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| Otto Rahn & le secret de Rennes-le-Château |
Otto
Rahn (1904-1939)… que pouvait savoir cet insolite chercheur lancé
sur la piste du Graal ? A t’il eu accès au secret de Rennes-le-Château
par le biais de la servante de l’abbé Saunière, comme
plusieurs éléments peu usités le laisseraient supposer
? Curieusement, plusieurs auteurs et habitants du village semblent confirmer
qu’Otto Rahn aurait pu être un de ceux, en petit nombre, à
qui Marie Dénarnaud se serait confiée après le décès
de Saunière.
A Rennes-le-Château, certaines personnes prétendent qu’elle
lui aurait vendu plusieurs objets ou documents sans donner de détails
sur ces ventes. Toutefois une autre source d’informations prétendrait
que ces objets, ou documents, seraient arrivés entre les mains des
Nazis par le biais d’O. Rahn plus tard en excellente relation avec
Heinrich Himmler… Il est maintenant difficile de poursuivre cette
piste car après son décès, la mère de Rahn aurait
brûlé une grande partie des documents de son fils. Il est ainsi
quasiment impossible aujourd’hui de montrer une preuve de sa rencontre
avec Marie Dénarnaud ou de son passage à Rennes.
Les documents encore accessibles ne laissent presque rien deviner de cette
théorie, cependant d’infimes détails interdisent tout
autant d’en exclure la possibilité. En tous les cas , selon
Hans-Juergen, spécialiste allemand d’Otto Rahn rien de précis
dans ses ouvrages ne laissent de doute à ce sujet. On ne peut que
déplorer la destruction d’éléments ayant pu se
trouver dans le matériel détruit par madame Rahn…
Otto
Rahn est né le 18 février 1904 de Charles et Clara Rahn, à
Michelstadt dans le Odenwald. A Bingen sur le Rhin il suit des études
au collège humaniste qui seront interrompues par le changement de
domicile de ses parents vers Landgraf Ludwig Gimnase. C’est probablement
ici qu’il prend conscience pour la première fois du Catharisme
et des bases de sa spiritualité. Rahn devait expliquer, plus tard,
que ce sujet avait été pour lui une première source
d’inspirations.
En 1922 il commence des études de droit qu’il suspendra, peut-être
pour raisons financières, entre 1925 et 1928.
Marie
Dénarnaud
Au début des années 1930 il s’installe dans le Razès, pour étudier l’histoire du Catharisme. C’est de là que ses recherches le conduisent vers Montségur dont il identifie le château comme étant « le Château fort du Graal décrit dans le récit de Parzival ». Avec le soutien de la comtesse de Poujol-Murat, et de son chauffeur Joseph Widegger, Rahn fait un parcours des plus importants sites cathares qu’il décrira plus tard dans son livre « Croisade contre le Graal –l’histoire des Albigeois ». Pour cela O. Rahn, en 1931, s’installe à Ussat-les-Bains, et pour subvenir à ses frais, tente de s’improviser propriétaire hôtelier en reprenant l’ « Hôtel – Restaurant des Marronniers ». Cette tentative commerciale se solde par un échec financier et une accumulation de dettes que Rahn épongera péniblement par des avances consenties par son éditeur allemand… puis il quittera la région sans jamais plus y revenir. Plusieurs déclarations recueillies auprès d’anciens habitants du village reconnaissent que probablement Otto Rahn est venu dans le secteur de Rennes et aurait, à ces occasions, été reçu par Marie Dénarnaud… son visage est suffisamment typé pour qu’il n’ait pas pu y avoir confusion sur la personne. Cependant ni dans son livre « Croisade contre le Graal » ni dans « La Cour de Lucifer » on ne trouve la moindre allusion à des travaux spécifiques à Rennes-le-Château, bien qu’à plusieurs égards le lieu puisse prêter à l’étude du Graal. Il aurait été logique, de toutes manières, que l’auteur fasse mention de l’ancienne cité de Rhedae, d’autant plus que cette ancienne place forte était un lieu de garnisons important au Moyen-Âge. Peut-on supposer que Rahn en ait su plus qu’il ne pouvait en dévoiler ?.. sinon pourquoi aurait-il volontairement omis de faire état du lieu de manière au moins anodine ?
Il
est certain que s’il eut des échanges avec Marie Dénarnaud,
ancienne servante de Saunière, il a au moins eu connaissance d’une
partie de l’histoire autour du mystère de Rennes et de son
secret. On ne peut que regretter une fois de plus la destruction des archives
de Rahn après sa mort, qui auraient pu apporter une réponse
définitive sur cette irritante question.
Rahn retourne en Allemagne après l’épisode de sa faillite
hôtelière vers Tarascon d’Ariège. Il entre alors,
en 1933, comme membre de la « Fédération des auteurs
Allemands ». La même année la publication de «
Croisade contre le Graal » attire de nombreuses attentions dans les
milieux de la SS. Le SS-Standartenfuehrer Charles Maria Wiligut, mieux connu
sous le nom de Wiligut Weisthor, travaillant sur les ‘forces psy’
appelées alors ‘Souvenances cellulaires’, fait alors
la connaissance de Rahn en 1935 et veille à ce que cet auteur soit
admis comme conseiller dans le bureau de commandement pour ‘races
et implantations’.
Un courrier retiendra notre attention. Il s’agit d’une lettre
de Rahn adressée à Wiligut Weisthor, ‘Strictement confidentielle’,
datée du 27 septembre 1935, dans laquelle il rapporte avoir eu des
‘surprises tout à fait grandes’ dans les dernières
semaines… Ce courrier, visible au musée de Wewelsburg, ne donne
pourtant pas de détails plus précis sur ces ‘grandes
surprises’ bien que le sens général de ce courrier laisse
entendre quelque chose d’une extrême importance. Rahn écrit
: « puisque dans mes constations il s’agit de plusieurs années
de travail pour ma part, j’ai été silencieux jusqu’ici.
