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Le
presbytère de Rennes-le-Château |
La
visite du domaine et le musée
Le
presbytère abrite désormais le musée du ‘domaine
de Saunière’... admirablement restauré pour la circonstance.
On y visite des salles où sont présentées, à
l’étage, des pièces archéologiques retrouvées
dans le secteur de Rennes-le-Château au fil des recherches et des
découvertes fortuites ou non. Des documents, également visibles,
retracent l’histoire du village depuis ses plus lointaines origines
jusqu’à l’arrivée de Bérenger Saunière.
Toujours depuis l’étage on rejoint le domaine de l’abbé
où la visite se poursuit agréablement avec la Villa Béthanie,
la tour Magdala, la verrière, le parc et surtout, depuis quelques
mois, la tombe de l’abbé Saunière transportée
dans le parc de son domaine.
Visitons brièvement le rez-de-cour du presbytère. Actuellement
cette partie du musée est divisée en deux salles d’exposition.
A gauche nous trouvons “la cuisine” avec une reconstitution,
librement interprétée, d’une scène de la vie
de Saunière. Deux personnages en cire (style Musée Grévin)
représentent, à gauche l’abbé en soutane, dans
un fauteuil, plongé dans la lecture. A droite sa servante (Marie
Dénarnaud) se trouve debout dans ce décor de cuisine qui était
souvent la pièce principale. Derrière Marie se trouve une
grande cheminée à feu ouvert... élément vital
en ces contrées aux hivers parfois rigoureux. De nombreux ustensiles
et détails authentiques de la vie courante agrémentent la
scène.
La partie de droite, la “salle Grassaud” - sans doute en mémoire
de l’amitié liant Saunière et l’abbé Grassaud,
curé d’Amélie les Bains - présente parmi d’autres
pièces des éléments et objets ayant appartenu à
l’abbé Saunière... ou prétendus tels.
Quelques
éléments comparatifs
Arrêtons
notre visite à ce niveau.
Reprenons, selon le ‘Plan sommaire du Presbytère - au niveau
de Rez’ (document d’après Mme Marie Bousent) la distribution
d’origine du presbytère à l’époque de Bérenger
Saunière. A sa lecture un premier constat nous surprend en comparant
les reconstitutions proposées par le musée car ces dernières
ne semblent pas conformes à ce qu’elles étaient initialement.
Le décor de la cuisine se présente à gauche... là
où se trouvait une pièce appelé ‘Communs’
sur l’ancien état des lieux. Sur ce document, la cuisine d’origine
était à droite en entrant... là où se situe
maintenant la “salle Grassaud” et son exposition. Certes ceci
n’a pas grande importance et ne signifie pas grand’chose pour
notre affaire. Un décor peut être imaginaire, et dans ce cas
il est en place pour suggérer un ‘cadre de vie’ dans
son esprit, et non une représentation fidèle à la réalité...
d’une salle de cuisine comme il devait y en avoir dans toutes les
maisons de Rennes à l’époque de Saunière. Sans
doute une simple erreur de distribution dans le projet. Rien de mystérieux
jusqu’ici.
Pourtant on pourrait rétorquer qu’il était tellement
simple, et surtout plus correct, pour les inconditionnels de l’abbé
Saunière, de visiter un local restitué au plus près
possible de son origine. A priori, rien n’empêchait que cette
scène paisible de la vie de l’abbé, ne soit organisée
dans son cadre de base?.. L’effet en aurait été d’autant
plus attrayant qu’il était facile de préciser que cette
réhabilitation respectait au plus juste la réalité
du moment. Le visiteur aurait apprécié ce souci du détail
à sa juste valeur. Il était possible de joindre à cette
remarque un ou deux clichés du local ‘AVANT’ et ‘APRES’
pour souligner le respect du détail...

Presbytère,
niveau rez. Plan reconstituer d'après le document de madame Marie
Bousent que nous
joindrons ultérieurement, et qui comporte une erreur au niveau de
la 'souillarde'.
