Plan du site | Recherche | Forums | Publications | Actualités
Les
mines fantômes du secteur de Périllos (1ère partie) - Un étrange grand nettoyage par le vide du passé minier |
Un
correspondant
Depuis
plusieurs mois, certains de nos correspondants engagent une recherche géologique
et topographique sur les terres de Périllos, dans le secteur particulier
de ses anciennes mines.
Ce travail de prospection, engagé depuis plusieurs années,
représente une très importante somme d’études
en archives et sur le terrain pour plusieurs raisons. La première
est surtout que ces exploitations se trouvaient dispersées sur un
territoire localisé dans un secteur éloigné des dessertes
et anciens accès routiers. Ensuite, à l’époque
de leur activité, les sites miniers étaient dégagés,
au moins sur leur carreau, et munis de voies d’accès pour l’arrivée
des matériel et outillage indispensables aux ouvriers ainsi qu’à
l’expédition des produits extraits, qu’ils soient bruts
ou sommairement dégrossis. L’ennui est que dès leur
cessation, il semble, et c’est pour le moins curieux, que ces sites
miniers disparaissent totalement de la circulation sur tous les plans. On
ne trouve jamais trace des extractions, commercialisations ou archives et
c’est déjà assez curieux. C’est curieux car en
principe, que ce soient les minerais ou la houille, les produits étant
achetés par des grossistes sidérurgistes ou métallurgistes,
on trouve toujours des traces de transactions, de quantité ou qualité…
Là, nous sommes face au vide le plus absolu en la matière
et, si c’est assez étonnant, nous trouverons encore plus curieux
plus loin.
Certes, à ce stade des constats, on peut avancer dans la logique
des choses que sur le terrain la disparition des carreaux s’explique
avec plusieurs raisons. La première serait que les concessions et
droits, s’ils permettent de s’enrichir sans crainte que des
concurrents s’implantent illicitement sur une parcelle, donnent aussi
des devoirs. Ces derniers sont ceux de la responsabilité en cas d’accident,
ou autres déboires, pouvant survenir sur un site abandonné,
tel des enfants jouant dans une galerie non sécurisée s’écroulant
sur eux… sans parler des sapes s’inondant lentement et représentant
de réel dangers de noyades dès que les eaux d’infiltration
ne sont plus pompées ou évacuées. Pour ces raisons,
il est logique et prudent de fermer un accès de manière à
ce que même un animal ne puisse s’y introduire. Souvent l’usage
d’explosifs offre une solution radicale, efficace mais irréversible.
Ces finalités expéditives étaient toutefois réservées
le plus souvent à l’obstruction d’entrées et sapes
horizontales, ou presque. Pour les ouvertures, en forme de puits, le remplissage
de la fosse de gravats ou scories donnait d’excellents résultats
de fermeture, et de nettoyage, des déchets de surface, ceux-ci servant
alors de matériaux d’engorgement et de remblai. La nature,
dans les mois qui suivaient, se chargeait de reprendre ses droits et, quelques
années plus tard, bien malin qui pouvait dire où se trouvaient
les anciens carreaux sans coordonnées exactes. On imagine aisément
que, de nos jours, on puisse se trouver sur l’entrée même
des anciennes mines sans rien en savoir ou les deviner. En échange,
on peut supposer que toutes ces ouvertures sur le monde minier non seulement
n’ont pas été fermées irrémédiablement
mais existent encore, à peine dissimulées sous la végétation
et un peu de remblai.
Toujours est-il qu’aujourd’hui plus personne ne sait les gisements,
et cette ignorance va jusqu’à un point inimaginable, comme
nous le verrons plus loin. Cependant, avant d’aborder l’insolite
de cet état de fait, poursuivons encore un peu le survol de l’état
des lieux miniers de Périllos.
