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Société Périllos ©

L’antique paysage sacré de Périllos

 

Trois chapelles alignées

Constater que les trois chapelles (dont celle du village devenue église) de Périllos (Saint Michel, Sainte Barbe et Sainte Thérèse) sont situées sur une même ligne est une découverte importante et inattendue. Constater que cette ligne incorpore également la plus haute colline dans le secteur – et que cette colline a marqué la frontière entre le Roussillon et la France – est un autre trait remarquable. Cet alignement démontre que les emplacements sur lesquels les chapelles ont été construites ne sont pas le fruit du hasard, mais résultent d’un choix délibéré.

‘Leylines’

Le concept des ‘leylines’ a été présenté après qu’Alfred Watkins eut remarqué que des églises et d’autres chapelles se retrouvaient sur une même ligne. Depuis sa découverte au début du 20 s., de nombreux arguments tentèrent de donner une interprétation à ce phénomène. Dans les années 60, il est devenu populaire d’expliquer ces lignes comme des «lignes d’énergie ». Cependant, tous les experts sur le sujet conviennent maintenant que les ‘leylines’ proviennent de l’idée selon laquelle les âmes pourraient seulement voyager en les lignes droites… croyance qui a existée dans l’antiquité et jusqu’à une époque récente. En conséquence, beaucoup de monuments religieux ont été alignés, ayant pour résultat les prétendues ‘leylines’.
La ligne de Périllos peut bien être qualifiée de ‘leyline’ étant donné que certaines des chapelles remontent à des centaines d’années et cela argumente en faveur de l’hypothèse qu’un tel alignement ait été construit en référence avec la notion du voyage de l’esprit.

Endroits élevés de culte

Sur n’importe quelle ‘leyline’, certains points sont plus importants que d’autres. Les points principaux de cette ligne sont :
- Montaillou de Perillou, la crête la plus élevée dans le secteur et donc un choix vraisemblable pour une telle ligne.
- Saint Michel, situé sur la colline conique, entouré par le village actuel de Périllos.

Des marches de l’église de Saint Michel (mais non pas de plus bas dans le village), on peut apercevoir la chapelle de Saint Barbe en dessous dans la vallée. Cette chapelle elle-même repose sur un monticule qui se remarque dans cette vallée plutôt plate traversée par la route actuelle.
Jusqu’ici, trois emplacements remarquables ont été identifiés. Chacun d’eux est un élément caractéristique du paysage – donc de la Nature conçue par Dieu – en tant que tels on leur a probablement attribué une importance religieuse. Ces emplacements étaient donc, il y a plusieurs siècles, sinon plusieurs millénaires, identifiés par les marqueurs spéciaux : pierres levées, dolmens, balises, etc…
La chapelle de Sainte Therese ne repose pas sur un monticule particulièrement remarquable. Elle pourrait avoir été placée à un autre endroit comme à l’intérieur du hameau de Vall Oriole par exemple. Qu’elle repose dans cet endroit précis suggère fortement que son emplacement n’ait pas été choisi au hasard, mais déterminé de sorte qu’il entre dans la ‘leyline’ naturelle ; en tant que tel, l’hameau de Vall Oriole s’intègre dans la conception sacrée de Périllos – et lui appartient.

Une deuxième ligne de vue

Cette ‘leyline’ n’est pas la seule. Une deuxième est présente dans le paysage de Périllos. Elle est centrée encore une fois sur Montaillou de Perillou. La deuxième ligne incorpore les emplacements suivants :
- la caverne de La Caune, une cavité souterraine connue pour être un emplacement d’importance religieuse à partir des périodes préhistoriques. Elle peut être véritablement le sanctuaire religieux le plus ancien du secteur, comme le démontre des statuettes étranges retrouvées ici.
- “Le Siége de la Mort”, avec un monument ayant inspiré le curieux nom de “siège de la mort”. Son importance est soulignée par le fait qu’il se trouve au carrefour de deux anciennes routes, dont la route principale originale reliant autrefois le plateau d’Opoul au village de Périllos. En outre, ce monument se tient à l’intérieur d’une vallée qui est connue comme “vallée de la mort”.
Cependant, rien dans le paysage n’indique l’importance spéciale de cet emplacement. Comme le regard peut y joindre la Caune d’une part et le Montaillou de Perillou d’autre part, il suggère que l’observation humaine permit d’incorporer cet emplacement dans l’alignement.
- Le quatrième point est au-delà vers le sud. C’est de nouveau un endroit totalement naturel : le Roc énigmatique de ‘Redon’, faisant saillie dans le paysage environnant, juste à l’ouest du plateau d’Opoul. Cette curieuse formation qui est en grande partie unique dans le Roussillon a été employée par Saunière comme point de repère dans sa maquette. Son caractère unique, et son aspect énigmatique, doivent l’avoir fait distinguer par nos ancêtres éloignés, comme un endroit privilégié.

