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Opoul
sous Périllos (2ème partie) - Au fil des villages sur le plateau de Salveterra |
Une
fois sur le plateau, le visiteur, le randonneur ou le chercheur trouve de
ponctuels chicots de murailles éparpillés qui sont autant
d’ultimes témoins de la vie active des hommes sur le plateau.
En parcourant ces vestiges, on ne peut qu’être certains d’occupations
sédentaires s’étant régulièrement succédées
au fil des siècles.
Le problème, lorsqu’on veut en savoir plus sur les premiers
occupants de l’endroit, est le même chaque fois que l’on
veut en apprendre un peu plus sur le passé de ce secteur. En effet,
le résultat en matière de documentation locale se résume
à… rien du tout ! Si la commune d’Opoul tente de s’enorgueillir
d’un château inexistant, par contre elle ne semble pas en mesure
de montrer la moindre chronologie historique ou le plus petit mobilier provenant
de son passé… Cependant, certes, les pauvres forces qu’elle
lance dans cette bataille contre les moulins à vent se situent comme
d’habitude dans une restauration voulue et prétendue à
l’identique… ce qui est totalement faux si on s’en remet
aux rares photographies du village, toutes en notre possession. En fin de
compte, on ne peut que se féliciter de ce manque d’intérêt
pour le passé du plateau, car on retrouverait facilement une rénovation
prétendue « à l’identique », montrant
sur des fondations, wisigothes ou du 14e siècle, une reprise anarchique
seulement issue de l’imaginaire contemporain de prétendus experts
en remontages de cailloux, se souciant aussi peu que possible des bâtiments
d’origine.
Sur le domaine de Salveterra, en excluant le château, on peut supposer
trois larges occupations, attestées par de nombreux vestiges. La
première partie serait celle englobant généralement
la Préhistoire et le début du Moyen-Âge. La seconde
serait des époques suivantes, soit les temps wisigoths, la dernière
correspondant à la fin de l’occupation sédentaire du
lieu de vie au 17e siècle.
Après cette époque, il n’y a plus de village constitué
et les derniers occupants errant encore sur cette lande finissent par descendre
eux aussi sur le village d’Opoul.
Les
romains s’installent sur d’antiques fondations
Si
nous affirmons cette découpe arbitraire, c’est en raison du
fait que nous disposons précisément de mobiliers découverts
fortuitement, apportés par des randonneurs ou autres. En voyant ce
qui fut mis à jour de manière imprévue, on imagine
sans peine les richesses archéologiques de ce site qui ne fut jamais
ni respecté ni étudié par les autochtones se réclamant
légitimes propriétaires de fait. Si en quantité innombrable
se trouvent les débris de tuileaux, ils permettent facilement, même
pour un profane, de vérifier que l’époque romaine eut
son temps, tout comme celle médiévale. Après de gros
éclats de briques, crues et cuites, de tuiles et pièces d’appareillages,
se succèdent en aussi grande quantité les tessons de poteries
à usages domestiques. Là encore, les gisements montrent d’eux
mêmes les points d’occupations pas toujours là où
on pouvait les attendre.
C’est ainsi qu’on peut trouver une concentration de tuileaux
et tessons romains en faible quantité sur le périmètre
fortifié et plus conséquente sur le versant de Périllos.
A mieux y regarder, on constate effectivement que la poterne secondaire
moyenâgeuse se superpose à une autre, antique, équipée
d’un tableau en très larges briques cuites. Il est donc tout
à fait recevable de supposer un simple poste d’observation,
à peine défendable, là où plus tard sera édifiée
la redoute définitive… et un autre, plus sérieusement
fortifié, défendant la seule poterne à cette époque,
au Nord. Considérant l’habitude romaine qui consiste à
reprendre à son compte les défenses antérieures, celto-ligures
par exemple, on peut ainsi savoir que le point sédentaire antique
ne se trouvait pas sur l’éperon sud, mais au-dessus de la poterne
nord. C’est d’ailleurs un peu plus près des remparts
primitifs que se trouve la remarquable citerne quasiment circulaire, divisée
en trois parties, sur laquelle nous reviendrons plus loin.
Très curieusement, c’est sur ce secteur que se situe le second
‘gisement’ de témoins des âges néolithiques,
alors que le premier se trouve à l’ouest près d’un
des avens du plateau. Sur ces secteurs ont été retrouvés
d’intéressants outils de silex et autres très anciens
tessons ‘à la ficelle’. On reste toutefois surpris de
ce choix d’emplacement de camp retranché situé à
l’opposé de la pointe sud… à moins, bien entendu,
que cette attirance ait été motivée, même pour
les romains, par des raisons symboliques… ce qui n’est pas impossible
quand on s’aperçoit de l’importance des points funéraires
concentrés sur le contrebas de cette orientation tournée vers
la Mourtre. Rappelons que ce lieu, montré sur la maquette de l’abbé
Saunière, est agrémenté de deux lieux funéraires
liés aux origines de la religion catholique.
