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Du
portail d’une église à un lieu oublié (1ère partie) - un seuil périlleux ? |
Rébus
et sphinx interrogateurs pour une cohue silencieuse
Les
nuées de visiteurs déferlant sur Rennes-le-Château,
assoiffées du mystère à résoudre, s’engouffrent
dans l’église de l’abbé Saunière pour y
découvrir les pièces de l’incroyable puzzle supposé
se reconstituer dans ce lieu de la foi. On y entre… on y reste le
temps de tenter de trouver une réponse qui, évidemment, tarde
tant à venir qu’on en ressort souvent les yeux pleins mais
avec toujours cette soif non satisfaite de l’énigme.
Ils sont innombrables ceux, celles, bardés d’appareils photographiques
pour les plus rationnels, chasseurs d’images des vestiges de ce que
Bérenger Saunière aurait pu laisser comme autant de petits
os à ronger sans rien de vraiment nourrissant. D’autres, l’air
nettement plus inspirés, s’essaient ici à jouer du pendule
ou de quelques machines à explorer le sous-sol de l’énigme,
là à tendre leurs mains vers des émanations vibrantes
de révélations qu’eux seuls peuvent interpréter…
sans le moindre succès au demeurant !
Un plus petit nombre, dans cette sympathique mais pathétique cohue
silencieuse, vient dans cette église tout simplement pour y prier,
s’y recueillir ou méditer peut-être sur eux-mêmes
ou leur créateur, s’ils ont foi en lui.
Ils sont légions à déambuler, l’air suffisant,
le regard curieux ou inquisiteur, parfois amusés, évaporés,
mystiques ou farfelus de tous poils, initiés à on ne sait
quoi ni par qui mais initié tout de même, souvent concentrés
sur cette énigme qu’ils pensent venir en ces murs réduire
à la solution en quelques petits pas dans le savoir de l’étrange
curé… et puis qui, comme les marionnettes de notre enfance,
après avoir fait trois ‘p’tits tours’, s’en
vont vers d’autres quêtes moins compliquées. Pourtant,
tout ici est promesse de solutions offertes, à notre avidité
de résolution, par un prêtre qui pouvait être tout sauf
un imbécile. Saunière a fait de cette église ruinée,
au moment de s’écrouler fatiguée des siècles
passés à héberger dans ses entrailles quelques parcelles
d’un secret qui depuis longtemps n’y est plus résident,
un lieu rénové où se déroule quotidiennement
une foire sacrée aux parcelles chiffrées de son savoir…
une foire où on trouve généralement tout et surtout
rien de bien définitif ou de très clair… surtout si
on ne sait pas regarder ni voir.
Il n’est pas ici utile de reprendre en détails les innombrables
rébus et sphinx interrogateurs, ou ‘dévorateurs,’
émaillant la maison qu’on dit « de Dieu» remise
à son goût du clinquant par un astucieux mais mégalomane
abbé Saunière. Au long de cette église s’entasse
pêle-mêle un ébouriffant inventaire à la J. Prévert.
On y trouve un chemin de croix où, s’étant trompé
de décor de film, un légionnaire romain effaré se retrouve
vêtu d’un kilt écossais… A ceci, rien de bien étonnant
puisque plus loin nous marchons, nous dit-on sans rire, sur un pavé
mosaïque de loge maçonnique d’une nef voulue en forme
de temple de très vénérable loge par notre abbé
pour y célébrer le rite très fraternel dressé
en trois points élémentaires d’un orient qui en reste
totalement désorienté ! Un peu plus loin, ce sont des pommes
bleues lumineuses en manque de sapin de Noël à 24 jours de retardement…
pendant, qu’exorbité, un Asmodée de service se retrouve
à compter les litanies de sottises débitées sur son
compte et sur son dos ! Pourtant, le lieu, nous avons eu de multiples occasions
de le vérifier, est rempli d’éléments nettement
plus constructifs, si on les regarde attentivement plutôt que de les
voir d’un œil aussi indifférent que pressé.
