Plan du site | Recherche | Forums | Publications | Actualités

Société Périllos ©

Origine du nom de Perillos

*

L'origine du nom 'Périllos' a beaucoup varié entre le Moyen-Âge et nos jours :
Perelionis, Perelionibus, Perello, Perillou… Ce territoire fut certainement occupé de bonne heure par l'homme : des bergers dès la plus haute Antiquité, puis une activité pastorale et minière dès le haut Moyen-Âge.
Périllos eut une certaine importance stratégique dans une région qui fut frontière pendant 10 siècles, le littoral marécageux rendant difficile le passage entre Languedoc et Catalogne.

Les seigneurs de Périllos furent les seuls propriétaires de la Commune jusqu'à la Révolution. Le domaine n'a jamais été assez vaste pour nourrir une grosse population, ayant tous les inconvénients du climat méditérranéen, sans bénéficier des réservoirs hydrauliques de la montagne.
Périllos entre dans l'Histoire dès le XIIe S. : en 1114, un Raymond de Périllos est présent à la consécration de l'église de Salses.
Le château n'est pas une grande forteresse, plutôt un poste avancé pour éviter au Roussillon d'être pris à revers par des invasions musulmanes côté étangs.
Le seigneur de Périllos est vassal du comte de Barcelone. Lorsqu'en 1172 le comté de Catalogne est annexé au royaume d'Aragon, les seigneurs de Périllos en deviennent les sentinelles, malgré le développement d'une citadelle royale à l'ancien oppidum d'Opoul en 1242.

Au XIVe S., plusieurs Périllos deviennent des conseillers très influents auprès des rois d'Aragon et sont, dans les Corbières, les chefs du parti anti-français dès lors que les rois de France 'ont des vues' sur les Pyrénées. (en 1282 : les croisés de Philippe le Hardi arrivèrent en Roussillon en 2 colonnes dont l'une était dirigée par le seigneur de Durban).
De la fin du XIIe S. au début du XVIIIe S., toutes les incursions guerrières passent par Perillos. Pourtant ce village ne compte guère qu'une cinquantaine d'habitants en 1359. Or, François de Périllos est grand camerlingue d'Aragon et négocie des accords avec l'Angleterre contre la Castille soutenue par la France.
En 1391 le fief de Périllos s'érige en vicomté. Raymond devient gouverneur de Roussillon, Cerdagne, Conflent et Vallespir, Maréchal d'Aragon et de Sicile, etc…
Sous Louis XIV, lorsque le Roussillon sera définitivement annexé à la France, le vicomté de Périllos reviendra au comté de Durban (jusqu'en 1789), le château ayant déjà été vendu à Guillaume de Durban.
Les brassiers et les bergers constituent alors les habitants de Périllos, 4 à 6 familles tout au plus, soit environ 80 habitants.

Au XIXe S. , la Commune vit au même rythme qu'au XVIIe s. (73 habitants pour 16 ménages en 1806) mais sévit une forte mortalité infantile (sous-alimentation, eau à peine potable, abus du lait de chèvre…).

Par suite des lois de successions égalitaires, les propriétés se partagent et on se dirige vers la culture de la vigne et des arbres fruitiers.
En 1916 on enregistre la dernière naissance à Périllos. La mobilisation décime les effectifs du village. Après la guerre, en 1921, il reste 33 habitants, mais la plupart continue d'émigrer vers Opoul.

Le dernier décès à Périllos est enregistré en 1932. L'habitat est abandonné totalement pendant la guerre de 1939 - 1945.
Dès lors seul le souvenir et le passé planent sur les vestiges nostalgiques des lieux oubliés et délaissés des vivants...