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Société Périllos ©

Ramondo de Perillos y Roccafull ou le secret défendu
les Seigneurs de Perillos

 

Ramondo de Perillos y roccafull, 64e grand maître de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

Dans différents articles, publiés précédemment sur nos colonnes, nous avons longuement fait état d'un seigneur de Périllos tenant la charge de Grand maître de l'ordre de Malte de 1697 à 1720 année où il décède. Ce que nous avions écrit nous semblait suffisant pour que nous n'ayons pas trop à revenir sur des banalités à ce sujet. Aussi cet additif a t-il été choisi en raison du fait qu'il apporte de nouveaux éléments pour le moins inédits sur le personnage.

Ramondo de Perillos y roccafull fut le 64e grand maître de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, plus connu sous le nom d'ordre de Malte. Pour mémoire, au moment des faits, nous sommes à la fin du XVIIe siècle quand il exerce son poste de manière exemplaire et quasiment unique dans l'histoire de l'ordre.

A l'origine, il ne s'agit pas d'un descendant de sang, ou par alliance, des familles de Périllos. Dans le 'CASAS 25L' (ALD d'Espagne), il est montré qu'en réalité on peut couper le nom en deux car ce Raimondo est originaire de la famille des Roccafull et acquiert, moyennant deniers, le nom de Périllos qu'il ajoute légalement à son nom avec sans doute le titre nobiliaire qui va avec...

Nous noterons que l'achat d'un titre ou d'un nom est alors possible (encore aujourd'hui en Espagne) sous réserve que la famille soit éteinte. Il faut donc supposer que les Périllos ne sont plus de ce monde alors que nous les pensions partis en Espagne suite au rattachement du Roussillon à la couronne de France. Est-ce bien ce qu'il s'est passé où y a t-il autre chose ?

Autre chose d'étrange dans les arborescences...

S'il y eut autre chose voyons ce que se peut être. Tout d'abord nous avons un personnage qui, avant d'accéder à la plus haute charge de l'ordre de Malte, à pour nom de famille celui des Roccafull dont il est de noble extraction naturelle et légitime. Il porte le titre de comte par sa descendance des Roquefeuil d'Espagne. Cette branche est également rattachée aux Roquefeuil du Roussillon comme on le voit en filigrane dans les arborescences parallèles des de Niort. On peut dire que sa fortune, sa puissance et ses terres sont inimaginables en quantité et étendue tout comme l'influence qu'il peut avoir près la cour des plus grands. Enfin, il faut souligner que Roccafull 'cède' l'honneur de la priorité de son nom à celui de Perellos qui prédomine alors dans l'appellation de ce seigneur de haute lignée jusque dans son exercice de Grand Maître de Malte.

De fait on peut logiquement se demander ce que peut apporter de plus un titre égal au sien tout aussi immémorial que celui des Périllos éteints (ou prétendus tels du moins en Espagne). A cette question légitime on ajoute que le titre provient de la Catalogne ancienne qui a basculé à la couronne de France en coupant bien des ressources aux anciens seigneurs roussillonnais. Ce rajout, il faut bien le remarquer apporte, de fait, plus d'ennuis et désagréments que d'avantages ou richesses territoriales. Il faut bien observer qu'à part un reliquat des dorures pâlies du passé des seigneurs de Périllos l'apport de ce titre supplémentaire et nom, ne représente pratiquement pas d'avantages en nature suspendus définitivement depuis le rattachement du Roussillon à la France, par le traité des Pyrénées signé le 7 novembre 1659 sur l'île des Faisans.

Bataille de titre pour une petite église

Puisqu'il faut parler d'avantages, le seul bien maigre qui soit porté sur la ratification de l'ajout du nom de 'Perrelos' (CASAS 25L) se résume au droit de sépulture dans la tombe des seigneurs du dit village... aux confins du Roussillon face aux terres de Durban. Admettons que c'est bien peu en regard de la somme versée par Ramondo de Roccafull pour charges de cette passation sans conséquence monétaire ou avantage majeur. En effet, pendant ce temps ce sont les seigneurs de Durban (tout juste baron) qui s'octroient les terres, le village et disputent ('comme des chiffonniers'... selon le docteur Courrent) le titre de Vicomte que Roccafull leur laisse sans un mot puisqu'il est comte et donc supérieur en titre nobiliaire.

