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Avis de recherche à
propos d’un pilier Les voies conduisant à un pilier oublié |
Tout
commence au Casteillas
On se souvient qu’au
cours de la visite d’un local, aux questions à propos d’un
pilier nous intriguant, il nous avait été répondu qu’il
provenait de Rennes-le-Château sans que nous puissions en savoir davantage.
Un ‘avis de recherche’ avait été lancé
sur les colonnes de notre site SP… sans grand espoir au demeurant.
Contre
toute attente, une réponse nous est parvenue accompagnée de
quelques documents photographiques et autres. Et ceci nous invite à
présenter une suite à cette enquête car il est bien
possible qu’une partie des vestiges retrouvés, il y a de nombreuses
années, correspondent à notre attente. Notre correspondant
nous envoie un cliché montrant une partie de colonne de pierre qui,
il faut bien l’admettre, ressemble par sa base à celle que
nous avions retrouvée. Une fois ce constat établi, il restait
à aller un peu plus loin dans cette enquête à l’aide
d’autres documents envoyés à la suite de cette photo.
Evidemment, les éléments que nous allons livrer ici resteront
hypothétiques car certains d’entre eux, non seulement sont
incomplets, mais d’autres pourraient être du domaine privé
de certaines personnes… pouvant toujours intervenir sur ces colonnes
si elles l’estiment utile. Il se pourrait donc, sous toutes les réserves
d’usage, que cet appareillage provienne d’un site près
de Rennes-le-Château : Le Casteillas. De tout temps, le lieu est soupçonné
d’avoir un étroit rapport avec le passé de Rennes, sinon
avec l’affaire elle-même. Louis Fédié est probablement
l’auteur qui s’est intéressé à cette hauteur
en des termes suffisamment affirmatifs pour qu’on puisse lui accorder
un sérieux crédit. Au demeurant ces déductions ont
de fortes chances d’être près d’une réalité
évidente. Il nous dit qu’une deuxième forteresse se
trouvait au midi de la cité de Rhéda… Ce bastion assurait,
sur cette face, une solide défense avancée. Hélas,
ce serait depuis ce point, sans doute pris d’assaut auparavant, qu’aurait
été lancée contre Rennes, en 1362, une attaque désastreuse
pour la cité conduite par les mercenaires catalans d’Henri
de Trastamare. Fédié, dans "Le comté de Razès
et le diocèse d'Alet",(1880), explique que, bien que le nom
de ‘Casteillas’ signifie ‘Grand Château’,
(ou ‘gros’ pour d’autres), il n’est rien resté
de ce bastion ni sur le terrain, ni dans les mémoires. Nous ajoutons
que, si ce ‘Château’ avait été si ‘Grand’
ou ‘gros’, il aurait impressionné la tradition et laissé,
au moins, d’importants soubassements enfouis sur le site lui-même.
Disons plus modestement qu’il devait s’agir, tout au plus, d’un
poste avancé ou d’une redoute en avant-poste en forme de motte
féodale. Ceci expliquerait que rien n’en serait resté
des contre-escarpes et palissades de bois. De toute manière, la poudre
ayant fait son apparition dans ‘l’art de la guerre’, une
défense de ce genre ne pouvait plus être très dissuasive
ni efficace face à de l’artillerie, même naissante.
D’autres, que cet auteur, comme l’abbé Sabarthès
avancent, à leurs risques et périls, que ce mamelon aurait
été, ni plus ni moins, l’emplacement de la cité
fortifiée de Rhédae elle-même. A propos d’emplacement,
le Casteillas est une petite élévation face à Rennes,
sur la rive gauche du ruisseau de Couleurs, au dessus des ‘Bals’.
Comme on le voit sur la carte I.G.N. au 1/25000e nous sommes à près
d’un km, au nord-est de Rennes, et… à la même distance
de Granès au sud, pendant qu’à l’est se trouve
le petit hameau de Soubirous.
Un
Casteillas peut cacher un autre château
A
ce propos nous tenons ici à signaler qu’un détail, pourtant
flagrant, ayant échappé (décidément ce n’est
plus une exception, mais une règle !) aux ténors RLCéens
pourrait bien mettre à terre toute la salade templière du
Bézu qui deviendrait alors un arbre de plus cachant la forêt
templière de ce secteur. Ce qui permettrait de dire que le piège
a parfaitement fonctionné puisque les inconditionnels des ‘couacs’
templiers du… Bézu s’y ruent sans avoir compris que c’était
un leurre dissimulant un autre lieu que, dans leur fureur à tout
savoir, ils ont complètement oublié ! Nous en reparlerons
plus tard bien qu’ici cet endroit oublié puisse être
en relation avec le Casteillas, ce qui donnerait à ce dernier un
éclairage justifiant les fortifications signalées par Fédié…
et leurs disparitions progressives de la tradition locale.
