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Société Périllos ©

Les mines fantômes du secteur de Périllos
(2ère partie) - Découverte wisigothique près de certaines mines

 

Un utile rappel d’étranges faits miniers

Aussi curieux que ça puisse paraître à première vue nous allons, provisoirement, très vite abandonner le chemin des mines perdues de Périllos pour en suivre un autre tout aussi surprenant qui nous y reconduira, sous d’autres formes, plus inattendues. Cependant, comme c’est en recherchant ces dernières que nous avons mis à jour un petit site particulièrement intéressant, il était utile de débuter par le commencement… c’est à une origine minière que nous reprendrons notre sujet, dès notre prochain chapitre au cours duquel nous commencerons à retrouver les calvaires démolis délimitant précisément la zone minière.
Nous annoncions précédemment les emplacements, à présent formellement reconnus, des anciennes minières ‘périllossiennes’ se trouvant dans le périmètre supérieur de Ste Barbe. Viennent ensuite ceux près des vestiges du couvent St Cécile et enfin, surtout, à proximité du secteur de la Mourtre. Nous nous arrêterons sur une de ces portions du vieux territoire qui abritait son lot de mines déjà au 17e siècle comme nous l’avions vérifié précédemment.
A propos de site miniers, quel qu’il soit, il sous-entend un minimum d’ouvriers sur son carreau. Il est logique de supposer que ce personnel ne pouvait habiter trop loin du chantier afin de ne pas trop perdre de temps en trajets pour s’y rendre ou en repartir. Les installations relativement sédentaires pouvaient s’entendre des plus sommaires à d’autres un peu plus solides… car, même si on suppose que certains anciens habitants de Périllos pouvaient y travailler, il est possible que la distance leur impose de rester sur place un temps défini pour ne revenir qu’à des moments de repos plus prolongés. Il faut bien admettre qu’à ce jour les emplacements que nous avons péniblement remis à jour n’offrent que peu de vestiges évidents sur tous les plans… ou presque. Nous pouvons commencer, depuis ce constat, à en conclure provisoirement que toutes traces de vie ouvrière ont été soigneusement effacées. Elles purent l’être d’autant plus facilement qu’à certaines époques l’ouvrier n’était guère difficile en matière d’abri et que ceux-ci pouvaient être des plus précaires et de fait… faciles à démonter ou démolir au moment d’effacer tous vestiges sur le site. Sur le sujet nous n’oublierons pas, comme en certains lieux miniers d’autres régions de France, que les tâcherons parfois dormaient et prenaient leurs repas à même les galeries de mines sans le moindre problème.
Ceci étant dit, un détail a été précédemment abordé dans lequel nous supposions que ces emplacements d’exploitations minières pouvaient avoir joint l’utile à l’agréable. Nous entendons par là que si on veut pratiquer ‘certains travaux en sous-sol’, sans éveiller de soupçon, le plus simple est d’exposer au ‘visiteur’ quelques activités minières de surface… surtout si elles sont précisément exercées sur des secteurs géologiques où les ressources souterraines permettent d’apporter au grand jour des minerais de fer ou autres, argent, plomb, cuivre ou… or. Surtout en ce qui concerne ce dernier métal, quelques précautions de sécurité minimum, loin d’attirer la méfiance de quiconque s’approchant du carreau, paraissent logiquement on ne plus normal.