Pour les Durban la déception est grande car ils visent aussi et surtout le caveau des seigneurs. Malgré le fait qu'ils en soient devenus les maîtres ils n'y accéderont jamais (tjrs le CASAS 25) bien qu'en plus ils se soient trouvés tenus d'entretenir l'édifice dont les plans d'implantation au sol sont changés précisément par Roccafull qui prétend dur comme fer faire valoir son droit au caveau par le nom à présent attaché au sien. Les Durban ne faisant pas le poids face à leur rival, et ne brillant jamais par leur courage, abandonnèrent l'espoir d'être ensevelis à Périllos.

De fait, à ce stade on peut bien se demander ce qui peut bien attirer ces seigneurs, que tout sépare, pour vouloir à tous prix leur dernière demeure dans ce coins déjà perdu, en passe de déclin dont les seuls maigres revenus sont apportés par quelques mines qui disparaîtront peu à peu des registres miniers vers la fin du 19e siècle. La pierre de dédicace au dessus de l'entrée de l'église St Michel de Périllos montre bien que les travaux de... réparation sont assurés par Durban et non Roccafull dont les héritiers ne réclamèrent jamais quoique ce soit sur ces confins mystérieux desquels ils disparaissent sans bruit.

Nous connaissons, pour l'avoir abordé plusieurs fois, l'étrange fait que ce grand maître de l'Ordre de Malte ne soit pas enseveli dans le sanctuaire des chevaliers passé maîtres de St Jean de Lavalette où sa mémoire ne dispose que d'un mausolée, au demeurant superbe. Ayant posé le problème plusieurs au correspondant de l'ordre de Malte on est étonné soit de ne pas recevoir de réponse à cette remarque, soit une plus laconique que ce monument honorifique est la sépulture du Grand Maître... de qui est totalement faux !

Tout pour une tombe sous St Michel de Périllos

En fait nous soupçonnons depuis près de 12 ans que ce Ramondo, comme les seigneurs de Durban et treilles Gléon, aient eu d'importantes raisons pour faire des pieds, des mains et des deniers pour venir dormir de leur dernier sommeil dans la crypte de la chapelle primitive des Périllos. Certes pour les Durban voisins et adversaires distants de quelques km ils peuvent avoir obtenu d'une manière ou d'une autre des informations concernant cette sépulture datant de près de 18 siècles en ce qui concerne ses origines antiques et inconnues. Pour les Rocafull l'information a pu circuler, de pareille manière, par le canal des tenants de leurs ancêtres liés aux de Roquefeuille, peu éloignés de Périllos géographiquement et... familialement. Il n'empêche que ni les uns ni les autres ne vendront la mèche quant aux raisons totalement illogiques de cette volonté funéraire qui dépasse l'entendement du fait que ses antagonistes, qu'à présent tout oppose, disposent de tombeaux, caveaux et lieux funéraires habituels conséquents, luxueux disposés dans le sous-sol d'églises bien défendues qui souvent leur appartiennent en propre. Pourtant cet argument sécuritaire qui ne se trouve pas à Périllos semble négligeable face à ces obstinations en forme de caprice. Roccafull remporte la partie et sa dépouille, selon son choix testamentaire, est déposée dans le caveau des seigneurs de Périllos au grand dam de l'Ordre de Malte qui voit la dépouille de ce riche seigneur prendre le large de la cathédrale de St Jean de Lavalette.

L'énigme de la tombe perdue de Ramondo

On ne sait plus rien après ce décès, en 1720, des détails de l'ensevelissement de Ramondo, noble comte hispanique, sous l'église St Michel de Périllos perdue en territoire ennemi. Ce manque crucial de détail, sauf dans le registre de l'église de Périllos où le fait reste laconique où seulement 4 lignes lui sont consacrées... avec cependant l'accord des autorités religieuses locales qui se traduit par l'empreinte du contre-sceau ecclésiastique français de cette région (page en notre possession dans le registre !). Cette incohérence est suffisamment importante pour être soulignée sans qu'aucune raison diplomatique d'alors ne soit avancée... une énigme de plus à Périllos ? Si oui non seulement elle est de taille mais on est étonné que ni Malte, ni la France ni les familles concernées n'aient émis les moindres commentaires. C'est un peu comme si personne, à partir de ce décès ne souhaitait s'exprimer sur cette décision unique sur ce secteur à cette époque pourtant bien trouble durant laquelle les antagonistes régionaux ne se faisaient jamais de cadeau.


