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| Notre-Dame de Marceille & Rennes-le-Château |
La
voie d’accès au site est la route départementale. Cependant
il existe un chemin arrivant de Limoux prenant, à l’approche
du plateau, l’apparence d’une voie sacrée. C’était
le cheminement, pavé de galets de l’Aude, traditionnellement
emprunté autrefois.
Pratiquement à l’issue de cette montée se trouve la
source miraculeuse pour les maux d’yeux. Près de la source
se trouve le monument dédié à G. Vison.
Souvent le long de ce cheminement escarpé les pèlerins finissaient
leur périple dans des conditions mortifiantes, à genoux par
exemple.
A l’extérieur jouxtant l’église, à gauche
sur l’esplanade, se trouvent les bâtiments annexes et jardins
privatifs des Pères lazaristes dont une Mission est toujours en activité.
Nous sommes, maintenant, à l’entrée de l’église
dont le porche réclame notre attention. On y remarque, sur le meneau
central des 2 portails, une vierge portant l’enfant Jésus,
l’ensemble polychrome est heureusement restauré dans son état
primitif. Les vieux battants d’entrée, en épais bois
massif, sont remarquables par leurs frises de rouelles symboliques ainsi
que leurs pênes de fer forgé, dont celui de gauche représente
la gueule d’une sorte de dragon très suggestif à l’entrée
des lieux.
L’intérieur du bâtiment est révélateur
d’une accumulation d’éléments propices à
l’idéal d’un pèlerinage très populaire.
Une multitude d’ex-votos témoignent toujours d’une foi
phénoménale en l’intervention de la Vierge Noire de
N.-D. de Marceille.
Sur le côté opposé à l’entrée, dans
la nef, se trouvait un puits aux eaux également réputées
miraculeuses renforçant, s’il le fallait encore, la foi des
fidèles.
C’est vers le sanctuaire, à la gauche de la nef que se trouve
la chapelle consacrée à la Vierge miraculeuse, elle-même
à l’origine de l’église de Notre-Dame.
La
Vierge Noire
Maintenant
voyons la description de la statue selon l’expertise du 15 août
1912 demandée par Mgr de Beauséjour, évêque de
Carcassonne:
« Nous avons voulu étudier cette statue, sans le manteau doré
qui l’enveloppe, afin de l’identifier aussi sûrement qu’il
est possible . Nous nous sommes entouré des lumières des juges
les plus compétents et nous croyons pouvoir affirmer qu’elle
remonte au onzième ou au douzième siècle.
C’est une vierge de bois (hauteur 55cm hors socle) assise sur un faudesteuil,
dont il ne reste que des débris. Elle porte une robe longue, que
recouvre un ample manteau, dont le collet est retenu et fermé par
une agrafe arrondie. La tête de la vierge est surmontée d’un
cercle de bois, base circulaire d’une couronne, dont les fleurons
ont disparu. Cette couronne retient un voile qui tombe sur les épaules
de la vierge, et qui recouvre la partie supérieure du manteau. La
Mère, de son bras gauche, tient assis sur ses genoux l’enfant
Jésus, dont les mains mutilées devaient tenir un objet aujourd’hui
vermoulu, peut-être un oiseau, comme cela se rencontre souvent.
Les plis de la robe, la forme pointue des sandales, la présence de
la couronne, celle du voile qui s’en détache, l’attitude
et l’aspect général de la statue, tout l’indique,
malgré les nombreuses mutilations et de graves injures du temps,
une vierge de l’époque que nous avons indiquée. »
«
La vraie Langue Celtique et le Cromleck de Rennes-les-Bains »
Dans
un premier temps nous allons tenter de souligner les liens et personnages
connus pouvant relier par leur action les sites de Notre-Dame de Marceille,
Rennes-le-Château et Rennes-les-Bains.
Henri Boudet
En premier lieu citons celui qui, sans le montrer ouvertement, semblait
avoir de nombreux éléments concernant le site de N.D.de Marceille:
l’abbé Boudet.
