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Le
presbytère de Rennes-le-Château |
Nous
avons appris, au chapitre des citernes de
Rennes-le-Château, que le sous-sol de ce secteur du plateau est parcouru
par un réseau naturel courant sur toute la longueur de l’emprise
du village, y compris sous l’église, jusqu’au bout de
ce qui est devenu le domaine de Bérenger Saunière.
Ces failles natives furent réaménagées et utilisées
à diverses fins depuis les premiers seigneurs des lieux à
leur discret usage personnel. Il est aussi certain maintenant que leurs
chapelains et confesseurs se trouvaient à propos de ces éléments
secrets. Nous trouvons confirmation de leur connivence à différents
moments : la confession de la Dame d’Hautpoul à l’abbé
Bigou, la farouche volonté d’édifier et maintenir un
bâtiment à usage de presbytère en un lieu défini,
et enfin les prêtres se maintenant coûte que coûte dans
cet édifice même délabré… Enfin sur ce
registre il est devenu évident que Bérenger Saunière
prit le relais de cette situation… à son seul bénéfice
ou sur invitation.
Une
petite cavité sans suite ?
Si,
à présent, nous savons un orifice sous la sole de cheminée
de la cuisine du presbytère, il nous reste à comprendre s’il
s’agit d’une petite cavité sans suite ou d’un passage
conduisant ailleurs, et en ce cas où il conduit.
On peut supposer qu’il ne s’agit pas d’une petite cache
limitée au périmètre de la cheminée, car en
ce cas elle aurait été vidée ou comblée au moment
de la construction du presbytère dont l’implantation semble
faite pour dissimuler un emplacement dans ses fondations. Il nous reste
la solution d’un passage bas conduisant sous l’église
comme nous l’avons deviné précédemment.
Nous avons la certitude d’un accès conduisant sous l’église
en raison du fait que Saunière craignait, sans doute, que le sol
sonne creux sur l’endroit qu’il venait de dégager. L’installation
de son confessionnal en est la preuve évidente. Il faut donc admettre
que l’abbé a facilement localisé l’entrée
sous la cheminée, l’a ensuite dégagée, pour enfin
la suivre avec certitude jusque sous le sanctuaire.
A propos du sous-sol de l’église nous avons une preuve écrite
irréfutable de l’existence d’au moins un caveau : un
ancien registre paroissial (années 1694 à 1726) auquel Saunière
semblait tenir particulièrement.
Sur ce document plusieurs personnalités sont inhumées «
au tombeau des seigneurs qui est auprès du Balustre ».
Nous trouvons d’abord, en 1705, une ‘dame Anne Delsol’,
« inhumée le trente et un du dit mois, dans l’église
de ce lieu, au tombeau des Seigneurs qui est près du balustre ».
Ensuite en 1724 il est question de ‘noble messire Henry du Vernet
qui « ayant reçu le sacrement a esté enterré
dans l’église de ce lieu » .
Il est donc notoire, pour les prêtres de Rennes, que se déroulent
des inhumations dans l’église même, c’est à
dire au moins dans un caveau auquel on accède depuis l’intérieur
du bâtiment. Comme le soulignent Claire Corbu et Antoine Captier dans
« L’héritage de l’abbé Saunière »
(Ed. Belisane –1985) « … on peut en déduire que
ce tombeau (des Seigneurs de Rennes) donnait accès à une crypte
assez vaste pour recevoir plusieurs sépultures ». On peut ajouter
que le prêtre du moment ne fait aucun mystère de cette sépulture
souterraine.
Ce registre est resté dans les archives de l’église
de Rennes-le-Château. L’abbé Antoine Bigou en a forcément
pris connaissance, sans toutefois faire enterrer « Marie de Nègre
Dables » dans ce tombeau sous l’église qui pourtant était
celui de la famille de la dame d’Hautpoul. Certains chercheurs avancent
l’hypothèse que les femmes n’avaient pas leur sépulture
dans l’église mais à l’extérieur…
néanmoins Anne Delsol y est bel et bien ensevelie en 1705.
