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Le
presbytère de Rennes-le-Château (1ère partie) - La porte du royaume des morts? |
Un
bâtiment méprisé...
Un
bâtiment, dans l’affaire de Rennes-le-Château, retient
peu d’attention parmi les chercheurs et auteurs en la matière:
le presbytère qui abrita l’abbé Saunière pratiquement
à son arrivée dans cette paroisse. Les uns et les autres après
avoir réservé quelques phrases routinières sur la bâtisse,
préfèrent aller directement sur cette énigme, et sans
autre procès se précipitent, sans doute avec d’excellentes
raisons, sur l’église, le château et le cimetière
du village...
Nous allons nous arrêter un peu sur ce qui est devenu maintenant le
musée de l’énigme de Rennes-le-Château... peut-être
aurons-nous la chance d’y relever quelques détails oubliés
par nos prédécesseurs...
Situation
Situons tout d’abord cet édifice. Il se trouve accolé à l’église par son pignon Est. Sa façade Sud dispose d’une cour avec regard sur ce qui deviendra la Villa Béthanie. Le pignon Ouest se trouve dans le prolongement des citernes et sa face Nord donne sur le cimetière. Cette disposition privilégiera un certain nombre de remarques curieuses sur lesquelles nous reviendrons en détail, en nous étonnant que jamais cet aspect du problème de Rennes-le-Château n’ait été abordé par les ténors habituels.
Un
peu de litanie chronologique
Arrêterons
de remonter le temps au 18ème siècle.
En 1725 le presbytère existe dans sa fonction. Nous voyons les consuls
du village engager, le 15 juillet, des travaux de maçonnerie et ferronnerie
concernant des réparations dans le bâtiment.
Il semble que ce ne soit pas suffisant car le 15 avril 1726 les consuls
doivent encore emprunter afin de poursuivre d’autres travaux... qui
se terminent enfin en 1727. Les consuls de Rennes ne semblent pas être
très riches car il leur faut affronter le lieutenant de justice afin
de « décharger la commune de ce paiement puisqu’elle
n’a rien fait construire, mais seulement réparer. Le presbytère
de Rennes, construit de temps immémorial, a été réparé
à la demande de l’abbé Bernard, curé de Rennes,
qui adressa une requête à l’intendant en 1724, la bâtisse
croulant chaque jour un peu plus et devenant inhabitable ».
Nous atteignons maintenant le temps de la Révolution Française.
Ce sera l’abbé Bigou qui vivra ces moments de détresse
et de désespoir pour l’Eglise. C’est lui qui cachera
dans l’église, au moment de fuir vers l’Espagne, de précieux
objets du culte et des valeurs numéraires ... qui seront retrouvés
par Saunière lors de ses travaux dans le sanctuaire.
C’est, ensuite, la tourmente populaire durant laquelle les biens religieux
sont vendus, à vil prix, à qui les veut.
Le 18 août 1796 la “maison presbytérale” est vendue
pour 1400 livres à un certain Raymond Bosc qui en fait la revente
le 4 février 1798 à Michel Captier (?) Du presbytère
et de la moitié de la cour... le reste du lot formé de “pailler”
est dispersé entre plusieurs acquéreurs. Etrange retour des
choses dans cette période de confusion car peu de temps après
cette vente, le 15 avril 1803, par arrêté du Préfet,
la commune se voit dans l’obligation de fournir un domicile, au plus
près possible de l’église, au prêtre en service...
Le
tumulte révolutionnaire et les acquéreurs successifs du bâtiment
n’ont rien fait pour en arranger l’état. Le 16 février
1805 le maire de Rennes indique que le presbytère (ainsi que le clocher,
l’église et le cimetière) menace ruine. Ce constat sera
suivi le 18 mai 1807 de dépenses ‘extraordinaires’ pour
les toitures de l’église et du presbytère.
Les mesquineries s’ajoutent aux partages de l’immeuble vendu
en deux lots. L’un des propriétaires refuse le passage au curé
pour monter à l’étage où se trouvent les chambres.
Et, de fait, le 15 mai 1809, la municipalité doit, pour pallier à
ce problème, installer à ses frais un escalier...
Enfin cette situation de partage invivable trouve une solution définitive
sous l’impulsion du maire de Rennes proposant le rachat des deux parts
aux antagonistes. Vers 1820 le bâtiment et ses annexes (cour et appentis)
ne font à nouveau plus qu’une et unique propriété.
