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Société Périllos ©

Le presbytère de Rennes-le-Château
(3ième partie) - ouvertures sur le royaume des morts!

 

Nous avons appris, au chapitre des citernes de Rennes-le-Château, que le sous-sol de ce secteur du plateau est parcouru par un réseau naturel courant sur toute la longueur de l’emprise du village, y compris sous l’église, jusqu’au bout de ce qui est devenu le domaine de Bérenger Saunière.
Ces failles natives furent réaménagées et utilisées à diverses fins depuis les premiers seigneurs des lieux à leur discret usage personnel. Il est aussi certain maintenant que leurs chapelains et confesseurs se trouvaient à propos de ces éléments secrets. Nous trouvons confirmation de leur connivence à différents moments : la confession de la Dame d’Hautpoul à l’abbé Bigou, la farouche volonté d’édifier et maintenir un bâtiment à usage de presbytère en un lieu défini, et enfin les prêtres se maintenant coûte que coûte dans cet édifice même délabré… Enfin sur ce registre il est devenu évident que Bérenger Saunière prit le relais de cette situation… à son seul bénéfice ou sur invitation.

Une petite cavité sans suite ?

Si, à présent, nous savons un orifice sous la sole de cheminée de la cuisine du presbytère, il nous reste à comprendre s’il s’agit d’une petite cavité sans suite ou d’un passage conduisant ailleurs, et en ce cas où il conduit.
On peut supposer qu’il ne s’agit pas d’une petite cache limitée au périmètre de la cheminée, car en ce cas elle aurait été vidée ou comblée au moment de la construction du presbytère dont l’implantation semble faite pour dissimuler un emplacement dans ses fondations. Il nous reste la solution d’un passage bas conduisant sous l’église comme nous l’avons deviné précédemment.
Nous avons la certitude d’un accès conduisant sous l’église en raison du fait que Saunière craignait, sans doute, que le sol sonne creux sur l’endroit qu’il venait de dégager. L’installation de son confessionnal en est la preuve évidente. Il faut donc admettre que l’abbé a facilement localisé l’entrée sous la cheminée, l’a ensuite dégagée, pour enfin la suivre avec certitude jusque sous le sanctuaire.

A propos du sous-sol de l’église nous avons une preuve écrite irréfutable de l’existence d’au moins un caveau : un ancien registre paroissial (années 1694 à 1726) auquel Saunière semblait tenir particulièrement.
Sur ce document plusieurs personnalités sont inhumées « au tombeau des seigneurs qui est auprès du Balustre ».
Nous trouvons d’abord, en 1705, une ‘dame Anne Delsol’, « inhumée le trente et un du dit mois, dans l’église de ce lieu, au tombeau des Seigneurs qui est près du balustre ».
Ensuite en 1724 il est question de ‘noble messire Henry du Vernet qui « ayant reçu le sacrement a esté enterré dans l’église de ce lieu » .
Il est donc notoire, pour les prêtres de Rennes, que se déroulent des inhumations dans l’église même, c’est à dire au moins dans un caveau auquel on accède depuis l’intérieur du bâtiment. Comme le soulignent Claire Corbu et Antoine Captier dans « L’héritage de l’abbé Saunière » (Ed. Belisane –1985) « … on peut en déduire que ce tombeau (des Seigneurs de Rennes) donnait accès à une crypte assez vaste pour recevoir plusieurs sépultures ». On peut ajouter que le prêtre du moment ne fait aucun mystère de cette sépulture souterraine.
Ce registre est resté dans les archives de l’église de Rennes-le-Château. L’abbé Antoine Bigou en a forcément pris connaissance, sans toutefois faire enterrer « Marie de Nègre Dables » dans ce tombeau sous l’église qui pourtant était celui de la famille de la dame d’Hautpoul. Certains chercheurs avancent l’hypothèse que les femmes n’avaient pas leur sépulture dans l’église mais à l’extérieur… néanmoins Anne Delsol y est bel et bien ensevelie en 1705.
Peut-on de ces deux faits supposer que l’abbé Antoine Bigou ait délibérément pris la décision de faire enterrer la dame D’Hautpoul de telle façon que son épitaphe mortuaire soit ‘visible’ de tous… et seulement ‘lisible’ par un ‘initié’… un autre prêtre par exemple ? En effet, si Marie de Nègre avait été mise au tombeau sous l’église, jamais l’abbé Saunière n’aurait pris connaissance des fameuses inscriptions sur les stèles et dalle mortuaire dans le cimetière… Pourquoi une précaution de cet ordre de la part de Bigou et la liberté d’écriture en la matière des prêtres précédents ? Les uns et l’autre n’auraient-ils pas eu les mêmes consignes ou … la connaissance d’un détail majeur ?