Peut-on de ces deux faits supposer que l’abbé Antoine Bigou
ait délibérément pris la décision de faire enterrer
la dame D’Hautpoul de telle façon que son épitaphe mortuaire
soit ‘visible’ de tous… et seulement ‘lisible’
par un ‘initié’… un autre prêtre par exemple
? En effet, si Marie de Nègre avait été mise au tombeau
sous l’église, jamais l’abbé Saunière n’aurait
pris connaissance des fameuses inscriptions sur les stèles et dalle
mortuaire dans le cimetière… Pourquoi une précaution
de cet ordre de la part de Bigou et la liberté d’écriture
en la matière des prêtres précédents ? Les uns
et l’autre n’auraient-ils pas eu les mêmes consignes ou
… la connaissance d’un détail majeur ?
Les
morts de Rennes et leurs tombeaux
Et
si tout simplement il y avait eu sous l’église de Rennes plusieurs
tombeaux distincts :
un ‘vers le balustre’, sans mystère ni autre fonction
qu’une sépulture ‘ordinaire’ dans laquelle d’autres
personnes que celles des Hautpoul puissent accéder sans enfreindre
les traditions et règles du secret.
Un autre en un lieu non défini sur le registre et qui, lui, contenait
un élément devant rester secret… comme conduire en un
lieu sous l’église ou vers une crypte inconnue.
Ce système pouvait se montrer efficace en cas de fuite d’informations
confidentielles et donc de doutes sur une tombe énigmatique. En ce
cas l’ouverture, ou la révélation, de celle «
vers le balustre », avec sans doute un petit magot en pâture,
mettait rapidement un terme à toutes polémiques ou soupçons
tout en mettant l’autre lieu dans l’oubli et l’ignorance.
L’action de l’abbé Bigou, quant au choix d’une
sépulture parfaitement lisible, était peut-être la seule
possibilité pour qu’avec certitude un de ses successeurs ne
se fasse pas piéger par ce leurre redoutable. Bérenger Saunière,
téléguidé ou non, semble avoir compris le message d’une
part… et peut-être s’être également emparé
de l’appât d’autre part. Ce ‘double jeu’ expliquerait
des découvertes certaines, avec témoins, mais de moindre importance
(sans doute pour brouiller la piste en cas de perspicacité de la
part d’un observateur) et d’autres prospections qu’il
gardera soigneusement secrètes mais dont Marie Dénarnaud fut
toutefois le témoin… ou la complice obligée.
Après
cette brève visite de l’église, et surtout de son sous-sol
mortuaire et secret, revenons au coin du feu de la cheminée du presbytère
en compagnie de Bérenger Saunière et de sa servante.
Il existe plusieurs versions de la distribution intérieure du presbytère,
pour notre part nous en avons répertoriés quatre. Si l’emplacement
des gros de murs est similaire pour tous, il n’en est pas de même
concernant la répartition des pièces… Pour certains
la cuisine (ou ‘salle commune’ sur notre relevé) serait
le séjour pendant que le ‘commun’ correspondrait à
la cuisine et le ‘four à pain’.
Face
à ces quatre plans différents pour un bâtiment, somme
toute, assez modeste et surtout pas très compliqué, on peut
se poser certaines questions :
- comment se fait-il qu’il n’y en ait pas, au moins, deux identiques
? Voudrait-on nous faire croire que les cloisons se déplacent inlassablement
dès un relevé terminé ? Ou qu’il soit si complexe
d’en faire un dessin ?
- les relevés ont-ils été faits à des époques
différentes expliquant des différences si flagrantes ? Si
oui, les styles de tracé ne seraient-ils pas très différents
?
- si ces plans de distribution sont récents, sur quels critères
les ‘états des lieux’ ont-ils été dressés?
Depuis quels plans anciens ou devis de travaux ou relevés de chantiers
? N’est-il pas étonnant que jamais l’origine de ces informations
ne soit donnée ?
Enfin pour conclure le sujet des relevés du bâtiment il est
surprenant que jamais il ne soit question du niveau sous-sol… sans
doute le manque d’intérêt immédiat pour des caves
humides et salissantes. Etrange réaction car ce devrait bien être
dans les caves que les maçonneries soient révélatrices
de travaux insolites. Surtout que nous savons que « dans l’une
des marches de l’escalier conduisant au sous-sol du presbytère
» Marie Dénarnaud a dissimulé une partie des découvertes
faites par l’abbé… Etrange qu’une fois de plus
aucun ténor en cette matière n’en ait fait mention ?
Peut-être était-ce pour cette raison que la fidèle servante
ne voulut jamais quitter ces lieux remplis de tant de… souvenirs ?