Un intérêt discret à long terme

Cette remarque peut s’agrémenter d’autres, montrant que le lieu est exploité depuis l’antiquité, sporadiquement, à longue haleine ou ponctuellement, à chaque fois que les concessions arrivent à échéance. A ces fins elles sont légalement reconduites tacitement si l’extraction se produit, même réactivée momentanément et sans intérêt pour la circonstance, sous la forme de prospection de nouveaux filons afin d'une hypothétique reprise des productions… C’est peut-être pour ces raisons que de loin en loin, et selon les besoins ou ‘vérifications’, un semblant d’activité témoigne çà et là sur ce territoire de la poursuite des activités sur ces carreaux déjà bien isolés de toutes routes ou passages fréquentés. Le désintérêt ou la négligence font le reste et tout le monde baigne bien tranquillement dans ses petites affaires au sein d’un secteur sous étroite surveillance jusqu’au XVIIe siècle. A cette époque, le territoire passant à la couronne de France, et d’abord aux barons de Durban, tout s’écroule dans les mémoires et l’oubli. Ce désintérêt, parfois énergiquement provoqué, on oublie tout jusqu’aux emplacements vite recouverts par une végétation reconquérant ce qui lui fut enlevé par ceux, celles, qui savaient le… dessous des cartes de ce jeu dont la partie a été commencée il y a, à présent, bientôt vingt siècles.
De ces époques obscures pour nous, bien que lumineuses si on les place sur le plan de la religion et de ses fondements les plus profonds, il ne reste quasiment plus rien… Ainsi, tout aurait pu dormir de toute éternité d’un sommeil de plomb comme certaines rivières du pays, si quelques ‘petits bergers’ désœuvrés n’avaient mis à jour, par ci et par là, des cavités en forme de nécropoles obscures et inquiétantes. Puis ce furent parfois quelques chasseurs allant à la rescousse de leur chien tombé dans quelques avens quand ce ne sont pas ces mêmes prédateurs humains qui, s’abritant d’un orage violent, s’appuient sans attendre plus longtemps contre le fond du moindre abri rocheux… qui se dérobant tout à coup les laissent, effarés, entrer dans une cavité au contenu des plus inquiétants. Ces découvertes, absolument fortuites, témoignent d’une présence humaine et surtout de lieux ou se déroulait un culte aux morts sur lequel nous ne savons quasiment rien. En échange, nous pouvons souligner l’étrange coïncidence qui relie visiblement l’intensité des sites miniers sur seulement trois secteurs. Ceux-ci correspondent étroitement avec l’importance des lieux funéraires dont certains des plus anciens et les plus beaux et insolites de la région, puisqu’il y en a au moins un ou deux d’origine juive.

La rencontre de deux royaumes souterrains ?

C’est ici que, provisoirement, nous allons quitter le monde laborieux, dangereux et obscur des mineurs pour un autre nettement plus intriguant et peut-être tout aussi sombre. Avant ce petit périple il faut, cependant, en forme de prélude encore ajouter quelques remarques, le fait que se côtoient si intimement le monde des morts et celui des ouvriers souterrains. On pourrait, tout simplement, supposer que ces deux ‘royaumes’ soient proches en raison du fait que ces hommes vivant durement, parfois dans des conditions difficiles dont nous n’avons pas idée, puisse décéder… et être rapidement ensevelis à proche distance des carreaux.
Il n’y aurait là non seulement rien de bien mystérieux mais rien d’autre qu’un événement tout à fait naturellement humain… En échange, on sait de manière quasiment certaine que ces exploitations sont en place régulière depuis le début du Moyen-âge. Quant aux tombes, elles sont là depuis parfois l’antiquité, donnant ainsi à ses nécropoles une antériorité difficile à contester. Il faut donc admettre que les morts habitèrent ces endroits bien avant que les vivants ne les transforment en exploitation de divers minerais… ou prétendue telle. De fait, il serait peut-être grand temps d’accepter que nous nous trouvons sur trois emplacements mortuaires, relativement restreints, ayant depuis une époque définie (en raison des mobiliers retrouvés) été choisis pour abriter certains personnages ou… dignitaires, et cela pour des raisons bien précises.
C’est ensuite qu’arrivent ceux qui deviennent exploitant de ces mêmes lieux. Nous savons que ce territoire ne fut jamais un des ‘Edens’ miniers et cette persistance, quasiment incompréhensible, peut avoir de quoi nous laisser perplexes… car il est bien évident que l’Homme ne s’est jamais donné beaucoup de mal sans intérêt à la clé.

