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Société Périllos ©

Propriétés des Périllos
(2ème partie) - Des autres informations

 

Préventions d’usage

Au moment de notre précédent article nous ne pouvions pas annoncer que nous détenions l’intégralité du manuscrit original. Les raisons, comme à l’habitude dorénavant sur ce sujet, sont que nous nous méfions de tout nouvel acte de piratage et de vol de nos éléments. C’est pourquoi nous avions décidé de laisser ce que nous détenions dans une forme d’information approximative jusqu’au moment de la certitude que ce document ne puisse être la cible de quelques malandrins comme ce fut le cas pour les registres ‘Courtade’. Maintenant que cette information est sécurisée nous pouvons poursuivre encore un peu plus loin cette présentation et dire que nous disposons de l’intégralité du document.

Bref rappel généalogique et territorial

Pour mémoire, nous nous souvenons que les seigneurs de Périllos apparaissent officiellement sur le devant de la scène politique et religieuse de ce secteur en 1114. Il s’agit là de la dédicace de l’église de Salse faisant état lors de sa ratification d’un témoin du nom Raymond de Périllos. Depuis cette date, le nom de cette illustre famille n’en finira plus d’émailler de nombreuses chroniques et documents administratifs ou militaires montrant la place des hommes de cette famille tenue à son plus haut niveau jusqu’à Ramon Perellos y Roccaful qui fut grand maître de l’ordre de Malte de 1697 à 1720. Si l’histoire glorieuse des Périllos s’arrête quasiment à ce personnage il n’en est pas des moindres puisqu’il est probablement celui qui se montra le plus généreux de cet ordre… Ce détail, parmi tant d’autres, pour illustrer la puissance et la fortune de ces seigneurs qui étendent leur propriété et maitrise sur plusieurs de nos départements actuels en de multiples régions allant jusqu’en des lieux de la vallée du Rhône. Au demeurant le lecteur, ou chercheur, pourra trouver sur ce sujet de nombreux éléments et chapitres sur les colonnes de notre site sans que nous ayons besoin ici d’y revenir.

Un document unique

Ce document que nous présentions précédemment est une pièce des plus rares en ce qui concerne la famille de Périllos. En effet, le document est sans doute le plus complet parvenus jusqu’à nos jours en ce qui concerne les biens en territoire détenu par ces seigneurs. A notre connaissance, s’il y en eu d’autres il n’en reste que quelques bribes ou copies d’époque, mais souvent d’un contenu incomplet, tronqué ou parcellaire. Ici nous détenons sans doute le seul élément rassemblant l’ensemble des propriétés ayant appartenu aux Périllos ! Nous irons plus loin en disant que forcément nous sommes, là, en présence d’une sorte de répertoire notarié collationnant tous ces biens. Celui-ci énumère obligatoirement ce qui concerne les tènements directement attaché au fief berceau des seigneurs depuis au moins le haut Moyen-âge. De fait, nous revenons aux ‘cases’ qui nous intéressent dans ce jeu et qui sont celles des terres d’un certain secteur de ce domaine oublié.

Des dates parlantes

Si nous soulignons, au début de ce petit communiqué, le premier document signalant un Périllos de manière officielle c’est pour, avant tout, souligner la date de 1114.
Évidemment, cette dernière est loin d’avoir été la plus lointaine mais en tous cas c’est la plus ancienne jusqu’à nouvel ordre et, de fait, elle fait référence pour le moment. Pour cette présentation, ce détail est important car il nous situe par rapport à la date de 1241 soit 127 après la précédente… aurait dit monsieur de la Palisse.

Quand on dispose, comme nous, de l’intégralité de ce document on peut mesurer l’importance et l’étendue de l’immensité des biens des Périllos dans ce secteur du Roussillon, comme des contrées catalanes, de l’époque ,qui seront ensuite rattachés à la couronne de France. Ceci montre bien un pouvoir géographique et, de fait, présence politique indéniable, tous deux derniers liés comme il se doit par un impossible savoir religieux !
Cette formidable étendue de pouvoirs territoriaux n’a pu se constituer en à peine un siècle car lors de la première date, Ramon n’est pas encore si bien reconnu à la cour de son roi. Si fortune il y a, elle aurait du commencer à se faire vers 1172 au moment où on voit un Ramon de Périllos devenir un vassal des rois d’Aragon. Le problème est qu’à ce moment il reste à peine 70 ans pour que cette puissance foncière puisse s’installer et s’étaler comme nous le verrons… c’est techniquement et pratiquement impossible. Alors ? Et bien alors si c’est quasiment du domaine de l’infaisable en aval, et que cette richesse existe, c’est qu’elle à pris sa source bien longtemps avant en amont dans la chronologie.

