parfois créer des curiosités intrigantes,
toutefois, une observation minutieuse semble bien exclure une telle éventualité.
Une plaque, se détachant de la masse à cause du gel, tombe
à plat, elle ne s’enfonce pas verticalement dans le sol ; or,
après vérification, on a pu constater qu’elle est enfoncée
d’un demi mètre dans le sol où elle repose sur une pierre
plate. Bref, il faut exclure le jeu du hasard. Autre détail curieux
: la dalle latérale ainsi que la ‘table’ sont orientées
parfaitement Nord-Sud ! » Jos poursuit un peu plus loin :
« Regardons maintenant la face Est. Il y apparaît une tache
blanche, ressemblant étrangement à un croissant de lune.
Il
s’agit d’un noyau de rocher blanc, incrusté dans la masse
même de la pierre qui, elle, est d’un brun grisâtre. Il
est situé sur la gauche inférieure de la pierre. Il est cependant
peu clair montrant, par sa teinte ‘usée’ et son érosion
naturelle, une origine aussi inimaginable que celle des roches environnantes.
Sur le dessus est un petit bassin lui aussi en forme de lune en croissant.
La pierre comporte donc au moins deux marques en croissant, dont une probablement
taillée sans doute aux lointaines époques mégalithiques.
Cette ‘table’ fut choisie pour former ce que nous nommerons
‘un autel’, peut-être lié avec le cycle lunaire.
Le bassin en croissant de lune sur le dessus suggère que des libations
pourraient y avoir été versées… des offrandes
à la lune peut-être? »
Deux
autels jumeaux ?
Il
est clair que nous sommes ici confrontés à un mégalithe
à fonction d’autel artificiel, dont la composition et l’emplacement
pourraient nous éclairer à propos de la situation d’origine
de la pierre d'autel actuellement mise en sécurité près
de la mairie de Rennes-le-Château. Nous retenons plusieurs analogies
entre les deux colossaux vestiges :
- leurs formes et tailles étrangement similaires.
- leurs emplacements dans un secteur défini autour de Rennes-le-Château.
- la présence d'un bassin sur les deux mégalithes.
- la présence d'inscriptions -gravures-, une lune (pour l’un)
ou des croix (pour l’autre), qui permettent de prendre en compte un
culte obscur, mais incontestable, rendu sur ces deux pierres d'autel et
peut-être un raccordement avec une sorte de repérage solaire
en liaison avec le rite pratiqué sur ces sites.
La pierre d'autel de Siala serait sans doute, par le fait qu’elle
soit encore intacte et dans son vrai contexte, en mesure de fournir des
informations importantes au sujet de la véritable implantation de
la pierre d'autel de Rennes-le-Château exilée dans le village.
Cette dernière disposait-elle aussi d’une sorte de ‘seuil’
formé d’une longue pierre plane devant elle ? Il est vrai que
pour avoir une information il faudrait se rendre là où était
le mégalithe de Rennes-le-Château et regarder s’il peut
rester des vestiges de ce genre. Ce serait des plus intéressants…
tout comme de savoir si elle était aussi orientée vers les
points cardinaux ?
Ces
deux premières pierres d'autel suggèrent que le secteur de
Rennes-le-Château soit inscrit, dès l’Antiquité,
dans une partie précise d'un paysage mégalithique sacré
oublié. Cette conclusion, soyons-en certains, aurait été
particulièrement appréciée par l’abbé
Henri Boudet, bien qu’il ait situé son site majeur à
proximité de Rennes-les-Bains. Néanmoins, il est clair qu'une
importante présence mégalithique dans le secteur autour de
Rennes-le-Château devient de plus en plus certaine. Sur ce registre,
nous pouvons nous demander, pour provisoirement clore cette page, si d’autres
‘autels mégalithiques’ de ce type ne seraient pas encore
cachés et oubliés dans ce périmètre qui commence
à retenir toute notre attention. Cette aventure doit continuer !
Filip Coppens
En hommage à Jos Bertaulet
Le 22 décembre 2006
NB : La S.P. informe ses membres, qui voudraient en savoir plus sur ce second mégalithe – son emplacement par exemple – qu’ils peuvent s’adresser directement à societeperillos@gmail.com pour plus de détails. |