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Société Périllos ©

La Société Perillos ouvre son nouveau département minéraux et fossiles

Premiers spécimen : serpentine et baryte

 

Nous avions mis au vote, lors de notre dernière Assemblée Générale, l'instauration d'une section "Minéraux et fossiles"… A la majorité cette proposition avait été acceptée avec enthousiasme.
Aussi notre trésorière s'est rendue, avec votre serviteur chez notre grossiste fournisseur régional en la matière.
Nous avons eu le plaisir de passer une demie journée en sa compagnie… en vérité ce fut en compagnie d'un expert en minéraux hors paire que nous n'avons pas vu le temps passé. C'est un véritable, et surtout passionnant, cours de géologie régionale que nous avons pu suivre dans son laboratoire de nettoyage, extraction et finition des pièces arrivées brutes entre ses mains. Cette visite s'est vite transformée en un bond dans le temps jusqu'aux premières convulsions de la terre et de ses formations chtoniennes des origines du globe. En peu d'heures c'est des milliards d'années qui défilèrent sous nos yeux, nos doigts et nos oreilles jusqu'à l'arrivée de la nuit qui raisonnablement nous obligeait à libérer notre expert et rentrer chez nous.
Nous avions mis en avant de proposer à nos membres des échantillons de belles roches provenant avant tout de cette région. C'est donc tout naturellement que nous rapportons à nos membres des blocs de serpentine provenant de notre province et notre secteur préféré.

Mais en fin de compte qu'est-ce que la serpentine sur le plan géologique tout d'abord ?

Serpentine - la montre donne une idée de la grosseur des blocs

 

 

 

 

 

 

Et bien les serpentines, ou plus précisément serpentinites, sont des roches formées par interaction entre l'eau de mer et les roches du manteau à des profondeurs allant parfois jusqu'à environ 200km dans les zones de subduction les plus profondes. Le minéral constituant majoritairement ces roches est un silicate en feuillets voisin des micas et du talc. Dans certaines région selon la composition des couches profondes il s'agit donc d'une variété de serpentine appelée antigorite. Cette roche possède une viscosité très faible et présente la propriété de limiter la zone de propagation des séismes : là où il y a des corps de serpentinites épais, il y a moins de séismes qu'ailleurs. D'où l'intérêt d'utiliser les méthodes de tomographie sismique pour la recherche des zones serpentineuses et la localisation de serpentine.
Des chercheurs de Lyon (Laboratoire de sciences de la Terre INSU-CNRS/ENS) en collaboration avec des chercheurs du Department of Geology, University of Illinois, (USA) et de l'Institute for Mineralogy and Petrology, ETH Zurich, (Suisse) étudient, en laboratoire, la propagation des ondes sismiques dans le minéral suivant diverses orientations. Les propriétés de la serpentine la rendent facilement détectable par l'imagerie sismique (tomographie). Cette étude est publiée dans Earth and Planetary Science Letters.

Les roches ultrabasiques proviennent du manteau (couche profonde sous l'écorce terrestre). Lors de la collision entre plaques, génératrice du dernier plissement, de vastes 'feuillets', de ce manteau, remontent et se trouve poussé au dessus de certaines plaques. Ce processus est alors appelé obduction. Ces roches ultrabasiques sont composées de silicates de magnésium et fer pour l'essentiel. Elles contiennent aussi du nickel, du cobalt et du chrome présentant la source de gisements de nickel, de cobalt et de chrome. Ces abondances donnent à ces territoires le nom de "terrains miniers". C'est sans doute pourquoi dans certaines zones minières du Roussillon on trouve, plus facilement qu'ailleurs, des veines de serpentine à faible profondeur où on trouve cependant en grande quantité des péridotites qui sont également des roches grenues composant la plus grande partie de ses enclaves rocheuses.
Les serpentines, ou plus scientifiquement serpentinites, sont des roches de même composition chimique que les péridotites, mais constitués de minéraux différents provenant d'une transformation des minéraux de la péridotite avec hydratation. Ce phénomène est alors appelé la serpentinisation qui se prolonge au demeurant au niveau continental car on y observe dans ces secteurs des lits de lizardite, antigorite et de chrysotile qui d'ailleurs compose également la serpentine.
L'opération se traduit chimiquement par cette formule, il faut l'avouer, assez rébarbative: 2 olivine + 3 H2O ? serpentine + brucite de formule Mg(OH) orthopyroxène + olivine + H2O ? serpentine.
D'une dureté de 2,5 à 3,5 elle est un silicate translucide et cireux de magnésium parfois confondu avec le jade en raison de sa teinte verte.