Le
grand nettoyage par le vide
Du
constructif, il y en a précisément, dès le moment où
nous entrons dans ce sanctuaire, mais souvent le rendez-vous que nous donnons
à son intérieur nous empêche de nous attarder plus longuement
sur ce qui permet le passage du dehors vers le dedans… c'est-à-dire
le porche de l’église de Saunière. Nous utilisons le
terme « d’église de Saunière » car, même
si au départ il s’agit de celle de la paroisse de ce village,
il est incontestable que ce curé la sauve de l’effondrement
et de la ruine et la réhabilite entièrement de la toiture
au sol. Certes, rares sont ceux qui ne trouvent pas le décor du lieu
un peu lourd, pour ne pas dire nettement surchargé, bien qu’il
leur faille reconnaître que sous cette façade multicolore et
sulpicienne, seul pourrait compter le fait qu’à ce prix un
édifice religieux des plus anciens de la contrée ait été
sauvé d’une destruction totale. En résumé, toute
la décoration intérieure a été refaite, tambour
battant, par Saunière, et on peut s’étonner que rien
d’original n’ait été conservé sauf les
gros de murs dont en fait on ne voit l’appareillage que de l’extérieur
uniquement. Effectivement, il ne reste rien de la chaire, des vitraux, de
la statuaire, du confessionnal, du pavage au sol et des décors peints
qui ne pouvaient manquer de témoigner de ce que fut l’intérieur
ancien de cette église. Les seuls véritables vestiges ayant
survécu au grand nettoyage par le vide de l’abbé Saunière
sont un des piliers soutenant le maître-autel wisigoth dont il ne
subsiste rien de la table, et un ustensile dont il ne se sépara pas
au moment de tout faire disparaître. Il s’agit d’un moule
à hosties dont il ne se défit pas pour d’autres raisons
qu’un sursaut de conservation, raisons sur lesquelles nous reviendrons
bientôt puisqu’aucun des ténors champions en ‘RLCéisme’
n’a daigné le faire. Le pilier dut sa survie à une réutilisation
qui le mit à l’envers en forme de socle pour la statue de la
Vierge Immaculée posée à l’extérieur mais
à proximité de l’église précisément.
En fin de compte, tout le passé visible de ce sanctuaire est passé
à la trappe d’une façon ou d’une autre, sans que
rien ne puisse nous fournir d’indications sur les formes et détails
de ces éléments, sans doute très anciens et vénérables,
n’en doutons pas.
Concernant l’extérieur du bâtiment, les choses sont toutes
autres puisque par obligation toute la structure et ses appareillages ne
pouvaient être supprimés, remplacés ou trop largement
modifiés. C’est donc sur cette partie externe que nous avons
le plus de chance de trouver l’ancienne réalité du lieu
‘avant Saunière’, pendant que la partie interne abrite
les repères laissés à profusion par l’abbé.
Evidemment, l’idéal serait de trouver le juste milieu entre
ces deux ‘temps’ aussi différents qu’intimement
proches et indissociables.
Le
temps et l’espace entre deux mondes différents
C’est
précisément à ce ‘moment’ d’entre
deux temps que nous allons nous intéresser ici, puisque nous avons
la chance de situer ce ‘temps’ dans un espace bien défini
en ce lieu. Cet endroit, au demeurant incontournable, est parcouru en quelques
secondes par tous et par chaque visiteur du sanctuaire puisqu’il s’agit
du porche de l’église de Rennes-le-Château. Si tous empruntent,
plus ou moins hâtivement, ce ‘sas’ entre l’avant
et le pendant Saunière, peu ont conscience de plonger en un instant
du monde extérieur à celui de ce prêtre hors du commun.
Dire que peu de personnes se rendent compte de ce changement radical de
ce qu’est cette ouverture sur le domaine religieux de l’abbé
Saunière, ne signifie surtout pas que ceux qui le franchissent y
sont indifférents. Ces ‘passagers’ vers le mystérieux,
parfois pressés d’en découdre, parfois involontaires,
parfois fiévreux, ou simples touristes de passage, se retrouvent
quoi qu’il en soit propulsés vers l’irrationnel d’une
exposition où s’entassent et s’interpénètrent
astucieusement le religieux, l’occulte, le symbolique et l’ésotérisme.
Quels qu’ils soient, tous ces passagers pour le mystère de
Rennes ont le temps d’entrer dans leur champ visuel la forme d’un
porche où s’entrechoquent de multiples éléments
essentiellement religieux, du moins selon la première impression.