D’étonnantes
initiatives erronées ?
Que
s’est-il passé au moment du projet du musée pour que
cette reconstitution soit délibérément non conforme
à l’ancienne distribution? Si nous n’en savons rien,
attendons-nous toutefois qu’un jour ou l’autre un chercheur
pointilleux revienne sur ce ‘détail’, en cherche les
raisons, et finisse par échafauder une théorie loin de la
réalité.
D’abord il est difficile de dire qu’on ne savait plus comment
étaient distribuées les pièces habitables du presbytère.
Nous savons que parmi les auteurs ou témoins de la conception du
musée, à l’époque de l’association Terre
de Rhedae, étaient des personnes sachant parfaitement comment s’articulait
l’intérieur du presbytère au rez-de-cour.
Ensuite au moment des démolitions n’importe quel ouvrier maçon
pouvait dire si un ouvrage était d’origine ou rapporté
! L’emplacement de la souillarde et de la vieille cheminée
pouvait facilement être confirmé de cette façon.
Enfin une remise en état et la mise en oeuvre d’un tel décor,
au demeurant parfaitement exécuté, doit avoir un coût
non négligeable. N’aurait-il pas été plus économique
de dresser cette scène de vie dans son cadre original? Certes nous
n’étions pas là au moment des décisions de chantier
et nous n’avons pas à en apprécier maintenant les directions.
Cependant une fois de plus on ne peut que s’étonner de la réalisation
de ce projet non conforme à la réalité pour un devis
sans doute conséquent.
On pourrait argumenter, pour cette nouvelle distribution, que de toutes
manières une cuisine est une cuisine... et qu’elle soit à
gauche ou à droite en entrant dans le presbytère ne change
rien à son principe. Oui c’est évident. De plus, à
bien regarder l’état des lieux primitif, il y avait effectivement
un conduit de fumée, donc une cheminée, à chaque extrémité
du bâtiment: les pignons Est et Ouest...
L’importance d’un tel chantier ne doit pas non plus nous échapper
concernant les démolitions et travaux de reprises en gros oeuvre.
Pour un chantier de cette importance ce poste est toujours conséquent.
En matière de démolition délicate il y en a une qui
doit retenir toute notre attention, c’est encore l’emplacement
de la cheminée.
L’eau
et le feu
Pour
ce faire, revenons encore sur la constitution d’une cuisine : à
l’époque de l’abbé Saunière, cette salle
est de première importance en raison de la grande cheminée
qui en est l’élément essentiel. Dans son évidence
nous pourrions ainsi résumer la situation : une cuisine est faite
pour cuisiner... à l’aide d’un foyer ! Une cuisine ne
peut donc se concevoir sans son foyer qui, à l’époque
de Saunière, se situe toujours dans la cheminée. Certes
pour les demeures aisées l’âtre est parfois remplacé
ou agrémenté par un ‘légumier’: une sorte
de foyer secondaire fermé contenant des braises assurant la cuisson
lente des légumes. Le presbytère était seulement pourvu
d’une grande cheminée servant à la cuisson et à
dispenser de la chaleur aux occupants. Il y avait (et il y a toujours) deux
éléments indispensables à la vie d’une demeure
: le feu et l’eau. Les deux sont incontournables pour nettoyer, préparer
et cuire des aliments et pour les besoins usuels.
Le vieux plan du presbytère fait mention, à l’emplacement
de la “salle Grassaud” du musée, d’une ‘salle
commune’ qui n’est autre que la cuisine dont un passage ouvre,
au sud, sur une pièce du nom de ‘souillarde’. La souillarde
est le lieu où se trouvent les bacs à lessiver, et le ‘souillard’
une sorte d’évier en pierre dont l’évacuation
se fait directement à l’extérieur du bâtiment.
C’est donc ici que se situe le point d’eau d’une demeure.