La suite... et bien la suite nous la connaissons sur le plan architectural de l'église St Michel telle qu'elle se présente à nous à présent. Dans la foulée de la descente dans la crypte du sarcophage de Ramondo Roccafull, l'église initialement axée Nord-Sud, est démantelée sur toute sa partie ouest et replacée sur un axe Est-Ouest. De fait, comme nous l'avons largement démontré dans nos études précédentes, ce sanctuaire en pivotant d'un quart de tour sur lui-même, se retrouve dans l'alignement conventionnel de la plus part des églises catholiques, alors que les trois points religieux des premier Périllos sont placés initialement sur Nord-Sud selon une volonté et non une anomalie ou caprice de constructeur. Toujours est-il que ce pivotement permet, d'abord d'entrer dans la norme des églises françaises et ensuite d'effacer toutes traces visibles de la trappe et de la fosse d'accès au caveau antique.

On peut, à ce stade, se demander si certaines familles de ce secteur, françaises, catalane ou espagnoles ne disposaient pas d'éléments sur un rite funéraire lié étroitement au fait des deux tombeaux qui seront ensuite désignés par le moulage de Saunière. Ceci sera fait en sachant que celui-ci ne pouvait pas l'avoir inventé seul, mais en avait forcément été mis à propos à fin de rechercher le pourquoi et le quoi et le où perdu de ce secret.

C'est fini le dépeçage de Périllos, des titres et secrets de ses seigneurs est terminé. Il ne reste alors rien... rien que la mémoire et la légende de ces hommes, et ces femmes, qui l'entretinrent mais sans jamais l'avoir créée.

Une fonction télécommandée ?

On peut encore, à présent, s'interroger sur le fait qu'initialement Roccafull n'est pas envisagé, ni volontaire pour cette insigne fonction à Malte. De fait, pourquoi ne pas penser qu'il est nommé en fonction du fait que le nom de Perellos et non en fonction de ses état en tant que Roccafull ?

Sur ce registre il en est tout autant de cette fortune qu'il dispense dès qu'il est aux commandes de l'ordre comme on peut en juger par cet extrait de la dédicace, en latin, qui se lit sur son mausolée à St Jean de la Valette. "Après avoir donné plus d'une fois d'importantes sommes d'argent pour le bien-être de tous, de telle manière qu'on a pu croire qu'il y avait épuisé sa fortune personnelle; il est mort avec piété après vingt-trois ans d'un règne glorieux et après avoir laissé à la trésorerie publique 300 000 écus d'or. Il est mort le 10 janvier 1720, à l'âge de 84 ans ". Observons que cette somme est à peine moindre que la royale dote de 500 000 écus d'or devant être payée pour M.T. d'Autriche, somme qui ne fut jamais payée (origine de la guerre de Dévolution à la reine entre mai 1667 et 1668)… ce qui permit à Louis XIV, plus tard, de soutenir les droits à la succession à la couronne espagnole de son petit-fils le duc d'Anjou.

On voit, durant sa fonction, que d'importantes sommes sont distribuées pour entretenir et amplifier les défenses de la citée maltaise, et l'édification de divers bâtiments quand ce n'est pas carrément l'armement de quatre vaisseaux de guerre qui s'illustreront fièrement durant diverses opérations d'attaque et de défense. L'homme n'est pas essentiellement un matérialiste ou généreux bienfaiteur il se montre également très attiré par l'art. Bien que ce soit des éléments religieux on voit qu'il commande, pour enrichir les collections du trésor de la cathédrale de St Jean, des tapisseries immenses illustrée de scènes forcément religieuses.

Les tapisseries de Ramondo... dont une commandée à Nicolas Poussin

Il s'agit d'une collection de 28 tapisseries dites 'flamandes' se composant de 14 'panneaux tissés' de 6m X 6m chacun, et de 14 autres panneaux 'long' de 1,80 X 6,60 chacun. A ces ensembles s'ajoute un seul portrait de personnage qui est celui, en pied, du Grand Maître Ramon Perellos y Roccaful.

Il est certain que l'ensemble de ces collections de tapisseries ait été commandé et entièrement réglé par Ramon et fini de livrer en 1702.

Les panneaux carrés se répartissent en deux séries allégoriques :

1/ l'Annonciation, la Nativité de Jésus, l'Adoration des Rois Mages, l'Entrée à Jérusalem, la Cène, l'Elévation de la Croix, la Résurrection.

2/ l'Institution de la Fête-Dieu, Le Triomphe de la Charité, le Triomphe de l'Eglise Catholique, Le Triomphe de la Foi, le Temps qui dévoile la vérité, la Destruction de l'Idolâtrie, les Quatre Evangélistes.

Les panneaux 'longs' représentent en 'grisaille' le Christ Sauveur, la Vierge Marie, les onze Apôtres (Judas n'est pas représenté !) et Saint Paul.