Correspondances

Chaque ligne a ainsi quatre points, avec les deux lignes finissantes, et convergentes, au point le plus élevé du secteur. Chaque ligne a également clairement défini les points qui coïncident avec l’autre : Vall Oriole et Roc Redon situés dans la vallée à l’ouest de Périllos ; la chapelle de Saint Barbe et La Caune situées dans la vallée à l’est de Périllos, dans l’ombre de Montaillou de Perillou. L’église de Saint Michel et le siège de la mort sont situés sur les collines qui séparent les deux vallées.
En conclusion, chaque ligne dispose d’un « point mobile » susceptible d’être placé quelque part sur son alignement. Pour la première ligne, c’est la chapelle de Vall Oriole, qui est située dans la prolongation les trois des autres points. Pour la deuxième ligne, c’est le siège de la mort, qui est placée entre le Roc Redon et la Caune.

Alignements nordiques

Les trois chapelles sont alignées nord-sud, contrairement à la tradition catholique qui stipule un alignement est-ouest, plus traditionnel. Les déviations à la norme indiquent ordinairement que l’emplacement sur lequel l’église a été construite était trop étroit pour tenir compte d’un alignement normal, ou l’emplacement d’un sanctuaire pré-Chrétien.
Cependant, les déviations par rapport à un alignement est-ouest sont généralement petites. Souvent, c’était pour coïncider avec l’alignement original du monument pré-Chrétien ; parfois ceci pouvait être pour s’orienter sur le lever de soleil ou le coucher du soleil de solstice d’hiver ou d’été. Un alignement nord-sud est très rare, spécifiquement à l’époque où les églises de Périllos ont été érigées. Dans les pays protestants, quelques églises étaient alignées nord-sud, par défi à la doctrine catholique, mais cet usage n’a eu lieu que dans une région et un temps restreints.

Pourquoi nord-sud ?

La ‘leyline’ pourrait suggérer que les églises soient orientées sur la direction de cette ligne, mais à l’évidence, ce n’est pas le cas ; la ‘leyline’ n’est pas orientée nord-sud. L’alignement de nord-sud pourrait être interprété comme marqueur de méridien, mais de nouveau, ceci n’est pas compatible avec l’orientation de la ‘leyline’.
Cela suggère qu’une étude de l’alignement de nord-sud doit être vue sur une base plus spécifique. Considérant que le ciel nordique alignerait les églises sur le pôle du nord, et l’étoile polaire y tient le premier rôle (comme la grande ourse), ce pourrait être l’orientation vers le sud qui donne la solution du problème.
Cependant, seuls le temps et des vérifications sur place peuvent permettre de vérifier si tel est bien la cas.
Le sud est souvent rattaché au “soleil à midi”, position souvent liée avec l’ombre qu’une colline conique jetait sur le paysage environnant. Dans les pays celtiques, on sait que le point où l’ombre du sommet d’une colline conique tombait sur le paysage environnant aux dates telles que le solstice d’hiver ou d’été, étaient marquées par “un arbre sacré” ou un autre ‘marqueur sacré’. Ceci fonctionnerait pour les ombres de Périllos et de l’affleurement rocheux de Sainte Barbe, qui seraient au nord des deux emplacements. Cependant, le “jeu des ombres” ci-dessus est seulement une possibilité et la raison véritable de l’alignement de nord-sud de ces chapelles peut avoir d’autres raisons – qui restent à identifier.

Origines païennes

Il est probable que nous soyons confrontés à un paysage païen, ayant été « christianisé ». Dans l’ensemble de l’Europe de l’ouest, Périllos suit la tradition dans laquelle des collines – et les collines coniques en particulier – ont été normalement consacrées au dieu païen Wotan. La foi chrétienne, dans l’ensemble de l’Europe, a usuellement dédié ces emplacements à Saint Michel.
Wotan était le Dieu du tonnerre et de foudre, et il est équivalent au grec Zeus et au Jupiter romain. En s’appuyant sur cette identification, pour analyser la ‘leyline’ de Périllos, nous notons que Sainte Barbe était un personnage inexistant dans la chapelle qui lui est dédiée, mais que sa présence dans Périllos en serait d’autant plus bizarre. Quoique Périllos ait été riche en mines, son passé donne à penser que l’endroit n’ait jamais été principalement connu pour son activité minière. Si il y eut quelque chose de particulier, l’activité d’extraction dans Périllos semble avoir été faite dans le but de le dissimuler discrètement.
Cependant, nous savons que Sainte Barbe est spécifiquement reliée à la foudre (son père ayant été foudroyé), et aux personnes travaillant avec les matériaux dangereux causant des explosions, avec un bruit de tonnerre, tels que les mineurs.
En outre, nous notons que l’affleurement rocheux sur lequel la chapelle est située est également conique, suggérant un site pouvant à l’origine avoir été également consacré à Wotan. L’église (ou les seigneurs de Périllos) semblent avoir hésité à consacrer deux emplacements aussi près l’un de l’autre à Saint Michel, et par conséquent le choix se serait reporté sur Sainte Barbe qui, comme Wotan, a la foudre pour attribut.
L’alignement normal suggère ainsi que deux affleurements coniques aient été consacrés à Wotan/Zeus/Jupiter… laissant de coté la question de la signification de Montaillou de Perillou.