Toutefois, pour revenir à notre sommité, nous voyons que lors
de la vente à Raymond-Roger comte de Barcelone, du comté du
Razès par Raymond-Bernard et son épouse Ermengarde, il serait
question dans l’acte, des termes «ambos castros de Rhedez »,
ce qui signifierait qu’il y a bien deux châteaux à Rennes.
Alors, comme il ne peut y avoir d’autres emplacements fortifiés,
à propos de la cité de Rhedae, que Rennes et le Casteillas
il nous faut, jusqu’à nouvel ordre convenir de cet état
des choses et surtout du peu d’éléments qu’il
peut nous rester.
Un auteur souligne, dans ce sens, que les deux sites sont le pendant géologique
l’un de l’autre en ajoutant qu’il en est tout autant sur
les plans, ‘morphologique’, constitution minérale et
altitudes ! Il parait même qu’on trouve en cours de pente, de
cette colline, ça et là dans les friches, de gros blocs vaguement
taillés ne pouvant que provenir d’une ancienne enceinte, tout
comme sur le flanc sud on trouverait des restes d’appareillages similaires
encore vaguement maçonnés. Quoiqu’il en soit, la position
privilégiée de cette petite hauteur se prête d’office
à l’usage minimum d’un poste d’observation pouvant
retransmettre des informations à Rhedae sous formes de signaux de
fumée par exemple… et ceci, pour le moins, semble indéniable.
Un
beau jour d’aout 1980
On
en est là des remarques sur ce fameux Casteillas et ses aménagements
fortifiés, jusqu’au mois d’août de 1980 où
les choses semblent vouloir évoluer rapidement, comme nous allons
le voir maintenant. Cette portion de territoire est en friches et visiblement
sans intérêt pour les agriculteurs locaux. On dit même,
selon certains, que l’accès en serait peu aisé pour
ne pas dire difficile. Oui selon certains, mais ceci n’est pas l’avis
de tout le monde car d’autres s’y rendent assez discrètement,
rapporte à voix basse la rumeur locale. Elle ajoute même, cette
rumeur, que ce serait là le terrain d’investigation préféré
de « certains obscurs chercheurs »…
Ce sera plus précisément le 23 août, de cette année,
qu’un militaire appartenant au 3ème RPIMA de Carcassonne, fait
une découverte sur le site du Casteillas. Il serait allé plusieurs
fois faire quelques repérages autours des lieux et, cette fois- là,
son opiniâtreté est récompensée par plusieurs
découvertes étonnantes comme on peut en juger.
Tout d’abord, en guise de site inaccessible où personne ne
met les pieds, il se trouve face à une esplanade ayant été
nettoyé à grand coup de bulldozer… ce qui est pour le
moins surprenant à cet endroit réputé désert.
Mais la surprise ne s’arrête pas en si bon chemin car d’autres
traces de fouilles, sommaires, cette fois, apparaissent tout aussi nettement
sur l’aire de décapage. Ce serait à proximité
des ces ‘sondages’ que ce témoin aurait vu des appareillages
d’encadrement de porte, composés de pierres soigneusement taillées.
Mais, bonne fille, la surprise ce jour se montre généreuse.
Un peu plus loin, sans doute dans la taille d’une déclivité,
un dégagement dans les friches montre une cavité trop bien
agencée pour être la sortie d’une faille naturelle ou
aven.

Une
réalité nettement moins mystérieuse
Notre aventurier se promet de revenir… mais, sans doute à la
suite d’une indiscrétion, un journaliste vient fourrer son
nez dans l’événement et le fait stupidement éclater
au grand jour. Et ce sera la ruée !!!