Sur ces époques antiques, nous ne disposons, curieusement, de pratiquement
aucun document ou étude scientifique. Ce manque cruel atteste, de
la part des autorités et des élus locaux, d’un désintérêt
complet pour ce vénérable secteur.
Quant aux systèmes de défenses du plateau, ils sont similaires en ce qui concerne les deux poternes d’accès, montrant par là que ce qui était en place aux temps de la fin de l’Antiquité l’était toujours au Moyen-Âge. Ces méthodes simples et efficaces perdront leur avantage avec l’apparition de la poudre, de l’artillerie et des armes à feu… Le progrès est assurément plus rapide dans l’art de la destruction meurtrière que dans celui de la vie.
Détails
pour une défense rapprochée
Un
astucieux système est adopté pour ralentir considérablement,
voire décourager, une petite troupe pourtant décidée
à prendre la place d’assaut par le chemin d’accès
habituel. Ce dernier, arrivant d’abord de manière éloignée
du rempart, s’en rapproche sous la forme d’une rampe longeant
enfin le socle rocheux supportant la muraille. Au plus près de cette
dernière a été construite une première poterne
d’aspect puissant, faite pour résister assez longtemps à
l’assaillant en lui donnant une impression de grande résistance.
En fait, un simple assaut suffit pour faire tomber la barbacane et laisser,
sans plus de résistance, les assaillants s’engager dans un
enclos enserré entre la première poterne et une seconde toute
proche. L’espace entre les deux portes se transforme rapidement en
une sorte de nasse où les attaquants se trouvent pris en tenaille
aux pieds du mur aménagé en glacis. Depuis le haut de ce dernier,
les défenseurs projettent d’énormes pierres qui, en
rebondissant sur le pan coupé ‘glacé’, brisent
l’assaut sous ce tir meurtrier n’utilisant somme toute aucun
projectile fabriqué (flèches, lances et carreaux d’arbalètes).
On s’aperçoit très vite que l’architecte de guerre,
auteur de cette défense, utilise alors chaque détail naturel
des falaises afin de minimiser le risque des défenseurs (le tir de
bas en haut est difficile et peu efficace) bien protégés derrière
un haut rempart. L’usage de pierres vaguement dégrossies lancées
sur l’adversaire en contrebas ne coûte que peu d’effort
et aucune pièce d’arme. Cependant, ce n’est pas tout
car on observe que la montée vers les poternes est étroite
et tortueuse, faite de hautes marches sans aucun espace de repos en forme
de paliers. Ces détails insistent d’eux-mêmes sur le
fait qu’ainsi il est impossible de hisser, ou pousser, un engin du
type catapulte ou bélier pour enfoncer les poternes étroites.
Les hautes marches ont aussi pour effet de ralentir la montée des
guerriers empêtrés dans des harnachements lourds et pénibles.
Ces obstacles, d’apparence anodine, obligent à enfoncer les
fermetures à la hache ou par le feu, mettant ainsi les auteurs sous
le tir meurtrier des défenseurs situés en surplomb.
Accès
secondaire, citernes et dernier village
Une fois la seconde fermeture franchie, un sentier, autrefois plus large, nous amène sur la partie plane et sédentaire du plateau de Salveterra. De là, nous allons à gauche vers les ruines du château ou à droite vers les restes du dernier village et les citernes. De ce point, on se trouve au-dessus du second chemin d’accès en provenance de Périllos, cité dans la première partie de notre chapitre. Curieusement, ce dernier n’est pas connu et jamais précisé par les rares auteurs sur le lieu et son historique. Une fois de plus, nous voyons le lien vers Périllos passé sous silence, effacé ou carrément ignoré. Si ce comportement est quelque peu déplorable, nous pouvons en échange nous en féliciter car cette rampe d’accès est intacte dans sa structure et les équipements qui la protégeaient au moment d’arriver sous les défenses du plateau. De cet endroit, nous pouvons admirer les vestiges de tours de défense et ceux d’une barbacane parfaitement identifiables. C’est donc tout près du rempart défendant cet accès oublié que se situe la citerne du dernier village du 17e siècle. Habituellement, il est dit qu’à cet emplacement se trouvent trois réservoirs de grande capacité. En vérité, il ne s’agit pas là de trois citernes mais d’une seule dont les trois parties correspondent entre elles par des tuyauteries en terre cuite. L’ampleur et la forme (quasiment circulaire aux extrémités nord et sud) de cet équipement sont spectaculaires et ne peuvent se concevoir qu’une fois au fond des deux parties extérieures. Ce choix de figure géométrique s’expliquerait simplement par le fait qu’il permet une excellente répartition de la résistance de pression de l’eau, une fois les réserves pleines de leur 330 m3.
