Plan du site | Recherche | Forums | Publications | Actualités

Société Périllos ©

PENITENCE ! PENITENSE !

 

Titres et photos oubliées

Le lecteur peut s’interroger, à ‘juste titre’, sur l’intitulé de notre chapitre et supposer une erreur de frappe de notre part. Et bien non !… il ne s’agit pas d’une faute d’orthographe, mais d’un titre intentionnel qui, on le devine, concerne le pilier d’origine wisigothique de l’église de Rennes-le-Château.
Nous ouvrons une rubrique à propos de ce vestige bien plus important qu’il ne le paraît aujourd’hui. Il existe un relevé du pilier lorsqu’il était complet, accompagné de deux anciennes photographies de l’époque de l’abbé Saunière. Ces clichés étant considérablement détériorés, ils sont actuellement confiés à un professionnel en matière de restauration photographique. Malgré des rognures et des ‘mouillures’ ineffaçables, le dessin du pilier restera lisible et pratiquement complet. Nous présenterons ces photos dès les travaux de rénovation faits et surtout les clichés, déposés légalement, afin d’éviter de nouvelles fuites ou les récupérations indélicates habituelles. A ce moment, il sera utile de revenir sur le décor manquant qui risque de soulever bien des interrogations, ou irritations. Nous sommes d’ailleurs étonnés, une fois de plus, que les grands ténors de Rennes-le-Château n’en aient jamais fait mention. Un simple oubli sans doute…
Nous avons reçu, comme annoncé, un certain nombre de clichés anciens de Rennes-le-Château. Ils seront exclusivement présentés au fil des pages des ‘Carnets Secrets’ et de notre site SP. Si nous parlons rapidement ici de ce lot de photographies, c’est en raison du fait que nous en produisons partiellement une, aujourd’hui, méritant un peu d’attention.

Un pilier et un chapiteau de pénitence

Peu de choses nouvelles, en fin de compte, ont été dites sur ce pilier récupéré, dans l’église, lors de la démolition de l’ancienne table d’autel. Il est aujourd’hui à l’abri dans le musée de Rennes-le-Château. Il s’agit d’une copie, supportant une vierge ‘Immaculée Conception’, qui se trouve dans un petit clos, à gauche, en arrivant devant l’entrée de l’église et du presbytère. Nous reprendrons tout ceci en détail prochainement.
On peut admettre que cet ensemble se divise en plusieurs parties : un socle, le fameux pilier, un chapiteau portant une niche contenant la statue bleutée de l’Immaculée Conception.
C’est sur ce chapiteau que nous revenons ici avec une prise de vue datant d’avant la restauration de cet ensemble et, au dessous, le véritable pilier d’origine.

PENITENSE !

Ce chapiteau est décoré de trois frises étroites à motifs géométriques différents. La partie frontale et plane comporte, gravée, la sentence bien connue dans l’affaire de Rennes-le-Château : PENITENCE ! PENITENCE ! On retrouve facilement cette illustration dans de nombreux ouvrages ou petits guides du site.
Il n’est pas question, pour l’instant, de revenir avec de longues explications sur ces deux mots ‘exclamatifs’. Nous nous contenterons de signaler une petite ‘curiosité’ qui disparaît lors de la rénovation. Certes, il s’agit d’une faute d’orthographe amusante qui dut être rapidement rectifiée au moment où le pilier fut remplacé par sa copie et l’appareillage entièrement nettoyé.
Il semblerait bien qu’au moment où cet ensemble fut mis en place sur ordre de l’abbé Saunière, l’un des mots ‘PENITENCE’ ait été orthographié avec une petite faute insolite. A bien regarder la photographie le second ‘pénitence’… est écrit : ‘PENITENSE’. Le ‘C’ de ce mot pourrait bien être un ‘S’.