Des
documents
Grâce
à plusieurs documents, retrouvés dans des archives officielles,
nous pouvons maintenant localiser trois sites miniers sur les anciennes
terres de Périllos, tout en supposant qu’il puisse y en avoir
d’autres, disséminés mais de moindre importance. A l’origine,
nous avions retrouvé les archives du site le plus étendu qui
est celui situé sur le plateau au-dessus de la chapelle Ste Barbe
au-delà des falaises d’escalade. Ensuite, on a un second gisement
dans le secteur du plateau de Salveterra et enfin un emplacement après
l’Oriole, à peu de distance des ruines du couvent Ste Cécile.
Au demeurant, il est possible que ces derniers carreaux se trouvent sur
la commune voisine de Vingrau. L’ensemble de ces mines serait approximativement
d’une quinzaine de gisements au moins.
Ce nombre peut paraître évidemment exagéré pour
plusieurs raisons là encore. La première serait que toutes
ses mines ne pouvaient disparaître simultanément. Ensuite,
s’il y en avait tant, et pourtant c’est ainsi, on ne peut penser
raisonnablement qu’elles aient pu s’épuiser au même
moment. Nous pouvons ajouter que, de toutes manières, il ne pouvait
s’agir que de petites exploitations n’employant que trois ou
quatre ouvriers et peut-être moins, ou encore réduites aux
hommes d’une seule famille. Cette dernière explication expliquerait
le manque d’informations extérieures du fait qu’au moment
où les hommes partent mourir pour la mère patrie, tout ce
qui est minier s’éteint avec eux.
Il reste cependant que s’il s’agissait de production familiale
on aurait forcément retrouvé des traces d’actes de propriété
ou des bribes de souvenirs dans la mémoire des anciens habitants
encore vivants il y a une quarantaine d’années… Or, de
tout ça il n’en est rien nulle part !
Il nous faut à présent considérer un certain nombre
de faits avant de poursuivre nos investigations sur le terrain.
En effet, si on observe les scénarios disponibles dans les archives
minières (des régions stéphanoises et de Palairac,
par exemple) on remarque deux éléments notoires.
Le premier concerne le repérage topographique des lieux d’extractions,
tous minéraux confondus, y compris la houille. On dispose de localisations
précises concernant même des exploitations les plus réduites
ainsi que celle ne représentant qu’un trou à ciel ouvert
(comme à Palairac), vite abandonné par manque de production.
Les anciennes mines antiques font parties de ce lot et sont aussi inscrites
au répertoire.
Ensuite, l’Etat suit les fins de concession, leur abandon ou leur
état de dangereuse vétusté car, en ces cas, le ministère
compétent ferme ou sécurise les entrées. Ces opérations
se font de telle manière que les communes concernées sont
automatiquement informées… qu’elles soient consentantes
ou non… comme ce fut le cas scandaleux pour les mines du secteur de
Palairac. On se souvient que tout fut obstrué rapidement, sans prévenir
la mairie qui ne le sut qu’une fois l’opération faite
et donc irréversible ! Même si la méthode est des plus
honteuses et fourbes, tous les points miniers sont ensuite soigneusement
répertoriés.
Les archives se trouvaient, jusqu’à il y a plus de vingt ans,
dans les Ecole des Mines et, à présent, dans d’autres
archivages.
Deux
éléments
Si
ces deux éléments sont ceux de l’administration d’Etat,
on ne peut négliger les annales et chroniques communales, départementales
et… individuelles. En effet, si les secondes restent du domaine officiel,
donc rigides et sans état d’âme, la mémoire personnelle
se prolonge souvent avec l’émotion des descendants vis-à-vis
d’un ancêtre « qui racontait que …. » ou encore
des enjolivures que ne manquaient pas d’amplifier ceux ayant vécu
ces travaux ou ceux, et celles, qui en héritaient. A ceci s’ajoutent
quelques objets, photos ou documents personnels (salaires, règlements,
droits et devoirs) vénérés utilisés pour ces
exploitations.