Origine
de l’eau des citernes selon messieurs Menétrier et Arribat
Cependant,
nous nous posons toujours la question de savoir comment l’eau était
acheminée jusque là, car il est évident que cette installation,
souterraine à l’origine, ne pouvait se remplir seule. Il reste
à supposer trois solutions immédiates.
La première est que les réservoirs étaient remplis
par la pluie et les écoulements de surface… ce qui n’est
guère plausible si on considère que les citernes, entièrement
closes, ne pouvaient rien recevoir de l’extérieur. C’est
cependant ce qu’affirment très sérieusement, en 1869,
M. Menétrier (agent voyer chef du département des Pyrénées
Orientales) et P. Arribat (architecte) en expliquant que la citerne est
seulement alimentée par « les 1680 m2 d’une
aire ou esplanade d’alimentation des citernes ». Monsieur l’architecte
ajoute encore, à ce propos, que « malgré les pertes
inévitables, on voit que l’aire était suffisante pour
les alimenter (les citernes !) ». Si la compétence de ces deux
experts du 19e siècle ne saurait être mise en doute, il nous
faut cependant nous demander où se trouve la fameuse ‘esplanade’,
en question dans ce document, et surtout où on peut voir les canalisations
conduisant l’eau de cette aire jusqu’aux citernes ! A cela,
comme nous ne trouvons ni réponse ni vestiges sur le propos, on peut
opposer un doute prudent.
Pas
le moindre tuyau sur la question !
La seconde voudrait que l’eau arrive depuis des drains de surface, récupérant aussi au passage les eaux pluviales des toitures, jusqu’au réservoir général. Si cette solution est sans doute la mieux adaptée, elle s’effondre pour l’instant, faute de retrouver, depuis le fond des citernes, des conduites d’eau arrivant de la surface. De plus, sur le terrain nous retrouverions des traces de caniveaux enterrés, ce qui n’est pas le cas car rien, pas même l’infrarouge, ne révèle l’existence d’un tel réseau. Enfin, puisque les citernes existent, il faut bien en admettre l’usage régulier, donc une alimentation continue et suffisante pour l’usage d’un petit village.
L’eau
de ‘sous terre’
Face
aux deux premières incohérences, il nous reste une troisième
solution qui s’inspirerait d’un phénomène hydraulique
naturel répété sur ce secteur, et plus particulièrement
sur les terres de Périllos. En effet, nous constatons la présence
de nombreux puits et points d’eau. Si certains de ces derniers sont
assez profonds, il en est d’autres assez élevés. Parmi
ceux-ci, on trouve au moins quatre ‘fontaines’ ceinturant le
plateau, au plus près, comme le montre le relevé de 1869.
Nous devons aussi considérer que le substrat du plateau regorge d’eau,
en quantité plus que considérable puisque c’est ici
que prend naissance l’ancien captage qui alimenta, durant des décennies,
le village d’Opoul en eau potable…
Certes, si ces ‘eaux vives’ s’écoulent librement
au pied du plateau, sans pompe il n’est pas des plus faciles de faire
monter l’eau jusqu’aux citernes… Cependant, nous pouvons
faire un constat à la fois géologique et minéral des
plus curieux. Si nous reprenons le Roc du Roudoun, nous pouvons y voir une
ancienne citerne quasiment à son sommet. Cette eau, nous le savons
par la mémoire locale, ne provenait pas de ruissellements périphériques
mais bien d’une puissante ‘remontée’ en pression
jusqu’à cette cavité naturelle au demeurant sans doute
creusée par l’eau elle-même, il y a des milliers d’années.
Si cela ne saurait être mis en doute, il y a cependant encore un autre
constat facile à vérifier. On peut regarder, de la route allant
vers le hameau de l’Oriole, le paysage embrassant à la fois
le bord ouest du plateau de Salveterra et le Roudoun. On s’aperçoit,
à l’évidence, que ce colossal bloc rocheux servant de
point de base à la maquette de Saunière, était partie
intégrante du plateau et s’en est détaché naturellement
aux moments des apocalyptiques convulsions formant le paysage minéral
d’origine.
On peut donc logiquement supposer que si naturellement il y a de l’eau
au sommet du Roudoun, et sans chercher à savoir d’où
elle provient, il peut y en avoir également sous le plateau à
la même hauteur… Cette réflexion se confirmerait ensuite
avec les niveaux d’altitude, plus élevés, des puisards
vers Périllos, près de la Caune par exemple, ou plus proche
encore. En raison de la formation du sous-sol local, il y a lieu de supposer
que les eaux du sous-sol puissent remonter jusqu’au plateau par pression
naturelle et jusqu’à une prise native pouvant alimenter ainsi
les citernes. Cette hypothèse pourrait de plus se vérifier
par l’état de la terre dans les gravats des bassins en été.
A cette saison, la sévère sècheresse caractérisée
dans cette région devrait montrer un terrain extrêmement sec.