Il est logique et pratique que la salle commune, la cuisine en l’occurrence,
soit à la fois équipée d’une importante cheminée
et d’un accès proche à l’indispensable point d’eau,
néanmoins séparé de la grande pièce à
vivre. On distingue nettement, sur différents relevés à
plusieurs époques, l’emplacement des conduits de fumée
et le tracé conséquent de l’implantation au sol de l’âtre.
Il ne peut y avoir de confusion dans l’usage des pièces du
rez-de-cour du presbytère. La pièce intitulée ‘commun’,
si effectivement elle dispose d’un conduit de fumée, ne peut
avoir d’accès direct à la souillarde et ne saurait être
considérée comme la cuisine telle qu’on nous la présente
aujourd’hui dans le musée. Elle pouvait être une chambre
ou un bureau pour le prêtre par exemple.
Jetons un dernier coup d’œil sur le décor proposé
aujourd’hui aux visiteurs. L’ensemble de cette reconstitution
est fait d’une multitude d’objets usuels, utiles certes mais
néanmoins d’agrément... et d’une immense cheminée
près du personnage de Marie, justifiant le titre de ‘Cuisine’
donné à cette scène figée. Il s’agit donc
bien d’un décor sans fondement en raison des emplacements de
boisseaux de cheminées. Alors où voulons nous en venir?..
au fait que cette cheminée, indispensable à toutes cuisines
d’autrefois, pourrait nous réserver quelques surprises en raison
du fait qu’elle avait une autre destination que celle d’un foyer
de cuisson domestique... comme nous allons le constater peu à peu.
La
place immuable du presbytère dans l’énigme
Nous
avons démontré dans la première
partie de ce dossier que pouvait se deviner une sorte de volonté
de maintenir à tous prix le bâtiment du presbytère là
où nous le voyons aujourd’hui, et au moins depuis trois siècles.
Une volonté encore accentuée par celle de l’abbé
Saunière qui refuse de s’en séparer jusqu’à
la fin de sa vie, malgré la présence de sa Villa Béthanie
nettement plus confortable et conforme à ce qu’il désirait.
Une volonté perdurée par Marie Dénarnaud à la
mort du prêtre, en renouvelant le bail de location du presbytère
pour son usage… renouvellement d’ailleurs accepté sans
problème par la municipalité. Cette décision curieusement
n’a jamais intrigué quelque chercheur que ce soit. Mais à
quel titre une servante de curé, après le décès
de celui-ci, peut-elle prétendre conserver et habiter seule le presbytère
habituellement réservée comme demeure au desservant du culte
???… alors que cette servante dévouée vient d’hériter
d’une somptueuse demeure et d’un domaine à quelques mètres
du presbytère ! Rennes était-il si grand et si bien achalandé
en presbytères que cette opération ait pu se produire sans
encombre ni la moindre gène pour le remplaçant qui ne peut,
de fait, s’y installer logiquement à son tour ???… personne
ne trouva ceci insolite ni à ce moment ni encore aujourd’hui
!
D’abord
un alignement persistant
Tentons
de trouver une réponse à ces curieuses remarques.
Le
presbytère est une construction datant de plusieurs siècles
comme le montrent plusieurs documents officiels. Il est donc logique qu’on
ait mis communément un conduit de fumée à chaque pignon
(Est et Ouest) de l’édifice. Ce qui est un peu plus surprenant
c’est l’alignement Nord et Sud de ses murs sur ceux de l’église
sainte Madeleine. Nous reviendrons également sur d’autres éléments
à ce sujet en dernière partie de notre dossier… et ce
ne sera pas la plus petite de nos surprises.
Et
un savoir caché entre un confessionnal et une cheminée…
Pour
l’instant nous sommes dans la cuisine du presbytère, située
à droite en entrant. Une large cheminée occupe le mur Est
mitoyen de celui Ouest de l’église comme le montrent tous les
relevés disponibles à ce jour. A mieux regarder ce détail
nous trouvons l’âtre quasiment aligné, de l’autre
côté du mur, dans l’église, sur l’emplacement
du confessionnal.