Les morts de Rennes et leurs tombeaux

Et si tout simplement il y avait eu sous l’église de Rennes plusieurs tombeaux distincts :
un ‘vers le balustre’, sans mystère ni autre fonction qu’une sépulture ‘ordinaire’ dans laquelle d’autres personnes que celles des Hautpoul puissent accéder sans enfreindre les traditions et règles du secret.
Un autre en un lieu non défini sur le registre et qui, lui, contenait un élément devant rester secret… comme conduire en un lieu sous l’église ou vers une crypte inconnue.
Ce système pouvait se montrer efficace en cas de fuite d’informations confidentielles et donc de doutes sur une tombe énigmatique. En ce cas l’ouverture, ou la révélation, de celle « vers le balustre », avec sans doute un petit magot en pâture, mettait rapidement un terme à toutes polémiques ou soupçons tout en mettant l’autre lieu dans l’oubli et l’ignorance.
L’action de l’abbé Bigou, quant au choix d’une sépulture parfaitement lisible, était peut-être la seule possibilité pour qu’avec certitude un de ses successeurs ne se fasse pas piéger par ce leurre redoutable. Bérenger Saunière, téléguidé ou non, semble avoir compris le message d’une part… et peut-être s’être également emparé de l’appât d’autre part. Ce ‘double jeu’ expliquerait des découvertes certaines, avec témoins, mais de moindre importance (sans doute pour brouiller la piste en cas de perspicacité de la part d’un observateur) et d’autres prospections qu’il gardera soigneusement secrètes mais dont Marie Dénarnaud fut toutefois le témoin… ou la complice obligée.

Après cette brève visite de l’église, et surtout de son sous-sol mortuaire et secret, revenons au coin du feu de la cheminée du presbytère en compagnie de Bérenger Saunière et de sa servante.
Il existe plusieurs versions de la distribution intérieure du presbytère, pour notre part nous en avons répertoriés quatre. Si l’emplacement des gros de murs est similaire pour tous, il n’en est pas de même concernant la répartition des pièces… Pour certains la cuisine (ou ‘salle commune’ sur notre relevé) serait le séjour pendant que le ‘commun’ correspondrait à la cuisine et le ‘four à pain’.

Face à ces quatre plans différents pour un bâtiment, somme toute, assez modeste et surtout pas très compliqué, on peut se poser certaines questions :
- comment se fait-il qu’il n’y en ait pas, au moins, deux identiques ? Voudrait-on nous faire croire que les cloisons se déplacent inlassablement dès un relevé terminé ? Ou qu’il soit si complexe d’en faire un dessin ?
- les relevés ont-ils été faits à des époques différentes expliquant des différences si flagrantes ? Si oui, les styles de tracé ne seraient-ils pas très différents ?
- si ces plans de distribution sont récents, sur quels critères les ‘états des lieux’ ont-ils été dressés? Depuis quels plans anciens ou devis de travaux ou relevés de chantiers ? N’est-il pas étonnant que jamais l’origine de ces informations ne soit donnée ?
Enfin pour conclure le sujet des relevés du bâtiment il est surprenant que jamais il ne soit question du niveau sous-sol… sans doute le manque d’intérêt immédiat pour des caves humides et salissantes. Etrange réaction car ce devrait bien être dans les caves que les maçonneries soient révélatrices de travaux insolites. Surtout que nous savons que « dans l’une des marches de l’escalier conduisant au sous-sol du presbytère » Marie Dénarnaud a dissimulé une partie des découvertes faites par l’abbé… Etrange qu’une fois de plus aucun ténor en cette matière n’en ait fait mention ? Peut-être était-ce pour cette raison que la fidèle servante ne voulut jamais quitter ces lieux remplis de tant de… souvenirs ?
Probablement jamais nous n’aurons réponse à ces questions embarrassantes… aussi nous allons plutôt faire quelques observations.

