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| Une pièce secrète dans l’église de Rennes-le-Château |
‘L’église’
de Rennes-le-Château est en réalité formée d’un
ensemble de trois locaux distincts : l’église elle-même,
la sacristie et un réduit parfois appelé ‘pièce
secrète de l’abbé Saunière’.
La sacristie se trouve sur le côté Sud de l’église.
On y entre par une porte située entre le début du sanctuaire
et la statue de St Antoine de Padoue portée par quatre personnages
angéliques. Ce local est éclairé par un grand vitrail,
des ateliers FEUR, représentant une scène du Christ en croix,
encadré, à sa droite par sa mère, à sa gauche
par un personnage pouvant être St Jean l’Evangéliste.
Au pied de la Croix, nous trouvons Marie Madeleine, elle aussi en prière.

Sacristie de Rennes-le-Château. Vitrail avec Marie Madeleine agenouillée au pied de la croix.
Quelques
remarques pourraient être faites sur les personnages. La Vierge Marie,
mère de Jésus, est vêtue de bleu. Rien à dire
sur le sujet. En ce qui concerne l’homme debout près de la
croix, il n’est pas certain, en effet, qu’il s’agisse
de l’Evangéliste, car il n’a pas de livre, et ses mains
sont rassemblées pour prier. Si l’on observe minutieusement
son visage, on peut voir des larmes couler sur sa joue. L’absence
de livre voudrait, peut-être, signifier qu’il s’agisse
d’un autre personnage. Notre attention pourrait se porter alors sur
ses vêtements : un pan de vêtement d’un vert vif sous
un manteau rouge… Ces deux couleurs seraient alors celles… du
Graal !
Notons également
que la plaie au côté droit du Christ se saigne pas. Madeleine,
agenouillée au sol, est représentée avec une abondante
chevelure… rousse !
Statue de St Antoine de Padoue
Puisqu’il est question de chevelure, on observe que Madeleine, Jésus
et l’homme debout, ont tous trois la même teinte rousse de cheveux…
Manque d’imagination de la part du verrier, pénurie de couleur
autre que le roux… ou réalisation d’une commande précise
? La vierge est le seul personnage ayant les cheveux invisibles, car pris
dans un voile bleuté. On notera qu’il est assez rare que Jésus
et St Jean soient affublés de cheveux roux… comme ceux de Madeleine.
Ces trois personnages seraient-ils représentés comme membres
d’une même famille ou d’un même clan ?
Ensuite les visages : celui de Madeleine n’est pas tourné vers
Jésus, ni vers le sol (souvent dans cette posture on la montre accablée),
mais bel et bien vers celui de Marie ! Celui de l’homme est tourné
vers le ciel.
Les couleurs des vêtements : Le Christ a les reins ceints d’un
tissu vert… La vêture de l’homme debout est verte en revers
et pour la ‘chemise’… Quant à Madeleine, une manche
verte sort de son manteau rouge. Ce vert est le même que celui du
tissu du Christ.
Ajoutons enfin que ce vitrail ne se distingue clairement que de l’intérieur
(comme tous les vitraux en principe). Il est la seule source de clarté
naturelle provenant de dehors. Cependant il est évident que seule
une personne à l’intérieur peut en apprécier
tous les détails. Et ceux-ci pourraient bien n’être pas
forcément issus d’un caprice ou choix arbitraire du maître-verrier…
mais bien d’une volonté du commanditaire pouvant, à
satiété, être le seul à contempler le sujet demandé.
Peut-il s’agir de l’abbé Bérenger Saunière
? Est-ce lui qui aurait voulu une Madeleine à l’épaisse
chevelure rousse… tout comme Jésus et ‘l’homme’
debout ? Est-ce encore Saunière qui voulut d’autres discrets
détails : mise en place de teintes verte et rouge, absence du livre
permettant le doute sur l’Evangéliste, et orientation des visages
?!?
La porte du passage secret |
La double porte cachée ouvrant sur la pièce secrète |
Si ces ‘volontés’ sont celles du commanditaire (Saunière
ou autre), il est clair que ces anachronismes ne pouvaient être laissés
à la sagacité des visiteurs ou des croyants fréquentant
l’église de Rennes-le-Château. Le choix du lieu de ce
vitrail assurait que seul le prêtre ou toutes personnes ‘invitées’
ou habilitées à entrer dans la sacristie pouvaient visionner
ces ‘détails’ hors du commun, telle la représentation
… d’une race à chevelure rousse, dont le Christ est un
membre, par exemple ? On pourrait également ajouter que la mise en
place d’un vitrail, comme seule source d’éclairage de
la sacristie, empêche, de l’extérieur, de distinguer
nettement ce qui peut se passer à l’intérieur durant
la journée. De plus, même en cas d’éclairage du
local la nuit, il devait être difficile de l’extérieur,
et à distance, de ‘lire’ des détails atténués,
inversés et d’apparence anodine. Si un message était
véhiculé par ce vitrail, il l’était en toute
sécurité. De plus, si un éclairage se voyait de nuit
dans la pièce, il pouvait signifier que Saunière se trouvait
occupé dans la ‘pièce secrète’ à
une besogne peut-être comprise par qui de droit… pourquoi pas
?