A ceci, nous ajoutons les traditions religieuses immanquables pour ces métiers
pénibles et trop souvent à hauts risques : effondrements,
explosions, accidents violents et mortels… Toutes ces catastrophes
engageaient une série de superstitions et de croyances que cette
corporation reportait sur Sainte Barbe en particulier. A cet effet, souvent
il y avait bénédictions et célébrations d’offices
en l’honneur de la patronne sous laquelle les mineurs plaçaient
leurs espoirs et leurs dévotions. Tout ce nouveau panorama nous apporte
des archives religieuses cette fois non dénuées d’intérêts
car on y trouve d’autres mémoires dont l’Eglise garde
précieusement, en principe, les chroniques. On y trouve des noms,
des faits, des lieux, et encore des bannières de corporations, ex-voto
et parfois de superbes statues anciennes ou reliquaires, autrefois portées
en procession jusque sur les carreaux miniers.
Tous ces éléments font que, d’une manière ou
d’une autre, un secteur où il y eut plus de dix exploitations
minières garde de nombreuses traces d’un passé solidement
ancré dans la mémoire et les classements institutionnels,
locaux ou traditionnels. Or, à ce stade et contre toute attente,
jusqu’à ces derniers jours de décembre 2008, on ne trouvait
rien sur les mines de Périllos… rigoureusement rien…
sauf ce que nous-mêmes avions retrouvé, bien dissimulé,
en archives administratives. Et ce rien, nous le verrons plus loin, non
seulement est loin d’être apaisant, mais bien au contraire pose
d’irritantes interrogations en raison des « pourquoi »
et « pour qui » que ce vide soulève automatiquement.
Il est temps, après avoir énuméré les constats
de possibilités de traces sur le propos, de faire celui des anomalies.
La rumeur d’existence de mines sur le vieux territoire de Périllos
se heurte si farouchement aux impossibilités institutionnelles qu’on
ne peut que supposer que l’existence de ces exploitations doit gêner
quelqu’un ou quelque chose ayant ses entrées dans l’administration.
On pourrait croire que cependant toutes mémoires ne pouvaient s’être
effacées sur la commune concernée et ses archives ; aussi,
au cours de notre enquête, nous pensions que logiquement nous obtiendrions
des éléments notoires auprès de ce service communal.
Et pourtant… oui, pourtant, ce gommage fut parfaitement orchestré
jusque là à notre stupéfaction. Il y a près
de cinq ans maintenant que nous nous rendions à la mairie d’Opoul
afin de demander à consulter ce dont elle disposait sur le sujet
minier. Quelle ne fut pas notre surprise, après avoir interrogé
la secrétaire à l’accueil, de nous entendre dire qu’elle
ne savait pas de quoi nous voulions parler. S’il est vrai que jamais
le personnel de ce secrétariat sut se montrer à la hauteur
de nos questions durant deux ans, il est pour le moins surprenant que des
gens se prétendant ‘du cru’ soient si peu au courant
du passé de leur commune… qui les fait vivre ! Après
cette fin de non recevoir, ce fut monsieur le maire d’alors qui, ayant
entendu notre question, sortit de son bureau pour nous inviter à
reformuler notre demande devant lui. Chose faite, celui-ci, d’un air
narquois, nous répond qu’étant enfant du pays, et ensuite
premier magistrat d’état civil de cette commune, s’il
y avait eu la plus petite mine sur le secteur de Périllos, il en
aurait été informé depuis sa tendre enfance.
L’air
moqueur de monsieur le maire s’est teinté de celui du défi
lorsque nous lui avons dit détenir un document officiel sur les exploitations
minières de son pays montrant qu’il y avait eu non seulement
une mine mais près d’une dizaine selon notre première
lecture de cette archive… Et rendez-vous fut pris pour le lendemain,
en mairie, pour montrer le fameux document. Ce dernier, pour le coup, eut
non seulement le pouvoir d’effacer toutes traces d’ironie ou
de moquerie mais de mettre monsieur le maire dans un sérieux embarras.
En effet, ces feuilles d’archives montraient, à l’évidence,
qu’un important secteur minier existait sur l’ancien territoire
de Périllos depuis des siècles et qu’il était
encore en exploitation à la fin du 19e. Ce document est incontestable
car il provient d’archives administratives et concerne une prolongation
d’autorisation d’exploiter l’ensemble des gisements situés
sur le plateau au dessus de la chapelle Ste Barbe et s’étendant
quasiment jusqu’au Cortal Lalane en englobant le secteur de La Caune.