Nous allons revenir sur ces vestiges de constructions, mais auparavant nous
poursuivons dans les faits eux même à propos de ce site. On
s’aperçoit alors très vite que l’endroit, loin
d’être déserté par tous est en réalité
devenu une propriété privée appartenant à monsieur
Philippe Schrauben (membre de la Société d’Etudes Scientifiques
de l’Aude). Celui-ci est un éditeur commençant à
être bien connu du milieu des deux Rennes, car il se spécialise
dans de superbes rééditions d’ouvrages anciens sur le
sujet (Abbé Boudet, Fédié, Sabathez…etc.) et
prend pour adresse de référence… « Casteillas
», à Rennes-le-Château !
On peut difficilement faire plus. Depuis, on apprend qu’il envisageait
d’important travaux d’aménagement sur ce site, mais que,
pour des raisons dont nous ignorons tout, il n’ait pas obtenu l’aval
des autorités compétentes, peut-être en matière
de permis de construire par exemple.
Toujours est-il qu’un article parait dans Le Midi Libre du 28 aout
de la même année. Il est vrai qu’en août les journalistes
pigistes du secteur sont gourmands de ce genre de ‘news’ pour
assurer la dose d’insolite destinée au touriste en mal du mystère
de Rennes-le-Château. Et toute la panoplie y passe… D’abord
un titre ronflant au possible, promettant au lecteur « Des vestiges
qui font ressurgir… le mystère ». Ensuite c’est
un brossage du tableau de Rennes et de ses tristes chasseurs habituels.
Enfin, voici le plat de résistance avec les aventures du parachutiste
Patrick Potpovitny qu’on imagine aujourd’hui sur fond de musique
du film Indiana Jones s’intensifiant à chaque titre de sous
chapitre… Le mot ‘temple’ est enfin lâché
car c’est une valeur sûre en la matière de cette énigme
dont le fin mot nous est promis car c’est un « à suivre
» prometteur… qui ne tiendra surtout pas sa promesse car en
guise de suite c’est surtout monsieur Philippe Schrauben qui la présente
sous la forme d’un cinglant droit de réponse cette fois dans
les colonne de L’Indépendant en date du 12 septembre sous le
titre sans équivoque de «les vestiges du Casteillas : une énigme
en forme de canular ». En réalité il ne s’agirait
là que de pierres récupérées en attente d’être
réemployées dans une construction contemporaine. La riposte
se double d’un courrier adressé de Bruxelles, le 17 septembre
1980, à monsieur Lambège maire de Rennes-le-Château,
ainsi rédigée :
« Je me permets de vous écrire pour vous
faire parvenir copie de l’article que mes hommes
d’affaires et moi-même avons jugé bon de faire
paraître dans la presse locale.
Je crois que ceci dissuadera d’autres
fouilleurs éventuels de faire trop de publicité sur
leurs vandalismes à couleur d’archéologie.
Dans l’attente de retrouver les gens
de Rennes, veuillez agréer monsieur Lambège, l’expression
de mes
sentiments les plus distingués ».
La
messe est dite et, sans doute, ce premier journaliste saura t’il se
montrer plus prudent pour les suites qu’il donnera, des années
durant, à ce genre d’incident.
Si cette affaire est bénigne, elle a au moins le mérite de
montrer que, sur le Casteillas, il peut y avoir des choses bien plus intéressantes
que quelques maladresses médiatiques qui n’ont pas pris au
sérieux cette rumeur prétendant que « sur cette colline,
il n’y a rien de bon à trouver » ? Ce qui, convenons-en,
ne signifie pas qu’il n’y ait rien… mais, que ce qu’il
est possible d’y découvrir, n’est pas visiblement à
saisir sans prudence ni précaution, car la sagesse populaire ne s’y
est jamais trompé, il n’y a pas de fumée sans feu.

Des
cavités numérotées ?
Revenons
à présent sur ce plateau du Casteillas et ces ‘curiosités’.
En lisant l’article du Midi Libre on nous dit que « En parcourant
les abords de la colline, Potpovitny et ses amis distinguaient sur les flans(sic),
des grottes creusées selon toute apparence, de main humaine.
Des inscriptions à la peinture numérote ces grottes. Il ne
fait aucun doute que cette colline a été prospectée
et habitée. Par qui ? Pourquoi ? A quelle époque ? Autant
de questions auxquelles voudrait bien répondre notre para qui a le
sentiment d’avoir fait une découverte importante » (les
fautes d’orthographes sont celles du texte).