Toutefois pour expliquer, de manière plus rationnelle, le choix d’un
vitrail pour éclairer cette pièce, nous pouvons supposer que
l’activité d’un prêtre dans une sacristie réclame
sans doute la plus grande discrétion. En ce cas, c’est ici
une parfaite réussite, même sans doute soulignée par
la vision ‘lumineuse’ de personnages et détails soigneusement
orchestrés.
A
gauche, en entrant dans cette sacristie, une rangée de placards à
façades de bois s’alignent tout au long du mur. Dans ces armoires
étaient certainement rangés les instruments et habits sacerdotaux.
Rien à dire ! Ouvrons donc la première porte. Dans ce renfoncement
on peut encore trouver les « ANTE MISSAM » et « POST
MISSAM » encadrant un miroir intact. Au-dessus, le texte rituel est
lui aussi entièrement lisible et en place.
DA,
DOMINE VIRTUTEM MANIBUS MEIS,
AD ABSTERGENDAM OMNEM MACULAM:
UT SINE POLLUTIONE MENTIS ET CORPORIS
VALEAM TIBI SERVIRE.
«
Donnez la vertu à mes mains, seigneur, que, nettoyé de toute
tache, je puisse vous servir avec la pureté de l'esprit et du corps.
»
Rien n’a changé ici depuis l’abbé Saunière
!
Près
de cette porte, une autre, de même forme, ouvre sur une penderie.
Le fond de cette penderie… est une autre porte dissimulée !
C’est ce passage astucieusement dissimulé qui permet, depuis
la sacristie, d’entrer dans la fameuse ‘pièce secrète’
voulue par Bérenger Saunière.
Dans la pièce secrète
Etrange local que celui-ci : un enduit misérable sur les murs, un
sol en terre naturelle … un aspect délabré et vétuste.
Une petite ouverture, à peine suffisante à l’aération,
dispense un éclairage insuffisant. On se demande à quoi pouvait
servir un tel endroit et ce que pouvait en faire Saunière ? Il est
évident qu’il ne pouvait pas y faire grande chose … pas
d’éclairage, étroit, insalubre… on est loin du
faste de l’église et des habitudes de notre abbé. Si
pourtant cet endroit a bien été voulu dans cet état,
et à cet emplacement, il doit forcément y avoir une raison
que là encore Bérenger Saunière voulut taire ou laisser
aussi discrète que possible pour ne pas dire secrète !
Une des constatations que nous avons pu faire est un alignement du nu du
mur extérieur, de cette ‘pièce secrète’,
coïncidant avec celui du ‘reposoir’ côté cimetière…
Celui-ci était, il faut le rappeler, l’ancien ‘bureau
– bibliothèque’, jusqu’au moment de l’incident
de l’incendie, et du refus de Saunière de laisser puiser l’eau
dans la citerne sous ce local. L’autre nu de mur du ‘reposoir’
est en alignement précis sur le mur de la sacristie. Cette dernière,
le réduit et l’ancienne bibliothèque de BS sont dans
le même prolongement.
De plus, depuis la ‘pièce secrète’ on peut distinguer
nettement une différence de niveau entre celui du local et de la
sacristie. Cette dernière étant munie d’un plancher
ordinaire, on peut se demander pourquoi il n’a pas été
prolongé dans le réduit ? Pouvait-il y avoir une raison impérative
pour que le sol soit laissé naturel dans cette construction rapportée
? Une raison permettant, par exemple, d’accéder facilement,
et sans rien démolir, au sol d’origine ? Rappelons encore que
nous sommes ici sous la ligne des failles naturelles alignées sur
celle de la citerne et qui s’en va sous l’église et se
prolonge sous le plateau vers la Villa Béthanie ! Un dernier détail
: dans cette petite pièce secrète… un périmètre
précis résonne si on tape sèchement sur le sol…
mais ceci a t’il de l’importance ? C’est ce que nous verrons
dans un autre chapitre.