Les questions qui commencent à déranger

Si ces éléments sont à prendre en compte, nous voici au moment de nous demander si ces minières ne sont pas de très anciens prétextes repris chaque fois qu’il l’était nécessaire pour justifier la présence de gardiens sur des sites devant, pour tous rester secrets et hermétiques. Ces derniers peuvent avoir été les réceptacles d’éléments sacrés à protéger, aussi efficacement que possible, selon des risques mesurés à des époques troubles. Ces ‘créneaux ponctuels’ pouvaient également représenter de possibles ouvertures de rituels, calendaires ou cycliques, que certains pouvaient vouloir soigneusement tenir sous leur contrôle. Une présence d’hommes assez forts et déterminés, ressemblant de loin ou de près à des travailleurs en plein effort, pouvait aussi servir à dissuader toute tentative de violer le secret des lieux, le contenu ou le savoir… Cet ensemble que seuls certains, ou le seigneur local en l’occurrence un Périllos, pouvaient souhaiter conserver à l’abri des regards indiscrets et des pillages en règle organisés par quelques dissidents ayant fini par en apprendre plus qu’ils ne devaient en savoir. Dans ce sens il est facile de comprendre, qu’en dehors des périodes troubles de guerres frontalières, si une bande organisée se rendait directement à cet endroit dans le but d’en découdre et faire main basse sur quelques valeurs, ou secret, c’est probablement que le meneur, ou commanditaire, savait de quoi il en retournait avec certitude. On se souvient, à cet effet, de l’exemple simple et flagrant du pillage, heureusement sans succès, organisé en 1362 par les mercenaires catalans d’Henri de Trastamare de l’église St Pierre aux Liens de l’ancienne cité de Rennes dans le Razès… plus connue, à présent, sous le nom de Rennes-le-Château. Cet événement, ne l’oublions pas, est celui qui détermine le fait que la chapelle castrale, sous le vocable de la Vierge Marie, de cette petite cité soit soudain devenue l’église de la paroisse sous le nom plus intéressant si faire se peut de Sainte Mairie madeleine !
Mais il nous faut revenir à Périllos éloigné géographiquement de Rennes et dont le passé est pourtant si proche de celui de cette cité du Razès par le biais d’un secret dont nous approchons la mise à jour. Puisque, précisément, il est question de mise à jour c’est sur ceci que nous allons à présent nous pencher. Nous venons de dire que près des sites miniers étaient quelques emplacements mortuaires… Ceci signifie donc qu’on a pu y trouver des tombes ou au moins des débris significatifs et suffisants pour cette hypothèse des plus hardies. Elle est hardie notre hypothèse, nous en convenons avec nos sympathiques grincheux de service, et pourrait rester lettre morte au plus grand soulagement de tous. Oui, mais voilà que nous sommes à présent en possession de certains éléments pouvant être mis à la disposition de nos visiteurs.