Et d’autres urgents travaux de réparations ont encore lieu
selon un devis du 17 juin 1832. Le 10 août 1834 la municipalité,
pour les besoins du prêtre, ajoute encore une petite écurie
en face du presbytère.
Pourtant l’état de ce dernier laisse toujours à désirer,
et le 10 septembre 1838 le maire précise que le presbytère
nécessite encore ‘beaucoup de réparations’...
Ces travaux sont insupportables pour les finances communales au point que
des terrains seront mis en vente aux enchères pour en assurer le
montant. Les affaires n’iront pas aussi facilement et la municipalité
ne pourra s’acquitter des paiements échelonnés.
Nous sommes le 16 septembre et la commune doit prévoir encore l’agrandissement
du presbytère (on se demande dans quelle direction?) Par l’achat
d’une autre maison... et cette étrange cascade se poursuit
encore jusqu’au 7 décembre par la vente de nouveaux terrains
communaux pour ‘l’aménagement du presbytère’...
suivie ensuite en 1853 par ‘quelques réparations sommaires
du presbytère’! Ce n’est toujours pas fini car le 12
octobre 1878 un autre devis de réparation arrive pour un montant
tel qu’il est refusé par le conseil qui ajourne les travaux.
Cependant on poursuit cette incessante litanie, le 29 décembre de
la même année, avec une liste incroyable de travaux montrant
que l’ensemble de l’édifice est dans un état de
délabrement effarant. On peut se demander ce qu’on a pu réparer
sans arrêt depuis 50 ans pour en être à ce stade de décrépitude...
même les cheminées sont inutilisables ou à ciel ouvert...
En ce qui concerne l’église le constat est tout aussi alarmant
et un ouragan en a encore accentué les dégâts. Une imposition
dut être levée pour d’urgentes réparations de
toiture du Presbytère en 1882. Ont-elles été faites?
On ne le sait pas.
Durant pratiquement un peu moins d’un siècle la commune ne
cesse de poursuivre des réparations criantes à propos du presbytère...
On note cependant que de 1818 à 1836 il n’y a pas de prêtre
à demeure à Rennes-le-Château... était-ce en
raison de l’état de précarité du bâtiment?
Il est difficile de l’admettre puisqu’à cette époque
des travaux d’entretient tentent de maintenir le local dans un état
acceptable... Depuis 1836 se succédèrent trois curés
dans cette paroisse: l’abbé Pons, en 1881 l’abbé
Mocquin, et enfin l’abbé Croc jusqu’en 1885. Un autre
prêtre le remplace et bouleversera toute la torpeur du petit village
oublié... un certain Bérenger Saunière!

Saunière
à Rennes-le-Château
L’abbé
Bérenger Saunière prend ses fonctions à Rennes le Château
le 1er juin 1885. A son arrivée l’église menace ruine
et le presbytère est dans un tel état de délabrement
qu’il doit trouver provisoirement refuge chez une logeuse et peut-être
chez l’épicier (d’après l’ouvrage d’Emile
Saunière).
Puis, dans la foulée, ce sera l’épisode durant lequel
Saunière, prenant fait et cause pour la monarchie, incite à
voter, les 4 et 18 octobre 1885, contre le radicalisme de Gambetta. La préfecture,
le 1er décembre, le suspend de sa charge et de son traitement. Son
évêque, afin de lui assurer de quoi survivre, le nomme au petit
Séminaire de Narbonne en janvier 1886. C’est le 1er juillet
de cette année là que Saunière, rétabli par
le préfet et l’autorité religieuse, peut rejoindre sa
paroisse de Rennes-le-Château... Il y restera jusqu’à
ce que, terrassé par une ultime crise cardiaque, il meurt le 22 janvier
de 1917, justement dans son presbytère.
Selon les sources d’informations, et les auteurs, Saunière
se serait installé avec la famille Dénarnaud dans le presbytère
vers 1891-1892, après des travaux sommaires de remise en état,
d’après les uns. Pour d’autres, vers 1895 l’abbé
commence d’importants travaux dans ce bâtiment afin de s’y
installer définitivement avec la famille Dénarnaud dont la
fille, Marie, alors âgée de 24 ans, qui restera jusqu’à
la mort de Saunière sa servante dévouée. Nous considérons,
personnellement, qu’il s’installe précairement vers 1891
au presbytère en compagnie des Dénarnaud... (Dans l’ouvrage
d’Emile Saunière cette année est retenue également
comme correcte).