Cet article est bien connu, et on le retrouve ça et là sur
quelques sites RLCéens. Aussi nous sommes très étonnés
qu’une phrase soit supprimée du passage ci-dessus, il s’agit
de celle-ci : « Des inscriptions à la peinture numérote
ces grottes ». Ce passage est forcément connu puisque plus
loin l’auteur de l’article prétend s’être
rendu, photo à l’appui, vers ces grottes… Il a donc,
de fait, lu comme nous, cette phrase qu’il supprime sans raison apparente.
Ce ‘numérotage’, en vérité n’a rigoureusement
rien d’étonnant ni de mystérieux puisque c’est
celui habituellement fait lors du recensement d’un site par les archéologues
de la DRAC… comme on a pu le voir dans des cavités que nous
avons visitées avec l’un d’eux sur le secteur de Périllos.
Ce ‘marquage’ montre simplement que ce site, et certains de
ces points intéressants, ont été catalogués
lors d’une prospection antérieure. C’est ce qui nous
a permis de retrouver une série de clichés montrant bien que
d’autres cavités existent… avec des gravures… et
que ces dernières ont échappées, une fois encore, aux
maîtres du mystère des deux Rennes ! Décidément,
ce genre de recherche devient, avec les comptes de Saunière, une
vraie passoire malgré le ton docte donné aux exposés
incomplets. Pour en revenir à ces ouvertures, à même
le talonnement, l’une d’entre elles est simplement une évacuation
d’eau permettant, autrefois, de drainer les infiltrations par gros
temps afin d’éviter au terrain supérieur d’être
grugé. Un autre aven plus profond s’élargit au bout
de cinq mètres mais, présentant un dangereux éboulement,
personne n’a pu aller plus loin vérifier si l’apparence
de traces d’outils confirmait ou non, qu’il s’agissait
là d’une mine ou d’une sape abandonnée. A notre
connaissance il y aurait eu 4 de ces vestiges répertoriés…
Un de nos correspondants s’est alors rendu sur site. Après
une facile localisation de celle probablement en référence
dans l’article, en tous cas lui ressemblant assez, à pu tirer
quelques clichés I.R… confirmant que derrière l’obstacle
le vide se poursuit, sans qu’on sache malheureusement jusqu’où,
ni ce qu’il peut éventuellement contenir.
Notons que la plupart des textes rapportant les curiosités de ce
lieux font souvent mentions de PLUSIEURS cavités et, à notre
grand étonnement, ceux prétendant avoir prospecté le
secteur ne font toujours état que d’UNE d’entre elles
en l’affublant, un du terme de tombeau, un autre d’habitation
ou enfin de… souterrain. Ce manque de curiosité en la matière
est pour le moins inhabituel pour ne pas dire ahurissant ! A moins bien
entendu, que tous n’aient jamais trouvé qu’un seul de
ces orifices et ce serait une marque de manque de persévérance
notoire difficile à croire ? Pour notre part nous présenterons
une étude complète du site avec les détails semblant
manquer cruellement aux autres chercheurs sur le Casteillas, dont ceux sur
ce qu’alors nous appellerons simplement « l’abri aux gravures
».
Une
suite en forme de ‘flop’…
La suite ? Et bien la suite est simple, car les vestiges disparaîtront
rapidement enlevés, sans doute par le propriétaire souhaitant
les mettre à l’abri des habituels pillards RLCéens.
Cependant si cet épisode a été monté en épingle
de manière navrante par un journaliste, en mal de pige en ces périodes
d’août 1980, il n’en
reste pas moins qu’une supposition finit par germer depuis l’incident.
Ces vestiges peuvent avoir été effectivement des ‘pièces
rapportées et stockées’ n’ayant rien à
voir avec ce qui se trouvait auparavant sur le site. En échange,
ceci n’empêche pas ce secteur de conserver des témoignages
archéologiques en profondeur, ayant été sommairement
mis à jour mais non dégagés totalement… puis
recouverts à nouveau par un engin de chantier. Au demeurant, c’est
peut-être ce que dut apercevoir le fameux Patrick Potpovitny dans
les sillons marqués par l’engin de chantier et qu’il
aurait identifié, sous réserve de ses compétences en
la matière, comme « des vestiges d’une demeure dont l’origine
reste indéterminée » ? Ce serait cette fois très
possible, et notre ‘explorateur’ les estimerait du XIIe ou XIIIe
siècle, ce qui pourrait correspondre aux périodes où
la sommité abritait une redoute ou forteresse en appui de celle de
la Rennes médiévale. Ce serait d’autant plus intéressant,
si c’était vrai, que sous ces vestiges se trouveraient, alors,
ceux bien plus anciens des temps antiques, et là nous serions sur
une découverte majeure.

