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| Quand un radar sort de l’ombre |
A
la Une des journaux ?…
Nous
avions signalé, dans deux de nos précédents textes,
la catastrophe du ‘Constellation’ le 11 janvier 1963. Pour ce
sujet, nous étions revenus sur différents éléments
retrouvés dans la presse et notamment dans L’Indépendant
du même jour qui relatait le crash. Ce n’était pas tout,
car, par le plus grand des hasards, le même journal apportait, dans
ses colonnes, d’autres informations très intéressantes.
La Société Périllos, ce n’est un secret pour
personne, étend ses pôles d’intérêt sur
plusieurs domaines. Certes, l’horrible drame du ‘Constellation’
retient toute notre attention pour des raisons que nous avons développées
dans deux textes précédents. Rappelons que ces dernières,
étrangement, ne sont toujours pas élucidées, ni encore
moins relevées par aucun chercheur. Ce ‘détail’,
d’ailleurs, est pour nous une source d’étonnement constant.
Mais une fois l’incontournable information de cet accident passée,
bien d’autres aspects, que nous appellerons ‘techniques’
(donc non empiriques), nous sont chers sur cette région, tels l’implantation
d’un ‘radar météorologique’ et, en bordure
côtière, l’installation d’une base française
de lancement… de satellites.
Une fois de plus, notre surprise alla grandissante lorsque nous lûmes,
toujours dans ce même journal, un article relatant quelques éléments
sur cette base qui n’a pas semblé défrayer outre mesure
la chronique de l’époque. Cette forme de désintérêt,
ou d’indifférence, était-elle due à un manque
d’informations médiatiques ou une frilosité gouvernementale
à diffuser trop d’éléments sur cette opération
pourtant capitale pour l’essor spatial de la France ? Ne doutons pas
que nous le sachions sans doute un jour prochain… Enfin, toujours
dans ce numéro de L’indépendant, décidément
riche en nouveautés, nous trouvions un surprenant petit texte faisant
mention du survol de la région perpignanaise par quelques…
‘ovni’ ! Et puis, actualité oblige, les nouvelles se
sont succédées au fil des jours, des mois, des années,
reléguant durant près de quarante ans ces événements,
pourtant importants, aux confins de l’oubli habituel… jusqu’à
ces jours où ils ressurgissent de l’ombre du temps.
Après
l’horreur, l’espoir ?
Cette
fois, c’est grâce aux colonnes du MIDI LIBRE Catalan que, le
samedi 7 octobre 2006, l’information remonte à l’attention
du public. En première page, on découvre un gros titre : «
Les fusées françaises ont failli être lancées
de Leucate », accompagnant le cliché, actuel, d’une fusée
porteuse décollant dans une nuée de feu, avec le sous-titre
: « Ariane au décollage en Guyane… l’aventure spatiale
européenne aurait pourtant pu démarrer dans l’Aude ».
A côté, un résumé, fléché en quatre
points brefs, des raisons de ce choix… et de son abandon. Suit dans
le journal l’intéressant article de François BARRERE
:
« La France aura près de Leucate un champ de tir pour fusées spatiales », annonce Midi Libre à la Une, le 12 janvier 1963. Car, privé de bases de recherche et de tests au Sahara après l'indépendance de l'Algérie, de Gaulle cherche des solutions de repli. »
«J’ai
cherché pendant plusieurs mois, sur tout le littoral, de Montpellier
au Perthus. Leucate était le seul endroit possible: la côte
était totalement déserte.» Plus de quarante ans après,
Pierre Chiquet n’a rien oublié de la mission très spatiale
qu’il mena en 1962 et 1963 sur notre littoral languedocien. Cet ancien
pilote de chasse, qui fut l’un des cofondateurs du Centre national
d’études spatiales (Cnes), avait alors été chargé
par le gouvernement de trouver un nouveau site de tir pour les fusées
françaises.
Depuis l’après-guerre, la France utilisait ses bases dans le
Sahara algérien pour tester les armes chimiques, effectuer les premiers
essais nucléaires, et mettre au point ses fusées: les missiles
militaires comme les engins destinés à la conquête de
l’espace.
C’est sur la base d’Hammaguir, ouverte depuis 1947, que ces
nouvelles technologies sont explorées, sur fond de guerre froide,
de secret défense et de rivalité internationale. Les Russes
mettent le premier Spoutnik en orbite en 1957, y envoient Gagarine en 1961.