Le
choix de Saunière
Il
reste peu de documents concernant les restaurations du presbytère
et dépenses engagées par l’abbé qui finance à
titre personnel tous ces travaux de réhabilitation. Tout au plus
quelques factures de fournitures allant de 1894 à 1898. Bérenger
Saunière ajoute dans son mémoire de défense de 1910
: « J’ai réparé et pour ainsi dire mis à
neuf le presbytère intérieurement et extérieurement.
» Il en a fait tout autant pour le mur et la porte en fer du cimetière,
des aménagements devant l’église et les innombrables
travaux et décorations dans l’église paroissiale de
Rennes-le-Château.
Les lieux étant maintenant occupés par Saunière. Il
semble de toute évidence que ce presbytère ne fut jamais en
aussi bon état que depuis l’intervention et les efforts de
l’abbé qui l’occupera pratiquement toute sa vie... Nous
nous étonnons de constater qu’en effet Bérenger Saunière
fera édifier une somptueuse demeure et un superbe domaine, dans lesquels
il organise des réceptions mémorables, mais qu’il est
resté la plupart du temps dans son vieux presbytère. Aurait-il
dépensé une véritable fortune à édifier
son domaine pour le seul plaisir de s’y rendre ponctuellement le temps
d’une mondanité... et retourner dès que possible dans
le vieux bâtiment plus... rustique et bien moins confortable ou luxueux
? Pouvait-il y avoir des raisons impératives et dissimulées
pour qu’il ait préféré séjourner souvent
dans ce bâtiment plus qu’à la villa Béthanie?
C’est ce que nous tenterons de comprendre un peu plus loin.
Un
presbytère bien anodin…
En
vérité ce bâtiment totalement anodin entre seulement,
et très brièvement, dans l’affaire de Rennes par le
fait qu’il soit la demeure du prêtre en fonction dans cette
paroisse. Jusque là personne ne lui a donné plus d’importance
qu’il ne paraissait en mériter... et il semble que pour les
ténors en la matière ce local ne mérite pas tellement
d’attention.
Aujourd’hui l’ancien presbytère est devenu un musée
dans lequel on retrouve des objets, un décor ayant été
celui de l’abbé Saunière lors de son occupation de l’endroit.
Ce musée est, à l’origine, celui initié par l’association
Terre de Rhedae depuis 1992. En 1993 dans son bulletin N°7 -page 5-
cette association annonce que dans le courant de cette même année
les locaux comporteront de nombreux éléments sur l’histoire
de l’abbé Saunière et de Rennes-le-Château. Ce
projet prévoyait d’ailleurs des personnages en cire (du type
Musée Grévin) représentant l’abbé Saunière
et Marie Dénarnaud... que l’on peut voir aujourd’hui.
Description
d’un presbytère ordinaire et d’un acharnement peu ordinaire
Maintenant
que le décor chronologique est planté, approchons-nous un
peu plus de l’implantation architecturale du presbytère, de
son aspect et de sa distribution intérieure.
Il s’agit d’un bâtiment ouvrant sur une cour par sa façade
sud. Jouxtant à l’Est l’église Ste Marie Madeleine
de Rennes-le-Château, il se présente avec une toiture à
deux pentes et sur 3 niveaux: un rez-de-cour, un étage et des combles.
Les pierres apparentes visibles en façade côté cour
montrent des réemplois évidents de matériaux récupérés
au fil des siècles.
Regardons le ‘plan masse’ de l’édifice. On y distingue
le pignon Est accolé à l’amorce Ouest de l’église:
les deux bâtiments sont parfaitement alignés l’un dans
le prolongement de l’autre. Il semble qu’un seul mur soit mitoyen
pour les deux constructions. Le biais en plan est respecté ainsi
que l’épaisseur des murs, identique pour le presbytère
et pour celui de l’église dans sa partie la moins large (à
hauteur des Fonts Baptismaux par exemple). Comment, et surtout pourquoi,
lors de l’édification du presbytère, aligna t’on
cette épaisseur de manière constante? Ceci est une première
question que nous retrouverons plus loin au moment de notre réflexion.
