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Société Périllos ©

Avis de recherche à propos d’un pilier
Les voies conduisant à un pilier oublié

 

Tout commence au Casteillas

On se souvient qu’au cours de la visite d’un local, aux questions à propos d’un pilier nous intriguant, il nous avait été répondu qu’il provenait de Rennes-le-Château sans que nous puissions en savoir davantage. Un ‘avis de recherche’ avait été lancé sur les colonnes de notre site SP… sans grand espoir au demeurant.

Contre toute attente, une réponse nous est parvenue accompagnée de quelques documents photographiques et autres. Et ceci nous invite à présenter une suite à cette enquête car il est bien possible qu’une partie des vestiges retrouvés, il y a de nombreuses années, correspondent à notre attente. Notre correspondant nous envoie un cliché montrant une partie de colonne de pierre qui, il faut bien l’admettre, ressemble par sa base à celle que nous avions retrouvée. Une fois ce constat établi, il restait à aller un peu plus loin dans cette enquête à l’aide d’autres documents envoyés à la suite de cette photo.
Evidemment, les éléments que nous allons livrer ici resteront hypothétiques car certains d’entre eux, non seulement sont incomplets, mais d’autres pourraient être du domaine privé de certaines personnes… pouvant toujours intervenir sur ces colonnes si elles l’estiment utile. Il se pourrait donc, sous toutes les réserves d’usage, que cet appareillage provienne d’un site près de Rennes-le-Château : Le Casteillas. De tout temps, le lieu est soupçonné d’avoir un étroit rapport avec le passé de Rennes, sinon avec l’affaire elle-même. Louis Fédié est probablement l’auteur qui s’est intéressé à cette hauteur en des termes suffisamment affirmatifs pour qu’on puisse lui accorder un sérieux crédit. Au demeurant ces déductions ont de fortes chances d’être près d’une réalité évidente. Il nous dit qu’une deuxième forteresse se trouvait au midi de la cité de Rhéda… Ce bastion assurait, sur cette face, une solide défense avancée. Hélas, ce serait depuis ce point, sans doute pris d’assaut auparavant, qu’aurait été lancée contre Rennes, en 1362, une attaque désastreuse pour la cité conduite par les mercenaires catalans d’Henri de Trastamare. Fédié, dans "Le comté de Razès et le diocèse d'Alet",(1880), explique que, bien que le nom de ‘Casteillas’ signifie ‘Grand Château’, (ou ‘gros’ pour d’autres), il n’est rien resté de ce bastion ni sur le terrain, ni dans les mémoires. Nous ajoutons que, si ce ‘Château’ avait été si ‘Grand’ ou ‘gros’, il aurait impressionné la tradition et laissé, au moins, d’importants soubassements enfouis sur le site lui-même. Disons plus modestement qu’il devait s’agir, tout au plus, d’un poste avancé ou d’une redoute en avant-poste en forme de motte féodale. Ceci expliquerait que rien n’en serait resté des contre-escarpes et palissades de bois. De toute manière, la poudre ayant fait son apparition dans ‘l’art de la guerre’, une défense de ce genre ne pouvait plus être très dissuasive ni efficace face à de l’artillerie, même naissante.
D’autres, que cet auteur, comme l’abbé Sabarthès avancent, à leurs risques et périls, que ce mamelon aurait été, ni plus ni moins, l’emplacement de la cité fortifiée de Rhédae elle-même. A propos d’emplacement, le Casteillas est une petite élévation face à Rennes, sur la rive gauche du ruisseau de Couleurs, au dessus des ‘Bals’. Comme on le voit sur la carte I.G.N. au 1/25000e nous sommes à près d’un km, au nord-est de Rennes, et… à la même distance de Granès au sud, pendant qu’à l’est se trouve le petit hameau de Soubirous.