En étudiant précédemment ce confessionnal (voir
ce dossier) nous le trouvions très mal disposé pour ce
genre d’usage religieux. Nous soulevions l’hypothèse
que Bérenger Saunière en avait sciemment choisi l’emplacement
pour des raison que lui seul pouvait apprécier… ainsi que peut-être
d’autres personnes mises dans sa confidence par obligation ou légitimité.
Dans ce cas quelle peut être cette obligation ?
Un
très vieux savoir caché en sous-sol
Pour
nous il s’agirait plus d’un savoir, d’une connaissance
que d’une obligation. Saunière dispose, en arrivant à
la cure de Rennes, des archives de ses prédécesseurs dont
il doit prendre connaissance rapidement et en retenir certains détails.
Puis il y a une période d’éloignement (l’incident
de sa prise de position pour un vote politique) durant laquelle ‘on’
a bien pu lui donner des informations relatives à ces mêmes
éléments. Pourquoi pas ? Surtout que Saunière revient
du petit Séminaire avec un don important de la comtesse de Chambord
pour les premiers travaux dans l’église. L’abbé
se met aussitôt au travail en dirigeant ces travaux, non pas comme
l’aurait exigé l’état de décrépitude
de la toiture, mais dans des directions qui ‘par hasard’ le
mettent immédiatement face à plusieurs découvertes
… enrichissantes ! Certes rien n’interdit le hasard de bien
faire les choses et les découvertes fortuites… mais lorsqu’elles
sont répétitives à outrance on peut toutefois se poser
des questions.
Toujours est-il que nous sommes certains que Saunière oriente très
vite ses travaux vers le sous-sol de son église ainsi qu’en
direction de nombreux événements vite étouffés.
Trop de rumeurs couraient sur les intérêts ‘souterrains’
de l’abbé. Aussi la découverte de la dalle des chevaliers
était-elle, sans doute, suffisante pour justifier les terrassements
et la découverte de ‘médailles de Lourdes (déjà
cet intérêt pour Lourdes ?!?) sans valeur’. Le reste
ne semblant être que des réaménagements de maçonnerie
hâtive suffisants à taire les rumeurs.
Les dessous de l’affaire
L’abbé
a certainement percé le secret du sous-sol de son église.
Aussi apprit-il certains remaniements invisibles au commun des visiteurs
et curieux. C’est sans doute ainsi qu’il prit connaissance de
l’existence d’une sorte de galerie étroite et basse circulant
sous le sanctuaire depuis des temps immémoriaux… ou des premières
époques de l’aménagement de la chapelle seigneuriale
qui devient l’église paroissiale après la destruction
- au 14ème siècle par les mercenaires catalans - de l’église
de St Pierre aux liens. Rappelons que cette dernière était
la première église de Rennes (voir
le dossier sur ce sujet)! Peut-être s’agissait-il du réemploi
d’une des galeries naturelles circulant sous le plateau en allant
des citernes au château des Hautpoul en ramifiant naturellement vers
d’autres points… dont un devenu le sous-sol de l’église
que nous savons à présent.
Quoiqu’il en soit une cavité sous le sanctuaire disposait d’un
‘caniveau’ se dirigeant vers le pignon Ouest et se poursuivait
jusque sous un autre lieu devenu un véritable ‘Royaume des
morts’… une nécropole très ancienne ! Nous y reviendrons
dans un autre dossier.
Nous ne savons pas comment l’abbé Saunière prit connaissance
de ces détails souterrains depuis son église de Rennes. Peut-être
encore une fois le hasard conduisit-il le prêtre vers le cheminement
oublié… Tout comme nous pouvons également imaginer qu’il
fut affranchi par des ‘initiés’ ayant compris que la
curiosité de l’abbé le conduirait à ce qui devait
rester caché. Cette obligation les aurait poussé à
lui révéler des éléments lui ayant peut-être
permis de négocier son silence … ou ses découvertes.