De
plus il est bien certain que l’on pouvait bâtir ou rebâtir
au 18ème siècle le presbytère en face de celui existant
(à l’emplacement de l’accueil des visiteurs actuellement),
où sera la Villa Béthanie par exemple.
Nous avons vu lors de notre bref voyage dans le passé que ce bâtiment,
en état de décrépitude permanente, représentait
un véritable cauchemar financier engloutissant régulièrement
d’innombrables et coûteuses réparations ... visiblement
toutes plus inefficaces techniquement les unes que les autres. Pourquoi
cette obstination à ‘réparer’ inlassablement une
bâtisse visiblement irrécupérable? Pourquoi ne pas avoir
choisi depuis longtemps la solution de la raser et la reconstruire entièrement?
Seconde question qui pourrait également trouver plus loin une explication
intéressante.
Saunière,
SON presbytère et les coïncidences
Abordons
maintenant une remarque concernant Saunière. Lorsqu’il arrive
à la cure de Rennes il constate un état d’abandon total
du presbytère devenu une ruine. Il ira loger ailleurs et dès
qu’il le pourra, à son tour, il s’acharnera également
à rendre l’endroit habitable. Il fera tant et si bien qu’il
y parviendra... avec ses propres deniers. On note aussi que les derniers
gros travaux de réhabilitations du presbytère sont entrepris
dès que sont terminées les grosses rénovations de l’église,
soit aux environs de 1891... ainsi que, de fait, toutes les découvertes
majeures dans le sanctuaire!
Pour mémoire:
1891, 21 juin. Mise en place d’une statue de la vierge sur le ‘pilier
wisigoth’ inversé avec gravure des mots ‘pénitence!
pénitence!’ et ‘Mission 1891'.
Marie Denarnaud
-
note dans le cahier journalier de Saunière: « L’année
1891 portée au plus haut dans le fruit dont on parle ci-dessous »;
- livraison et pose de la nouvelle chaire (Maison Giscard, Toulouse).
-apposition au porche de l’église des armes de Mgr Billard
et de celles du pape Léon XIII.
- 21 septembre, dans le journal: « lettre de Granes - Découverte
d’un tombeau, le soir pluie ».
1891, marque également la fin des travaux liés aux ‘découvertes’
dans l’église de Rennes-le-Château.
1891, Saunière commence à tenir minutieusement une comptabilité
des messes dont il reçoit commande.
1891, marque également la fin des travaux liés aux ‘découvertes’
dans l’église de Rennes-le-Château.
1891, Saunière commence à tenir minutieusement une comptabilité
des messes dont il reçoit commande.
Puis coïncideraient avec l’installation de Saunière dans
son presbytère en 1892, les travaux pour le cimetière et son
accès, la réalisation de la ‘grotte’ et de la
citerne avec au dessus ses bureau et bibliothèque.
On retient ensuite pour 1894 les aménagements dans le cimetière
et autour de l’église.
1895. Les travaux de l’abbé dans le cimetière irritent
les habitants de la commune. Deux pétitions (12 et 14 mars) sont
adressées au Préfet pour faire arrêter ces actes.
Il est certain qu’à ce stade il est impossible de faire une
liaison de cause à effets de tous ces éléments depuis
1891 avec l’installation définitive de l’abbé
Saunière dans son presbytère... Au contraire tout laisse supposer
qu’il envisage un autre lieu sédentaire puisque vers 1898 il
entreprend une série d’acquisitions de parcelles cadastrales
pour ce qui deviendra ‘ son domaine’ à Rennes-le-Château.
Puis ce sera la concrétisation visible de son projet fabuleux: en
1901, début des travaux de la ‘Villa Béthania’
achevée en 1905. Dans la foulée ce sera, en 1906, l’édification
de la Tour Magdala, du ‘rempart-promenade’, des différentes
vérandas, des jardins d’agréments et de l’étendue
du ‘domaine’. L’ensemble de tous les travaux est terminé
en 1907. Bérenger saunière pressent-il l’arrivée
d’ennuis importants?.. Toujours est-il qu’il fait établir
des testaments réciproques pour lui et Marie Dénarnaud...
au cas où !