Les éléments souterrains

Il semble, à l’évidence, que plusieurs choses soient liées ensemble dans cette affaire du presbytère.
- Indiscutablement il y a un passage depuis la cheminée du presbytère se dirigeant sous l’église.
- Le sous-sol de ce sanctuaire contient au moins deux emplacement réputés ‘mortuaires’, dont un au moins est accessible depuis le passage sous le presbytère.
- Le presbytère est, de fait, étroitement dans la continuation de l’église, par ses murs et son sous-sol.
On peut résumer la situation à ceci : les deux édifices sont solidaires dans leurs murs afin de dissimuler un secret lié à la mort ou à une tombe, voire un caveau ou plutôt une crypte.

Passage bas sous presbytère (reproduction interdite)

A ce stade nous ne savons pas ce qu’a trouvé Saunière ni jusqu’où il est allé.
Cependant si l’on reprend les éléments qu’il a laissés, volontairement ou non, nous pouvons avoir la certitude qu’il s’est bien aventuré sous l’église depuis le presbytère. Peut-être a t’il tout exploré de ce réseau…ou seulement une partie. Sans doute est-il allé assez loin si l’on en croit cette rumeur persistante selon laquelle plusieurs personnes auraient vu Saunière entrer le soir dans son presbytère … et ressortir ensuite de son église ou du cimetière.
Nous verrons dans un autre dossier que ces affirmations pourraient être bien moins farfelues qu’on voudrait le laisser croire.
Quelques commentaires ont été avancés il y a plusieurs années sur ce sujet à partir de nos imprudentes confidences de l’époque. Cependant malgré la reprise de nos hypothèses aucun élément n’a jamais été fourni pour l’étayer…
C’est ainsi que le vieux presbytère de Rennes-le-Château mérite encore quelques remarques peu avancées jusque là.

De l’hypothèse vers des preuves

Dire que la sole de cheminée du presbytère cache une sorte de passage est facile… mais non vérifiable dans l’état actuel du musée. Cependant il aurait été facile de s’en assurer au moment des travaux de transformation des locaux.
Si aujourd’hui ce sujet est développé ici, c’est en raison du fait que nous nous sommes trouvés sur les lieux au moment des travaux. La cheminée était entièrement démolie et deux ouvriers s’affairaient, indifférents à ce qui pourtant s’offrait extraordinairement à leurs yeux…
A ce moment le passage bas s’engageant vers l’église s’ouvrait encore. La personne qui nous accompagnait alors sur le chantier, et qui se reconnaîtra forcément ici, affirma savoir qu’effectivement cette petite galerie avait été dégagée par Saunière et que cette découverte était connue d’un milieu très restreint bien avant le dégagement. Cependant l’ouverture fut irrémédiablement comblée et les enduits du second œuvre finirent d’effacer définitivement les traces d’une cheminée qui avait abrité un des plus importants secrets de Saunière… Quelques clichés ont été pris discrètement par une autre personne durant tous ces brefs travaux passés sous silence.
Ces modifications se trouvaient au pied du mur mitoyen séparant le presbytère de l’église. Lors des travaux contre cette même construction et dans un autre angle une autre ouverture fut découverte. Elle contenait des ossements humains… et ouvrait sur une autre galerie parfaitement construite.

Ossements presbytère. (reproduction interdite)

Il est impossible, vu que nous n’étions pas les seuls témoins de ces découvertes, que personne n’en ait eu connaissance. Une question intéressante serait de se demander POURQUOI nous sommes les seuls à en faire mention aujourd’hui… oubli ou volonté manifeste de cacher ces éléments ? De plus qui pourrait croire que ceux qui semblaient attendre ces mises à jour ne se soient pas risqués à s’aventurer à l’intérieur de ses passages ?

Force est maintenant de reconnaître que tout fut démantelé et les pistes soigneusement brouillées volontairement ou non: pas d’étude sur cette mitoyenneté pour le moins insolite… plusieurs relevés d’état des lieux tous différents les uns des autres… d’autres emplacements proposés pour l’ancienne cuisine… rien à propos de l’implantation de la cheminée ou de sa sole… reconstitution arbitraire des lieux… et surtout aucune explication, description, archive, ou témoignage sur ces éléments.