Ce qui signifie deux choses. La première est que ces sites d’extraction
étaient en activité depuis longtemps et en tous cas bien avant
le 19e siècle et que, surtout, par arrêté préfectoral,
le Préfet des Pyrénées Orientales autorise la poursuite
des travaux miniers sur plus d’une dizaine de carreaux. On y lit que
les minerais extraits sont essentiellement du fer, de l’argent, du
plomb et une ‘minière’ d’or. La seconde est que
ces prolongations d’activités sont récentes et qu’on
peut se demander, à juste titre, comment tout put s’arrêter
brutalement et surtout être effacé au point que même
les mémoires locales (y compris celles des ancêtres de monsieur
le Maire, de lui-même et de ses secrétaires !) n’en gardent
pas le moindre souvenir ! Il en est de même en ce qui concerne les
droits et concessions… qui semblent ne jamais avoir existé
ou, pire encore, avoir été soustraits des archives accessibles
au commun !
Et cette remarque, nous devons dès maintenant la prendre en compte
pour la suite de notre recherche.
Effectivement, à ce stade, il ne nous reste plus qu’à
admettre, d’abord l’incontestable existence de ces anciennes
mines ‘périllossiennes’, ensuite leur effacement sur
le plan des localisations sur le terrain ainsi que dans toutes les archives…
sauf une qui, sans doute par on ne sait quel miracle, fut oubliée,
ou égarée, lors de cet étrange ‘nettoyage par
le vide’ administratif… car comment pourrait-il en être
autrement ? Et enfin, et ce sera le plus difficile, de comprendre les raisons
de ces actions assez curieuses.
Des
preuves
A
présent, regardons ce dont nous disposons comme preuves de l’existence
des mines sur ce secteur.
Nous avons tout d’abord un document de premier ordre car personne
ne peut le contester, pas même les autorités puisqu’elles
en sont les émettrices. En effet, il s’agit d’une demande
adressée au Préfet des Pyrénées Orientales à
propos de la poursuite des exploitations minières sur le territoire
communale de Périllos bien avant qu’il soit annexé à
l’autorité tutélaire d’Opoul. La pièce
se compose d’un plan dépliant et d’un courrier d’accompagnement.
Le contenu de ce dernier est une requête légitime pour la poursuite
d’exploitation de l’aire définie par le plan joint. Une
seconde pièce est la copie de l’autorisation accordée
près de deux mois après la demande. Cette réponse favorable
est très intéressante car elle s’accompagne d’un
second plan sur lequel sont précisés TOUS les points miniers
exploitables. C’est depuis ce deuxième plan que notre équipe
quadrille le périmètre désigné afin d’y
repérer les emplacements de carreaux.
Les deux plans sont, à l’évidence, dressés par
un géomètre de métier ayant travaillé par triangulation
à long recoupements définissant l’étendue d’un
très large périmètre sur le territoire communal. Cette
étendue couvre une partie de l’espace près de Ste Barbe
et surtout le ‘Plat de Périllos’, lieu qui disparaît
ensuite des relevés cartographiques officiels… un de plus !
Le ‘Plat de Périllos’ n’est pas le seul élément
à disparaître car si on regarde avec attention le plan dressé,
on constate que la chapelle de Ste Barbe en est également exclue
!
Ce n’est pas tout en matière de gommage… Sur ces plans,
nous trouvons six calvaires disposés le long de la limite seigneuriale
entre Périllos et Opoul. On note que c’est seulement sur une
sorte de ‘ligne de front’ que se trouvent ces balises religieuses
et nulle part sur les autres limites de Feuilla, Embres et Vingrau. Ces
six ‘bornes’, marquant l’empreinte des Périllos
et celle de la religion… ont toutes été passées
à la trappe du souvenir. Bien que, forcément, nos grincheux
contestataires de service appelleront ces points « insignifiants détails
», on peut dire néanmoins que ça fait beaucoup de nettoyage
pour des éléments qui après tout ne gênaient
personne. Non seulement ces bornes cruciformes ne posaient le moindre problème
mais encore, et surtout, permettaient une sorte de repérage «
à vue » définissant depuis un autre point de visée
les emplacements miniers ! Le coup de torchon, s’il est dû au
hasard, a rudement bien fait les choses ! Sur le même registre, on
a la surprise, en cherchant, et trouvant, la demande d’exploitation
minière, de constater que la réponse de monsieur le Préfet
et le second plan ne sont pas au même classement ni au même
lieu d’archive, et c’en est pour le moins curieux.