Tout d’abord, il y a cette profusion de textes latins, extraits pour
la plupart de sentences bibliques, dont la plus impressionnante semble nous
prévenir de quelque révélation terrifiante puisqu’elle
nous prévient que « ce lieu est terrible », terrible
ou vénérable, selon les traducteurs… Des blasons, ensuite,
présentent les devises de ceux, choisis par Saunière, à
qui ils appartiennent, du pape Léon XIII (1878-1903) annonçant
une lumière dans le ciel, à Mgr Billard (1881-1901) nous prévenant
que « sur ta parole je lâcherai le filet » pour finir
par l’évêque Albert Leuillieux (1875-1881) exprimant
ses armoiries « dans la foi et la mansuétude »…
puis ce sont des dates (1464, 1891, 1892) et un IHS qui encadrent le fronton
supportant Marie Madeleine entourée de motifs de fleurs, dont des
roses, pendant qu’elle est entourée d’un haut fronton
triangulaire naissant sur deux anciennes gargouilles de réemploi.
Tout ceci se montre d’une telle densité qu’une seule
vision ne suffit pas toujours à faire le tour de cet ensemble qui
pourtant pourrait se montrer à nous comme une sorte de sommaire des
éléments dispensés dans ce sanctuaire.
L’usure
irrémédiable et le non savoir des « je sais tout »
Pourtant,
si tous ces décors nous semblent anciens, ils ne sont pas plus âgés
que ne l’est l’époque où l’abbé Saunière
entreprend ses travaux de rénovation, c'est-à-dire la fin
du XIXe siècle. En l’espace de près de trente ans, ce
qui était encore lisible (comme le blason de Mgr Leuillieux) pour
certaines gravures de droite ne l’est quasiment plus de nos jours.
Ces dégradations, si elles donnent cet aspect de l’ancien vont,
hélas, en s’effaçant irrémédiablement
jusqu’à disparaître totalement dans les décennies
suivantes. Cette usure, qui est loin d’être une patine, est
le résultat d’une pierre, sorte de grès, se délitant
en s’effritant naturellement selon les zones, et de manière
plus accentuée encore lorsqu’elle est exposée aux intempéries.
Ce porche méritant toute notre attention, dans ses détails
commandités par l’abbé Saunière, est évidemment
cité, présenté et commenté par quasiment chaque
chercheur et le moindre visiteur en tirera une photographie en souvenir
de sa visite à Rennes-le-Château… Cependant, à
mieux relire les formidables exposés de nos ténors habituels,
plusieurs remarques nous viennent à l’esprit. Par exemple,
sait-on avec précision les dates des travaux concernant le portail
? En cas de réponse à cette question, nous pourrions aller
facilement à la suivante qui serait de savoir à quel artisan
ce travail fut confié… ce dont il semble s’être
acquitté au mieux. Enfin, pour simple information, nous serions intéressés
de savoir d’où provenait les blocs de pierre ayant servi à
l’appareillage et la sculpture.
Certes, nous sommes sans doute loin d’avoir tout lu dans la vertigineuse
littérature qui est celle du sujet en question ? Cependant, à
notre grande surprise, nous n’avons toujours pas trouvé le
début d’une piste en matière de porche auprès
des « je sais tout » de service sur le propos. Ce détail
est pour le moins surprenant car en ce qui concerne le reste des éléments
à propos des décors de l’église, on peut parler
d’avalanche d’informations au cours desquelles chacun et chacune
y va de son couplet après avoir entonné le refrain commun.
Ce manque tout d’abord se déroule dans l’indifférence
générale et ce n’est pas le moins curieux car, de ce
point, un autre suit en forme de constat. Ces ‘ténors’,
ensuite, y vont de leur tartine individuelle et portative en nous expliquant
doctement, de manière intarissable, toutes les clés contenues
dans les détails du porche… clés qui, bien entendu,
sont indispensables à la compréhension du grand mystère
de cette église. On pourra nous répliquer que ce manque d’origine
est négligeable selon le principe « qu’importe le flacon
pourvu qu’on ait l’ivresse ». Pourtant, ce raisonnement
ne tient guère de temps face au fait qu’en ce qui concerne
les décors intérieurs, les origines de chaque peinture, vitrail,
statue, mobilier et autres détails nous sont ressassés inlassablement.