Ceci n’est à ce stade que pure spéculation mais rien
ne l’interdit non plus.
Toujours est-il que Bérenger Saunière apprend l’existence
d’un passage arrivant sous l’église depuis un accès
habilement dissimulé SOUS un point du presbytère (document
‘testamentaire’ de l’abbé Bigou en Espagne). Et
cette connaissance est en place au moment où se construit ce bâtiment
justement accolé à l’église pour les besoin de
cette cache. En effet il était tout aussi possible de construire
cet édifice avec un recul depuis l’église en aménageant
un jardin par exemple. Mais ceci était impossible et nous verrons
plus tard pourquoi. Il fallait donc d’une part sceller efficacement
l’accès à ce passage et d’autre part pouvoir le
retrouver aisément et le réutiliser en cas de besoin. Evidemment
ces trois impératifs devaient être aussi discrets qu’efficaces
et pouvoir voyager dans le temps sans encombre. Et Bérenger Saunière,
prêtre à Rennes, accède à l’ensemble du
mécanisme.
Ce mécanisme doit être simple pour ne pas ‘gripper’
où se détruire avec le temps. Voici une proposition de schéma
simplifié :
- Il y a sous le sanctuaire, un local dont nous ignorons indiscutablement
l’usage (bien que des hypothèses soient admises : crypte, caveau,
dépôt, circulation).
- Ce local correspond
avec un réseau qui suit les failles naturelles sous le plateau de
Rennes (dont celle alimentant les citernes naturelles de Rennes, voir notre
page à ce sujet).
- Un de ces passages bas reliait probablement ce caveau aux sous-sols du
château (des Hautpoul) d’un côté, et de l’autre
côté vers l’ancienne redoute défendant la falaise
Ouest du plateau.
- Peu à peu les seigneurs locaux perdent de leurs terrains, puis
l’enclave de la redoute Ouest tombe en désuétude, inutile
et oubliée.
- Seuls restent aux seigneurs : le savoir de ce réseau, le contenu
du caveau, la chapelle et leur château.
- Il faut cependant dissimuler le passage qui, à l’Ouest de
l’église, passe à peu de profondeur. Sa découverte
serait une catastrophe pour les ‘sachants’… et une aubaine
pour les découvreurs potentiels.
- Les seigneurs font don d’un terrain, et dessus autorise la construction
d’une demeure pour leur chapelain avec des pierres de réemploi
de la vieille redoute Ouest (on les retrouve dans les murs du presbytère
!). Cet édifice est construit pignon contre pignon avec l’église,
et ainsi sur l’accès à la galerie basse dissimulée
sous la sole de cheminée… sachant que cet appareillage restera
immuable en raison de son usage à toutes les époques…
du moins le pense t-on à ce moment ! Ainsi le secret reste entre
la famille seigneuriale et leur chapelain lié à ce secret
par sa fonction sacerdotale.
- La chapelle seigneuriale (sous l’invocation de la Sainte Vierge)
devenant l’église (passée à ce moment sous le
vocable de St Marie-Madeleine) le chapelain devient le curé paroissial
et sa demeure devient… le presbytère !
- Il reste alors à assurer la transmission du secret dans la lignée
des Hautpoul…
- A la veille de la Révolution Française la dernière
châtelaine en possession du savoir décède. Sans héritier
mâle elle confie le secret à son confesseur, un certain abbé…
Bigou !
- A son tour, poussé par la tourmente révolutionnaire à
s’enfuir en Espagne, et ne pouvant laisser s’éteindre
un tel secret qui d’ailleurs ne lui appartient pas, il dispense quelques
éléments contenant le principe de ce savoir.
- Pour cette transmission, laissée sous le sceau de la confession,
l’abbé Bigou n’a d’autre choix moral religieux
que faire de telle sorte que seul un autre prêtre puisse comprendre
son message sans transgresser le devoir de réserve ecclésiastique.
- Bigou laisse donc une petite série d’éléments
que seul un de ses futurs confrères peut comprendre sans les divulguer.