Le charme discret de l’incompétence

On considère, à Rennes-le-Château, plusieurs textes mal orthographiés ou incomplètement conformes à des sentences religieuses. Nous retiendrons surtout le texte gravé sur la stèle funéraire de la Dame d’Haupoul. Il a été plusieurs fois avancé sur ce sujet la maladresse, voire l’incompétence du ‘graveur’. On entend même que ce dernier aurait pu être illettré et reproduire, sans rien y comprendre, le texte que lui aurait fourni l’abbé Bigou… C’est une affirmation peu flatteuse pour ce prêtre que l’on supposerait assez stupide pour confier, à un analphabète, un travail en mémoire d’une défunte dont il était le confesseur… Cependant la défense argumente, qu’à cette époque, il était fréquent de se contenter d’un sculpteur, peu instruit, incapable de comprendre le texte qu’il reproduisait. Si cette situation est plausible dans un arrière pays comme celui-ci et à peu de temps de la Révolution Française… elle l’est nettement moins à l’époque de l’abbé Saunière, et pour plusieurs raisons. D’abord, si l’illettrisme est fréquent à la fin du 18ème siècle, il l’est nettement moins dans la seconde moitié du 19ème siècle. Ensuite, les ouvriers graveurs ont, au moins, les rudiments d’écriture de la langue française, ne serait-ce que pour lire une commande ou autres documents administratifs ou professionnels. Enfin, selon les archives laissées par Saunière, il est évident qu’il confia les travaux de son église à des artisans capables de rédiger des factures et des courriers cohérents et sans faute…

Le charme discret de la volonté de l’abbé Saunière

Que s’est-il donc passé pour que le second ‘Pénitence’ soit affublé d’un ‘S’ à la place du ‘C’… correctement gravé sur le premier mot ? Soit l’ouvrier ne sait pas écrire le mot (c’est curieux mais encore admissible) ‘pénitence’ et il se trompe sur les deux… soit il sait l’écrire convenablement et il le fait correctement sur les deux… Donc l’erreur est pour le moins inadmissible !
De plus, le transfert du pilier et son aménagement datent de l’époque où l’abbé Saunière semble dépenser sans vraiment compter. Nous le voyons superviser, parfois avec minutie, pratiquement tous les travaux… religieux. Aurait-il accepté une faute pareille sur un plat de chapiteau visible par tous ? Il est probable que non et qu’il se serait empressé de demander la rectification de cette lettre erronée, ou le remplacement du chapiteau.

PENITENSE avec un S… comme Sion ?

Il reste évidemment la solution d’un Bérenger Saunière qui passe la commande de deux mots gravés ainsi orthographiés : « PENITENCE ! PENITENSE ! » . A ce moment là, le graveur exécute un ordre et, obéissant, ne commet aucune erreur. Certes… mais il faut une fois de plus admettre que cette erreur est posée à la vue du moindre passant. Cependant, ces passants s’arrêteront-ils à ce qu’ils lisent et prendront pour une simple faute d’écriture ? Verront-ils au moins cette erreur ? Ce n’est pas certain car le mot ainsi écrit se prononce phonétiquement ‘pénitence’. Serions-nous une fois de plus face à un ‘détail’ visible par tous mais… compréhensible au bon degré par seulement ceux qui en connaissent le sens ? Enfin, cette différence sur une seule lettre nous ramène une fois encore à nous poser la question fatidique : ‘S’ comme… Sion ? et pourquoi pas si l’on considère qu’ici le ‘S’ est isolé et non raccordé à d’autres lettres, comme pour le mot ‘ONIS’ du vitrail dans l’église de Saunière, ou les « BS » au fronton du bénitier porté par Asmodée dès l’entrée dans l’église de Rennes-le-Château. Si faute il y a… admettons qu’elle est insolite par les possibilités qu’elle permet.

L’ordre règne sur la colonne

Quoiqu’il en soit, les grincheux nous diront qu’il peut s’agir d’un défaut de la pierre au mauvais endroit… Certes, pourquoi pas. Mais alors en ce cas pourquoi, au moment de la rénovation, et du changement du pilier par sa copie, avoir discrètement rectifié ce défaut de la pierre, s’il ne prêtait à aucune confusion ? Visiblement, le plat de front du chapiteau semble avoir subi un ‘lissage’ au début du premier ‘PENITENCE’ et à la fin du second. Maintenant tout est dans l’ordre… oui, mais nous pourrions poser trois questions : quel ordre ? ou : l’ordre de qui ? ou encore : quel Ordre ?.. Difficile dans l’état actuel d’apporter la moindre réponse, à moins que l’image complète du pilier wisigothique apporte un autre éclairage à ce ‘S’ irritant…

A suivre

PS : Nous ‘remer-sions’ notre ami Jean Brumelin pour la photo du pilier + « PENITENCE ! PENITENSE ! » dont il nous donne la primeur. Toute reproductions interdites.

NB : les photographies dans cet article sont notre propriété exclusive et interdite de reproduction sans notre autorisation.