Ossements presbytère. (reproduction interdite)

Cuisine du presbytère de Rennes-le-Château. L’abbé, ce soir d’hiver du 20 janvier 1917, s’assoupit dans son fauteuil face à la cheminée…Les traits de son visage, alourdis par les pénibles déceptions de sa vie, parfois se crispent sous la douleur de tiraillements à hauteur de la poitrine. Marie inquiète, à quelques pas, regarde l’homme furtivement, puis jette quelques bûches dans l’âtre…dans un pétillement d’étincelles le bruit sourd des bois heurtant la sole…un écho plus lourd et souterrain… leurs regards se croisent.
Un flot de souvenirs remonte à l’esprit de Bérenger jusqu’à ce 21 décembre de 1891 au soir duquel il rabat la lourde sole sur ce qu’il vient de trouver dessous…justement vers cette cheminée à la lueur de laquelle il écrit laconiquement dans son carnet journalier : ‘21 - Lettre de Granes. Découverte d’un tombeau, le soir pluie.”. Le prêtre n’a rien commenté de plus et reste muet quant aux lieu, origine, contenu et autres détails sur cette découverte. Il sait que la mention ‘pluie’ serait comprise comme un état de discrétion absolue pour ceux, initiés, qui liraient ces lignes à la fois laconiques et remplies d’un secret formidable.
1891 est l’année des rénovations dans le presbytère et le cimetière. L’année suivante il finance la mise en place, le 21 juin, d’une statue de la vierge sur le ‘pilier wisigoth’ inversé (récupéré dans l’église) avec gravure des mots ‘Pénitence! Pénitence!’. Justement cette année de 1891 il note dans son cahier journalier : “L’année 1891 portée au plus haut dans le fruit dont on parle ci-dessous.” Encore cette année là, il fait apposer au porche de l’église les armes de Mgr Billard et de celles du pape Léon XIII…c’est également la fin des travaux liés aux ‘découvertes’ dans l’église de Rennes-le-Château.
L’année 1892 marque encore le temps d’autres travaux pour le presbytère, le cimetière, l’accès à la ‘grotte’, la citerne avec au-dessus un bureau avec bibliothèque. Marie Dénarnaud reste à demeure avec sa famille dans le presbytère.

Bérenger Saunière s’endort lourdement…

Il vivra dans son presbytère le préférant étrangement au faste de sa Villa Béthanie… mais était-ce vraiment par humilité ou pour veiller sur les secrets du vieux bâtiment ???
Saunière s’effondre lors d’une ultime attaque cardiaque. Marie le fait transporter dans le presbytère ou après une visite médicale il reçoit les derniers sacrements…Monsieur l’abbé vient de décéder ce 22 janvier de 1917. Marie le fait installer dans son fauteuil… loin de la cheminée cette fois.
Marie Dénarnaud, complice, et fidèle servante de Bérenger Saunière, curé de Rennes, restera également dans le vieux presbytère, elle aussi loin de la luxueuse Villa Béthanie dont elle est maintenant propriétaire. En s’éteignant à son tour en 1953 elle emporte dans le royaume des morts le dernier secret du presbytère.

Le royaume des morts

Le royaume des morts… justement revenons sur ce lieu terrifiant maintenant ultime asile des deux personnages révélateurs de l’énigme de Rennes-le-Château…
La sole de la cheminée ouvrait sur un passage vers une crypte. Mais ce n’est sans doute pas tout, puisqu’une autre galerie basse, à peu de distance, suivait une direction identique. Si l’existence d’une tombe seigneuriale sous une église romane est tout ce qu’il y a de plus normale, il n’en est pas de même pour que ce caveau soit relié à une autre construction laïque.
Nous avons vu au 17ème siècle l’édification du bâtiment accolé à l’église justifiant ainsi son appellation de ‘presbytère’… Oui certes, là encore tout est on ne peut plus innocent. Pourtant les choses vont encore se compliquer.