Probablement jamais nous n’aurons réponse à ces questions
embarrassantes… aussi nous allons plutôt faire quelques observations.
Les
éléments souterrains
Il
semble, à l’évidence, que plusieurs choses soient liées
ensemble dans cette affaire du presbytère.
- Indiscutablement il y a un passage depuis la cheminée du presbytère
se dirigeant sous l’église.
- Le sous-sol de ce sanctuaire contient au moins deux emplacement réputés
‘mortuaires’, dont un au moins est accessible depuis le passage
sous le presbytère.
- Le presbytère est, de fait, étroitement dans la continuation
de l’église, par ses murs et son sous-sol.
On peut résumer la situation à ceci : les deux édifices
sont solidaires dans leurs murs afin de dissimuler un secret lié
à la mort ou à une tombe, voire un caveau ou plutôt
une crypte.
Passage
bas sous presbytère (reproduction interdite)
A
ce stade nous ne savons pas ce qu’a trouvé Saunière
ni jusqu’où il est allé.
Cependant si l’on reprend les éléments qu’il a
laissés, volontairement ou non, nous pouvons avoir la certitude qu’il
s’est bien aventuré sous l’église depuis le presbytère.
Peut-être a t’il tout exploré de ce réseau…ou
seulement une partie. Sans doute est-il allé assez loin si l’on
en croit cette rumeur persistante selon laquelle plusieurs personnes auraient
vu Saunière entrer le soir dans son presbytère … et
ressortir ensuite de son église ou du cimetière.
Nous verrons dans un autre dossier que ces affirmations pourraient être
bien moins farfelues qu’on voudrait le laisser croire.
Quelques commentaires ont été avancés il y a plusieurs
années sur ce sujet à partir de nos imprudentes confidences
de l’époque. Cependant malgré la reprise de nos hypothèses
aucun élément n’a jamais été fourni pour
l’étayer…
C’est ainsi que le vieux presbytère de Rennes-le-Château
mérite encore quelques remarques peu avancées jusque là.
De
l’hypothèse vers des preuves
Dire
que la sole de cheminée du presbytère cache une sorte de passage
est facile… mais non vérifiable dans l’état actuel
du musée. Cependant il aurait été facile de s’en
assurer au moment des travaux de transformation des locaux.
Si aujourd’hui ce sujet est développé ici, c’est
en raison du fait que nous nous sommes trouvés sur les lieux au moment
des travaux. La cheminée était entièrement démolie
et deux ouvriers s’affairaient, indifférents à ce qui
pourtant s’offrait extraordinairement à leurs yeux…
A ce moment le passage bas s’engageant vers l’église
s’ouvrait encore. La personne qui nous accompagnait alors sur le chantier,
et qui se reconnaîtra forcément ici, affirma savoir qu’effectivement
cette petite galerie avait été dégagée par Saunière
et que cette découverte était connue d’un milieu très
restreint bien avant le dégagement. Cependant l’ouverture fut
irrémédiablement comblée et les enduits du second œuvre
finirent d’effacer définitivement les traces d’une cheminée
qui avait abrité un des plus importants secrets de Saunière…
Quelques clichés ont été pris discrètement par
une autre personne durant tous ces brefs travaux passés sous silence.
Ces modifications se trouvaient au pied du mur mitoyen séparant le
presbytère de l’église. Lors des travaux contre cette
même construction et dans un autre angle une autre ouverture fut découverte.
Elle contenait des ossements humains… et ouvrait sur une autre galerie
parfaitement construite.

Ossements presbytère. (reproduction interdite)
Il est impossible, vu que nous n’étions pas les seuls témoins
de ces découvertes, que personne n’en ait eu connaissance.
Une question intéressante serait de se demander POURQUOI nous sommes
les seuls à en faire mention aujourd’hui… oubli ou volonté
manifeste de cacher ces éléments ? De plus qui pourrait croire
que ceux qui semblaient attendre ces mises à jour ne se soient pas
risqués à s’aventurer à l’intérieur
de ses passages ?
Force est maintenant de reconnaître que tout fut démantelé
et les pistes soigneusement brouillées volontairement ou non: pas
d’étude sur cette mitoyenneté pour le moins insolite…
plusieurs relevés d’état des lieux tous différents
les uns des autres… d’autres emplacements proposés pour
l’ancienne cuisine… rien à propos de l’implantation
de la cheminée ou de sa sole… reconstitution arbitraire des
lieux… et surtout aucune explication, description, archive, ou témoignage
sur ces éléments.