Un Casteillas peut cacher un autre château

A ce propos nous tenons ici à signaler qu’un détail, pourtant flagrant, ayant échappé (décidément ce n’est plus une exception, mais une règle !) aux ténors RLCéens pourrait bien mettre à terre toute la salade templière du Bézu qui deviendrait alors un arbre de plus cachant la forêt templière de ce secteur. Ce qui permettrait de dire que le piège a parfaitement fonctionné puisque les inconditionnels des ‘couacs’ templiers du… Bézu s’y ruent sans avoir compris que c’était un leurre dissimulant un autre lieu que, dans leur fureur à tout savoir, ils ont complètement oublié ! Nous en reparlerons plus tard bien qu’ici cet endroit oublié puisse être en relation avec le Casteillas, ce qui donnerait à ce dernier un éclairage justifiant les fortifications signalées par Fédié… et leurs disparitions progressives de la tradition locale.
Toutefois, pour revenir à notre sommité, nous voyons que lors de la vente à Raymond-Roger comte de Barcelone, du comté du Razès par Raymond-Bernard et son épouse Ermengarde, il serait question dans l’acte, des termes «ambos castros de Rhedez », ce qui signifierait qu’il y a bien deux châteaux à Rennes. Alors, comme il ne peut y avoir d’autres emplacements fortifiés, à propos de la cité de Rhedae, que Rennes et le Casteillas il nous faut, jusqu’à nouvel ordre convenir de cet état des choses et surtout du peu d’éléments qu’il peut nous rester.
Un auteur souligne, dans ce sens, que les deux sites sont le pendant géologique l’un de l’autre en ajoutant qu’il en est tout autant sur les plans, ‘morphologique’, constitution minérale et altitudes ! Il parait même qu’on trouve en cours de pente, de cette colline, ça et là dans les friches, de gros blocs vaguement taillés ne pouvant que provenir d’une ancienne enceinte, tout comme sur le flanc sud on trouverait des restes d’appareillages similaires encore vaguement maçonnés. Quoiqu’il en soit, la position privilégiée de cette petite hauteur se prête d’office à l’usage minimum d’un poste d’observation pouvant retransmettre des informations à Rhedae sous formes de signaux de fumée par exemple… et ceci, pour le moins, semble indéniable.

Un beau jour d’aout 1980

On en est là des remarques sur ce fameux Casteillas et ses aménagements fortifiés, jusqu’au mois d’août de 1980 où les choses semblent vouloir évoluer rapidement, comme nous allons le voir maintenant. Cette portion de territoire est en friches et visiblement sans intérêt pour les agriculteurs locaux. On dit même, selon certains, que l’accès en serait peu aisé pour ne pas dire difficile. Oui selon certains, mais ceci n’est pas l’avis de tout le monde car d’autres s’y rendent assez discrètement, rapporte à voix basse la rumeur locale. Elle ajoute même, cette rumeur, que ce serait là le terrain d’investigation préféré de « certains obscurs chercheurs »…
Ce sera plus précisément le 23 août, de cette année, qu’un militaire appartenant au 3ème RPIMA de Carcassonne, fait une découverte sur le site du Casteillas. Il serait allé plusieurs fois faire quelques repérages autours des lieux et, cette fois- là, son opiniâtreté est récompensée par plusieurs découvertes étonnantes comme on peut en juger.
Tout d’abord, en guise de site inaccessible où personne ne met les pieds, il se trouve face à une esplanade ayant été nettoyé à grand coup de bulldozer… ce qui est pour le moins surprenant à cet endroit réputé désert. Mais la surprise ne s’arrête pas en si bon chemin car d’autres traces de fouilles, sommaires, cette fois, apparaissent tout aussi nettement sur l’aire de décapage. Ce serait à proximité des ces ‘sondages’ que ce témoin aurait vu des appareillages d’encadrement de porte, composés de pierres soigneusement taillées. Mais, bonne fille, la surprise ce jour se montre généreuse. Un peu plus loin, sans doute dans la taille d’une déclivité, un dégagement dans les friches montre une cavité trop bien agencée pour être la sortie d’une faille naturelle ou aven.