Le travail des personnes ayant réalisé sur le terrain les
mesures à l’aide d’un théodolite et d’une
puissante lunette de visée a permis d’abord de retrouver les
emplacement des calvaires et ensuite de pratiquer depuis ces points et celui
permettant la sous-triangulation de matérialiser les sites miniers…
Depuis ces lieux, on peut apporter d’autres conclusions affligeantes…
Affligeantes, certes, car à l’évidence, les calvaires
ont bel et bien existé puisque des traces de socles persistent encore,
mais surtout ils ont été brisés et mis à bas.
Si nous affirmons ceci, c’est que, comme le montrent les vestiges
épars retrouvés autour des bases dans les friches, les débris
de colonnes et ornements portent encore de nombreuses traces de mutilations
faites à coups de masse ou de ciseau à pierre. Quant aux inscriptions
faites sur les socles, on peut savoir où elles étaient par
les traces de martellement qu’elles subirent ! Que l’esprit
de ceux qui saccagèrent ces témoins de pierre soit tristement
satisfait… le travail a rondement été conduit car il
ne reste plus rien d’identifiable concernant date, dédicace
ou gravures, pendant que visiblement les débris étaient soigneusement
éparpillés ou emportés afin que rien ne persiste de
ces témoins!
On pourrait s’entendre
rétorquer que ces présences religieuses ostentatoires ont
été détruites lors des fièvres destructrices
de la Révolution Française… C’eut été
possible, car il est à peu près certain que ces calvaires
soient antérieurs à la fin du XVIIIe siècle, si on
pouvait expliquer rationnellement leur présence sur le relevé
du géomètre vers 1800 ! Non… si on est certains que
les croix ont été épargnées par les convulsions
destructrices de 1789, on ne peut en dire autant pour les saccages qui eurent
lieu forcément après le passage du géomètre.
Nous serons prochainement en mesure de montrer les socles dégagés
des friches ainsi que les morceaux éclatés éparpillés
permettant de partielles reconstitutions de certains fûts, moins endommagés
que d’autres, et de leurs premiers soutènements. Il est étonnant
que personne n’ait jamais signalé ces destructions ou, tout
au moins, la localisation de ce qu’il reste encore en place afin que
la municipalité fasse le nécessaire pour répertorier
ces vestiges… Il est vrai que cette dernière opération
n’aurait sans doute pas le mérite de valoriser une action autant
que celle de remonter, faussement à l’identique, les ruines
d’un village qui resteront à jamais inhabitées…
du moins selon le P.O.S. Chose qui restera à prouver selon certaines
rumeurs. On note que ces découvertes faites en moins d’un an
n’ont jamais été dans le collimateur des tartarins d’Opoul
qui sans doute n’en ont jamais entendu parler ou qu’ils ne purent
jamais repérer.
La
deuxième étape
Jusqu’à
il y a peu de temps nous ne disposions, tout en reconnaissant que c’était
déjà énorme par rapport à ceux qui n’ont
strictement rien et se prétendent détenteurs du savoir de
Périllos, que des seuls ‘dossiers’ du premier périmètre
désigné. C’est depuis le début du mois de décembre
2008 qu’un correspondant, attentif à nos travaux, nous envoyait
de nouvelles informations sur le sujet.
Il s’agit d’éléments reprenant certaines ‘archives’
constitutionnelles mentionnant que du minerai d’étain et d’argent
aurait été mis à jour au milieu du 19e siècle
dans un secteur précis de Périllos! Cet événement
aurait eu lieu lors de terrassement pour la construction d’un ‘abreuvoir’
dont à notre époque il ne reste rien ! Dans les remblais de
ce décaissement, à une profondeur respectable, auraient été
trouvées des traces de minerai d’étain.