Au sein du roncier… le sommet d’une tombe

Il s’agit, en vérité, de petites découvertes faites par l’équipe de chercheurs anonymes, tous indépendants de notre Société Périllos, lors de certaines prospections de terrain à la recherches des points miniers. C’est sur un des plus importants sites qu’ils finirent par retrouver, que dans d’épais taillis impénétrables, des vestiges d’empierrements retiennent soudainement toute leur attention. Afin d’en avoir le cœur net, nos explorateurs décident de réduire l’inextricable roncier qui leur fait face. Au bout de plusieurs heures le végétal perd assez de terrain pour laisser apercevoir des empilements de pierres ou, plutôt, des sortes de tas pouvant avec un œil exercé signaler de petits tumulis parmi ce qui peut être considéré comme des écroulements de murs épais et bas. Ces derniers vestiges sont identiques à ceux retrouvés à l’une des extrémités du plateau de Salveterra, à peu de distance du château. Ces restes misérables de murailles apparaissent appareillés sans lien ce qui expliquerait, sans doute, leur effondrement sur toute les longueurs présentes. A ce triste décor s’ajoute le fait que le niveau de terre naturelle, lors des faits, se trouve à plusieurs dizaines de centimètres de ce qu’il dut être à l’origine des empierrements. Dans le but de pouvoir tirer une série de croquis d’état des lieux, les chercheurs tentent de descendre le long d’un tas de pierre afin de réunir des esquisses permettant d’en comprendre l’appareillage.
A près de quarante centimètres de gravats informels, ils se retrouvent au niveau d’une série de dalles planes posées à même le sol. Cette présentation leur inspire un dallage sommaire tel qu’on pourrait l’imaginer dans une écurie ou une bergerie du type de celles, innombrables sur ce secteur de territoire abandonné. Ces dalles, cependant trop grossières pour être des éléments d’un dallage même rudimentaire, subissent alors un dégagement de leur périmètre laissant apparaître un alignement d’un peu moins de deux mètres de long. La coupe transversale de ces éléments laisse voir une légère déclivité sur deux côté en forme de ‘V’ très aplati d’environ vingt centimètres de haut au centre pour finir à dix, à leurs extrémités de part et d’autre. Essayant d’en tester, par tapotements, la stabilité il s’avère que ces pierres rendent toutes un son quasiment creux. L’expérience eut, sur l'une d’elles presque déchaussée et fendue en de multiples endroits, pour effet de la faire glisser, dans un creux sous elle, laissant deviner un vide béant mais guère profond. Celui-ci se prolonge tout au long de cette rangée de dalles qui forment en réalité la totalité d’un couvercle en plusieurs morceaux d’une… sépulture.
L’appareillage, une fois nettoyé et remis en place, aucune fouille ne fut pratiqué sur cette tombe (comprenant encore des ossements humains laissés en place) visiblement de type wisigothe comme on en trouve d’autres en pleine campagne ou encore éventrée par le soc d’une charrue à défoncer les vignes. Le contraire eut été contraire à la législation qui n’oppose rien contre une découverte fortuite après un débroussaillage…

… et au fond d’une ‘marmite de ruissellement’


Cependant, la mise en propreté du petit périmètre permit de retrouver des alignements de murailles, effondrées mais rectilignes, encadrant un enclos aux dimensions modestes pouvant avoir été une nécropole de peu de tombes disposées sur un plateau proche de l’entrée de la mine comblée et enfouie avant les recherches. Des traces de calcination au niveau du sol ancien, peuvent correspondre à des foyers domestiques, mais certainement pas à ce qui peut rester de feux destinés au premier raffinement, même très sommaire, d’un minerai extrait de la minière. Au demeurant, ces traces de charbon de bois contiennent de vagues et informes tessons de poteries, de mauvaise qualité, montrant qu’elles avaient fini leur usage en éclatant sous la chaleur répétée des cuissons domestiques. Plus loin, à l’extrémité du petit enclos cimetière, la partie naturelle et plane dut finir par s’effondrer sous les pluies et les ravinements car on distingue facilement plusieurs ‘goulottes’ de ruissellement bien nettes et finissant dans de petits ravins de recueillement des eaux passagères.
Comme c’est souvent le cas, dans ce type de figure d’usure naturelle de terre calcaire et argileuse, un tas de vestiges emportés par les eaux orageuses finit son trajet dans ces ‘marmites’ formées en fin d’écoulement. C’est là que gisent souvent petits ossements animaux, cartouches de chasseur tout aussi indélicats que ces promeneurs ayant laissé à l’abandon les restes de casse-croûtes et de boissons… et forme, en le montrant, le triste niveau de saleté de nos semblables… Mais, plus bas, sous cette couche de détritus du genre humain, s’en trouvent d’autres toujours de notre race mais à des profondeurs en fonction des siècles et des siècles d’occupation des plateaux supérieurs. C’est ainsi qu’en d’autres endroits du vieux territoire de Périllos ont été retrouvés des outils en silex datant de nos plus lointains ancêtres.
Au fond de ces goulottes et ‘marmites’ nos chercheurs se sont attachés à recenser de nombreuses petites découvertes étonnantes. Une fois les immondices de leurs contemporains enlevés, sous d’épaisses et peu ragoutantes couches d’alluvion, ils remontèrent des témoignages bien plus intéressant pour estimer les époques d’occupation du site minier disposé, un peu plus haut, sur le plateau en amont du ruissellement.