Une réalité nettement moins mystérieuse

Notre aventurier se promet de revenir… mais, sans doute à la suite d’une indiscrétion, un journaliste vient fourrer son nez dans l’événement et le fait stupidement éclater au grand jour. Et ce sera la ruée !!!
Nous allons revenir sur ces vestiges de constructions, mais auparavant nous poursuivons dans les faits eux même à propos de ce site. On s’aperçoit alors très vite que l’endroit, loin d’être déserté par tous est en réalité devenu une propriété privée appartenant à monsieur Philippe Schrauben (membre de la Société d’Etudes Scientifiques de l’Aude). Celui-ci est un éditeur commençant à être bien connu du milieu des deux Rennes, car il se spécialise dans de superbes rééditions d’ouvrages anciens sur le sujet (Abbé Boudet, Fédié, Sabathez…etc.) et prend pour adresse de référence… « Casteillas », à Rennes-le-Château !
On peut difficilement faire plus. Depuis, on apprend qu’il envisageait d’important travaux d’aménagement sur ce site, mais que, pour des raisons dont nous ignorons tout, il n’ait pas obtenu l’aval des autorités compétentes, peut-être en matière de permis de construire par exemple.
Toujours est-il qu’un article parait dans Le Midi Libre du 28 aout de la même année. Il est vrai qu’en août les journalistes pigistes du secteur sont gourmands de ce genre de ‘news’ pour assurer la dose d’insolite destinée au touriste en mal du mystère de Rennes-le-Château. Et toute la panoplie y passe… D’abord un titre ronflant au possible, promettant au lecteur « Des vestiges qui font ressurgir… le mystère ». Ensuite c’est un brossage du tableau de Rennes et de ses tristes chasseurs habituels. Enfin, voici le plat de résistance avec les aventures du parachutiste Patrick Potpovitny qu’on imagine aujourd’hui sur fond de musique du film Indiana Jones s’intensifiant à chaque titre de sous chapitre… Le mot ‘temple’ est enfin lâché car c’est une valeur sûre en la matière de cette énigme dont le fin mot nous est promis car c’est un « à suivre » prometteur… qui ne tiendra surtout pas sa promesse car en guise de suite c’est surtout monsieur Philippe Schrauben qui la présente sous la forme d’un cinglant droit de réponse cette fois dans les colonne de L’Indépendant en date du 12 septembre sous le titre sans équivoque de «les vestiges du Casteillas : une énigme en forme de canular ». En réalité il ne s’agirait là que de pierres récupérées en attente d’être réemployées dans une construction contemporaine. La riposte se double d’un courrier adressé de Bruxelles, le 17 septembre 1980, à monsieur Lambège maire de Rennes-le-Château, ainsi rédigée :
« Je me permets de vous écrire pour vous
faire parvenir copie de l’article que mes hommes
d’affaires et moi-même avons jugé bon de faire
paraître dans la presse locale.
Je crois que ceci dissuadera d’autres
fouilleurs éventuels de faire trop de publicité sur
leurs vandalismes à couleur d’archéologie.
Dans l’attente de retrouver les gens
de Rennes, veuillez agréer monsieur Lambège, l’expression de mes
sentiments les plus distingués ».

La messe est dite et, sans doute, ce premier journaliste saura t’il se montrer plus prudent pour les suites qu’il donnera, des années durant, à ce genre d’incident.
Si cette affaire est bénigne, elle a au moins le mérite de montrer que, sur le Casteillas, il peut y avoir des choses bien plus intéressantes que quelques maladresses médiatiques qui n’ont pas pris au sérieux cette rumeur prétendant que « sur cette colline, il n’y a rien de bon à trouver » ? Ce qui, convenons-en, ne signifie pas qu’il n’y ait rien… mais, que ce qu’il est possible d’y découvrir, n’est pas visiblement à saisir sans prudence ni précaution, car la sagesse populaire ne s’y est jamais trompé, il n’y a pas de fumée sans feu.

Des cavités numérotées ?