Au fond de ces réserves d’eau quasiment emplies de terre, cette
dernière reste humide en plusieurs points précis… C’est
une étude qui demanderait plusieurs sondages sur site, ce qui, étant
donnée la politique communale, semble certainement envisageable aux
calendes grecques ! Quant à nous, nous reprendrons le thème
des eaux souterraines à propos de Périllos dans un très
prochain travail.

En attendant, nous estimons devoir recommander, à toute personne se rendant sur les lieux, la plus grande prudence à l’approche des vestiges en soubassement qui ne sont ni signalés, ni balisés, ni protégés. Un seul ‘regard’ est protégé par une grille de fer et pour les autres c’est une question de chance... Le reste des ruines des citernes est laissé à l’abandon le plus complet et l’état croulant des brèches visibles peut être extrêmement dangereux pour des enfants, animaux domestiques ou simplement des promeneurs inattentifs et non prévenus… La municipalité, sans doute, porte toute son attention à remonter les ruines plus spectaculaires du village mort de Périllos au détriment d’autres mémoires de pierres, comme celles du plateau, moins accessibles ou immédiatement tapageuses, attirantes et touristiques…
Trois
villages sur un plateau
Une fois le point d’eau retrouvé, il reste à localiser les ruines des habitations de Salveterra. Ces dernières se résument à quelques alignements facilement confondus avec des murets qui sont en réalité les derniers souvenirs d’appareillages bien maçonnés rappelant qu’ici s’élevaient les trois villages qui se succédèrent sur le plateau de Salveterra.
L’Homme
du bronze
Les plus anciennes traces constituées en habitations de l’homme se trouvent près de ce qui deviendra « l’esplanade des citernes ». Peut-être en raison de ces remontées naturelles d’eau -indispensable à toute vie-, un premier groupe d’individus, considérant l’endroit choisi des dieux, s’installa-t-il ici en donnant naissance au premier point sédentaire. Soulignons également, sur ce registre, que dans cette orientation furent regroupées, depuis les origines de l’Homme (puisque notre S.P. en sait d’anciennes de presque 45.000 ans), différentes nécropoles jusqu’aux deux dernières, et plus importantes de l’Antiquité, désignées sur la maquette de l’abbé Saunière, curé de Rennes-le-Château. De ce premier site sédentarisé, échappant quasiment à la vue du promeneur, il ne reste que deux fonds de foyers ayant rendu un mobilier de l’âge du bronze et quelques ossements.
Fouilles
muettes sur le hameau wisigoth
Le
second point de vie, situé cette fois sur la zone ouest du plateau,
remonte aux époques wisigothes. On le trouve longeant le mur de rempart
à vue du Roc Roudoun. Ici, les fonds de cabanes de l’Antiquité
donnent place à des constructions structurées en bâtiments
dignes de ce nom. En effet, le visiteur venant dans ce secteur apercevra
des fondations rectilignes et maçonnées, dessinant les éléments
d’un petit hameau ou d’une exploitation organisée.
Cette fois, nous savons que nos archéologues et scientifiques se
penchèrent sur ce lieu mais de curieuse façon. Si l’exercice
était espéré, c’est pourtant dans la discrétion
(pour ne pas dire clandestinité) la plus totale que se déroulèrent
ces travaux, il y a près de cinq ou six ans. Aucun geste médiatique
d’envergure sur ce chantier, ni la moindre annonce sur cette action
qui pourtant aurait pu apporter bien des éléments nouveaux
sur la question. Cet effet d’incognito s’accentua avec le comportement
des chercheurs qui arrivaient au plus tôt le matin et s’en allaient
de la même façon comme s’ils étaient atteints
de timidité maladive… ou animés d’une sorte de
discrétion poussée à son paroxysme. Dans ce cas, on
peut se demander ce qui pouvait bien motiver ou justifier ce comportement
pour le moins curieux. Il nous fallut nous lever bien tôt, un matin
d’été, pour pouvoir rencontrer les trois ou quatre scientifiques
affairés sur le site en surplomb du Roc Roudoun. Certes, s’il
n’y a pas de quoi chanter fort sur un site archéologique, rien
non plus n’y impose un silence religieux ni… une lunette de
visée. L’impression ressortant de cette scène, à
la limite du mirage silencieux, permettait de nous demander si ces travaux,
de si peu d’envergure, ne prétextaient pas la présence
de ces personnes mandatées en ce lieu, et non l’inverse comme
on pouvait s’y attendre.
