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| Un réduit oublié |
Il
existe une petite pièce souvent oubliée dans le contexte de
l’église de Rennes-le-Château. Certes, les chercheurs
et curieux de l’énigme la connaissent sans pour autant l’avoir
tous visitée.
Il s’agit d’une sorte de réduit ajouté à
la sacristie par l’abbé Saunière lors des grands travaux
de réaménagements de l’église.
Cet ‘rajout’ est parfaitement visible depuis l’extérieur,
ce qui est d’ailleurs la seule façon de prendre conscience
de son existence et de sa forme. Il se trouve sur la façade sud côté
du jardin et quasiment face au calvaire, et ce détail nous sera utile
plus loin. Il s’agit d’un local en forme d’un quart de
cercle qui s’intègre dans la longueur de l’église
entre la sacristie et l’entrée du cimetière voir notre
croquis)… aujourd’hui fermé au public ! Le local est
éclairé par une lucarne en ‘œil de bœuf’
ovale.
Depuis l’église on accède à cette pièce
depuis la sacristie par une porte dissimulée dans un ensemble de
placards. Cependant la sacristie est interdite au public et il faut demander
une autorisation pour y entrer. Nous en montrons les détails sur
notre page concernant les vitraux énigmatiques
de l’église. D’ailleurs à par ce vitrail intéressant
dans cette pièce à l’usage des prêtres rien de
bien extraordinaire ne pourrait nous retenir plus longtemps…
Emplacement
de la pièce secrète de Saunière.
Cependant,
nous allons nous pencher un peu plus sur ce petit local et nous interroger
sur certains détails qui deviendront peu à peu des détails
certains.
Tout d’abord qu’elle pouvait avoir comme fonction cette petite
‘cellule’ seulement accessible depuis une entrée dissimulée
? Il semble difficile de répondre objectivement devant ce que l’on
peut voir à l’intérieur. Aucune finition n’a été
faite ici, pas de doublage des murs ni enduit de propreté comme dans
la sacristie par exemple. L’éclairage n’y a pas été
prévu non plus et seul la lucarne ovale dispense un peu de clarté
à l’intérieur. Pratiquement nous pourrions penser à
une sorte de ‘placard à balais’… ou une petite
remise pour des affaires sans le moindre intérêt et donc le
rangement ne nécessiterait ni ordre, ni soin, ni propreté
élémentaire. De plus le sol est directement de terre battue,
le plancher de la sacristie s’arrêtant dès l’ouverture
de la porte. On note qu’il n’y a aucune plainte pour en délimiter
soigneusement la fin.
La forme ensuite est étonnante… En effet il était plus
simple et plus facile de faire un prolongement aux murs de la sacristie
et suivre la pente de toiture. Au contraire, l’abbé Saunière
semble avoir souhaité les complications d’une construction
en quart de cercle réduit et d’une toiture en éventail.
Le fond de cette construction s’arrête, côté cimetière,
par un mur droit dans le prolongement de l’angle ou commence le chevet
roman arrondi de l’église ancienne.
Nous sommes, à la réflexion, devant
une construction soignée de l’extérieur, grossière
de l’intérieur qui ne pouvait avoir de fonction bien précise
ni dans l’architecture du bâtiment, ni dans son aspect décoratif,
ni pour un usage religieux habituel ou ponctuellement défini…
Alors serions nous devant un autre caprice de Bérenger Saunière
? ou dans ce qui reste du commencement d’une sorte d’extension
abandonnée ensuite ?... Il est difficile d’adhérer à
ce genre de choix. Il semble plutôt que cette petite pièce
ait été voulue selon des critères que Saunière
n’a pas exposé, mais qui ne semblent pas être l’extériorisation
d’un caprice spontané ou d’un délire architectural.
Non… ce local devait avoir une fonction des plus discrètes
en raison de plusieurs constats. On ne peut y entrer que par la sacristie
dont l’usage est réservé aux prêtres ou …
à des personnes invitées à y accéder par ce
dernier. Nous sommes donc, une fois de plus, sur un élément
bien défini dans une fonction connue de Bérenger Saunière…
ou de commanditaires discrets! En ce cas il faut que ces personnages soient
à propos d’un détail précis qui ne peut être
déplacé et qui ne peut se trouver qu’à cet endroit.