Passage bas sous presbytère avec soutien en pierre (reproduction interdite)

Revenons aux moments des travaux de restauration sous l’initiative de l’association Terre de Rhedae. La cheminée est effondrée, il ne reste aucun vestige de l’endroit où elle était ancrée. Mais suivons également les traces de cette démolition et l’arrachage des flancs de cheminée. Les ouvriers durent largement attaquer les parements et le remplissage de parpaings de ce mur. Ils firent tant et si bien qu’une fois les vestiges du foyer entièrement déchaussés, d’autres traces apparurent dans l’empierrement de construction.
En toute logique on pouvait s’attendre à trouver un mur parfaitement monté, constitué d’un appareillage de façade de bonne finition. Pourtant il n’en était rien et, en lieu et place, un amalgame de pierres ‘tout venant’ se présentait aux démolisseurs. Ensuite, un peu plus loin apparut l’appareillage parfaitement conservé de toute une partie d’encadrement d’un porche roman soigneusement mouluré.
En détruisant les ancrages de cheminée les maçons venaient de mettre à jour sous leurs coups de pioche… l’antique portail de l’église de Rennes !!! Ou plutôt ils venaient de retrouver l’entrée primitive… de la chapelle seigneuriale romane ! La partie venant d’être remise à jour était en parfait état de conservation, laissant réapparaître des sections cylindriques de fûts de porches traditionnels, sur lesquels se distinguaient encore des lambeaux de couleurs comme il était de coutume alors.
Tout simplement le presbytère est reconstruit sur l’emplacement du porche de la chapelle primitive devenue au 14ème siècle l’église Sainte Marie-Madeleine de Rennes… Mais alors pourquoi avoir construit un bâtiment, assez rustique il faut bien l’admettre, contre un superbe pignon d’église avec son porche, les deux bien conservés ???

On peut supposer plusieurs réponses.
- D’abord la lassitude de voir le pignon roman à une époque où surgit le gothique et l’envie de rester d’actualité. Hélas cette hypothèse ne tient pas car en ce cas on aurait simplement modernisé le porche en le convertissant en style gothique. Or il n’en sera rien car l’entrée passe sur la façade sud et reste d’une simplicité anormalement banale.
- Ensuite il n’est pas possible, pour des raisons inconnues, de prolonger un détail plus longtemps. Il faut donc le sécuriser et le dissimuler derrière la construction d’un bâtiment attenant, anodin et sous contrôle : l’habitat du chapelain ou vicaire ou prêtre local…

Ces solutions sont envisageables mais pas certaines. Pour aller plus loin il y a des réflexions que nous pouvons faire.
Qu’avons-nous comme certitudes encore vérifiables donc indiscutables ?
D’abord nous disposons de deux passages souterrains accessibles depuis ce fameux bâtiment.
Ensuite nous savons des squelettes donc des dépouilles déposées en ce lieu au seuil de la chapelle seigneuriale.
A bien regarder la façade arrière (Nord) nous remarquons une différence de niveau considérable, justifiée par ces niveaux souterrains qu’il est indispensable de dissimuler au commun tout en les préservant.

« Etat primitif »

Mais, à présent, considérons l’état des lieux avant la construction du presbytère, pour comprendre un peu mieux ce que l’on pouvait vouloir cacher. Nous avons une chapelle ouvrant son porche en pignon Ouest comme le veut la tradition, et des dépouilles déposées devant ce pignon. Donc nous pouvons dire qu’à cette époque ces morts avaient été déposés … hors le périmètre du sanctuaire, comme des proscrits ! Des proscrits oui, mais ayant eu droit à des caches destinées à être soustraites du savoir commun. Donc ce sont des personnages que l’on souhaite préserver tout en les condamnant à l’oubli… étrange paradoxe ? Mais ensuite si nous considérons que l’entrée principale de l’église était à l’ouest nous devons admettre une autre tradition tenace. Effectivement il était primordial de vouloir se faire ensevelir le plus près possible d’une église dont la périphérie était toujours aménagée en cimetière. Sauf pour les seigneurs ayant leur tombeaux sous le sanctuaire même et les proscrits enterrés symboliquement côté extérieur du porche.
A moins qu’afin de protéger efficacement certains personnages de première importance on les ait, en grand secret, enseveli en un lieu où personne n’irait violer leur tombe et leur sommeil… les prenant pour des bannis ou hérétiques sans fortune, donc sans intérêt !
Ce qui revient à dire que :
- le presbytère est construit SUR la partie principale du cimetière primitif à l’Ouest.
- que sa cheminée cache l’accès à un passage, conduisant SOUS l’église, anciennement dissimulé sous le seuil du porche roman…
- qu’une partie du presbytère cache encore dans son sous-sol des dépouilles inconnues de grande importance.
- que de ces lieux, à fin de visite rituelle, on pouvait ressortir dans le cimetière actuel qui ne l’était pas à cette époque… donc existence d’une galerie d’échappement ou d’entrée.
Ces détails insolites étaient forcément connus des seigneurs de Rennes et de leurs prêtres qui ne les condamnèrent pas, sans doute pour une raison primordiale, et en assurèrent la transmission. Marie de Nègre Dables dame d’Hautpoul et, par conséquence l’abbé Bigou, furent les derniers de la lignée directe de ce savoir. Il faudra attendre Bérenger Saunière pour que cette connaissance soit réactivée probablement pour la dernière fois… avec bénéfice.