A première vue, il n’y a là rien d’étonnant.
Pourtant, dans ce petit constat, nous pouvons retenir certains détails
révélateurs d’éléments inconnus mais existants.
Comme par exemple de voir que cette découverte est faite au siècle
où ‘on’ réactive, très discrètement,
l’intérêt minier pour Périllos et où, dans
la même foulée, tout va également aussitôt disparaître…
Ensuite, il est intéressant d’apprendre qu’ ‘on’
engage la construction d’un grand abreuvoir communal en un endroit
où il ne sert pas à grand-chose. Il s’agit d’un
abreuvoir enterré… tellement enterré que ce sont de
véritables fouilles à grande profondeur qui seront conduites.
Au demeurant, elles seront conduites sans grand effet car ‘on’
s’aperçoit alors soudainement qu’on peut apporter l’eau
naturellement jusque là pour remplir ce réservoir… N’y
aurait-il pas là un autre non sens car pourquoi faire une réserve
si ‘on’ sait, au même endroit, de l’eau courante
pour l’alimenter en été… sinon pour faire un beau
décor romantique dans la nature ??? N’y a-t-il pas là
une anomalie dans la réflexion de… ‘on’ ?
Toujours à propos de cet ‘abreuvoir’, on nous dit que
c’est en le creusant qu’on trouve du minerai en trace…
puis plus loin il est indiqué que ce dernier a été
découvert… dans les remblais même du réservoir.
C’est lors de tentatives de passer voir sous l’abreuvoir si
l’exploitation d’un filon est possible que le projet est abandonné
en raison de l’eau s’infiltrant en grande quantité dans
la première sape. Quoiqu’il en soit, si nous considérons
qu’il peut s’agir d’une sorte de ‘basse’,
comme sur le plateau du Larzac, on devrait en trouver des vestiges conséquents
même sous le maquis, or il n’en est rien. Décidément,
tout a une fâcheuse tendance à disparaître rapidement
dans ce secteur du Roussillon…
Quant à cet abreuvoir creusé providentiellement à point
nommé pour réactiver quelques sursauts d’exploitations
minières, il semble curieusement fait d’éléments
incompatibles les uns avec les autres. A moins bien entendu qu’on
puisse supposer, au grand dame de nos détracteurs, qu’il y
ait eu un autre motif dissimulé sous celui d’un innocent réservoir
dont les travaux d’apparence anodine en cacheraient d’autres
moins avouables, obligeant de creuser en profondeur… à cette
époque, rien n’était plus simple que de berner quelques
bergers avec la promesse d’un abreuvoir… et l’affaire
était ficelée car, à l’évidence, ‘on’
cherchait bien quelque chose d’autre que de faire un abreuvoir!
La
Mourtre
La
suite des éléments fait ensuite état de gisements situés
vers la Mourtre avec la signalisation d’un lieudit dont pour le moment
nous ne donnerons pas le nom avant la fin de notre prospection personnelle.
La Mourtre, nous le précisons à nouveau, signifie «
la mort » et serait le lieu où l’abbé Saunière,
sur son moulage en forme de maquette topographique, localise deux tombeaux
majeurs qu’il inscrit ainsi : ‘tombeau de Joseph d’Arimatie
» et « tombeau de Jésus ». Il va sans dire que
si nous suivons ces informations avec un maximum d’attention, nous
laissons à ce prêtre l’entière responsabilité
de ses intentions, même si nous en partageons certaines. Le plus,
que nous apporte ce document, tient dans le fait que ces gisements existaient
déjà au 17e siècle ! Cette localisation confirme donc
les informations dont nous disposions, faisant état de trois centres
distincts d’extraction de minerai sur les terres des seigneurs de
Périllos.