Ossements
presbytère. (reproduction interdite)
Cuisine
du presbytère de Rennes-le-Château. L’abbé, ce
soir d’hiver du 20 janvier 1917, s’assoupit dans son fauteuil
face à la cheminée…Les traits de son visage, alourdis
par les pénibles déceptions de sa vie, parfois se crispent
sous la douleur de tiraillements à hauteur de la poitrine. Marie
inquiète, à quelques pas, regarde l’homme furtivement,
puis jette quelques bûches dans l’âtre…dans un pétillement
d’étincelles le bruit sourd des bois heurtant la sole…un
écho plus lourd et souterrain… leurs regards se croisent.
Un flot de souvenirs remonte à l’esprit de Bérenger
jusqu’à ce 21 décembre de 1891 au soir duquel il rabat
la lourde sole sur ce qu’il vient de trouver dessous…justement
vers cette cheminée à la lueur de laquelle il écrit
laconiquement dans son carnet journalier : ‘21 - Lettre de Granes.
Découverte d’un tombeau, le soir pluie.”. Le prêtre
n’a rien commenté de plus et reste muet quant aux lieu, origine,
contenu et autres détails sur cette découverte. Il sait que
la mention ‘pluie’ serait comprise comme un état de discrétion
absolue pour ceux, initiés, qui liraient ces lignes à la fois
laconiques et remplies d’un secret formidable.
1891 est l’année des rénovations dans le presbytère
et le cimetière. L’année suivante il finance la mise
en place, le 21 juin, d’une statue de la vierge sur le ‘pilier
wisigoth’ inversé (récupéré dans l’église)
avec gravure des mots ‘Pénitence! Pénitence!’.
Justement cette année de 1891 il note dans son cahier journalier
: “L’année 1891 portée au plus haut dans le fruit
dont on parle ci-dessous.” Encore cette année là, il
fait apposer au porche de l’église les armes de Mgr Billard
et de celles du pape Léon XIII…c’est également
la fin des travaux liés aux ‘découvertes’ dans
l’église de Rennes-le-Château.
L’année 1892 marque encore le temps d’autres travaux
pour le presbytère, le cimetière, l’accès à
la ‘grotte’, la citerne avec au-dessus un bureau avec bibliothèque.
Marie Dénarnaud reste à demeure avec sa famille dans le presbytère.
Bérenger
Saunière s’endort lourdement…
Il
vivra dans son presbytère le préférant étrangement
au faste de sa Villa Béthanie… mais était-ce vraiment
par humilité ou pour veiller sur les secrets du vieux bâtiment
???
Saunière s’effondre lors d’une ultime attaque cardiaque.
Marie le fait transporter dans le presbytère ou après une
visite médicale il reçoit les derniers sacrements…Monsieur
l’abbé vient de décéder ce 22 janvier de 1917.
Marie le fait installer dans son fauteuil… loin de la cheminée
cette fois.
Marie Dénarnaud, complice, et fidèle servante de Bérenger
Saunière, curé de Rennes, restera également dans le
vieux presbytère, elle aussi loin de la luxueuse Villa Béthanie
dont elle est maintenant propriétaire. En s’éteignant
à son tour en 1953 elle emporte dans le royaume des morts le dernier
secret du presbytère.
Le
royaume des morts
Le
royaume des morts… justement revenons sur ce lieu terrifiant maintenant
ultime asile des deux personnages révélateurs de l’énigme
de Rennes-le-Château…
La sole de la cheminée ouvrait sur un passage vers une crypte. Mais
ce n’est sans doute pas tout, puisqu’une autre galerie basse,
à peu de distance, suivait une direction identique. Si l’existence
d’une tombe seigneuriale sous une église romane est tout ce
qu’il y a de plus normale, il n’en est pas de même pour
que ce caveau soit relié à une autre construction laïque.
Nous avons vu au 17ème siècle l’édification du
bâtiment accolé à l’église justifiant ainsi
son appellation de ‘presbytère’… Oui certes, là
encore tout est on ne peut plus innocent. Pourtant les choses vont encore
se compliquer.