La serpentine, stimulant le système cardiaque, les reins, les poumons l'hypophyse et le thymus, elle diminue les migraines et la nervosité. D'autre part la serpentine faciliterait les cicatrisations de manière spectaculaire et éveillerait des capacités médiumniques tout en favorisant la méditation.

autre bloc de serpentine

 

 

 


D'après la tradition, elle aurait la propriété de prémunir son utilisateur des morsures des serpents, d'où son nom populaire établie sur des pouvoirs de mimétisme. En effet le reptile n'attaquerait pas la personne portant ce qu'il identifie comme de lui-même. Si nous n'avons pas eu l'occasion d'expérimenter cette vertu… nous admettons que son symbole est parfaitement clair ainsi que le pouvoir de cette pierre protégeant des agressions physiques. C'est pourquoi elle serait très utile à toutes les personnes qui vivent dans des endroits à risques ou sont amenées à les fréquenter : grandes cités, métro, lieux de conflits armés, voyages touristiques dans des pays réputés dangereux, etc. De manière plus cartésienne, on peut dire que c'est la pierre idéale pour les métiers à risques.
Cette pierre -dont l'origine de son nom vient de 'ophite' (qui est parfois son synonyme), mot qui signifie serpent (du grec ancien : )- est conseillée pour le signe de la Balance des Gémeaux et du Scorpion.
Après usage intensif, ou simple port de longue durée, elle doit subir une purification, ou nettoyage, par dépôt sur une base de quartz mélangé à de l'eau distillée, sans jamais toutefois y ajouter de sel.

Il nous semble utile d'ajouter que la serpentine est très souvent utilisée, à des époques néolithiques et celtes, pour accompagner dans l'autre monde le guerrier, chasseur ou dignitaire et qu'il soit alors homme où femme indistinctement. Ce sont, dans ces cas, de petites haches votives de quelques centimètres, posées près du défunt pour son grand voyage… Il s'agit là, effectivement, de superstitions minérales païennes mais celle-ci montrait, à l'évidence, que la beauté de ce minéral une fois poli fascinait déjà nos ancêtres comme il nous fascine toujours aujourd'hui pour sa beauté ainsi que sa douceur due au talc en trace qu'il contient.

Au demeurant cette attirance perdure aux aurores de la chrétienté et jusque au 11èmer siècle… En effet, il n'est pas rare du tout que cette pierre se retrouve hissée au rang de ses grandes sœurs aristocratiques que sont les gemmes. En Espagne ou en Italie, et jusqu'en Hollande, on trouve notre serpentine ornant des couronnes princières, des chatons de bagues royales ou distinction de religieux dignitaires… Il en est autant sur des reliquaires où sa couleur et sa malléabilité lui donne une place de choix parmi les pates de vert et les pierres fines et ornementales. Les exemples sont si nombreux en la matière que nous ne saurions lequel choisir, sinon carrément la très ancienne statue de Ste Catherine écrasant la tête d'un pape (???) entièrement taillée dans un bloc monolithique de serpentine. Cette curieuse, mais vénérable, statue est visible dans l'église Ste Marie à Châteauneuf la Forêt.