En 1962, il est suivi par John Glenn, le premier véritable astronaute
américain.
Hammaguir était un plateau désertique, à plus de 100km
de Colomb-Béchar, équipé de pas de tir, de stations
radar et d’installations télémétriques, pour
suivre les trajectoires. «A l’époque, c’était
les premières mises au point. Ça tombait dans tous les sens»,
se souvient Pierre Chiquet, qui fut, entre 1958 et 1962, l’un des
cadres de ce centre d’essais d’engins spéciaux, où
l’on tira ces années-là plus de 1500 fusées et
missiles. «Il y avait des blockhaus pour se protéger le mieux
possible.» Les accords d’Evian donnent à la France jusqu’en
1967 pour quitter Hammaguir. Dès 1962, Pierre Chiquet est chargé
par le gouvernement de trouver un autre site. «Il fallait un champ
de tir orienté vers l’Est pour bénéficier de
la rotation de la Terre et gagner de précieux mètres/secondes.
Cela excluait notre centre des Landes. Entre Leucate et Le Barcarès,
il y avait une bande de sable, avec, derrière, l’étang
qui permettait une distance de protection suffisante.» La zone a d’autres
atouts: «C’était une solution à moindres frais.
On pouvait loger les gens à Perpignan, EDF n’était pas
loin, on pouvait mettre un radar vers Perillos, une base arrière
technique vers Salses, et les moyens de télémesure sur le
rocher de Leucate.» Montant estimé de l’investissement:
100MF de l’époque, l’équivalent de 140M€.
Le 23mai 1963, le conseil d’administration du Cnes décide de
consacrer 40MF à l’achat des terrains et aux études
d’implantation. Mais le tout va se heurter à plusieurs écueils.
Techniques tout d’abord: la France teste alors les fusées -
sondes, comme Véronique, dérivée du V2 allemand, et
qui pouvait monter à 200km d’altitude. «Son système
de guidage était tellement mauvais qu’elle pouvait aller n’importe
où. Dans le Sahara, ça n’avait pas d’importance,
mais là, c’était embêtant qu’elle retombe
sur Toulouse ou Perpignan.» Même difficulté avec la fusée
Diamant, le premier lanceur français de satellite: «Le premier
étage serait tombé au niveau de la Corse et de la Sardaigne,
le deuxième vers la Crète: pour réussir, l’angle
était étroit, il fallait des systèmes de destruction
en vol très efficaces.» Autre écueil: le projet est
incompatible avec celui de la mission Racine, qui veut lancer l’aménagement
touristique du littoral languedocien. En décembre 1963, Pierre Chiquet
amène à Leucate Olivier Guichard, alors conseiller technique
de Georges Pompidou. «Il faisait beau, il n’y avait pas de tramontane.
Il m’a dit: "On ne va pas chasser les touristes d’ici.
Allez voir à Port-la-Nouvelle".» Pierre Chiquet rendra
un rapport défavorable sur l’Aude, pour des raisons techniques.
«Lors d’une réunion, Pompidou nous a dit: "Puisque
c’est ainsi, cherchez en dehors de l’Hexagone".»
Une quinzaine de sites furent envisagés, avant que Kourou, en Guyane,
ne soit choisi. La première fusée Véronique y est tirée
le 9 avril 1968. Onze ans plus tard, c’est au tour d’Ariane1.
«On voit mal Ariane être tirée depuis Leucate»,
reconnaît aujourd’hui Pierre Chiquet, qui finira sa carrière
comme PDG de Giat Industries. «On se serait aperçu très
vite que ce n’était pas viable.»
François BARRÈRE
Des
dépenses colossales… pour rien ? ou pour autre chose ?
Le
résumé de cette aventure ‘pré – spatiale’
avortée est des plus intéressants. Il montre que ce secteur
géographique semble toujours avoir été voué
à des sujets dépassant de loin la moyenne habituelle, autant
sur le plan technologique que sur d’autres plans nettement plus …
fermés.