Des
propos journalistiques démesurés ?
Notre
correspondant à connu ce militaire… Mais, quant à savoir
si aujourd’hui ce dernier est encore joignable, c’est une autre
histoire. Si tel était le cas, il serait avantageux de savoir ce
qu’il en est des rumeurs prétendant qu’il aurait également
vu « les marques de fondations d’un édifice d’une
taille rappelant celle de la tour magdala » (citation de l’article
du Midi Libre). Certes, pourquoi pas ??? Mais, en ce qui nous concerne,
nous émettons plusieurs remarques sur ce propos purement journalistique.
En étudiant les circonstances, il doit s’agir d’une découverte
fortuite, donc imprévue, et, dans ce cas, on imagine mal un ‘explorateur’
sur un terrain qu’il sait difficile, encombré et broussailleux,
s’embarrasser d’instruments de mesures topographiques. De plus,
il semble que les travaux de ‘tractopelle’ n’avaient pas
pour but premier de dégager des vestiges archéologiques. De
fait, rien de minutieux dans ce décapage n’était de
mise et, s’il y eu un défrichage, il ne pouvait qu’être
superficiel, donc sans dégagement à une profondeur susceptible
de montrer plus de détails sur les soubassements aperçus.
Nous restons donc extrêmement prudent quand l’article rapporte
qu’il s’agit là « d’une taille rappelant
celle de la tour Magdala », qui reste une affirmation faite sans mesure
et dont le but n’est, en fait, que de faire monter la pression du
mystère potentiel.
Incohérence
pour une tour
Toutefois,
il reste admissible qu’il y ait eu une tour à cet emplacement
en raison de l’existence potentielle d’une forteresse…
encore qu’une tour des dimensions de base de la tour Magdala soit
un peu risible pour une défense avancée. Notons à ce
sujet qu’à aucun moment, notre ‘découvreur’
ou ses ‘rapporteurs’ ne mentionnent les assises d’un mur
de défense relié à cette ‘tour’. Ceci rend
la thèse d’une importante pièce de défense telle
qu’on veut bien nous suggérer,comme peu plausible. Enfin, nous
tordrons définitivement le cou à cette hypothèse en
disant que, si, par un hasard miraculeux, les dimensions des deux ‘pièces’
sont identiques, eh bien, ce ne serait pas celle du Casteillas qui serait
la même que celle de BS, mais… bel et bien l’inverse!
A ce moment, il aurait fallu que l’abbé Saunière, d’abord
ait une connaissance extrêmement précise de l’existence
de restes de défenses sur ce sommet au point d’y aller directement
sans hésiter. Ensuite, cette information aurait nécessité
qu’il fasse ensuite un important terrassement sur ce site pour y retrouver
les dimensions en question… sans tractopelle ni engins lourds de terrassement.
Enfin, et surtout, ces dimensions auraient dû contenir des données
ésotériques et initiatiques formidables, sues par ce curé,
pour lui servir de modèle dans son domaine. Ceci, à notre
connaissance, n’a jamais été le cas! Donc, nous sommes
bien là devant un bel exercice de ‘lancer de poudre aux yeux’,
dont la raison serait amusante à connaître.
La
clé de voûte de VIDALA
Il y a une suite encore plus affligeante à cette affaire. Parmi les
pièces, formant partiellement le tableau d’ouverture en pierres
retrouvées ici, se trouvent les morceaux d’un linteau portant,
comme on le voit sur les clichés, l’inscription « VIDALA
1870 ». Cette date exclue d’elle-même l’appartenance
de son appareillage à une forteresse médiévale et,
tout autant, celle de l’existence d’une demeure cossue de l’époque
de Saunière sur ce sommet, sinon, nous le saurions par quelques archives
peu anciennes. Là, il faut bien l’admettre, sans autre forme
de procès, il ne peut s’agir que d’éléments
d’architecture rapportés par le propriétaire des lieux.