Avec les blocs de serpentine qui seront donnés aux membres de la SP notre minéralogiste nous offre un énorme bloc d'un type très rare puisqu'il s'agit d'un la qualité dite 'peau de serpent' qui est une curiosité de grande valeur. Ce bloc d'une grosseur impressionnante ne sera pas partagé, ce serait l'amputé de sa beauté et sa valeur, mais il restera versé parmi les plus belles pièces du "trésor de guerre" de notre Société Périllos et donc visible par tous, toutes et chacun des membres. A ceci notre généreux fournisseur a ajouté, en cadeau, deux huîtres fossilisées pour votre serviteur et la trésorière.
Certes on pourrait dire que ce genre de spécimen foisonne par tonnes dans l'Hérault, l'Aude et les P.O. et qu'il n'y a pas là de quoi tomber en extase. Si ceci est vrai il faut très vite ajouter que notre spécialiste sait des filons de ces fossiles vieux de près de 20 millions d'années ayant la particularité d'être entiers avec leur couvercle fermé… Certains exemplaires subirent de telles pressions que la bête se cristallisant au fil des siècles s'est transformée en rayons de calcite translucide ayant tous un point focal au centre de la coquille… imitant ainsi un soleil minéral d'une étrange beauté. La rareté vient également du fait qu'il faut ouvrir le coquillage très précautionneusement faute de quoi il éclate, et plus rien ne peut en être récupéré… ni en être admiré!

Il est possible que nous ajoutions à cette première livraison, à titre personnel, de la baryte (ou barytine) puisque nous en disposons d'assez nombreux gros morceaux pour tous nos membres. En échange, nous ne dirons pas où nous avons pu trouver ces blocs afin d'éviter le pillage du filon par n'importe qui pouvant ensuite en faire la revente, ou autre accumulation inconsidérée.
Ce minéral reçut son nom en raison de son poids anormalement élevé pour son volume: 'barys' qui signifie lourd en grec.

Barytine


On trouvait ce minéral depuis le temps de premières exploitations minières en telle abondance qu'il fut longtemps considéré comme une gangue sans valeur… Il faut attendre 1630 et l'alchimiste Vincenzo Cascariolo, de Bologne, pour qu'au cours d'une de ses expériences il pousse la chauffe de la baryte. Sous l'action de cette vive chaleur la baryte se mit à rayonner dans l'obscurité!
C'est ainsi que fut découvert le phénomène de la luminescence, phénomène bien connu des chimistes de nos jours, mais qui, à l'époque, provoqua un grand émoi comme on peut le deviner.
Comme l'honorable alchimiste avait mise en chauffe des agrégats sphériques de baryte du secteur où il résidait les savants de l'époque nommèrent ce minéral "boule lumineuse de Bologne". Ce n'est que bien plus tard que l'on fit une étude sérieuses de cette boule et qu'on se rendit compte que ces agrégats étaient les mêmes que ceux qu'on trouvait depuis longtemps dans les filons français de notre région.
Nous pensons donc que nos membres de la S.P. seront attentifs à ce genre de minéral et des expériences qu'ils pourront en tirer à peu de frais…

On trouve de la baryte dans le massif du Pilat et souvent là où se trouve les verreries ou fours à verre médiévaux car ce minéral entre avec profit dans la composition de certaines pates de verres pouvant donner l'apparence du cristal ou d'autres effets colorés des plus inattendus dont nous reparlerons une autre fois…

La prochaine livraison à tous les membres sera sans doute composée d'un fossile et d'un quartz ou d'une améthyste provenant d'un gisement trouvé par Déodat Roché à peu de distance de Arques dans le secteur du Col de Paradis…

La Société Perillos

Le 10 mars 2010

 

NB: Pour des raisons bien évidentes de protection des filons et points de surface nous ne donnons pas de localisation de ces derniers afin de les protéger des pillards et prospecteurs n'ayant que profit comme perspective finale à leurs recherches sur le terrain.

mage 11