Toutes ces tapisseries furent tissées depuis les 'cartons' de Peter Paul Rubens… Toutes sauf deux !!!

1/ La cène dont le 'carton' fut confié préférentiellement à Nicolas Poussin, sans qu'il y en ait une explication particulièrement satisfaisante.

2/ Le portrait de Ramon qui serait l'œuvre de Mattia Preti ou Alessio Erardi… Là encore il n'y a pas de raison avancée pour ce changement d'auteur pour ce travail.

Sur ces tapisseries on retrouve la 'Croix de Malte' à mi-hauteur sur les deux côtés latéraux, pendant que les armes héraldiques de Périllos 'timbrent' le haut des tableaux. Nous remarquons que la couronne surmontant les blasons n'est plus celle de Comte mais celle, héraldique, de Marquis…faisant du personnage un des maîtres des limites du royaume d'Aragon puisqu'un marquis, par définition est responsable d'une ou plusieurs 'marches' qui sont les confins ou frontière de certaines limites territoriales.

A propos de la tapisserie représentant la Cène, le carton fut dessiné par un certain peintre du doux nom de... Nicolas Poussin (et ce sera le seul qui lui sera commandé), nous reviendrons en détail dans un travail qui lui sera entièrement consacré à propos de nombreux détails des plus significatifs hormis le fait que Judas en soit exclus... Pourquoi tout à coup Ramondo choisit l'œuvre de Poussin pour ce thème alors que tous les autres sont exécutés de main de maître ??? c'est une question à laquelle il serait amusant d'avoir une réponse, car il est assez surprenant que Poussin se retrouve également dans cette affaire pourtant assez loin de celle du Razès... à moins évidemment que le lien soit plus profond qu'il ne le parait de prime abord puisque se rejoignent ici les 4/5 des acteurs de l'affaire de RLC... ou l'inverse ? Pourquoi pas puisque la liste s'allonge jusqu'à la dynastie des Habsbourg, qui régnait sur l'Espagne et les Pays-Bas espagnols, nous en passons et des meilleures !

Questionnaire intriguant sur Ramondo

Et pendant tout ce temps Ramondo le roccafullien à figure d'un homme très docte ne montre qu'une seule facette de sa personnalité d'homme ayant endossé la plus haute charge de l'ordre maltais. Un homme grave semble t-il occupé à fourbir des navires de combat de haute mer de première qualité... Un homme au front sans doute plissé sous les réflexions indispensables à l'édification de nouvelles défenses des fortifications de Malte... Un homme se dépensant sans compter pour le bien de ses semblable nous dite la dédicace sur son apologie funèbre en marbre "il est principalement resté dans les mémoires, tous l'admirant pour sa justice et sa charité. Très généreux il n'a jamais permis qu'une bonne action ne soit pas récompensée. Il préférait être le véritable gardien des pauvres"... c'est certain !

Un homme aussi attiré par les arts, la culture que l'armement naval, la stratégie guerrière, la diplomatie et l'intendance, que par le spirituel et peut-être... une forme d'ésotérisme. Le mot étant lâché il est temps de voir s'il est possible d'avancer sur ce terrain pourtant délicat. Certes... nos antagonistes de service peuvent ricaner en se disant qu'il fallait s'attendre de notre part à nous voir un jour ou l'autre débarquer le sujet sur ce personnage pour le moins insaisissable sur plus d'un point.

Avant d'aborder ce sujet, qui ne sera pas délicat du tout puisque nous pouvons le prouver sans discuter, il faut présentement survoler quelques petites remarques. Nous n'avons toujours pas la réponse à plusieurs questions :

- Pourquoi ce très noble Ramondo Roccafull à qui rien ne manque en honneurs, titres nobiliaires et bien immobiliers ou monétaires s'engage à récupérer un titre qu'il paie fort cher, pourtant sans revenu ni plus capable d'apporter plus d'éclat qu'il n'en a sans ça ?

- Comment se fait-il que deux fois comte il devienne avec celui de Périllos un... marquis ? De quelle marche territoriale devient-il le garant et... le sachant et dont les noms échappent à toutes archives ?

- Qu'est-ce qui fait que ce rajout 'Périllos' semble être le déclencheur qui le fera accéder au titre de Grand Maître de l'Ordre de Malte? Qu'est-ce qui produit les phénomènes de cause à effet ?