La création d’un pas de lancement pour fusées, qu’elles
soient civiles ou militaires, doit demander des travaux colossaux et de
longue haleine. Le coût d’une telle opération, se montant
à l’équivalent 140 millions de nos euros, montre l’ampleur
de l’engagement. On sait qu’en 1963 un premier déblocage
de fonds, d’un peu moins de la moitié de la somme, fut engagé
pour l’achat des terrains et des premiers travaux de balisages. Ce
qui signifie que le site passe ‘propriété de l’Etat’,
tout comme les ébauches d’installations et d’aménagements
engagées dès l’étude de 1962. Peut-on imaginer
que ce genre de gigantesque projet ait pu se préparer, sur ‘de
l’à peu près’ ou sans études préalables
ou prévisionnelles ? Le contraire serait impossible si on considère
l’enjeu de la France dans la conquête spatiale. Et tout à
coup, on apprend que tout fut stoppé pour des raisons techniques
incontestables, de sécurités évidentes, et surtout
pour ne pas nuire au tourisme de la région… A cet instant,
qui peut croire qu’un tel projet ne comportait pas dans ses ébauches
préliminaires ces trois facteurs ? Voudrait-on nous faire admettre
qu’aucun des spécialistes en cette matière, si délicate
et précise, n’ait pensé à ces incontournables
obstacles ? Restons sérieux…
Des
gardiens oubliés ?
De
plus, si l’on admet, toutefois, que toute la procédure et les
travaux furent arrêtés, au profit du site de Kourou en Guyane,
il n’en sera pas de même pour un autre constat. Ce dernier,
on peut le faire à l’occasion d’un survol de ce qui devait
être le premier site français de lancement… On y voit
encore les structures de pistes et des bâtiments qui ne ressemblent
pas du tout à des ébauches ou des vestiges de bâtiments
hâtivement abandonnés avant la fin des travaux… Force
est d’admettre que la nature aurait depuis 40 ans vite repris ses
droits sur les pauvres petits bétonnages humains. Or, il ne semble
pas que les lieux ressemblent à des friches ou de la garrigue, mais
bel et bien à des installations discrètement entretenues…
mais, au fait, dans quel but ces installations ont-elles été
poursuivies et soigneusement entretenues… puisque le projet n’existait
plus ? A ce propos, et peut-être pour apporter un élément
assez intriguant à cette question, il se murmure que des fonctionnaires
forts discrets y seraient parfois aperçus. S’agirait-il de
gardiens oubliés, chargés de monter une garde sans raison
sur l’inutile, l’utopique, l’ubuesque ? On ajoute même,
mais c’est invérifiable à ce stade, que ce serait une
unité dépendant de la Défense Nationale et des plus
hautes instances gouvernementales, qui aurait charge de cette mission ridicule.
Certes, il arrive parfois que l’argent du contribuable soit mal utilisé…
par erreur ou hasard, évidemment. Personne ne pourrait croire qu’il
ait pu s’agir d’un projet en forme de cet habituel arbre chargé
de cacher une forêt peut-être inavouable à son origine.
Un projet fait pour être dissimulé, mais qui demandait de tels
travaux de génie civil, militaire ou… autre, qu’ils ne
pouvaient se réaliser dans la clandestinité. Aussi, toute
l’amorce ‘de terrain’ de cette opération fut faite
au grand jour, à grands bruits de réalisation d’une
base de lancement de fusées. Puis, les grandes infrastructures terminées,
‘on’ annonce calmement qu’il est, toutes comptes faits,
impossible de maintenir ce ‘pas de tir’ ici… et qu’il
est, pour plus de sécurité, transféré en Guyane.
Ainsi, la messe est dite, l’oubli et le temps feront le reste !
D’un
‘Constellation’ à ‘Kéo’, toujours
une question d’étoiles ?
Mais
alors… revenons à ce vol pour le moins insolite d’un
‘Constellation’ venant de percuter les monts de Périllos
dans des conditions jamais clairement définies, ou du moins expliquées.
Et s’il avait eu un but plus ‘confidentiel défense’,
qu’un vol d’essai, exigeant en cas de catastrophe que soient
immédiatement avancées les causes dues à des «
erreurs de navigation, variations météorologiques, ennuis
mécaniques irréversibles » ? Le fait est que l’horreur
était au rendez-vous sur les terres de Périllos avec un aéronef
de l’E.A.R.S. (Escadron Aérien de Recherche et Sauvetage) en
provenance de la base aérienne de Toulouse Francazal (revoir nos
deux articles sur le sujet). Et si cet ensemble en avait caché un
autre si secret que pas un instant on ait hésité à
sacrifier la fiabilité, le professionnalisme et l’honneur d’un
équipage en avançant son erreur pour ne pas avoir à
en dire plus ? En ce cas, que nous ne pouvons croire, pour avoir bien connu
le milieu ‘personnel navigant’, quel aurait pu être la
teneur d’un tel projet à cet endroit ?