Je voudrais rester ainsi pour l’instant et obtenir seulement un entretien
concernant mes découvertes matérielles. Je vous demande toutefois,
de ne parler à personne de ce que je voudrais vous confier oralement
avant la parution de mon livre ‘Montsalva et Golgotha’, exception
faite du commandant de la SS ».
La réunion annoncée dans la lettre devait avoir lieu le soir
même autour de 20 heures. Ce que Rahn a confié à Weisthor
restera obscur. Toujours est-il que le livre ‘Montsalva et Golgotha’
ne sera jamais publié. Le manuscrit (celui de la matière de
base qui doit forcément avoir existé) est encore aujourd’hui
introuvable. Dans la même lettre, Rahn demande également à
visiter différents lieux en Bavière, à la Hesse et
au Westerwald. Manifestement ce voyage eut bien lieu car Rahn, dans un de
ces courriers , fait état du succès complet de ses découvertes
au professeur physicien Alfred Schmid… hélas sans donner plus
de détails.
Avec son entrée dans la SS, le 12 mars 1936, il est membre, à
titre personnel, du cercle de la SS sous la direction de Heinrich Himmler.
Le contact avec Himmler avait été provoqué par Wiligut.
Nous savons que Rahn avait obtenu une situation particulière de confiance
avec Himmler et des relations quasiment amicales liaient les deux hommes.
Cette relation privilégiée présentait probablement
un intérêt exceptionnel concernant les travaux sur les hérétiques
Cathares, et la recherche du Graal en particulier, dans le cadre du «
Bureau de recherche des ancêtres et héritiers ». C’est
à cette occasion que furent organisées des expéditions
vers le midi de la France et peut-être dans ce cadre que des ‘visiteurs’
allemands attachés discrètement à la SS seraient venus
visiter Marie Denarnaud…
Le 28 février 1939 Rahn demande par courrier son renvoi de la SS.
Cette demande est acceptée. On spécule beaucoup aujourd’hui
sur les raisons invoquées. Il est question du fait qu’il ait
été dénoncé en raison de son homosexualité…
D’autres sources prétendent qu’il n’aurait pas
su ‘gérer’ ses ‘sentiments’ lors de sa présence
au camp de Buchenwald. Des rapports mentionnent que Rahn aurait été
accusé par un prisonnier d’avoir voulu des rapports sexuels
avec lui. Des enquêtes furent diligentées afin d’examiner
si le ‘chercheur de Graal’ était ou non effectivement
homosexuel. Himmler lui-même ne semble pas avoir été
impliqué dans cette action, ni en avoir fait la demande, ni avoir
voulu condamner Rahn avec ce chef d’accusation.
C’est en 1939 qu’Otto Rahn se serait donné la mort selon
le rite cathare. Sur les raisons de son décès, seules des
hypothèses peuvent être envisagées. La plus habituelle
est celle qu’il se serait suicidé pour échapper à
son homosexualité… Une autre avance que les effroyables traitements
imposés dans le KZ auquel il aurait assisté l’aurait
conduit à un tel état d’écœurement qu’il
se serait supprimé pour échapper à ce souvenir. Enfin
il resterait l’hypothèse que Rahn ne se soit pas suicidé,
mais ait été supprimé, en raison du fait que son premier
éditeur, Otto Vogelsang, l’avait vu peu de jour avant son décès
et qu’il lui était apparu « détendu, gai et optimiste
pour son avenir ».
Otto Rahn est mort dans la nuit du 13 au 14 mars 1939 dans le froid glacial
d’une montagne près de Kufstein… il ne sera retrouvé
que deux mois plus tard. Le cadavre, selon le rapport de gendarmerie de
Soell/Tyrol, était déjà dans un épouvantable
état de décomposition. Un des deux enfants qui retrouvèrent
la dépouille était Peter Maier. L’auteur Hans-Juergen
Lange eut un entretien avec ce témoin et rapporte ainsi ses propos
: « Le secteur est très éloigné encore aujourd’hui.
Les enfants qui vivaient alors dans le camp des personnes évacuées
ont vu Rahn vivant. Le soir venu ils se sont même préoccupés
de le chercher puisque la neige était tombée épaisse.
Au fond ça semblait une chose simple de trouver ses traces de pas
dans la couche de neige. Mais toutefois aucun signe n’était
visible. Les enfants étaient étonnés et ont interrompu
la recherche. Au printemps ils trouvèrent le cadavre en jouant près
d’une ferme à la pente escarpée du petit ruisseau Kitzgraben.
Le bord de la forêt et la pente escarpée sont couvertes de
végétation.
Rahn se serait installé en bas de la pente sous un sapin et aurait
absorbé des comprimés somnifères. La forêt est
proche de la ferme et le ruisseau passe en un endroit formant un gué
où les enfants conduisent les vaches pour s’abreuver. C’est
le seul endroit où il est possible d’avancer sans laisser de
trace dans la neige. Rahn aurait marché depuis cet endroit dans le
lit du ruisseau en remontant le courant sur peut-être 300 ou 400 mètres.
Les enfants ne constatèrent rien d’inhabituel : pas d’étrangers
ni véhicules, etc. On peut supposer que le cadavre retrouvé
est bien celui de Rahn… Si c’est un crime qui eut lieu…
Les auteurs auraient pu s’y prendre de la même manière
».
Stefan Friedrich