Les pierres de la tombe de la Dame d’Hautpoul, quelques notes sur
un registre, et ses ultimes écrits en Espagne, formeront l’ensemble
du message.
- Le presbytère restera l’élément dangereux pouvant
à tout instant être rasé ou récupéré
par un laïc décidé à le modifier… de fond
en comble !
- Curieusement la municipalité tiendra sans arrêt à
maintenir le presbytère en état là où il est.
L’Eglise s’y attachera forcément elle aussi.
- Au moment où les édifices, église et presbytère,
menacent de s’effondrer… deux solutions restent tangibles à
cette hypothèse. Premièrement : le hasard joue sur Saunière
découvrant fortuitement les pièces du secret. Deuxièmement
: il est temps de propulser sur les lieux un prêtre capable de se
laisser docilement téléguider, voir acheter, le cas échéant
: l’abbé Bérenger Saunière.
- Les deux possibilités se rejoignent là où cet homme
doit impérativement ‘tenir sa langue’ et ‘étouffer’
ce qu’il découvre. Il doit également occuper toute affaire
cessante le presbytère avant qu’il ne s’écroule,
puis rapidement veiller à le remettre en état en laissant
sa cheminée en place !
Retour
avec l’abbé Saunière au presbytère avec sa servante
Après
cet essai d’hypothèse revenons près de Saunière
dans son presbytère.
Il sait maintenant que sous la sole de cheminée (facile à
soulever) se trouve un passage conduisant sous l’église et
en deux autres lieux. Cependant il reste un problème à résoudre
: Marie Dénarnaud !! C’est encore une très jeune femme
à son arrivée au presbytère, et il est certain qu’elle
ignore tout de ce que l’avenir lui réserve.
Probablement Saunière doit prendre la décision de la garder
comme servante au risque des ragots qui ne manquent pas d’arriver
en raison de cette situation. Pourquoi garde t’il cette jeune femme
dont il peut se défaire rapidement au début de cette aventure
? Nul auteur n’aborde cette question et c’en est pour le moins
curieux. L’abbé dispose du prétexte incontournable de
‘l’âge canonique imposée pour une gouvernante de
curé’. S’il n’en fait rien c’est l’acceptation
tacite d’une situation qu’il ne peut plus retourner… oui
mais laquelle ?
Il y aurait une explication… Marie, arrivée au presbytère
avec ses parents et l’abbé, dut être préposée
très vite aux besognes du ménage et de l’intendance
cuisine du presbytère, donc aux travaux à la cheminée.
Marie Dénarnaud n’était pas une femme stupide. Au contraire
à l’étude elle se montre intelligente, docile et surtout
discrète et complice pour l’abbé Saunière.
Veillées
intimes près du feu
Il
est donc possible que Marie ait compris, en raison de ses activités
culinaires , que l’intérêt prononcé de l’abbé
pour la cheminée n’était pas seulement celui de la gourmandise
ou de son appétit... Si une discussion eut lieu entre eux sur le
sujet, ni l’un ni l’autre ne pouvait plus dès ce moment
faire machine arrière sans se mettre en porte à faux vis-à-vis
de l’autre…
De plus Saunière, devant aller vite dans sa démarche, ne pouvait
pas prendre de mesures répétitives pour éloigner Marie
de ce point ‘foyer’. Même s’il l’avait fait,
la jeune femme se serait vite aperçue, à son retour, de traces
suspectes dans ce périmètre du foyer qui était le sien.
Sans doute au moment d’ouvrir la sole de cheminée l’abbé
n’avait pas d’autre solution que de mettre la jeune femme dans
la confidence. Cette décision ne fut, peut-être, difficile
ni pour l’un ni pour l’autre…
Il devenait alors simple, pour ce couple insolite, le soir, d’entreprendre
l’ouverture de la lourde sole, de dégager ensuite l’ouverture
peut-être comblée depuis des siècles… et de refermer
avant le matin le travail entrepris la veille au soir. Un nouveau feu matinal
dissimulait l’ensemble de l’entreprise. Et puis… qui aurait
eu l’idée de se pencher sur cette cheminée en apparence
anodine ?