Y aurait-il à ce propos deux poids et deux mesures ? Il nous semble
que ce ne serait guère vraisemblable pour nous, car un dernier commentaire
nous paraît indiscutable. En effet, si la richesse un peu lourde des
éléments décorant l’intérieur du sanctuaire
est accessible au commun, c’est bien grâce au franchissement
du seuil de cette église.
Du
profane au sacré, un seuil périlleux ?
Au
demeurant, Saunière ne s’y pas bien trompé en émaillant
ce point de transfert, d’un univers extérieur au sien qui est
intérieur, de textes et gravures qu’il ne dut pas, à
son habitude, laisser au hasard. De plus, bien avant d’entrer, c’est
à cet endroit que le visiteur peut trouver signatures ou balises,
absentes à l’intérieur. Par exemple, si on trouve dehors,
à l’entrée, des marques d’attention pour deux
évêques et un pape, il n’en est plus rien à l’intérieur,
comme si l’abbé Saunière voulait, certes rendre hommage
à ses supérieurs religieux, mais les laisser en dehors du
nouveau domaine qu’il venait de s’octroyer à la vue et
au sus de tous… Tous qui, bien entendu, n’y virent là…
que du feu ! La seule concession que fit l’abbé concerne, c’est
bien logique, la sainte patronne du sanctuaire, Marie Madeleine, qui préside
à l’entrée de l’édifice et dont les détails
s’illustrent dans toutes les disciplines religieuses de l’époque
: statuaire, peinture, maître-autel et vitrail. Cette prise de possession
et de reconnaissance ira pour ce prêtre jusqu’à mettre,
sans la moindre concession, son domaine sous le vocable jaloux de cette
sainte pour le moins ambigüe. En vérité, ce franchissement
du profane au sacré marque un savoir ‘intérieur’
auquel Saunière ne voulut pas donner accès si facilement que
nous pouvons le supposer. Et la profusion de fausses pistes offertes à
qui veut les regarder sont des accès à trois niveaux dont
un conduit à rien du tout, le second face au piège de l’arbre
cachant la forêt ‘saunièrienne’ et le troisième
à une pièce du puzzle. Sans bien le comprendre et le savoir,
la personne franchissant le seuil de cette église passe de l’exotérique
à l’ésotérique, un ésotérisme propre
à une seule opération de compréhension faite pour un
seul et unique usage. Le ‘tape à l’œil’ est
le sucre permettant d’avaler la pilule sans s’en rendre compte.
Et tout ceci ne peut se faire qu’à l’aide d’un
sas entre les deux dimensions et les deux temps. Ces deux temps, il est
bien possible que l’abbé ait eu la malice de les schématiser
en un porche, puissant colosse aux pieds d’argile qui irait en s’effritant
et effaçant ses propres balises au fil du temps… pendant qu’à
l’intérieur le temps de Saunière est figé pour
mieux défier l’usure de la durée, du moins dans la mesure
du possible des techniques d’alors.
Un
passage passant de l’ouest au sud
Nous
démontrions dans un de nos chapitres qu’à son origine
le sanctuaire avait son entrée principale sur le pignon ouest, comme
le veut la tradition. En 1362, après le passage des mercenaires d’Henri
de Trastamare, l’église de St Pierre aux Liens ayant été
détruite, la chapelle castrale placée originalement sous le
vocable de la Vierge Marie, devient l’église du village sous
la protection de Ste Madeleine. A cette occasion, les seigneurs font édifier
le presbytère qui condamne le porche ouest des premiers siècles.
Cette initiative aura pour effet d’imposer que soit pratiquée
une autre entrée qui, de fait, ne peut plus se trouver à l’ouest.
C’est donc sur la façade sud que se porte le choix de l’accès
qui restera en place jusqu’à nos jours. Il est quasiment certain,
et Alain Féral (le seul qui se soit penché sur ce problème)
partage cette opinion, que cette entrée devait être assez simple,
en plein cintre et seulement ornée d’une arche à pans
droits sans ornement notoire.