Ce dernier surgit curieusement dans cette recherche par le biais de son
célèbre ouvrage, de 1886, ‘La vraie langue Celtique
et le Cromleck de Rennes-les-Bains’… C’est un curieux
livre qui est, rappelons-le, une pièce incontournable dans l’énigme
de Rennes-le-Château.
Remarquons que l’abbé Boudet, dans ses travaux, est un des
rares auteurs, pour ne pas dire le seul, à insister formellement
sur l’étymologie de ‘Marsilla’ et ses différents
‘jeux de mots’, travaux repris par Th. Lasserre .
La
belle « Histoire du pèlerinage de Notre-Dame de Marceille »
L’abbé
J.Th. Lasserre, dans son ‘Histoire du pèlerinage de N.D.dM.’,
cite à de si nombreuses reprises l’abbé Boudet, en source
de références, qu’on finit par se demander si Boudet
ne détenait pas plus d’informations sur NDdM que Lasserre pourtant
spécialiste en la matière.
D’ailleurs à ce propos la lecture du travail de l’abbé
Lasserre, lorsqu’il cite élogieusement Boudet, permet de comprendre
(avec surprise !) qu’il détient un autre texte sensiblement
différent de celui que nous connaissons tous grâce aux multiples
rééditions de la ‘Langue Celtique’. S’agirait-il
d’un premier ou d’un autre manuscrit finalement laissé
pour compte par Boudet et dont il aurait pu donner connaissance à
son collègue Lasserre? Cette évidence permet-elle aussi de
supposer qu’une autre composition, de ce même ouvrage, aurait
existé pour un nombre très restreint d’intimes, sinon
comment expliquer ces différences ?
N’oublions pas aussi qu’à cette époque ‘l’affaire
RLC’, pas encore révélée, est seulement connue
de quelques personnages, religieux pour la plupart.
Il est étrange que Lasserre fasse de longues descriptions qui n’ont
aucun rapport avec l’historique de Notre-Dame de Marceille…
mais de très étroits liens avec une étude relative
à R.L.C., R.L.B., Alet, Arques, pour ne citer que ces communes très
connues.
Les
‘détails’ de Lasserre
Cap
de l’homme et menhir
Pour exemples : Lasserre mentionne (page 11) les ‘travaux’ du
premier évêque de Narbonne, St Paul-Serge, qui envoya ses prêtres
« graver des croix grecques que l’on voit encore sur les menhirs
qui composent le cercle du Cromleck de Rennes-les’Bains. En face du
temple païen converti en Eglise et au sommet de la montagne ouest,
nous avons vu sculptée sur un menhir le’Cap de l’Home’
par excellence, c’est à dire une belle tête de Sauveur
regardant la vallée et dominant tous les monuments celtiques. »
et ensuite « Au levant d’Alet-sur-Aude, près du villarium
ou hameau de Saint-Salvaire, où était bâti le vieil
Alet celtique, d’après la tradition locale, on trouve un menhir
surmonté d’une croix de fer qui est l’objet d’un
respect particulier. »
D’abord ces textes sont totalement hors sujet avec N.D.de Marceille.
Ensuite le premier
exemple
souligne que le lieu ‘Cap de l’Homme’ serait en vérité
un jeu de mot sur ‘CAP’, puis sur ‘HOME’ et ‘HOMME’…
‘Cap’ serait-il, plus qu’un lieu géographique,
le franchissement d’un état, d’un moment crucial ? ‘Home’
étant le foyer il s’agirait en vérité de la phrase
‘cap’ du ‘foyer’ : ‘moment du foyer’
ou ‘changement de foyer’… D’accord… mais quel
moment de quel foyer? On peut se demander pourquoi l’abbé Lasserre
fait cet aparté sur un complet hors propos…
Au demeurant ces détails fort intéressants sur un plan d’archéologie
régionale, montrent peut-être que l’intérêt
est double et doit impérativement passer par ce système de
croix, de tête, ou de mystère ?