Le Mont des oliviers

Montaillou de Perillou est également connu comme « le Mont des oliviers », quoique les oliviers – ou quoique ce soit d’autre ne, s’y soient jamais développés dessus. Le nom suggère une référence biblique, que nous allons explorer brièvement.
Bien que ce mont soit surtout connu comme un endroit majeur du Nouveau Testament son emplacement à Jérusalem est attaché à plusieurs autres figures de l’Ancien Testament : du Roi David en passant par Salomon, Josué à Ezéchiel, qui a eut la vision du Seigneur et des anges volant (Ezekiel 11:22-23) au-dessus de lui. Autre référence dans la bible, moins connue, Jésus est apparu à ses disciples sur le Mont après sa Résurrection et c’est de là qu’il serait monté au ciel (Actes 1:1-12).
Comme plus haute montagne, la tradition païenne l’aurait identifiée comme domaine des dieux, le Mont Olympe de Zeus et le royaume de Wotan. On ne compterait pas, normalement, y trouver de colonie humaine ; la montagne après tout était le domaine des dieux… et non celui de l’humanité. Zeus a régné sur le Mont Olympe, la plus haute montagne de Grèce, exactement comme Montaillou de Perillou est la crête la plus élevée dans la région. Ce n’est pas la seule correspondance : le Mont Olympe est sur la frontière entre la Macédoine et la Thessalie, tout juste comme Montaillou de Perillou situait la frontière du Roussillon et de la France. Avec tant de “coïncidences” nous ne pouvons, ici, qu’évoquer une volonté certaine.
Dans beaucoup de cultures méditerranéennes, un autel ou tout autre emplacement religieux était parfois placé sur la moitié inférieure d’un flanc de colline. Si ceci ne s’était jamais produit à Périllos, nous devrions pouvoir le constater sur la “leyline”. A l’heure actuelle, la couronne de la montagne est occupée par la station de radar de Météo France, mais la population locale (texte d’un curé de Périllos avant la Révolution Française) se rappelle qu’il y avait une caverne où se déroulait une procession en cours de colline. Notons qu’en Grèce, Zeus a été souvent identifié avec des cavernes sur les pentes des montagnes, spécifiquement en Crète, où une caverne était l’emplacement légendaire de sa naissance et une autre de sa mort. Dans les deux cas, les deux montagnes sur lesquelles les cavernes ont été situées étaient des montagnes sacrées alignées sur des palais-temples du Minoen, dans les vallées loin en dessous. Une réalisation analogue semble être présente à Périllos.

En résumé, tout cela suggère que nous soyons en présence de trois emplacements antiques consacrés à Wotan/Zeus/Jupiter, par lesquels l’origine de l’emplacement dans Vall Oriole soit moins connue. Aucun doute que les premiers colons se soient installés là en raison de la présence d’un monument religieux, ou qu’ils aient immédiatement intégré leur propre emplacement à l’alignement sacré de Périllos en érigeant la chapelle.

Une ligne des églises

Une dernière remarque : la ligne des chapelles de Périllos nous amène au delà des observations réelles dans le domaine des hypothèses Le mystère de Rennes-le-Château a été spécifiquement concentré sur l’église de Saunière. Plus particulièrement Henry Lincoln a alors continué dans cette voie avec la conception d’un “cercle des églises”, aussi bien que celle du fameux pentagramme. Notons que les seules trois formes de paysage sacré qui sont connues sont : un alignement comme une ‘leyline’, une série de “leylines” rayonnant à partir d’un point, et un ovale … surtout pas un cercle.
En tant que tels, la ligne de Périllos s’inscrit résolument dans les schémas connus et les notions admises de la conception sacrée de paysage. Les constructions dessinées sur le paysage de Rennes-le-Château peuvent, au mieux, être décrites en tant que coïncidences fortuites, mais en grande partie vides de toutes les conceptions admises pour ce genre de dispositifs (telles que l’inclusion des plus hautes montagnes, des crêtes coniques, etc…).
“Et si ?” de Sède et Plantard avaient été au courant du fait que le mystère de Saunière ait comporté un alignement spécifique des églises liées avec son secret ? Curieusement, ceci coïncide pour Périllos, où Saunière peut avoir réalisé l’alignement antique des églises également, mais où nous savons qu’il a employé au moins un emplacement du paysage sacré –Roc Redon– en tant qu’élément de codification de son secret sur le moulage que nous connaissons comme étant destiné à véhiculer l’information jusqu’à un groupe de personnes l’attendant… mais qui ne la reçurent jamais !
Ce groupe de personnes a-t-il été informé que Saunière avait mis son secret dans le modèle d’un paysage sacré, dans lequel les alignements des églises ont joué un rôle important ? Si la réponse est non, alors tout ceci peut seulement être catalogué comme une coïncidence extraordinaire ! Et ce ne semble pas en être le cas.

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André Douzet