Ce n’est que bien plus tard que nous entendrons reparler d’autres
fusées porteuses, d’autres satellites, et d’un dernier
espoir expérimental du voyage dans le temps : la mission du satellite
Kéo, amorcée il y a plusieurs années. Ainsi, d’année
en année, on annonce le lancement de ce superbe projet humaniste
chaque fois… pour l’année suivante, qui de fait serait
prévu maintenant pour l’an 2007. Et pendant ce temps, imperturbablement,
l’expérience ‘Chronodrome’, conduite par notre
ami Pascal Guillaume, se déroule… dans l’indifférence
incompréhensible des médias et de l’intérêt
de tous et de chacun… Certes, il semblerait que seul le hasard ait
joué dans le choix de cette rencontre fantastique au pied du plateau
d’Opoul… à deux ou trois kilomètres de Périllos.
Mais oui, nous avons fini par y croire au hasard voulant que tous les chemins
conduisent à Périllos depuis… des siècles !
Le
hasard est-il en forme de radar ?
Et
nous y croyons encore plus -du moins essayons-nous de le laisser croire-
à ce hasard en relisant le texte dans les colonnes du MIDI LIBRE
de ce samedi 7 octobre 2006, à propos du projet avorté d’une
base de lancement de fusées à Leucate. On y lit, au moment
d’expliquer les avantages géographiques, que « On pouvait
loger les gens à Perpignan, EDF n’était pas loin, on
pouvait mettre un radar vers Perillos, une base arrière technique
vers Salses, et les moyens de télémesure sur le rocher de
Leucate ». Mais oui… nous avons bien compris qu’il est
question d’un radar qui aurait été installé à…
Périllos !
Bien entendu, nous sommes tout à fait conscients que de tels instruments
sont non seulement indispensables à la bonne conduite d’opérations
spatiales, mais aussi que, pour être efficaces, ils doivent se trouver
sur une hauteur. Cependant, il faut bien préciser que ce radar, avant
sa naissance (qui n’aura pas lieu à cette époque), disposait
déjà de plusieurs petits frères militaires sur le plateau
de La Clape, près de Narbonne, et d’un autre civil vers Perpignan.
Certes, on nous répliquera qu’il fallait un radar spécifiquement
attaché aux tirs de la base de lancement de Leucate. Heureusement,
le débat n’eut pas lieu, pour raison de base transférée
à Kourou.
Le procès était donc rendu ? Pour tout le monde, oui…
Mais pas pour celui qui veut regarder un peu plus loin. Nous voyons, qu’au
moment où ressurgissent les fantômes techniques et scientifiques
du passé de cette région, tous les éléments
du projet se sont mis en place… y compris le fameux radar qui maintenant
trône fièrement au dessus de Périllos, sur le mont des
Oliviers, inscrit sur les cartes I.G.N de ce secteur sous le nom de Monthaillou.
Bien entendu, les étiquettes doivent être anodines si on ne
les veut pas inquiétantes pour le public ! Pour ce faire, qui serait
intrigué par un radar installé ici par Météo
France. Qu’y a-t-il de plus innocent qu’un radar météo,
même si son site ‘internautique’ est bien souvent…
indisponible ? Pas grand-chose en la matière, si ce n’est que
nous ajoutons à ce constat une petite question à laquelle,
curieusement, personne ne semble pressé de répondre : quelle
différence visible y a-t-il entre un radar Météo, du
moins vu d’en bas, du village de Périllos précisément,
et un radar destiné à d’autres usages inavoués…?
Nous pouvons supposer que la réponse serait : non, il n’y a
pas de différence notoire, vu de l’extérieur !
Heureusement, arrive à la rescousse des septiques et grincheux un
gigantesque panneau, un peu délabré à présent,
qui nous rassure sur le fait que les travaux ont bien été
faits pour Météo France. Mais ces travaux… ne pourraient-ils
pas avoir été calqués sur le principe du fameux arbre
cachant une forêt bien plus mystérieuse ?... ce modèle,
précisément, qui permit d’implanter, à Leucate,
des installations sous couverts d’autres appellations ensuite désavouées
sous des prétextes plausibles.
Le
jeu des questions amusantes ?