Trois fonds de constructions ont été dégagées
et soit disant ‘fouillées’… et ce fut tout, car
un beau matin, plus personne ne revint jamais pour poursuivre ce minuscule
chantier sur lequel un silence pesant venait de s’abattre, en même
temps que quelques bâches de plastique sur les mises à jour
effectuées. A moins précisément que ce ne fusse pas
tout, et que ce qui était à identifier l’ait été…
rendant ainsi caduque le prétexte d’un chantier dont seul l’emplacement
était primordial pour on ne saurait qui, ou quel motif. Il est évident
que, si cette hypothèse devenait considérable, elle engagerait
la responsabilité d’une autorité couvrant officiellement
l’opération et qui deviendrait, par conséquence, complice
ou partie prenante dans une recherche dont tous doivent ignorer l’existence
mais surtout les résultats. C’est, en tous cas, ce qui s’est
produit au moment des faits. Nous avions, à cette époque,
une relation des plus chaleureuses et confiantes avec monsieur le passé
maire… Les choses changèrent radicalement avec l’insolite
arrivée de son remplaçant dans l’urgence. Sans véritables
raisons, donc sans doute après de puissantes pressions locales, celui-ci
s’inclina et, en nous menaçant des pires maux et violences
physiques, s’opposa sans autre procès à nos recherches
sur Périllos. Il va sans dire, et nous l’avons prouvé
depuis le temps, que ces menaces, illégales sur plus d’un point,
n’eurent aucun effet sur nos travaux qui ne se sont jamais si bien
portés qu’après l’incident. Ainsi, le passé
maire nous avait personnellement informés de ces travaux archéologiques
sur le plateau alors que tous les ignoraient. A la fin de cette mission,
il nous fit encore personnellement part de sa surprise de ne jamais avoir
reçu le moindre compte rendu de fouille ni n’avoir jamais pu
voir le moindre vestige remonté au cours de ces travaux… sur
le territoire de sa commune. Ce manque crucial d’informations élémentaires
ne fait qu’épaissir, un peu plus, l’ombre que ces messieurs
tentent de supprimer par tous les moyens dont ils disposent, et ce ne peut
qu’en être plus intéressant et intriguant pour nous.
Ombre
discrète sur des vestiges wisigoths oubliés
Il
va sans dire que l’emplacement de ce site wisigoth pourrait bien être
des plus significatifs en raison de son surplomb sur le Roudoun, et sur
la surveillance du chemin desservant, depuis ce roc, deux sites dont un
désigné ‘royal et sacré’ (Document notarié
Courtade du 17e siècle) situé par la maquette de Saunière.
De ces époques, souvent troubles, il ne reste donc que les soubassements
de quelques constructions blotties près du premier rempart ouest.
A cet emplacement, on trouve, en parfait état, une meurtrière
qui, par le plus pur des hasards évidemment, s’axe en visée
sur le Roc Roudoun. A ces défenses, nous ajoutons une partie des
fondements des murs primitifs de douve du château de Salveterra. Ces
témoignages, peu discutables, montrent à l’évidence
que le hameau dépendait déjà d’un emplacement
fortifié dont on ne trouve que peu de traces dans les archives régionales
ou ailleurs. C’est toujours dans ce secteur ouest du plateau que se
trouvent d’autres petites curiosités qui, le plus naturellement
possible, échappèrent aux scientifiques de service sur le
site… Décidément, l’habitude de tout laisser passer
à la trappe devient une seconde nature à ce niveau officiel
de l’affaire qui nous intéresse. Près de quelques autres
fondations et pierres de taille, dont une a pu facilement servir de table
d’autel, se trouvent une autre citerne et les restes d’un four
dont il n’est jamais fait mention.
Ce réservoir, bien que de taille plus modeste que ses grands frères
du plateau et du fort, présente toutefois un bel appareillage sur
lequel se voient encore les traces d’enduit étanche et celles
d’un système à coffrage perdu, habituel à cette
époque (le coffrage était brûlé à l’intérieur
du local dont il avait assuré la construction). Toujours dans ce
secteur, mais un peu plus en direction du centre du plateau, nous avons,
lors de nos travaux de localisation rapprochée, retrouvé un
bloc, parfaitement taillé, enterré et orné de quelques
lettres d’une écriture peu connue (peut-être hébraïque
?). La forme et l’emplacement de cette superbe pierre ont tout lieu
de nous laisser supposer qu’elle ait parfaitement rempli la fonction
d’obstruer un orifice permettant sans doute d’accéder
à un local souterrain totalement insoupçonnable. Il va sans
dire que cette localisation ne sera pas donnée, en raison des exactions
qui ne manqueraient pas d’avoir lieu sur ce site. Nos expériences
passées nous ont malheureusement montré que la confiance,
trahie en la matière, ne payait jamais et, pire encore, nous desservait
en permettant à certains dévastateurs, qui se reconnaîtront
ici, de tout saccager… quitte ensuite à laisser lâchement
mettre à notre compte leurs actes de pillages ou leurs pitoyables
tentatives.
«
On détruit et on efface ! »
Avant
de quitter ce second emplacement de hameau sédentaire sur le plateau,
nous ne pouvons passer sous silence une autre ancienne découverte.