Evidemment, ce nom « VIDALA » arrange bien nos ténors
en « je sais tout », car ils en rajoutent une couche en expliquant
que, forcément, ce nom se rapproche tellement de… «MAGDALLA»…
qu’il ne peut s’agir d’une coïncidence… imposant
que nous soyons là devant une pièce importante de l’énigme
RLCéenne. Au demeurant une couche de finition est appliquée
sous la forme d’un tracé, laborieusement raccordé d’un
seul coup à la dalle funéraire de Marie de Nègre d’Ables,
son tracé magique, Arques, les Pontils et le fameux tombeau et bien
entendu l’abbé Bigou… mais comment la horde des ténors
n’y avaient-ils pas songé avant ???!!! On croit rêver
!
Encore une fois, pour
notre part, nous nous penchons sur le cliché de cette inscription
en « clef » de linteau. Si on regarde bien attentivement, on
le peut car celui-ci est de bonne définition, on peut voir écrit
effectivement VIDALA… mais le dernier A est suivi, tout en haut à
droite, d’un petit carré dont l’explication n’est
pas évidente au premier coup d’œil. Ce tracé est
trop régulier et minutieux pour être une fantaisie naturelle
de la pierre, ou le fait d’un tailleur de pierre voulant faire ‘bonne
mesure’ en matière de lettres ou caractères. Ce détail
s’il avait été vu et étudié par nos «
maîtres du mystère » aurait pu leur apporter un élément
précis sur le lieu d’origine de ce tableau d’ouverture.
Mais ceci est une autre histoire que nous réservons pour une prochaine
présentation ?
En
provisoire conclusion
En
conclusion, toute provisoire pour l’instant, nous pensons effectivement
que plusieurs découvertes ont eu lieu sur ce plateau face à
Rennes en cette année 1980. Cependant, celle annoncée à
grand fracas, et reprise doctement par quelques ténors, est sans
doute la plus inutile car probablement fausse ou déformée
à un point tel qu’elle est inexploitable, comme nous l’avons
vu. En échange, les éléments semblant pris secondairement
en compte, eux sont de première importance sur un plan historique,
archéologique et scientifique. C’est pourtant ces derniers
qui passent d’abord au second plan et ensuite à la trappe !
Concernant les travaux de la SP nous agirons à l’opposé
en poursuivant dès à présent des recherches sur ce
lieu et son passé. De plus, cette perspective nous permet de constater
que les éclairages outrancièrement tournés vers le
Bézu cachent autre chose qui apparaît à l’étude
de ce Casteillas. Cet ‘autre chose’ montre, par là que
personne n’a tenu compte du fait qu’il se pourrait qu’un
autre emplacement soit le premier plan de cette place templière condamnée
à un faux premier rôle et l’ineptie… telle que
le montrent plusieurs historiens affirmant l’impossibilité
des affirmations d’importance templière du Bézu.
Tout ceci nous montre qu’en partant d’un pilier hasardeusement
vu lors d’une de nos visites de sites, loin de Rennes-le-Château,
on peut revenir à une piste soit inconnue, soit oubliée de
cette affaire. Il semble donc de bon ton de terminer sur cette pièce
de construction à l’origine de ce périple dans l’histoire
et la géographie du Razès.
Il est temps de dire qu’en
effet les images prises au Casteillas de morceaux de colonnes ressemblent
à s’y méprendre à la colonne de notre premier
périple, moins le chapiteau dont les clichés de plein air
ne font pas état. Le peu d’informations obtenues sur la pièce
reconstituée tendent elles aussi dans la même direction que
celle du Casteillas.
Quant à ces informations, elles contiennent un indice qui renforce
notre faisceau de convergence de l’épisode Bézu quant
à la première origine de cette colonne ‘finie’
et réutilisée… et ce n’en est que la plus partie
émergée comme nous le verrons précisément dans
une autre étude sur le Bézu, car, à ce stade, en dire
plus revient à en dire trop.
Pour en terminer avec le chapiteau orné de sculptures de boules,
si nous n’avons pas trouvé d’explication de ce symbolisme
présenté sur un panier de colonnes, nous avons des exemples
de décors similaires… dans la cathédrale de St Bertrand
du Comminges comme nous l’avons constaté lors d’une autre
mission de la Société Périllos à propos de l’ordre
du Temple! Le monde des corridors de l’affaire de Rennes-le-Château
est
bien petit… et bien grand parfois.
A suivre !
NB. Un grand merci, une fois encore, à ‘LIO’ pour les informations qu’il a bien voulu nous confier et pour l’autorisation à reproduire les photographies accompagnant cet article. Ces dernières sont, au demeurant, interdites de reproduction sans autorisation de leur propriétaire.
André
Douzet