Qu’attendent
depuis plus de quarante ans les installations discrètes dissimulées
à Leucate ? Qu’était venu attendre un ‘Constellation’
qui n’en est jamais revenu ? Qu’attend un radar, sous couvert
de Météo France, soigneusement implanté près
d’un des avens les plus profonds du secteur ? Qu’attendent ceux
qui depuis des siècles dorment dans les nécropoles du secteur
oublié de Périllos ? Qu’attendait une tache radioactive
pour se dévoiler près d’Opoul-Périllos ? Qu’attendent
ces militaires s’éparpillant souvent en civil dans ce secteur
et surgissant parfois de nulle part ? Et… qu’attendaient ces
allemands, durant la dernière guerre, en montant une casemate près
de l’endroit du fameux radar ?
Oui… qu’attendaient ou qu’étaient censés
surveiller ces discrets militaires (encore une fois !) depuis cet endroit
? Bien entendu, nous penserons qu’eux aussi avaient porté leur
intérêt sur un emplacement d’observation exceptionnel.
Certainement, cette raison est la meilleure pour une armée envahissante
qui tient à défendre ses positions et voir arriver un ennemi
pressé d’en découdre. Sans doute cette excuse explique
t’elle que ces messieurs aux uniformes verts de gris se soient crus
obligés de détruire la ligne téléphonique de
Périllos en expliquant qu’ils ont eu besoin des poteaux pour
récupérer le bois (mais oui ! c’est la réponse
très sérieuse donnée à cette époque !)
!??? Seulement, il ne faut pas, avec cette réponse, sous estimer
ces discrets militaires dont la spécialité devait être
l’observation ou la défense anti-aérienne…
En effet, à mieux regarder l’emplacement choisi, nous ne pouvons
que rester stupéfaits devant certaines incohérences. Comment
expliquer que le choix ne se soit pas porté sur le point culminant
(du radar actuel par exemple) qui permettait une vue à 360° assurant
une surveillance complète de la région et de la mer ? Ce qui
reste des installations allemandes, tournées au sud-ouest, se situe
nettement sous ce point stratégique, et rien n’explique une
telle erreur d’appréciation et d’observation. Mais était-ce
un hasard, une erreur, ou une volonté ? En cas d’erreur, il
était facile de rectifier cette dernière et de monter la plateforme
et ses baraquements au sommet. Et bien non… le lieu fut maintenu avec
le handicap de pouvoir surveiller seulement la partie maritime et de disposer
d’un éventail visuel à peine supérieur à
150°. Ajoutons encore le fait qu’à cet endroit les allemands
couraient le risque de se faire surprendre, et détruire, par le maquis
local pouvant intervenir brutalement par le haut du plateau. Mais alors,
cet observatoire avait-il seulement une fonction militaire (dérisoire
!) ou une autre ? De plus, nous savons que la casemate était quasiment
enfoncée dans les végétaux et qu’aucune pièce
anti-aérienne, ou affût d’artillerie, ne fut installée
ici… La seule arme, à peine efficace à cet endroit en
raison de l’épaisseur des friches, était une mitrailleuse
qui, à elle seule, ne pouvait qu’être utile à
la stricte défense des ‘observateurs’, et non à
stopper un avion de chasse ou autres troupes déterminées…
Qu’attendaient donc ces allemands en un endroit inefficace militairement,
mais peut-être primordial pour une autre observation ? De plus, nous
les verrons accéder à ce retranchement uniquement avec des
mulets et sans jamais avoir utilisé de véhicule chenillé
ou tous terrains habituels… Il est vrai que le mulet, pour une petite
promenade d’exploration dans ce secteur, est bien plus utile qu’un
tracteur ou autre engin lourd trop peu discret ?
Nous tenterons de répondre à ces réflexions dans un
chapitre suivant… En attendant, contentons nous de savoir que la casemate
nazie se trouvait près d’un petit dégagement de l’aven
condamné, plus tard, par le radar météo actuel…
Ce n’est qu’un hasard, une fois de plus, si l’emplacement
allemand se trouve près d’autres cavités, dont une nous
est signalée ‘remplie d’os’ par deux anciens chasseurs
de la région.
Qu’attendaient-ils tous ici, indifférents de leurs époques
et convictions personnelles, techniques ou spirituelles… ? Qu’attendent-ils
tous, maintenant qu’ici tout est près pour ce qui semble être
l’ultime rendez-vous ? Mais au fait, ce dernier, avec quoi ou qui,
et où devrait-il avoir lieu ?