Certes, cette dernière se place en contrebas du plateau, approximativement
dans l’alignement des constructions wisigothes. Cette mise à
jour remontant au tout début du XXe siècle, peu de personnes
à présent se souviennent de l’événement
et de son secteur. Nous avons pu savoir qu’il avait été
trouvé, fortuitement, une cache naturelle contenant de nombreux ossements
ainsi qu’un mobilier entier et brisé. Il semble bien qu’alors
les autorités aient été informées… évidemment
sans le moindre résultat, ou même une réponse en forme
de politesse élémentaire. En échange de ce comportement,
pour le moins peu compréhensible, il est évident que nous
ne donnerons aucun élément permettant de remonter aux origines
de cette découverte, ni la moindre information de ce qui reste de
cette remise à jour. Cependant, cette dernière montre, une
fois de plus, une concentration de vestiges de ce qui fut indéniablement
le passé de l’Homme… car, si les poteries sont forcément
issues du travail humain, l’empilage d’ossements en est un autre
témoin des moins habituels en la matière. On imagine ce qu’une
telle découverte pourrait apporter aux chercheurs scientifiques de
cette région si les autorités voulaient, un tant soit peu,
s’intéresser à leur passé au lieu de remonter
quelques bâtiments qui d’ailleurs ne sauraient être habités…
du moins si la législation n’est pas une autre fois défiée
et adaptée au desiderata de quelques mandarins locaux d’opérette.
Toujours est-il que quelques temps plus tard, notre témoin, revenant
sur les lieux de sa mise à jour, se retrouve devant un gisement entièrement
dévasté et pillé. Certes, il n’est pas ici dans
notre intention de soupçonner quoi que ce soit, mais comme seuls
les services compétents ont été informés de
cet emplacement quasiment impossible à localiser, on est en mesure
de se poser des questions… qui resteront sans doute à jamais
sans réponse. Peut-être d’ailleurs vaut-il mieux ne pas
connaître une vérité qui pourrait nous paraître
incroyable. Incroyable oui, car nous savons qu’une autre découverte,
certes plus modeste, eut aussi lieu sur ce secteur. La personne ayant trouvé
quelques vestiges des plus anciens les remet, confiante, au scientifique
compétent qui les lui réclame. Il y a de cela plusieurs décennies
et, depuis, cet ‘inventeur’ (terme pour celui qui découvre
un gisement) attend encore qu’on lui donne une explication ou mieux
encore qu’on lui restitue sa découverte. Il semble malheureusement
que son attente s’éternise fâcheusement à n’en
plus finir. Sans doute cette petite découverte des plus insolites
et rares doit-elle, à ce jour, ne pas être perdue pour tout
le monde et en bonne place dans quelque vitrine… privée.
Des
failles de bas en haut…
Du bas du plateau, nous remontons à sa surface. Et, puisqu’il était question d’aven aménagé en cache ou sanctuaire, il nous faut bien reconnaître que le lieu en recèle plus d’un. Nous nous en tiendrons d’abord au plus facilement repérable que nous pensions porter à l’attention des curieux en raison du fait qu’il nous semblait encore ouvert. Le trou, situé entre les ruines du château et l’ancien hameau wisigoth, se signalait par les quelques seuls pauvres arbres poussant péniblement sur le plateau. Il s’agit ici d’une sorte de chaotique cuvette minérale qui finissait naturellement aux lèvres de l’ouverture. Ayant voulu vérifier ces jours-ci l’état du lieu, nous avons eu la désagréable surprise de constater que tout avait été comblé de façon efficace. Certes, cet orifice pouvait représenter un danger pour des enfants, des randonneurs imprudents ou des animaux et peut-être valait-il mieux que quelqu’un prenne l’initiative de mettre l’endroit en sécurité de manière expéditive… Nous ajoutons simplement qu’autrefois, en jetant une pierre dans l’aven, on pouvait l’entendre tomber assez longuement pour imaginer la profondeur de ce puits naturel.
Une
cave, une glacière et… un carré magique !
En
échange de cet orifice encore béant il y a quelques années,
les deux autres furent obstrués vers 1950, pour d’obscures
raisons vu qu’ils ne représentaient aucun danger… Il
est vrai que l’un deux ouvrait dans le château lui-même
et qu’il fut peut-être comblé par l’effondrement
d’un mur chancelant de la forteresse se désagrégeant
fortement à cette époque.
On sait, grâce au travail de Menétrier (Agent Voyer Chef des
Pyrénées Orientales en 1869) que l’aven de la forteresse
figure près de l’oratoire St Sauveur (patron de la redoute)
comme une sorte de « cave, glacière ou poudrière »
pour une garnison trop heureuse de profiter de cette seule cavité
naturelle sur le site pour ses besoins d’intendance.