Le
camp retranché de Saunière
D’étourdissantes
réceptions se déroulent dans le domaine jusqu’en 1909
où s’annoncent des difficultés financières importantes.
De plus son évêque, Mgr de Beauséjour, inquiet et curieux
du faste de son prêtre arrivé si pauvre à Rennes-le-Château,
commence à le pousser dans ses retranchements (1910 - 1911: procès
pour abus de pouvoirs religieux de l’abbé). Bérenger
Saunière ne sortira jamais plus de ses retranchements et s’y
enlisera littéralement. Est-ce pour ces seules raisons qu’il
reste au presbytère... on ne le sait pas vraiment. Peut-être
s’y sent-il plus à l’aise... plus à sa place…
ou peut-être a t’il des raisons jamais avouées de s’y
maintenir. Et puis de sa demeure de prêtre il a vue sur sa Villa et
son domaine. Il peut rêver... N’était-ce pas ce qu’il
voulait?
Le 22 janvier de 1917, l’abbé Bérenger Saunière,
est terrassé dans son presbytère où Marie Dénarnaud
l’a fait transporté après une attaque cardiaque près
de la tour Magdala... Cette tour qu’il voulait initialement appeler
‘Tour de l’Horloge’ a t’elle marqué sa dernière
heure??? Ironie des mots et des événements.
Nostalgie
ou secret à défendre ?
Saunière
eut toujours le devant de la scène dans cette histoire hors du commun
à plus d’un titre. Marie Dénarnaud restera la fidèle,
dévouée mais effacée servante de tous les instants.
Pourtant elle dut partager bien des choses avec l’abbé Saunière.
Certes, les mauvaises langues leurs prêtent des liens peu conformes
pour un prêtre et sa servante. Mais ces liens ne pouvaient-ils pas
se situer à un tout autre niveau? Une sorte de connivence devenue
obligatoire par une promiscuité sans doute pas toujours refusée...
Une complicité qui s’établit au fil des découvertes
toujours plus étranges... jusqu’au moment où il est
impossible de rebrousser chemin.
On peut dire qu’ils sont arrivés tous deux simultanément
au presbytère... que Marie a vu les projets de l’abbé
y grandir, puis aboutir, puis devenir enfin des secrets à tenir étouffés
à jamais... dans ce presbytère qui le voit rendre son dernier
souffle et son âme à son créateur.
Il ne reste plus que Marie à propos de bien trop de choses si lourdes
à porter seule. Elle peut s’établir dans le domaine
et la villa dont maintenant elle est propriétaire. Elle le peut,
mais étrangement, ne le fait pas et reste fidèle au vieux
presbytère.
Est-ce pour une nostalgique mémoire sentimentale que le 25 mars 1917
(deux mois après le décès de Bérenger) elle
renouvelle le bail du presbytère... pour neuf ans??? ou pour une
autre raison qu’elle ne dévoilera jamais, du moins ouvertement.
La
vraie place du Presbytère dans le secret de Saunière
Et
c’est maintenant que le presbytère pourrait bien prendre toute
la place qu’il mérite peut-être.
Maintenant reposons d’abord le problème de la vétusté
de ce bâtiment sans doute plusieurs fois centenaire. On note que les
prêtres attachés à la cure de Rennes logeaient, avec
peu de confort semble t’il, dans ce lieu. A première vue, pas
grand chose d’étonnant si l’édifice jouxte l’église...
surtout pour un presbytère. Oui sans doute. Mais est-il raisonnablement
possible qu’on ait de tous temps maintenu obstinément une construction
croulante qu’on pouvait, soit situer ailleurs (nous l’avons
vu) soit ou reconstruire de façon plus durable et moins coûteuse.
Est-ce le fait de personne bornées, stupidement obstinées
ou incultes? Guère possible de la part d’élus locaux
(les maires et leurs adjoints), de responsables (consuls, évêques,
prêtres), de spécialistes (architectes et maçons). Alors?
Et bien alors peu à peu se dessinerait comme une sorte de volonté
inavouable à maintenir coûte que coûte le presbytère
là où il est, et surtout à ne pas le raser pour le
reconstruire même si l’intention est des plus louables. Alors?
Alors il nous faut chercher s’il peut y avoir une raison crédible
à cet embryon de piste.
Quel lien direct peut bien avoir ce vieux presbytère avec le secret
de Bérenger Saunière?