Pour la Mourtre, il s’agit essentiellement de minerai de fer alors
que pour le secteur situé près de la chapelle Sainte Barbe,
il est question d’argent, de plomb et d’un filon aurifère
! Au sujet de ces mines, l’information explique que les gisements
exploités auraient justifié la présence d’une
chapelle Ste Barbe en raison du fait qu’elle soit patronne, entre
autres, des mineurs et des travailleurs de fond. Certes, nos joyeux détracteurs
pourraient supposer que ces informations ne sont pas fiables ou alors le
fruit de notre invention… Le seul problème est qu’elles
proviennent de l’AFM (Association Française de Microminéralogie)
qui est un organisme difficile de taxer de fumiste… dont les sources
de bases proviennent du BRGM, donc en principe vérifiées sur
le terrain. Quant à nos propres investigations, nous les poursuivons
partiellement depuis des éléments consultés dans le
département des P.O. aux Archives Régionales et d’autres
retrouvés aux Archives Nationales, essentiellement dans la série
F 14. C’est ainsi que nous pouvons ajouter aux deux premiers sites,
globalement situés sur le plateau au-dessus des falaises de Ste Barbe
et vers la Mourtre, un troisième localisé entre l’Oriole
et ce qu’il reste du couvent Ste Cécile.
Concernant ce dernier secteur minier, il se compose, selon la copie d’archive
en notre possession, de trois ‘saignées’ relativement
rassemblées les unes près des autres. Il s’agit là
seulement d’extraction de minerai de fer. Nous constations, dans un
article sur le site du couvent, que les ‘cellules’ comportaient
souvent, dans l’appareillage de pierres sèches de leur murs,
d’importants blocs agrémentés d’épais filons
de fer natif.
Des
constats similaires
Pour
les trois sites, nous disposons de constats similaires.
Tout d’abord, l’ensemble des trois ‘poches’ -Ste
Barbe, la Mourtre et Ste Cécile- s’éteint simultanément.
Dès la fin du 19e siècle, c’en est fini de toutes traces
sur le terrain des carreaux, des dessertes et éventuellement des
aménagements d’intendance et matériels concernant chaque
lieu. Notons toutefois, sans que nous puissions apporter une corrélation
précise, que ces arrêts et ce ‘nettoyage par le vide’
se font au moment où l’abbé Saunière vient sur
les lieux. Au moment où il commande son moulage géographique
du secteur, c’en est fini…
Ensuite, pour ces mêmes lieux, il y a l’effacement de toutes
formes d’archives, documents ou traces écrites, partout où
ces dernières pouvaient être stockées administrativement
: B.R.G.M., Archives régionales, départementales, fiscales
et même communales ! On ne peut que rester perplexe devant un tel
manque de mémoires en matière administrative quand on considère,
par exemple, que pour la commune de Palairac, quasiment tous les sites sont
répertoriés, même les plus infimes. Il y a là,
à l’évidence, deux poids et deux mesures dont il faut
chercher la cause, sans grand espoir d’y parvenir.
Plus étonnant encore est cette perte complète de mémoire,
ou du moins prétendue telle, dans les familles d’Opoul, comme
pour monsieur le maire par exemple, et les descendants d’habitants
de Périllos. Cependant, il reste à supposer, pour expliquer
cet incroyable ‘gommage’, que seuls les hommes travaillaient
dans ces mines, assez réduites en quantité de production,
admettons-le pour l’instant et jusqu’à plus ample information.
Ceci pourrait nous conduire au fait que la guerre de 1914-1918, en appelant
tous les hommes en mesure de mourir au champ d’horreur, emportait
dans ses victimes les hommes ayant soit travaillé dans ces minières
ou qui en aient eu le souvenir… On nous rappelle qu’ensuite
les femmes quittèrent le village à l’agonie pour tenter
de refaire leur vie loin de là. En s’éloignant, et se
remariant probablement, elles finirent de perdre les derniers souvenirs
de ces exploitations minières. C’est une possible explication…
qui tombe à nouveau quand on regarde les archives religieuses de
la paroisse de Périllos qui nous ont été données
par un habitant de Durban. Dans ces pages de registres paroissiaux, allant
jusqu’en 1885, il est vaguement question de pèlerinage à
Ste Barbe… mais rien à propos de cérémonies ecclésiastiques
faites sur un carreau en particulier. Seuls les curés J.Codes et
Perrev y font de rares remarques en raison des bannières. Et puis
tout à coup, dans les cahiers de registres, ce sont des pages entières
qui sont manquantes et particulièrement en 1885 où une phrase
est commencée au bas d’une page qui n’est plus suivie
d’aucune autre… Elles ont été arrachées
comme le montre la reliure du registre à la date du 27 novembre 1885.