Inventaire et surprise étonnante

Au niveau le plus profond, le nettoyage montre, sans doute, la plus ancienne trace de nos ancêtres médiévaux, bien avant celle retrouvée en dernier, tout au fond, mais en un très petit nombre des époques de la pierre taillée (deux petites pointes de flèche et grattoirs que nous montrons sur notre photo). Ces découvertes n’ont pas une grande valeur monétaire, mais certainement une bien plus grande sur le plan de la sensibilité et de l’émotion de retrouver ces vestiges, perdus pour tous, dans la boue et les déchets.
Il s’agit de nombreux petits objets qui, une fois soigneusement nettoyés, s’avèrent cette fois être en bronze, à l’exception de quelques boucles de fer, tous estimés des époques wisigothiques. Nous en donnons ici un inventaire sommaire et quelque peu incomplet.
- Des morceaux de belles fibules épaisses, délicatement décorées. Une particulièrement porte une petite rosace d’une finesse de moulage remarquable.
- Des clous de bronze qualifiés ‘ de menuiserie’ en raison de leur taille réduite et de leurs têtes.
- Le début d’une fusée de couteau et le bout métallique d’un fourreau pour ce dernier.
- Quelques éléments de parures probablement vestimentaires d’une belle finition de décor ‘boulé’.
- De curieux passants de ceintures en bronze (peu habituels) ainsi que des boucles et serrages. Un des passants est décoré de fil d’or du plus bel effet.
- Quelques autres gros décors, sans doute vestimentaires, en forme d’étoile à sept branches et un autre à quatre inscrites entre quatre ‘pétales’ circulaires montées sur une fleur de lys stylisée.
- Le chaton d’une bague à 9 perles de métal.
- Des bijoux, sans doute portés en pendeloque, dont un beau plaqué à l’or fin, circulaire perforé en son centre, et dont le disque, divisé en huit parties, est porté par une tige figurant un petit couteau en relief.
- Plusieurs éléments de décor indéfinissable mais remarquable car recouvert d’or… (Ceux-ci n’ont pas été trop nettoyés afin de ne pas en abimer la fragile apparente dorure).
- Un lot de pièces de monnaies pour la plupart rendues illisibles par leur long séjour dans la terre.
- Un dé à coudre ‘piqueté’ en bronze. Si cet objet n’a rien de bien extraordinaire, il faut toutefois signaler qu’il a été manifestement plié et aplati par martelage. L’expert, ayant vu ces objets (et datés), nous explique que ce genre de chose était fréquemment faite afin que l’objet suive son, ou sa, ‘propriétaire’ dans la tombe. Il devenait ainsi une forme d’offrande rituelle et funéraire, à l’image des outils domestiques ou artisanaux propres à ceux qui les utilisaient et les emportaient dans leur voyage vers le royaume des morts.

