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Société Périllos ©

Le presbytère de Rennes-le-Château
Additif pour une visite
du presbytère de Rennes-le-Château

 

A l’issue de notre article sur le presbytère de Rennes-le-Château, et ses ‘secrets’ retrouvés par Bérenger Saunière, il nous est parvenu plusieurs rumeurs. Comme d’habitude, il y eut le traditionnel « on le savait depuis longtemps ! »… et le tout aussi incontournable « Faux… tout est faux ! ».
Pour les premiers (ceux qui savaient), on se demande alors pourquoi ils n’ont pas fait état de ce qu’ils savaient depuis si longtemps? Mais, de fait, il n’y aurait pour ceux-ci rien à ajouter pour apporter une preuve…
Pour les seconds, il y a peu de chose à faire, car quoi qu’on apporte comme pièce à ce dossier, il leur en faudra toujours un peu plus, et rien ne leur suffira jamais.
C’est donc pour une troisième catégorie, celle des chercheurs sincères et intéressés, que nous apportons un additif au dossier ‘Presbytère’ de Rennes-le-Château.

Les deux revêtement de sol

Rappel des faits

Il s’agit d’apporter une petite pièce complémentaire à la troisième partie de notre travail : « ouvertures sur le royaume des morts! ».
En résumé, nous exposions que la salle du presbytère adossée au mur mitoyen, avec l’église, dissimulait un passage conduisant sous la nef du sanctuaire. Cette ouverture se trouvait au niveau de la sole de cheminée et derrière la ‘bretagne’ verticale. Lors des derniers travaux d’aménagement du musée, cette brèche fut mise à jour, et nous avions eu le temps de constater qu’elle s’enfonçait sous l’église. Son itinéraire se situait au niveau du confessionnal, dont l’emplacement incongru pouvait avoir été choisi pour dissimuler une différence sonore, permettant, à cet endroit, de deviner l’existence d’une cavité… connue parfaitement des seigneurs d’Hautpoul et de certains religieux.
Cette hypothèse, visiblement, ne plait guère à de nombreuses personnes et on peut se demander pourquoi, puisqu’elle est simple à vérifier, et à peu de frais.
En effet, nous disions que l’orifice retrouvé à l’emplacement de la ‘bretagne’ avait été, en hâte, rebouché dans la journée par les maçons. Si ce travail a été effectué, à cet emplacement, nous devons en retrouver des traces indiscutables. Certes, si rien dans la maçonnerie récente ne laisse voir ce passage, notre hypothèse serait effectivement fausse.
Il suffit de payer un droit d’entrée (ce qui est peu cher pour la vérité !) pour une visite du musée (le presbytère), remarquable au demeurant. Nous écrivions dans la seconde partie (« Il n’y a pas de fumée sans feu ») de notre étude sur le presbytère : « Le décor de la cuisine se présente à gauche... là où se trouvait une pièce appelée ‘Communs’ sur l’ancien état des lieux. Sur ce document, la cuisine d’origine était à droite en entrant... là où se situe maintenant la “salle Grassaud” et son exposition ».

Un témoin couleur de fumée sombre

Entrons donc dans cette salle d’exposition.
De nombreux objets, des vitrines et des parures religieuses ornent les murs. Nous dirigerons nos pas face à l’entrée et nous aurons l’accès de la ‘souillarde’ à notre droite. Entre les chasubles pendues au mur (mitoyen de l’église) nous trouvons une pierre ressortant considérablement en saillie. C’était l’encrage pour l’appareillage du côté droit (pour le visiteur) de la cheminée. En s’approchant un peu plus, nous voyons des traces noirâtres de fumée indélébiles ressortir sous l’enduit entre les pierres. Nous observons ainsi un périmètre de taches sombres qui délimite l’ancien âtre de la grande et vieille cheminée d’origine.
Approchons-nous encore de ce mur. En raison de cette différence de teinte, notre regard finit par s’habituer aux pierres rejointées de l’emplacement du foyer. Pratiquement au milieu de celui-ci, peu à peu, nous observons des pierres parfaitement ‘propres’, ordonnées selon une forme pratiquement carrée, à l’emplacement de l’ancienne ‘bretagne’. S’il n’y avait rien eu à dissimuler, l’appareillage du mur aurait été uniforme quelque soit l’endroit. Nous devons donc admettre que nous voyons là des pierres de couleurs différentes, prises dans un périmètre défini. Ce dernier se situe précisément là où se trouvait la plaque verticale de cheminée. Nous nous trouvons effectivement face à un ‘remplissage’ de pierres ‘neuves’, réalisé lors des derniers travaux de réaménagement du musée. De plus, si l’on regarde la forme de la ‘bretagne’, elle est beaucoup plus grande que cette surface de second œuvre !