Si l’usage opportun de cette faveur minérale est des plus logiques,
l’insolite se situe pour nous dans le fait que l’antre soit
signalé par la gravure inexpliquée d’un… carré
magique fondé sur le chiffre 4. L’intéressante gravure,
quasiment unique à notre connaissance pour la région, a de
quoi étonner quelque peu. En effet, on serait en droit d’attendre
une rigueur toute militaire en ce qui concerne la signalisation d’un
local à usage de la garnison… et non de trouver ce genre d’énigme
intellectuelle ou mathématique. Nous reviendrons plus tard sur une
étude détaillée de cette rareté à tendance
hermétique mais il nous faut cependant donner quelques informations
sur cette gravure. Si la grille en question est basée sur un carré
de quatre cases de côté, hélas, elle n’est en
rien similaire au ‘carré de quatre’ inclus dans la célèbre
gravure d’Albrecht DÜRER, ‘La Mélancolie’
(1514). Ce dernier ‘carré’ formé de 16 cases (4x4)
contient tous les chiffres de 1 à 16, à raison d’un
par case. En faisant la somme des chiffres de chaque ligne, y compris en
diagonale, on obtient invariablement le nombre 34. Celui-ci, dit ‘carré
de Jupiter’, est réputé contenir tout un savoir symbolique
et plus encore.
Le
carré de quatre ou le désoeuvrement d’un soldat
En
ce qui concerne le ‘carré’ du château de Salveterra,
il en est autrement car il rassemble, au fil de ses 16 carrés, seulement
les quatre premiers chiffres : 1, 2, 3, 4. Ces derniers sont tous inscrits
une seule fois chacun par ligne et donnent une somme de 10. La diagonale
ici ne semble pas entrer dans ce jeu de chiffres au carré de quatre.
En échange, on pourrait compenser en disant qu’il s’agit
d’une sorte de palindrome - un mot qui se lit de la même manière
dans les deux sens, tel par exemple le nom du village de SERRES
(proche de Rennes-le-Château). En ce qui nous concerne, ce serait
donc un palindrome… ‘numérique’ puisque les quatre
lignes du carré se déclinent sur 1. 2. 3. 4 et 4. 3. 2. 1
par deux fois. Nous serions même en présence d’un double
exercice des chiffres puisqu’à l’intérieur du
carré 1234-4321 se trouve un autre petit carré de 2, donnant
également un palindrome deux fois plus petit : 1.4-4.1.
Bien entendu, ayant montré la photographie de cette étonnante
gravure, nous n’avons pas manqué d’entendre le chœur
des grincheux de service nous entonner le grand air du « c’est
un soldat désœuvré qui s’est distrait à
cet amusant graffiti ». Evidemment, comme nous le savons, forcément,
tous les soldats catalans de l’époque tuaient le temps à
grand coup de palindromes numériques, ayant tous à leur naissance
reçu le don de manipuler harmonieusement chiffres et nombres en carrés…
tout comme, dans le même secteur, les petits bergers, mourant d’ennui,
se sont occupés depuis plus de 2000 ans à graver d’amusants
dessins dans la grotte de La Caune et ailleurs!
Carré
magique du château de Salvaterra
Une fois encore, nous nous abstiendrons de situer le lieu précis du ‘carré’ ainsi que l’emplacement de l’aven du château bien que celui-ci soit aujourd’hui comblé. Ce refus catégorique de signalisation évitera de nouvelles dégradations, y compris de la part des autorités locales qui, sachant parfaitement certains vestiges, les laissent dans la plus grande indifférence, ou complaisance, détruire… comme, par exemple, la ‘gravure aux clés’ sur le tableau d’ouverture d’un sous-sol ‘mis en sécurité’ par l’équipe de nettoyeurs de maisons à Périllos… Au moins ces vestiges pourront-ils poursuivre sereinement leur voyage dans le temps sur le plateau de Salveterra jusqu’à ce que le passé y soit respecté à sa juste valeur.
Un
troisième aven et… l’église « Santa Magdeleina
»
Il
est temps, à présent, d’en arriver au troisième
aven dont nous faisions mention plus haut. Celui-ci est cité une
fois encore par Menétrier qui, dans ses notes de 1869, le situe près
des ruines de la possible église du dernier village sur le plateau.
On note déjà une similitude entre l’aven du château
contre l’oratoire, ou chapelle de St Sauveur, et celui du village
contre lequel l’église sera construite. Cette ouverture a été
comblée avant 1950 puisqu’en 1951, dans le dernier relevé,
on n’en trouve plus mention. Il est vrai que, sans doute, les pierres
d’appareillage de cette antique église ayant fini d’être
pillées pour monter certaines maisons d’Opoul, les derniers
pans de murs durent s’effondrer en comblant l’ouverture de cet
aven décrit par Menétrier comme une « brèche
rocheuse ouverte par un éboulement accidentel ». Le plus curieux
est de constater que cette « brèche », naturelle ou pas,
était été conservée durant des siècles
pour on ne sait quel usage. A l’évidence, la présence
du point d’eau potable, centre du village, exclut une utilisation
de dépotoir. L’église accolée à cette
ouverture ne put l’être sans que se soit à la suite d’une
volonté délibérée dont nous ne pouvons savoir,
non plus, les raisons profondes. Que ce soit ici des impératifs magiques,
religieux, ésotériques ou autres, il faut bien admettre, à
ce stade de notre travail, qu’il est impossible d’en dire plus.