Passage
bas sous presbytère avec soutien en pierre (reproduction interdite)
Revenons aux moments des travaux de restauration sous l’initiative
de l’association Terre de Rhedae. La cheminée est effondrée,
il ne reste aucun vestige de l’endroit où elle était
ancrée. Mais suivons également les traces de cette démolition
et l’arrachage des flancs de cheminée. Les ouvriers durent
largement attaquer les parements et le remplissage de parpaings de ce mur.
Ils firent tant et si bien qu’une fois les vestiges du foyer entièrement
déchaussés, d’autres traces apparurent dans l’empierrement
de construction.
En toute logique on pouvait s’attendre à trouver un mur parfaitement
monté, constitué d’un appareillage de façade
de bonne finition. Pourtant il n’en était rien et, en lieu
et place, un amalgame de pierres ‘tout venant’ se présentait
aux démolisseurs. Ensuite, un peu plus loin apparut l’appareillage
parfaitement conservé de toute une partie d’encadrement d’un
porche roman soigneusement mouluré.
En détruisant les ancrages de cheminée les maçons venaient
de mettre à jour sous leurs coups de pioche… l’antique
portail de l’église de Rennes !!! Ou plutôt ils venaient
de retrouver l’entrée primitive… de la chapelle seigneuriale
romane ! La partie venant d’être remise à jour était
en parfait état de conservation, laissant réapparaître
des sections cylindriques de fûts de porches traditionnels, sur lesquels
se distinguaient encore des lambeaux de couleurs comme il était de
coutume alors.
Tout simplement le presbytère est reconstruit sur l’emplacement
du porche de la chapelle primitive devenue au 14ème siècle
l’église Sainte Marie-Madeleine de Rennes… Mais alors
pourquoi avoir construit un bâtiment, assez rustique il faut bien
l’admettre, contre un superbe pignon d’église avec son
porche, les deux bien conservés ???
On
peut supposer plusieurs réponses.
- D’abord la lassitude de voir le pignon roman à une époque
où surgit le gothique et l’envie de rester d’actualité.
Hélas cette hypothèse ne tient pas car en ce cas on aurait
simplement modernisé le porche en le convertissant en style gothique.
Or il n’en sera rien car l’entrée passe sur la façade
sud et reste d’une simplicité anormalement banale.
- Ensuite il n’est pas possible, pour des raisons inconnues, de prolonger
un détail plus longtemps. Il faut donc le sécuriser et le
dissimuler derrière la construction d’un bâtiment attenant,
anodin et sous contrôle : l’habitat du chapelain ou vicaire
ou prêtre local…
Ces
solutions sont envisageables mais pas certaines. Pour aller plus loin il
y a des réflexions que nous pouvons faire.
Qu’avons-nous comme certitudes encore vérifiables donc indiscutables
?
D’abord nous disposons de deux passages souterrains accessibles depuis
ce fameux bâtiment.
Ensuite nous savons des squelettes donc des dépouilles déposées
en ce lieu au seuil de la chapelle seigneuriale.
A bien regarder la façade arrière (Nord) nous remarquons une
différence de niveau considérable, justifiée par ces
niveaux souterrains qu’il est indispensable de dissimuler au commun
tout en les préservant.
«
Etat primitif »
Mais,
à présent, considérons l’état des lieux
avant la construction du presbytère, pour comprendre un peu mieux
ce que l’on pouvait vouloir cacher. Nous avons une chapelle ouvrant
son porche en pignon Ouest comme le veut la tradition, et des dépouilles
déposées devant ce pignon. Donc nous pouvons dire qu’à
cette époque ces morts avaient été déposés
… hors le périmètre du sanctuaire, comme des proscrits
! Des proscrits oui, mais ayant eu droit à des caches destinées
à être soustraites du savoir commun. Donc ce sont des personnages
que l’on souhaite préserver tout en les condamnant à
l’oubli… étrange paradoxe ? Mais ensuite si nous considérons
que l’entrée principale de l’église était
à l’ouest nous devons admettre une autre tradition tenace.
Effectivement il était primordial de vouloir se faire ensevelir le
plus près possible d’une église dont la périphérie
était toujours aménagée en cimetière. Sauf pour
les seigneurs ayant leur tombeaux sous le sanctuaire même et les proscrits
enterrés symboliquement côté extérieur du porche.
A moins qu’afin de protéger efficacement certains personnages
de première importance on les ait, en grand secret, enseveli en un
lieu où personne n’irait violer leur tombe et leur sommeil…
les prenant pour des bannis ou hérétiques sans fortune, donc
sans intérêt !