Nous pouvons, en consultant le document ‘Marcot’ du 17ème siècle, constater que la tombe de la dame d’Hautpoul n’avait pas la moindre chance de se trouver là où tous les chercheurs la situent habituellement du fait qu’elle ne pouvait qu’être dans le périmètre du vieux cimetière roman et donc… très proche du presbytère au point de le toucher. Et c’est ici le point d’erreur essentiel des ténors de Rennes-le-Château en la matière… et sans doute la raison pour laquelle Bérenger Saunière, prêtre initié de Rennes-le-Château (peut-être par l’abbé Boudet ou tout autre initié), chamboule le cimetière, change la position de certaines tombes, efface des inscriptions, fausse les données du cimetière, brise des pierres tombales, crée un faux vrai ossuaire et comble certains lieux pouvant à la longue devenir révélateurs de sa découverte.
Enfin considérons le lieu choisi par Bérenger Saunière pour installer sa tombe et celle de Marie Dénarnaud… et nous retrouverons ce lieu en limite du tracé que ‘Marcot’ désigne comme celui du vieux cimetière et « approche du puisard contre le viel mantel » ( ???) qui n’est autre, on le comprend par la description, que ce qui deviendra … le domaine de Saunière ! Mais plus intéressant encore : on apprend sur cette ‘demande de renseignements’, consciencieusement remplie par Marcot, que certains de ces lieux nécessitent un entretien ponctuel et qu’à cette fin un homme doit y descendre et parcourir le cheminement des eaux ! Il est ajouté laconiquement qu’il s’agit toujours d’un homme extérieur qui s’acquitte de ce travail.

Mais alors que pouvait contenir ce royaume des morts soigneusement entretenu dans le secret le plus absolu sous un presbytère posé sur le champ funéraire blotti autour, et devant, le porche oublié de son église romane… tournée au couchant vers l’antique citadelle de Rhedas elle aussi recouverte par le domaine, non pas de la mort, mais de Bérenger Saunière ? Domaine utopique qu’il n’habitera pratiquement pas, mais mettra à jamais sous la suggestive protection de Marie-Madeleine, patronne protectrice du secret des Hautpoul et d’un autre lieu du Roussillon pas très éloigné de Perpignan. Ici réside certainement la base de l’énigme de Bérenger Saunière prêtre à Rennes-le-Château.
NB : Afin de compléter cette étude nous produirons dans un chapitre suivant le relevé (avec photos) des sole et ‘bretagne’ de la cheminée du presbytère. Ces deux lourdes plaques de fonte se trouvaient dans un lot avec le moule à hosties de Rennes. Les gravures sur ces pièces sont remarquables et dignes d’un grand intérêt par les thèmes reproduits dessus.

Différentes versions des plans du presbytère dans:
- La clef du royaume des Morts - Alain Féral.
- Rennes-le-Château. Guide du Visiteur - Tatiana Kletzky-Pradere.
- Moi Bérenger Saunière curé de Rennes-le-Château (tome 1) - Emile Saunière.
- ‘Plan sommaire du Presbytère - au niveau de Rez’ (document d’après Mme Marie Bousent) - Martin Bousent.

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NB : reproduction interdite des photographies accompagnant ce texte.