L’heureux mauvais travail des derniers utilisateurs

Il devient difficile, à présent, de nier l’absence d’une cavité dissimulée à cet endroit. Les dernières personnes à en avoir eu connaissance furent probablement Bérenger Saunière et sa ‘gouvernante’… Aucun d’eux n’étant en mesure de remonter correctement le mur après leur découverte, ils durent, tant bien que mal, refermer ce passage avec des pierres et un peu de mortier. C’est sans doute la fragilité de ce ‘bouchage’ qui permit de retrouver cet accès, aussitôt professionnellement refermé… avec un peu trop de minutie, heureusement pour nous !

Un dernier élément sonore

Enfin, puisque nous sommes dans ce local, nous resterons encore un peu dans son domaine sous-terrain.
Nous avions, dans la troisième partie de notre dossier, fait mention de l’existence d’une cave sous le presbytère. Là encore, il y a ‘ceux qui savaient’… et, curieusement, n’en parlent jamais ! Et ensuite la triste cohorte de ceux qui nient… faute d’avoir eu l’information avant nous !
Effectivement, en visitant le presbytère-musée, on ne trouve aucune trace de descente vers une cave. Sauf, évidemment, derrière le décor reconstituant une scène de la vie de Bérenger Saunière. Ce n’est pas grave, car dans la pièce où nous sommes, il suffit de regarder le sol. Le revêtement du local est de deux sortes. La première (imitant la mosaïque de bois), sur dalle de béton, ne donne aucun écho si l’on marche pesamment. La seconde partie, à notre gauche en entrant, est faite d’un véritable plancher en bois… Si nous poursuivons notre marche pesante sur tout le périmètre, le revêtement de bois véritable nous renvoie un écho profond. Certes, on pourrait nous dire qu’un plancher (sauf méthode‘flottante’) est toujours au moins sur un vide sanitaire. Ce dernier devient forcément ‘sonore’ si l’on marche dessus.
En ce cas, nous répondrons simplement par une remarque. S’il n’y avait pas eu de ‘cave’ à préserver, sous une portion de l’ancienne cuisine, il y aurait eu, logiquement, un seul niveau de terrain. Ce dernier se trouve précisément sous la partie dallée de béton. Alors pourquoi n’avoir pas tiré cette dalle sur toute la surface du sol… s’il n’y avait pas eu une cavité ?
On ajoutera qu’il était possible de combler ce sous-sol. Mais en ce cas ‘on’ ne pouvait jamais plus y accéder. Peut-être la décision fut-elle prise de condamner ‘provisoirement’ l’accès à ce local souterrain pour un usage ultérieur. De cette initiative, on ne pouvait faire autrement que de tirer un plancher sur cette surface ‘à conserver’ intacte… pour plus tard, et laisser faire le temps couleur d’oubli.
Admettons que la démarche était astucieuse, puisque depuis la création du musée, personne n’a jamais fait attention aux deux revêtements de sols bien différents… ni aux différences sonores de ceux-ci… et encore moins au fait que cette différence cachait une pièce, ni pourquoi ‘on’ la cachait!.. Mais ceci est une autre histoire !…

André Douzet