Ce qui revient à dire que :
- le presbytère est construit SUR la partie principale du cimetière
primitif à l’Ouest.
- que sa cheminée cache l’accès à un passage,
conduisant SOUS l’église, anciennement dissimulé sous
le seuil du porche roman…
- qu’une partie du presbytère cache encore dans son sous-sol
des dépouilles inconnues de grande importance.
- que de ces lieux, à fin de visite rituelle, on pouvait ressortir
dans le cimetière actuel qui ne l’était pas à
cette époque… donc existence d’une galerie d’échappement
ou d’entrée.
Ces détails insolites étaient forcément connus des
seigneurs de Rennes et de leurs prêtres qui ne les condamnèrent
pas, sans doute pour une raison primordiale, et en assurèrent la
transmission. Marie de Nègre Dables dame d’Hautpoul et, par
conséquence l’abbé Bigou, furent les derniers de la
lignée directe de ce savoir. Il faudra attendre Bérenger Saunière
pour que cette connaissance soit réactivée probablement pour
la dernière fois… avec bénéfice.
Nous
pouvons, en consultant le document ‘Marcot’ du 17ème
siècle, constater que la tombe de la dame d’Hautpoul n’avait
pas la moindre chance de se trouver là où tous les chercheurs
la situent habituellement du fait qu’elle ne pouvait qu’être
dans le périmètre du vieux cimetière roman et donc…
très proche du presbytère au point de le toucher. Et c’est
ici le point d’erreur essentiel des ténors de Rennes-le-Château
en la matière… et sans doute la raison pour laquelle Bérenger
Saunière, prêtre initié de Rennes-le-Château (peut-être
par l’abbé Boudet ou tout autre initié), chamboule le
cimetière, change la position de certaines tombes, efface des inscriptions,
fausse les données du cimetière, brise des pierres tombales,
crée un faux vrai ossuaire et comble certains lieux pouvant à
la longue devenir révélateurs de sa découverte.
Enfin considérons le lieu choisi par Bérenger Saunière
pour installer sa tombe et celle de Marie Dénarnaud… et nous
retrouverons ce lieu en limite du tracé que ‘Marcot’
désigne comme celui du vieux cimetière et « approche
du puisard contre le viel mantel » ( ???) qui n’est autre, on
le comprend par la description, que ce qui deviendra … le domaine
de Saunière ! Mais plus intéressant encore : on apprend sur
cette ‘demande de renseignements’, consciencieusement remplie
par Marcot, que certains de ces lieux nécessitent un entretien ponctuel
et qu’à cette fin un homme doit y descendre et parcourir le
cheminement des eaux ! Il est ajouté laconiquement qu’il s’agit
toujours d’un homme extérieur qui s’acquitte de ce travail.
Mais
alors que pouvait contenir ce royaume des morts soigneusement entretenu
dans le secret le plus absolu sous un presbytère posé sur
le champ funéraire blotti autour, et devant, le porche oublié
de son église romane… tournée au couchant vers l’antique
citadelle de Rhedas elle aussi recouverte par le domaine, non pas de la
mort, mais de Bérenger Saunière ? Domaine utopique qu’il
n’habitera pratiquement pas, mais mettra à jamais sous la suggestive
protection de Marie-Madeleine, patronne protectrice du secret des Hautpoul
et d’un autre lieu du Roussillon pas très éloigné
de Perpignan. Ici réside certainement la base de l’énigme
de Bérenger Saunière prêtre à Rennes-le-Château.
NB : Afin de compléter cette étude nous produirons dans un
chapitre suivant le relevé (avec photos) des sole et ‘bretagne’
de la cheminée du presbytère. Ces deux lourdes plaques de
fonte se trouvaient dans un lot avec le moule à hosties de Rennes.
Les gravures sur ces pièces sont remarquables et dignes d’un
grand intérêt par les thèmes reproduits dessus.
Différentes
versions des plans du presbytère dans:
- La clef du royaume des Morts - Alain Féral.
- Rennes-le-Château. Guide du Visiteur - Tatiana Kletzky-Pradere.
- Moi Bérenger Saunière curé de Rennes-le-Château
(tome 1) - Emile Saunière.
- ‘Plan sommaire du Presbytère - au niveau de Rez’ (document
d’après Mme Marie Bousent) - Martin Bousent.
NB : reproduction interdite des photographies accompagnant ce texte.