On note que le percement de l’ouverture dut mettre cette partie du
bâtiment en fragilité puisque de massifs renforts droits sont
rajoutés vers le XVIe siècle sur cette façade. Saunière,
en son temps, fait alors percer le passage vers la nouvelle sacristie, la
verrière de St Roch qui sera la plus proche du porche (orientée
sud-est) et… décorer l’extérieur du porche. Quant
à la partie intérieure de ce dernier, elle est ornée
dans le style du reste du sanctuaire mais la statue qui en garde l’entrée
est la seule, de toutes, à curieusement représenter un démon
terrassé, effaré, sous le poids du bénitier lui-même
surmonté de quatre anges simulant les étapes du signe de croix.
Sous ceux-ci, un texte nous dit que « par ce signe tu le vaincras
». Cette devise pourrait être celle, miraculeusement proposée
à Constantin -au début du 4ème siècle- pour
remporter une bataille indécise, si notre curé facétieux
n’avait pas ajouté un ‘tu’ (TU le vaincras) permettant
d’arriver au nombre fatidique de 22 lettres sur ce pilier. C’est,
à l’extérieur, sur le même côté,
que fut placé lors des travaux le chiffre du Christ IHS. Cet IHS
est souvent interprété comme étant le résumé
de « In Hoc Signo… Vinces », bien que la lettre ‘V’
(de Vinces) n’y soit pas tracée. Selon certains latinistes,
la courte version In Hoc Signo pourrait signifier « par ce signe ».
Se pourrait-il que ces deux inscriptions, l’une allongée d’un
‘tu’ et l’autre réduite à IHS, se rejoignent
en un sens précis au moment de franchir le sas d’accès
contrôlé d’une part par un démon (en principe
Asmodée) et d’autre part par un chiffre du Christ… à
la déclinaison douteuse ? Si oui, quels seraient ce lien et son utilité
dans cette affaire ? A quoi sommes-nous invités « par ce signe
», si tant est que cette formule soit la bonne, avant de nous aventurer
à l’intérieur du nouveau domaine religieux de Saunière
? Il faut admettre que Saunière, avec ce discret chiffre christique,
ne fait pas vraiment la part belle au Christ sur son porche où seuls
trois religieux (un pape et deux évêques) sont représentés
sous la patronne du lieu… Volonté ou oubli ?
Force
et faiblesse d’une ouverture
A
mieux y réfléchir, nous avons là matière à
réflexion, car à ceci nous ajoutons un autre détail
concernant la structure même de l’ouverture. Si, de l’extérieur,
l’ensemble, bien consolidé, supporte sans ennui visible ce
vide, il en est tout autre à l’intérieur. Le tableau
d’ouverture de gauche en sortant montre à l’évidence
des signes de défaillance se traduisant par des lézardes allant
en s’élargissant, tout comme l’autre côté
commence à se fissurer lui aussi. La forme du porche ne peut expliquer
ces signes inquiétants qui pourraient présager d’un
affaissement du sous-sol selon un seul angle qui serait en périphérie
intérieure de cette portion de bâti. Serait-ce sur cet effondrement
souterrain (cependant partiel encore) et surtout son emplacement invisible,
que Saunière, en connaisseur du détail, aurait voulu qu’Asmodée
fixe un regard effaré… et le signale par ce biais à
qui de droit franchissant en ‘initié’ ce porche vers
le savoir.
Si tel est le cas, il serait peut-être urgent que quelqu’un
s’occupe des lézardes et fasse au moins poser des témoins
d’élargissement. Cependant, il est également certain
que si ‘effondrement’ partiel du sous-sol il y a, il nécessiterait
forcément des travaux de consolidation obligeant une… petite
visite des assises de cette église, de ce porche, qui tous deux pourraient
bien nous réserver quelques surprises intéressantes.
777,
la signature d’étranges visiteurs ?