Substitution
merveilleuse
Puis Lasserre explique que « l’Eglise mit du temps à
opérer cette merveilleuse substitution »… sur un événement
qui se serait passeé vers 396… La phrase est laconique, sans
explications, même brièves, de quoi il s’agissait. Nous
ne saurons jamais de quelle substitution il s’agissait ni en quoi
elle fut longue pour l’Eglise.
Une
eau lustrale ?
Puis il est question, sans qu’on ne puisse bien comprendre pourquoi,
des Anglo-Saxons, Belges, Espagnols et Romains, d’une ‘Eau-Lustrale,
du culte du vrai Dieu, et pour finir du ‘vrai prortrait’ de
Jésus envoyé à Rome par le gouverneur romain Publius
Lentulus… Il faut bien admettre que tout ce chapitre , des pages 10
à 22 du livre de Lasserre, n’a pas grand chose à voir
avec Notre-Dame de Marceille… mais entrerait tout à fait dans
le puzzle de l’affaire de RLC ou de Boudet !
Un
riche dépôt
- En page 17 il est question d’un aspect assez obscur dans l’histoire
du village de Rennes-le-Château et qui semble n’avoir également
aucun rapport avec celle de Notre-Dame de Marceille.
Il s’agit d’un épisode peu connu, brièvement résumé,
qui pourrait soulever bien de nouvelles recherches concernant cette affaire
: « Ainsi fut soustrait à la rage des musulmans ce riche dépôt,
et à la connaissance de ce fait fut emporté dans l’exil
par les ministres fidèles, ou descendit avec eux dans la tombe. Dans
la suite des temps, un voile épais environna ce secret, car les invasions
des Maures recommençaient sans cesse et durèrent plus d’un
siècle. Pour éviter la persécution, les Archevêques
de Narbonne, affirme l’historien Marca, furent obligés de se
réfugier, pendant plus de cent ans, dans la forte cité de
Redda (aujourd’hui Rennes-le-Château). Cette ville était
la capitale du Comté de Razès ou Charlemagne, victorieux des
Maures, battit monnaie, et où il envoyait ses ‘Missi Dominici’
à l’instar d’une cité royale, comme le mentionne
Théodulfe, Evêque d’Orléans, dans son poème
consacré au récit de son voyage fait en Septimanie, l’an
798. (inde revisentes te, Carcassonna Reddasque, moenibus inferimus Nos
cito, Narbo, tuis) » Ce riche dépôt en question serait
celui de Notre-Dame de Marceille, selon l’abbé Lasserre ! Le
fameux lien longuement sous entendu pourrait se faire sur ce plan entre
les deux points sanctuaires : RLC et ND d M !
La
cache connue
- Page 20. Lasserre fait encore référence directe aux connaissances
de Boudet. Il écrit que celui-ci est affirmatif (page 279) quant
à la cache de la statue de ND de Marceille. Certes Boudet est curé
et peut donc prétendre avoir étudié la question religieusement.
Dans cette logique se serait admettre qu’il fut le seul à avoir
eu des informations que plus personne ne retrouvera jamais après
lui. De plus ses écrits sont axés sur RLB et RLC et non, répétons-le
une fois encore sur le site de Notre-Dame de Marceille.
A lire ces exemples, et il y en a d’autres, on ressent indéniablement,
de la part de l’abbé Lasserre pour son collègue Boudet,
une solide admiration, une amitié et une entière confiance
littéraire. A bien y réfléchir on pourrait même
parler d’une étroite complicité !
Mais ce n’est pas tout… passons à présent aux
autres personnages ayant eu une action à RLC.
E.
Cros !
- La dédicace du livre de Lasserre est faite, curieusement, par E.
CROS dont le nom apparaîtra à un moment bien précis
dans les écrits de Béranger Saunière, ainsi que dans
l’étude de la dalle funéraire de la Dame Nègre…
d’Hautpoul!!!!
E.CROS, lui, connaissait bien B. Saunière !