Revenons à présent sur ce plateau du Casteillas et ces ‘curiosités’. En lisant l’article du Midi Libre on nous dit que « En parcourant les abords de la colline, Potpovitny et ses amis distinguaient sur les flans(sic), des grottes creusées selon toute apparence, de main humaine.
Des inscriptions à la peinture numérote ces grottes. Il ne fait aucun doute que cette colline a été prospectée et habitée. Par qui ? Pourquoi ? A quelle époque ? Autant de questions auxquelles voudrait bien répondre notre para qui a le sentiment d’avoir fait une découverte importante » (les fautes d’orthographes sont celles du texte).
Cet article est bien connu, et on le retrouve ça et là sur quelques sites RLCéens. Aussi nous sommes très étonnés qu’une phrase soit supprimée du passage ci-dessus, il s’agit de celle-ci : « Des inscriptions à la peinture numérote ces grottes ». Ce passage est forcément connu puisque plus loin l’auteur de l’article prétend s’être rendu, photo à l’appui, vers ces grottes… Il a donc, de fait, lu comme nous, cette phrase qu’il supprime sans raison apparente. Ce ‘numérotage’, en vérité n’a rigoureusement rien d’étonnant ni de mystérieux puisque c’est celui habituellement fait lors du recensement d’un site par les archéologues de la DRAC… comme on a pu le voir dans des cavités que nous avons visitées avec l’un d’eux sur le secteur de Périllos. Ce ‘marquage’ montre simplement que ce site, et certains de ces points intéressants, ont été catalogués lors d’une prospection antérieure. C’est ce qui nous a permis de retrouver une série de clichés montrant bien que d’autres cavités existent… avec des gravures… et que ces dernières ont échappées, une fois encore, aux maîtres du mystère des deux Rennes ! Décidément, ce genre de recherche devient, avec les comptes de Saunière, une vraie passoire malgré le ton docte donné aux exposés incomplets. Pour en revenir à ces ouvertures, à même le talonnement, l’une d’entre elles est simplement une évacuation d’eau permettant, autrefois, de drainer les infiltrations par gros temps afin d’éviter au terrain supérieur d’être grugé. Un autre aven plus profond s’élargit au bout de cinq mètres mais, présentant un dangereux éboulement, personne n’a pu aller plus loin vérifier si l’apparence de traces d’outils confirmait ou non, qu’il s’agissait là d’une mine ou d’une sape abandonnée. A notre connaissance il y aurait eu 4 de ces vestiges répertoriés… Un de nos correspondants s’est alors rendu sur site. Après une facile localisation de celle probablement en référence dans l’article, en tous cas lui ressemblant assez, à pu tirer quelques clichés I.R… confirmant que derrière l’obstacle le vide se poursuit, sans qu’on sache malheureusement jusqu’où, ni ce qu’il peut éventuellement contenir.
Notons que la plupart des textes rapportant les curiosités de ce lieux font souvent mentions de PLUSIEURS cavités et, à notre grand étonnement, ceux prétendant avoir prospecté le secteur ne font toujours état que d’UNE d’entre elles en l’affublant, un du terme de tombeau, un autre d’habitation ou enfin de… souterrain. Ce manque de curiosité en la matière est pour le moins inhabituel pour ne pas dire ahurissant ! A moins bien entendu, que tous n’aient jamais trouvé qu’un seul de ces orifices et ce serait une marque de manque de persévérance notoire difficile à croire ? Pour notre part nous présenterons une étude complète du site avec les détails semblant manquer cruellement aux autres chercheurs sur le Casteillas, dont ceux sur ce qu’alors nous appellerons simplement « l’abri aux gravures ».

Une suite en forme de ‘flop’…

La suite ? Et bien la suite est simple, car les vestiges disparaîtront rapidement enlevés, sans doute par le propriétaire souhaitant les mettre à l’abri des habituels pillards RLCéens. Cependant si cet épisode a été monté en épingle de manière navrante par un journaliste, en mal de pige en ces périodes d’août 1980, il n’en
reste pas moins qu’une supposition finit par germer depuis l’incident.
Ces vestiges peuvent avoir été effectivement des ‘pièces rapportées et stockées’ n’ayant rien à voir avec ce qui se trouvait auparavant sur le site. En échange, ceci n’empêche pas ce secteur de conserver des témoignages archéologiques en profondeur, ayant été sommairement mis à jour mais non dégagés totalement… puis recouverts à nouveau par un engin de chantier. Au demeurant, c’est peut-être ce que dut apercevoir le fameux Patrick Potpovitny dans les sillons marqués par l’engin de chantier et qu’il aurait identifié, sous réserve de ses compétences en la matière, comme « des vestiges d’une demeure dont l’origine reste indéterminée » ? Ce serait cette fois très possible, et notre ‘explorateur’ les estimerait du XIIe ou XIIIe siècle, ce qui pourrait correspondre aux périodes où la sommité abritait une redoute ou forteresse en appui de celle de la Rennes médiévale. Ce serait d’autant plus intéressant, si c’était vrai, que sous ces vestiges se trouveraient, alors, ceux bien plus anciens des temps antiques, et là nous serions sur une découverte majeure.