De plus, n’oublions pas, comme nous l’avions signalé dans notre travail sur les apparitions spontanées de ‘tags’ de signes basés sur le nombre 777, que le porche de l’église de Rennes-le-Château s’est trouvé lui aussi placé sous le sceau de ces marques sur lesquelles nous n’avons jamais rien pu savoir. Cependant, à ce propos, il est utile de préciser que, récemment, nous avons eu l’opportunité de retrouver un autre de ces ‘777’ aux murs de la collégiale de Saint-Vincent de Montréal (déjà signalé sur nos colonnes au chapitre ‘L’Affaire Asmodée’), à une soixantaine de kilomètres de Rennes-le-Château. Cet édifice religieux (XIIIe – XIVe S.) d’un style gothique fortifié est desservi, lui aussi, par un portail latéral du XIVe S. ouvrant au sud sur une nef unique. Ce ‘777’ de même forme se trouve sur le même côté de muraille que celui de Rennes-le-Château… En précisant que cette collégiale comprend une autre représentation d’un ‘démon’ à terre (enterré jusqu’à la taille) portant un grand bénitier… du même côté que son collègue voulu par Saunière ! Quand le hasard, dans l’affaire de Saunière, se met de la partie, il se fait fort de ne cesser de nous étonner, à moins bien évidemment qu’il ne s’agisse pas là d’une série de providences mais bel et bien d’un empilage d’éléments… comme au porche de l’église Ste Madeleine de notre ami Saunière ! Quand on voit où ces ‘graffiti’ ont été faits, on peut se demander s’ils ne sont pas l’objet de ces fameux personnages mythiques supposés être ‘qui de droit’ des messages ésotériques dispersés au long de notre territoire.
Un
manque d’éléments anodins ou quelque chose à
cacher ?
Il
semble donc, à partir de tous ces éléments, que le
portail de l’église, refait entièrement lors des travaux
de Saunière, ait eu un peu plus d’importance discrète
qu’on a pu le dire à ce jour. A ce stade, il ne reste pas grand-chose,
pour ne pas dire rien du tout, des intentions de son commanditaire à
propos de l’artisan à qui fut confié le travail. Certes,
on peut penser que le gros œuvre étant confié à
Elie Bot, le maçon à qui l’abbé confie les lourds
travaux, c’est ce dernier qui accomplit les modifications du porche.
Cependant, s’il était un bon maçon, on n’a pas
d’éléments permettant de lui prêter des qualités
de sculpteur sur pierre au point d’avoir pu accomplir un tel ouvrage
de cette qualité remarquable. De plus, ce porche serait la seule
partie de travaux vraiment consacrée à de fines gravures exigeant
une maîtrise consommée dans cet art. Il est donc plausible
que le maître d’œuvre et le maître d’ouvrage
aient, d’un commun accord, fait appel à un compagnon spécialisé
mais extérieur à l’équipe d’ouvriers habituels.
Forcément, ces travaux durent coûter une somme conséquente
en matière de maçonnerie, somme qui devrait être facile
à retrouver sur les carnets de comptabilité de l’abbé…
De cette dépense, il ne devrait y avoir aucun problème pour
connaître le nom de l’artisan, ou entreprise, exécuteur
de ce poste de travail…
Pour l’instant, force est de constater qu’aucun spécialiste
ne s’est attardé sur cet important détail de rénovation
dans les travaux de Saunière, et ce manque pour le moment serait
intéressant à combler, ou en cas d’impossibilité,
serait-il possible de se demander pourquoi ce vide à ce sujet ?
Ensuite, on sait que certaines pièces de décoration ont été
amenées de loin. On se souvient, sur le sujet, du char si lourdement
chargé qu’il se renverse en cours de route vers Rennes…
Des pierres de taille, il y en eu sans doute beaucoup mais elles apparaissent
surtout au moment de la construction de la villa Béthanie, pour les
chaînages d’angles et autres décors de tableaux d’ouvertures.
Cependant, il ne peut s’agir du même artisan et encore moins
de la même origine de pierres.
Des recherches conduites par deux personnes de nos connaissances permirent
d’entrevoir une découverte des plus intéressantes dans
le secteur de Rennes. Et ce serait en prospectant sur tout autre chose que
nos amis tombèrent sur un élément pour le moins étonnant,
peut-être en rapport avec ce porche remanié par l’abbé
Saunière pour son église.
Nous allons peut-être pouvoir supposer, de fait, que ce curé
a eu des renseignements à propos d’un site extérieur
à sa paroisse et en a utilisé les ressources en les adaptant
à ses besoins en matériaux de construction.
André
Douzet