En effet, s’il s’était agit d’un petit lieu de
culte secret il pouvait se faire ailleurs tout en conservant la même
orientation si elle avait eu une importance incontournable… dans la
sacristie même, dans le presbytère ou dans tout autre bâtisse
à laquelle il était facile d’accéder sans retenir
l’attention de quiconque. De plus un lieu de culte ou de méditation,
ou autre usage rituel, aurait sans doute mérité un peu plus
de soins dans les finitions intérieures.
Il ne peut y avoir que peu de solutions pour comprendre la fonction de ce
réduit édifié sur ordre de notre abbé. Si nous
excluons la version ‘placard à balai’ qui n’est
pas envisageable… il nous reste celle d’un emplacement que Saunière
‘sait’ et dont il veut, soit protéger l’accès,
soit y engager une prospection en toute sécurité et discrétion.
Ce sera la seconde version que nous allons approcher avec ce qu’il
reste d’éléments à notre disposition.
Souvenons-nous d’un
autre petit local très proche de celui qui nous intéresse
présentement : ce qui s’appelle maintenant le ‘reposoir’
et qui était une ‘bibliothèque et un bureau’ que
s’était aménagé Saunière en son temps.
Non seulement ces deux locaux sont alignés l’un sur l’autre,
mais ils se trouvent tous deux sur la faille (ou galerie) qui coure depuis
le secteur des citernes jusqu’en direction du presbytère et
du domaine… Il faut admettre qu’il peut s’agit d’un
hasard. Mais ce hasard se transformera en peau de chagrin lorsque nous ferons
part, ultérieurement, d’autres remarques à propos du
fameux ‘reposoir’. Notons déjà que ces deux bâtiments
s’alignent parfaitement en raison du fait qu’ils sont également
délimités, au nord, par un même mur qui est celui de
clôture du cimetière… et seule la porte de ce dernier,
les séparant, pouvait empêcher Saunière de les joindre.
Mais, ce que de nombreux chercheurs ignorent, c’est l’importance
de ce mur d’enclos qui délimitait autrefois un autre élément.
Ce sera l’objet d’une étude suivante.

L'axe depuis la pièce secrète et le triangle du jardin Saunière.
Revenons à l’intérieur de notre réduit…
Que pouvait bien cacher cet endroit si anodin ? Il n’y a pas de plafond
et le haut se termine au plancher de toiture et ses chevrons. On peut donc
raisonnablement penser que ce n’est pas vers le haut que se trouve
notre solution. Les murs sont en appareillage de pierres sans enduit et
montrent qu’aucune ouverture n’a existée ou été
pratiquée puis rebouchée… même avec minutie. La
lucarne n’ouvre sur rien de particulier et en tous cas ne permet pas
de visée spécifique.
Il nous reste à regarder le sol… On se demande alors pourquoi
Saunière n’a pas fait poursuivre le plancher sur tout ce petit
espace si ce n’est justement dans un but précis ? Au cas où
il ne veuille faire une extension du plancher il pouvait facilement faire
daller le sol. En vérité il se pourrait bien que notre abbé
ait intentionnellement voulu le sol dans son état naturel…
en terre battue.
Les
lézardes en alignement depuis la pièce secrète et le
calvaire.
En ce cas les détails, pour le moins curieux, peuvent s’imbriquer
dans ce scénario sans trop paraître déplacés
ou irréels.
- L’abbé Bérenger Saunière ‘sait’
que près de la sacristie il y a un lieu méritant toute son
attention.
- Il doit pouvoir y creuser ou dégager quelque chose en toute discrétion
car l’opération peut prendre un certain et demander des précautions
particulières.
- Il fait édifier ce petit local sur l’emplacement en question.
- Pour y accéder aussi facilement que sans éveiller la curiosité
il fait aménager l’accès depuis la sacristie en la cachant
derrière une double porte et dans une série de fermetures,
toutes identiques et ‘innocentes’ de placards muraux.
- Une fois l’édifice terminé il laisse le sol naturel
afin de poursuivre, sans casser ni plancher ni dalle, ses recherches en
profondeur (il n’y s’agir d’une autre direction que le
bas).
NB : les photos de cet article ne sont pas reproductibles sans autorisation.
André
Douzet