Un vide qui n’en est pas un

A ce propos il serait bien impétueux d’annoncer que les Périllos surgissent de rien du tout à la veille d’être identifiés à la dédicace de l’église de Salse…
Si, à cette date, on les sollicite en tant qu’aristocrate pour dorer sur tranche l’événement religieux, c’est simplement qu’ils sont déjà puissants, nantis et incontournables. C’est d’une logique facile. Ce qui l’est nettement moins c’est de tenter de remonter leur généalogie. Et le vide qui répond à notre recherche a de quoi nous surprendre car comment expliquer qu’une famille puissante ne se soit pas inscrite dans d’autres textes religieux notariés ou carrément royaux ? Si nous n’avons pas de réponse satisfaisante nous avancerons l’hypothèse que tout a pu disparaître auparavant dans un incendie par exemple, une destruction par l’usure ou encore une dévastation populaire. Certes, mais un incendie ne ravage pas simultanément tous les lieux conservant les doubles de notes ou simplement d’autres notes écrites sur le sujet… sauf sur ordre ! Idem pour l’usure qui ne dévore pas tout, de partout, sélectivement qui plus est. Quand à une importante dévastation populaire on est encore un peu loin de 1789 et de ses feux de joie idiots nous privant d’archives importantes pour quelques secondes de stupide satisfaction ! Si on veut nous contester cette possibilité, c’est acceptable, mais en ce cas qu’on nous donne une explication satisfaisante en échange.

Ce vide en avant de 1114, nous le grignotons patiemment car là où les historiens jettent l’éponge nous trouvons déjà en 1110 un certain Raimundus de Perelons… seigneur de Périllos ! La piste actuellement semble loin de disparaître aussi tragiquement que s’éteint un feu de paille. Cependant, dans un premier temps il nous faut vérifier et recouper certaines trouvailles avant de les présenter comme certaines, bien que nous ayons avec certitude un ‘comte’ de Périllos vers 1080. Or un comte ça ne s’improvise pas mais ça se prépare de longue date où de longue relation, et en ce cas il en sera de même pour une relation royale qui se justifie toujours par des intérêts. Quoiqu’il en soit, l’importance incontournable des Périllos remonte à très loin dans le temps et l’espace comme nous le verrons par ailleurs.

A propos de ce document

Après ce détour chronologique il nous faut revenir à notre document.
La page titre est manquante, si tant est qu’elle ait pu exister, car la pagination débute à la première page de ce dont nous disposons. Nous ne jugeons pas utile, pour l’instant, de donner connaissance de la page de couverture du document. Elle sera présentée avec le reste de tout le reste du document au moment où nous en donnerons une copie intégrale.
Le document tout entier est un condensé technique, administratif de toutes les propriétés appartenant aux Périllos au moment de sa rédaction… L’interminable litanie qui suit laconiquement rend quasiment incroyable le pouvoir territorial de ces seigneurs maîtres d’un aussi piètre donjon tel qu’on peut en voir les ruines aujourd’hui.

A propos de datation, puisqu’il faut bien en arriver là, nous trouvons la date de 1241 sur la mi-temps de la première page.
Nous pouvons ajouter que le nombre de page dépasse de loin les 80 annoncées précédemment. Ce nombre étonnement important montre par là qu’un tel patrimoine ne put se constituer en quelques années…

A notre connaissance ce document est le premier sur le sujet relatif aux Périllos concernant l’étendu de leurs possessions terriennes… D’autres suivront jusqu’aux actes notariés du notaire royal Courtade au 17ème siècle… Dans ces registres, quelques dix lignes mentionnent une petite portion de terre inaliénable et n’appartenant pas en propre aux Périllos. Pourtant ces derniers en restent à jamais les dépositaires et gardiens puisque ce lopin est bel et bien enclavé sur leur territoire et le restera quel qu’en soit les héritiers dérivés ou indirects, n’en déplaise à quelques grincheux de moins en moins nombreux.

A suivre…

André Douzet