La présence d’une ouverture béante ne saurait être
non plus logique à l’intérieur du périmètre
de sédentarisation, en raison du danger pour les villageois et leurs
animaux domestiques.
A la suite de ces constats évidents et pratiques, il est possible
que si cette ouverture a été conservée, elle put l’être
après avoir été sécurisée par un petit
bâtiment jouxtant l’église, par exemple. De fait, si
cette hypothèse est valable, on peut aussi supposer que, depuis l’église,
on puisse accéder à l’aven ou au moins s’y pencher
dans un but précis perdu aujourd’hui.
Une
copie d’« ouverture vers un autre monde » ?
N’oublions
pas, à ce sujet, les propos de Ramon de Périllos revenant,
au 14e siècle, de son pèlerinage près d’un autre
gouffre St Patrick, en Irlande celui-ci, affirmant « qu’à
présent il sait sur ses terres l’ouverture vers l’autre
monde »… sans n’avoir jamais précisé de
quel « autre monde » il pouvait s’agir.
Ne pourrions-nous pas supposer que l’information ait circulé
puis se soit transformée en une sorte de légende ou tradition
locale ? Dans ces conditions, ne serait-il pas possible que depuis ce merveilleux
mais effarant récit, cet aven accolé à l’église
« Santa Magdeleina » puisse être identifié
à cette terrifiante… « ouverture vers un autre monde
», décrite par un seigneur dont la puissance et la réputation
mettent hors de doute le discours ? Et puis, ce nom de « Santa Magdeleina
» donnée à cette église perdue sur ce plateau
aux trois avens oubliés dont elle en protège ou exorcise au
moins un… ne pourrait-il pas correspondre à une autre tradition
étroitement liée à ce double sanctuaire, que frôle
le chemin allant précisément du plateau de Salveterra au village
perdu de Périllos ? Ne pourrait-il pas être question d’une
tradition, une légende, une réalité sans doute, restée
attachée à ce lieu désigné par un notaire royal
français au 17e siècle, comme celui abritant « un
tombeau royal et sacré » ? Ne pourrait-il pas s’agir
d’une tradition qui se serait peu à peu transposée à
toute la toponymie devenue sacrée d’un plateau… de Salveterra
? Dans ce cas, ce nom même ne sous-entendrait-il pas une ‘terre
sauvée’ ou mieux encore, une terre du Sauveur… de ce
Sauveur oublié dont le nom serait devenu précisément
celui de l’oratoire du château royal catalan ? Ne pourrait-il
pas présentement s’agir d’une toponymie faisant large
part à cette sainte ambiguë qu’est Madeleine, devenue
pour la circonstance protectrice du dernier village de Salveterra et patronne
de sa modeste église ; une modeste église dont aujourd’hui
le promeneur peut encore contempler, avec un peu d’attention, l’alignement
des structures se distinguant des autres vestiges de construction par des
murs plus épais et rigoureusement agencés ?
Nos joyeux adversaires répliqueront que tout ceci n’est que
pur hasard… et nous nous en réjouirons avec eux en ajoutant
que ce dernier, toujours aussi facétieux, a fait de telle sorte que
l’axe de cette église « Santa Magdeleina de Salveterra
» (1568 – abbé Croquel) soit précisément
aligné… nord-sud et selon l’antique tradition des Périllos
!
Une
indispensable sûreté… peut-elle en cacher une autre ?
Face
à tous ces éléments le plus souvent inconnus, ou effacés,
ne faut-il pas se demander si Jacques 1er d’Aragon et son héritier
Jacques II roi de Majorque, en affirmant que ce plateau était «
indispensable à la sûreté de tout le Roussillon »,
laissaient sous-entendre une autre formulation de cette sentence?
Nous l’avons vu auparavant, le château n’eut qu’une
médiocre activité militaire (par exemple, il ne reçut
jamais de pièces d’artillerie ou même de couleuvrines)
jusqu’à sa pitoyable reddition. Si la place n’eut aucune
valeur stratégique de première importance, on peut alors se
demander si les Couronnes d’Aragon et de Majorque ne voulaient pas,
en prétendant le plateau de Salveterra « indispensable à
la sûreté de tout le Roussillon », porter leur attention
sur autre chose qu’un aspect guerrier? Une autre chose, innommable
à ces époques, autrement supérieure à une quelconque
surveillance aux confins des frontières catalanes, et qui justifierait,
en cas de perte de contrôle du secteur, la mise en péril…
de la sûreté de tout le Roussillon.