Des épingles pour les morts…

Enfin, nous avons gardé pour ‘la bonne bouche’ plusieurs fragiles et fins objets de petites dimensions (3 x 1 cm).
Il s’agit, comme on peut le voir sur la photo, d’une sorte de boucle aplatie, très largement ouverte et vide sur la partie basse et dont les deux extrémités se finissent en pointe piquante et fine. L’une d’elles est orné d’un délicat entrelas.
Ces éléments ne semblaient pas avoir une fonction bien évidente à nos yeux. C’est encore le même expert qui nous a expliqué l’usage de ces pièces de bronze d’une finesse remarquable.
Il s’agit, en vérité, d’épingles à usage mortuaire. A ces époques la dépouille est déposée, pour son ultime voyage, dans un linceul ou encore entourée d’une large bande dans le style des bandelettes de momie… toutes proportions de tailles gardées évidemment. Ce sont ces sortes d’épingles qui finissaient de tenir fermé solidement, soit l’extrémité de la bande, soit les derniers coins rassemblés du drap mortuaire. C’était un peu ce que nous appellerions aujourd’hui, une épingle de nourrice. Le fait qu’on ait retrouvé ici ce genre d’ustensile, destiné aux trépassés, montre à l’évidence que nous sommes bien sur un sanctuaire des époques wisigothes. Quant aux autres petits objets, retrouvés dans la ‘marmite de ruissellement’, s’ils côtoient intimement ceux à l’usage des morts ils n’en sont pas moins les témoins évidents d’une vie sédentaire de la même époque. De plus, le fait que de nombreux de ces vestiges soient des ornements de parure, ou bijoux, on en soulignera l’aspect raffiné voire luxueux en raison des dorures à l’or sur plusieurs d’entre eux… montre que la population qui vécut ici, on ne sait combien de temps, n’était pas composée de pauvres ouvriers, bergers ou agriculteurs, mais bien de maîtres ou importants dignitaires!
S’il n’y eut jamais dans ce secteur de vestiges, retrouvé et donc avéré, d’un modeste domaine agricole et domestique, se pose le problème d’une occupation aisée sur un point où rien ne le justifie vraiment.

Question récurrente

Ceci repose la question d’une très ancienne présence ponctuelle au même endroit qu’où se trouvent des ouvertures de mines peu importantes… à moins bien entendu que ces ouvertures soient destinées à aller vers autre chose que du minerai de n’importe quoi… Une autre terrible chose qui, elle, serait nettement plus importante que quelques kilogrammes de métal quelconque à l’état natif. Cette remarque, nous ramenant à présent à la fin de notre boucle et à notre point de recherche initial, ouvre et pose la question de savoir si ces ‘minières’ n’auraient pas pu être des sites d’accès ou d’approches vers d’autres richesses, même et surtout si celles-ci sont spirituelles et tellement plus importantes que celles naturelles ou minérales ? Cette importance pourrait nous rapprocher de la localisation inopinée, et involontaire, près d’une des trois sites miniers, d’une tombe juive souterraine, abritant une dépouille féminine, même si cette dernière sépulture risque d’être, elle, d’époque antique.
C’est ce que nous pensons finir par découvrir au fil de nos recherches des sites prétendus miniers des antiques terres de Périllos… en Roussillon.

A suivre… Des croix calvaires arrachées
pour un domaine minier fantôme

André Douzet

NB. Si nous tenons à remercier le petit groupe de chercheurs, qui voulut bien nous tenir informé de leurs découvertes sur le terrain, nous tenons à préciser qu’aucun des participants n’est membre de la SP… et que les découvertes citées ici sont toutes fortuites. Néanmoins il est utile de rappeler, à tous et toutes, que l’usage du détecteur de métaux est interdit par la loi sans autorisation de l’autorité compétente… tout comme la moindre fouille clandestine.
De plus le lecteur ne trouvera pas dans ce texte de quoi localiser formellement nos sites et la découverte (photos des extérieurs et coordonnées ‘GPS’. Pour plus d’infos nous contacter directement à notre adresse personnelle). Ceci est volontairement fait par mesure de prudence, que tous comprendront parfaitement, afin d’éviter de susciter trop de vocation de pillard ou de pirate… et voir certains lieux dévaster au détecteur à métaux, à coup de râteau ou approprié par on ne sait qui.