Sonnant
si trébuchant…
Sous
la sole s’ouvrait un passage en galerie basse se dirigeant tout droit
sous l’église. Même si ce boyau était comblé
depuis longtemps, ce ne dut être ni long ni pénible de dégager
cette galerie oubliée. S’il est impossible de savoir combien
de fois l’abbé Saunière dut aller jusqu’au bout,
c’est une certitude cependant d’affirmer qu’il s’est
acharné à refaire le passage.
Ce passage maintenant rétabli dans sa fonction avait l’avantage
de conduire Bérenger Saunière sous l’église…
mais aussi un fâcheux défaut : une fois la sole de cheminée
refermée sur le secret du presbytère, il n’en restait
pas moins en sous-sol un dégagement creux. Ce dernier par son effet
‘cavité’ résonnait sourdement en cas de choc sur
le sol de l’église… et la sole de la cheminée.
Pour la cheminée ce phénomène ne posait pas de problème,
car seule Marie pouvait les entendre durant les travaux culinaires…
Concernant une résonance sous le dallage de son église il
en était tout autre pour l’abbé. Certes les paroissiens
n’auraient sans doute jamais fait attention à ce bruit couvert
par celui de leurs sabots… Mais Bérenger pouvait craindre qu’un
‘initié’, en chaussures de ville, sachant tout ou partie
du secret, ne détecte, au bruit d’une canne par exemple, que
le passage était à nouveau dégagé et…
remis en fonction !
Et
la loi du silence de la confession
Saunière
est alors au moment de commander un nouveau confessionnal. Rien d’anormal
dans cette démarche puisque toute la décoration de l’église
est refaite à neuf. L’ancien confessionnal complètement
délabré dénote lamentablement dans ce décor
étourdissant. Il est donc de bon ton de le changer. De le changer…
et dans la foulée de le changer d’emplacement… ce qui
était chose aisée puisque l’abbé pouvait prétexter
ne pouvoir réinstaller ce nouveau meuble à sa place primitive
en raison des
nouveaux décors (statues, chemin de croix…)! Il était
facile de placer ce meuble, voué au secret silence de Dieu, là
où il prenait toute la place de sa fonction… au-dessus du passage,
là où il restait, pour ‘l’initié’
un risque de ‘savoir’ le passage souterrain réactivé
! Même dans les trois places du confessionnal il est maintenant impossible
de soupçonner un écho sourd au dessous… puisque le plancher
du meuble est légèrement surélevé !
Si l’on regarde maintenant l’étrange décor frontal
et la valeur symboliquement religieuse de ce meuble on peut retenir curieusement.
:
Un confessionnal, se fermant sur le secret avec Dieu, est le lieu du silence
absolu, du savoir et de l’absolution. Le décor du fronton rappelle
astucieusement la découverte du berger Paris… à la recherche
de sa brebis perdue, il descend dans une faille et y découvre de
l’or et des squelettes ! Il ‘confesse’ à tous sa
découverte… et sera tué sous les ordres du seigneur
de Rennes pour cette aventure. Le silence de sa mort interdira de retrouver
son secret.
…Saunière vient d’entendre en confession. Un moment de
méditation, puis il sort de son confessionnal. Avec la porte qu’il
referme doucement sur ce lieu secret, le silence tombe sourdement sur le
savoir qu’il cache. Presque un siècle s’est écoulé…Et
c’est l’ironie du lien entre la cheminée et le confessionnal
séparés par un seul mur… Autrefois la cheminée
du presbytère abritait le feu… aujourd’hui le confessionnal
contient les extincteurs pour éteindre celui qui pourrait s’allumer
dans l’église de Rennes-le-Château … malice de
la providence ou pur hasard des consignes de sécurité ?
Source photos: archive, Christian Celarie et Jean Brunelin