Antoine d’Hautpoul
- page 41 : nous trouvons en bonne place et bien soulignée
- l’événement funèbre d’un seigneur d’Hautpoul
: « en 1674, Antoine d’Hautpoul, seigneur de Rennes, natif de
ce
lieu, au diocèse d’Alet, blessé d’un coup de mousquet
à la mâchoire gauche, à la bataille de Holzen, en Alsace,
ordonna par son testament, que son corps fut inhumé dans l’Eglise
des Cordeliers de Limoux, et son cœur conservé à Notre-dame
de Marceille, léguant à la dite Eglise 2000 livres, pour deux
messes par semaine à perpétuité. » .
-Puis encore page 5 : « Pierre de Voisins, l’un de ses généraux,
eut pour apanage Limoux et le pays du Razès. Il releva son antique
capitale, la cité de Rennes avec son château-fort, dont les
Hautpoul, par des alliances, devinrent les seigneurs jusqu’en 1793
».
La
Comtesse de Chambord
Page 79 : Pratiquement toute cette page est consacrée à Madame
la Comtesse de Chambord. On y apprend que celle-ci, depuis son lointain
exil, s’intéressait avec son époux Henri V à
Notre-Dame de Marceille. Cet intérêt se manifestera par le
don d’une icône byzantine « ciselée ou gaufrée
dans l’argent et l’or, réhaussée de pierreries
» représentant la Vierge avec l’enfant sur son bras.
Le tout semble remonter à une époque très reculée
estimée par Lasserre au XVe siècle. Selon le vœu de la
Comtesse ce tableau ‘sous verre’ fut placé au-dessus
de la niche de la Vierge Noire ; il sera enlevé et fondu à
la Révolution… A cette page on apprend aussi que la Comtesse
de Chambord aurait eu connaissance du passé de l’église
de Marceille par son médecin, le docteur Carrière …
lui même cousin de Lasserre ! Certes, ceci expliquerait cela ! Pourtant
ce lien familier justifierait-il aussi que Madame la Comtesse de Chambord
saura se montrer si généreuse pour le bon abbé B. Saunière,
curé de Rennes-le-Château ?
Gethsémani
?
- Page 84 : Il est question de ‘l’Olivette’ de N.D.d M.
« Champ planté d’oliviers séculaires qui s’étend
au nord de l’Eglise. // Au milieu des oliviers au feuillage toujours
vert et symbolique, les pèlerins pourront se croire au jardin de
Gethsémani, près Jérusalem ». Admettons que ce
passage rappelle assez clairement une certaine maquette de l’abbé
B. Saunière sur laquelle apparaît magistralement le ‘Jardin
de Gethsémani’ ! ! !
Mgr
de Beauséjour
- Il nous manquait, dans ce jeu, la carte Monseigneur de Beauséjour…
il sera cité, lui, par l’ouvrage du R.P. Migault à la
page 19 de son ‘Notre-Dame de Marceille Limoux’ (1962).
- Au fil de ces observations on finirait par convenir que le monde est bien
minuscule dans certains domaines de l’histoire de cette formidable
région. A moins qu’il faille supposer un si petit nombre ‘d’acteurs’,
en ces matières, qu’on soit obligé de les réutiliser
à chaque nouvelle scène ? restons sérieux…
Le
savoir discret de l’abbé Lasserre
Certes
l’abbé Lasserre, prêtre d’Alet, devait savoir bien
des choses qui, hélas, disparaîtront au fil du temps. Pourtant,
de là à accorder une telle part hors sujet dans son ouvrage,
il y a une marge importante… qu’il franchit sans hésiter
comme si, pour lui, elle était non seulement logique mais tout à
fait dans le droit fil d’UNE histoire ayant plusieurs annexes dont
Notre-Dame de Marceille et les 2 ‘Rennes’ !
De plus ses références répétées, et valorisantes
pour Boudet et son livre, semblent à la longue être une sorte
de système mis pour attirer l’attention du lecteur attentif
sur d’autres éléments encore accessibles d’une
affaire qui visiblement reste dans un étroit milieu religieux…
et secret.