Des propos journalistiques démesurés ?

Notre correspondant à connu ce militaire… Mais, quant à savoir si aujourd’hui ce dernier est encore joignable, c’est une autre histoire. Si tel était le cas, il serait avantageux de savoir ce qu’il en est des rumeurs prétendant qu’il aurait également vu « les marques de fondations d’un édifice d’une taille rappelant celle de la tour magdala » (citation de l’article du Midi Libre). Certes, pourquoi pas ??? Mais, en ce qui nous concerne, nous émettons plusieurs remarques sur ce propos purement journalistique. En étudiant les circonstances, il doit s’agir d’une découverte fortuite, donc imprévue, et, dans ce cas, on imagine mal un ‘explorateur’ sur un terrain qu’il sait difficile, encombré et broussailleux, s’embarrasser d’instruments de mesures topographiques. De plus, il semble que les travaux de ‘tractopelle’ n’avaient pas pour but premier de dégager des vestiges archéologiques. De fait, rien de minutieux dans ce décapage n’était de mise et, s’il y eu un défrichage, il ne pouvait qu’être superficiel, donc sans dégagement à une profondeur susceptible de montrer plus de détails sur les soubassements aperçus.
Nous restons donc extrêmement prudent quand l’article rapporte qu’il s’agit là « d’une taille rappelant celle de la tour Magdala », qui reste une affirmation faite sans mesure et dont le but n’est, en fait, que de faire monter la pression du mystère potentiel.

Incohérence pour une tour

Toutefois, il reste admissible qu’il y ait eu une tour à cet emplacement en raison de l’existence potentielle d’une forteresse… encore qu’une tour des dimensions de base de la tour Magdala soit un peu risible pour une défense avancée. Notons à ce sujet qu’à aucun moment, notre ‘découvreur’ ou ses ‘rapporteurs’ ne mentionnent les assises d’un mur de défense relié à cette ‘tour’. Ceci rend la thèse d’une importante pièce de défense telle qu’on veut bien nous suggérer,comme peu plausible. Enfin, nous tordrons définitivement le cou à cette hypothèse en disant que, si, par un hasard miraculeux, les dimensions des deux ‘pièces’ sont identiques, eh bien, ce ne serait pas celle du Casteillas qui serait la même que celle de BS, mais… bel et bien l’inverse! A ce moment, il aurait fallu que l’abbé Saunière, d’abord ait une connaissance extrêmement précise de l’existence de restes de défenses sur ce sommet au point d’y aller directement sans hésiter. Ensuite, cette information aurait nécessité qu’il fasse ensuite un important terrassement sur ce site pour y retrouver les dimensions en question… sans tractopelle ni engins lourds de terrassement. Enfin, et surtout, ces dimensions auraient dû contenir des données ésotériques et initiatiques formidables, sues par ce curé, pour lui servir de modèle dans son domaine. Ceci, à notre connaissance, n’a jamais été le cas! Donc, nous sommes bien là devant un bel exercice de ‘lancer de poudre aux yeux’, dont la raison serait amusante à connaître.