Certes, il faut bien reconnaître que ceci ne prouve rien… mais
il faut le signaler.
De plus, à propos d’hommes s’intéressant à
ces mines fantômes, nous pouvons ajouter que ceux ayant fait la demande
d’ouverture d’exploitation, en date du 7 avril 1859, ne sont
pas du pays, en tous cas pas enfants de Périllos ! Concernant ces
derniers et les exploitations requises, nous n’avons, à ce
jour, rien pu trouver d’autre à leur propos… Eux aussi,
hommes et sondages disparurent de cette énigme minière de
Périllos aussi discrètement qu’ils y avaient fait leur
apparition !
Le
nettoyage par le vide
On
ne peut que rester admiratif devant ce grand nettoyage par le vide qui n’explique
toutefois pas le pourquoi d’un tel luxe de précautions prises
pour tout faire disparaître sur un sujet et un travail qui, au fond,
n’ont rien de honteux ou qui puissent justifier un tel étrange
empressement … A mieux y réfléchir, on peut, après
avoir exploré toutes les possibilités d’explication,
se demander si une autorité, ou autre pontife, n’a pas eu quelque
chose à craindre ou cacher à propos de ces ouvertures vers
le monde minier qui en fin de compte est celui ouvrant sur un inconnu dont
Périllos nous a donné l’habitude. N’oublions pas
à cet instant le commentaire de Ramon de Périllos revenant,
au 14e siècle, de son pèlerinage au puits St Patrick en Irlande
et qui affirme savoir à présent que sur ses terres est un
lieu qui ouvre sur « l’autre monde ». S’il s’agit
d’un monde souterrain possédant une ouverture, quoi de plus
anodin que de la rechercher sous l’innocent motif de prospections
minières et de tout reboucher une fois l’avoir trouvé
ou non afin d’en faire disparaître toutes preuves de recherches…
Le monde souterrain du territoire des anciens seigneurs de Périllos
contient un savoir dépassant sans doute l’entendement. Que
certains personnages en aient été à propos, ça
ne fait plus de doute, tout comme il serait peu rationnel de supposer que
personne n’ait tenté à plusieurs époques d’en
chercher l’accès ou l’emplacement. Si on considère
nos travaux sur les trois points -Ste Barbe, la Mourtre et Ste Cécile-
on a les trois sites les plus chers pour les Périllos et les initiés
qui les guidaient. Pourquoi ne serait-il pas pensable que des prospections
aient été engagées sur ces points… cruciaux…
à plusieurs époques clés comme le 17e siècle,
ensuite le 19e et enfin au début du 20e siècle ? Si cette
hypothèse est la moins mauvaise, pour ne pas dire la bonne, il n’y
aurait alors aucune difficulté à attendre que ceux qui engagèrent
ces travaux aient voulu à tous prix en cacher la teneur qu’elle
soit positive ou non…
Cependant, ces exploitations minières furent bien mises sous la protection
de Ste Barbe, patronne des mineurs et des… ingénieurs des mines
actuels. Fut-il trouvé du minerai en certaines de ces exploitations
? Sans doute, nous pouvons répondre oui… mais nous pouvons
ajouter que furent trouvés d’autres éléments
nettement moins naturels, datant des époques wisigothiques, comme
nous le verrons dans le second volet de ce chapitre à la suite de
ceux ayant conduit leurs travaux de recherches sur… et sous le terrain.
André Douzet
Ces repros de documents inédits seront données
en bonne définitions lors d'un prochain chapitre qui leur sera consacré