La clé de voûte de VIDALA

Il y a une suite encore plus affligeante à cette affaire. Parmi les pièces, formant partiellement le tableau d’ouverture en pierres retrouvées ici, se trouvent les morceaux d’un linteau portant, comme on le voit sur les clichés, l’inscription « VIDALA 1870 ». Cette date exclue d’elle-même l’appartenance de son appareillage à une forteresse médiévale et, tout autant, celle de l’existence d’une demeure cossue de l’époque de Saunière sur ce sommet, sinon, nous le saurions par quelques archives peu anciennes. Là, il faut bien l’admettre, sans autre forme de procès, il ne peut s’agir que d’éléments d’architecture rapportés par le propriétaire des lieux. Evidemment, ce nom « VIDALA » arrange bien nos ténors en « je sais tout », car ils en rajoutent une couche en expliquant que, forcément, ce nom se rapproche tellement de… «MAGDALLA»… qu’il ne peut s’agir d’une coïncidence… imposant que nous soyons là devant une pièce importante de l’énigme RLCéenne. Au demeurant une couche de finition est appliquée sous la forme d’un tracé, laborieusement raccordé d’un seul coup à la dalle funéraire de Marie de Nègre d’Ables, son tracé magique, Arques, les Pontils et le fameux tombeau et bien entendu l’abbé Bigou… mais comment la horde des ténors n’y avaient-ils pas songé avant ???!!! On croit rêver !
Encore une fois, pour notre part, nous nous penchons sur le cliché de cette inscription en « clef » de linteau. Si on regarde bien attentivement, on le peut car celui-ci est de bonne définition, on peut voir écrit effectivement VIDALA… mais le dernier A est suivi, tout en haut à droite, d’un petit carré dont l’explication n’est pas évidente au premier coup d’œil. Ce tracé est trop régulier et minutieux pour être une fantaisie naturelle de la pierre, ou le fait d’un tailleur de pierre voulant faire ‘bonne mesure’ en matière de lettres ou caractères. Ce détail s’il avait été vu et étudié par nos « maîtres du mystère » aurait pu leur apporter un élément précis sur le lieu d’origine de ce tableau d’ouverture. Mais ceci est une autre histoire que nous réservons pour une prochaine présentation ?

En provisoire conclusion

En conclusion, toute provisoire pour l’instant, nous pensons effectivement que plusieurs découvertes ont eu lieu sur ce plateau face à Rennes en cette année 1980. Cependant, celle annoncée à grand fracas, et reprise doctement par quelques ténors, est sans doute la plus inutile car probablement fausse ou déformée à un point tel qu’elle est inexploitable, comme nous l’avons vu. En échange, les éléments semblant pris secondairement en compte, eux sont de première importance sur un plan historique, archéologique et scientifique. C’est pourtant ces derniers qui passent d’abord au second plan et ensuite à la trappe !
Concernant les travaux de la SP nous agirons à l’opposé en poursuivant dès à présent des recherches sur ce lieu et son passé. De plus, cette perspective nous permet de constater que les éclairages outrancièrement tournés vers le Bézu cachent autre chose qui apparaît à l’étude de ce Casteillas. Cet ‘autre chose’ montre, par là que personne n’a tenu compte du fait qu’il se pourrait qu’un autre emplacement soit le premier plan de cette place templière condamnée à un faux premier rôle et l’ineptie… telle que le montrent plusieurs historiens affirmant l’impossibilité des affirmations d’importance templière du Bézu.
Tout ceci nous montre qu’en partant d’un pilier hasardeusement vu lors d’une de nos visites de sites, loin de Rennes-le-Château, on peut revenir à une piste soit inconnue, soit oubliée de cette affaire. Il semble donc de bon ton de terminer sur cette pièce de construction à l’origine de ce périple dans l’histoire et la géographie du Razès.
Il est temps de dire qu’en effet les images prises au Casteillas de morceaux de colonnes ressemblent à s’y méprendre à la colonne de notre premier périple, moins le chapiteau dont les clichés de plein air ne font pas état. Le peu d’informations obtenues sur la pièce reconstituée tendent elles aussi dans la même direction que celle du Casteillas.
Quant à ces informations, elles contiennent un indice qui renforce notre faisceau de convergence de l’épisode Bézu quant à la première origine de cette colonne ‘finie’ et réutilisée… et ce n’en est que la plus partie émergée comme nous le verrons précisément dans une autre étude sur le Bézu, car, à ce stade, en dire plus revient à en dire trop.
Pour en terminer avec le chapiteau orné de sculptures de boules, si nous n’avons pas trouvé d’explication de ce symbolisme présenté sur un panier de colonnes, nous avons des exemples de décors similaires… dans la cathédrale de St Bertrand du Comminges comme nous l’avons constaté lors d’une autre mission de la Société Périllos à propos de l’ordre du Temple! Le monde des corridors de l’affaire de Rennes-le-Château est
bien petit… et bien grand parfois.

A suivre !

NB. Un grand merci, une fois encore, à ‘LIO’ pour les informations qu’il a bien voulu nous confier et pour l’autorisation à reproduire les photographies accompagnant cet article. Ces dernières sont, au demeurant, interdites de reproduction sans autorisation de leur propriétaire.

André Douzet