- D'où peut bien sortir cette manne financière semblant sans limite au point d'étonner même ses admirateurs... une manne qui tout à coup se met à n'en plus finir de prodigalité depuis cet apport, sans grand rapport, avec le titre et le nom de Périllos ? S'agit-il d'argent ou de... relation occulte au sens où on ne sait rien sur ce sujet bien tenu secret ?

Un or alchimique ?

Et si à propos de manne dont ne sait les origines on se tournait vers un autre Périllos, Ramon de son prénom (lui aussi) qui en 1382 obtient le rachat de toute une bibliothèque alchimique, avec l'appui des dominicains (qui devaient quand même faire une sale tête !). La tradition et quelques laconiques textes relatent que ce seigneur s'adonnait à expérimenter cette science maudite sur son domaine où se trouvent de très beaux, et forts, fours à verre dans lesquels la pâte vitreuse ayant glissé laisse apparaître de très douteuses traces dorées... Serait-il incongru que trois siècle plus tard quand les terres perdues des Périllos seront entrées dans l'oubli couleur de poussière du temps un homme soit mandaté pour récupérer une manne que les sbires de la couronne de France pourchassent aussi avec les gros et malodorants barons de Durban? Pourquoi Ramondo n'aurait-il pas en récupérant un autre nom et un autre titre obtenu un document inédit lui permettant de se réclamer de droit sur une... marche (marquisat) oubliée où dort un pesant secret agrémenté de quelques solides morceaux du nerf de la guerre... de l'or qu'il soit naturel ou...le fruit d'un grand magistère? Certes on peut nous accuser d'élucubrer mais en ce cas nous remercions ceux, celles, qui se livreraient à cet exercice de nous apporter la preuve négative ! De toute manière il faudrait bien trouver des raisons matérielles à ces prodigalités aux origines pas toujours bien établies des sommes dépensées tout à coup par un Périllos d'emprunt... alors autant le faire ainsi plutôt que pas du tout jusqu'à preuve du contraire.

Hasard sympa ou discret téléguidage

Si on exclut les relations diplomatiques, politiques et sociales qui sont de mise dans ces milieux de l'aristocratie hispanique d'alors, on se demande bien si ce catapultage à ce très haut rang maltais reste le fruit du hasard, du calcul, du complot ou de la diplomatie religieuse et royale.

En fin de compte cet épisode, qui s'étend tout de même sur plusieurs décennies et de nombreux hasards ou calculs précis, peut être le résultat d'une sorte de téléguidage conduisant un homme fortement influent à des postes de commandes d'où il agit sur la Catalogne, le Roussillon, la France, le trafic maritime de haute mer, le commerce et... l'Eglise puisque l'ordre de Malte est le dernier bras armé qui lui est laquais, soumis et taillable à merci en paiement d'avoir participé à la destruction des templiers. Si on analyse froidement l'évolution de cette aventure TOUT se met en place pour que, naturellement et en toute innocence, le personnage puisse intervenir sur l'église St Michel de Périllos -dérisoire et pauvre sanctuaire indigne de ce haut dignitaire- et en modifier l'orientation en faisant disparaître des détails et une nécropole sise dans ses entrailles... Non seulement Ramondo obéit aux ordres mais il en profite, peut-être en prime bien méritée, pour s'y faire ensevelir pour des raisons et avantages pour son âme qui nous dépassent...

Mais à mieux y réfléchir, avec cependant toutes proportions gardées, ces événements ne nous en rappellent-ils pas d'autres du même genre, dans le style téléguidage d'un personnage modelable vers des dépôts ou éléments d'un savoir pouvant coûter très cher, rapporter gros en récompense ou ennui en cas de langue trop longue ? Ceci ne pourrait-il pas nous rappeler un certain Polycarpe et ensuite un autre Bérenger Saunière ? Si cette hypothèse peut tenir la route assez longtemps nous remarquerons que les trois hommes sont tous de foi de pouvoir et d'ésotérisme... Et en principe c'est là, à ce mot tout net, que se lèvent les boucliers car si pour messieurs Polycarpe et Bérenger on peut admettre certaines odeur d'ésotérisme, pour monsieur Ramondo en principe on ne dispose de rien du tout en la matière...

Fraternité Rose-Croix pour Périllos y Roccafull

En effet on ne dispose d'aucun indice du tout sur le délicat propos... jusqu'au moment où nous recevons, d'un correspondant, un bien intéressant document du nom de "LEGENDA des Frères Aînés de la Rose Croix". L'ouvrage, (d'environ 250 pages selon l'info jointe au document reçu) édité en 1970 est signé Roger Caro (1911-1992). Dans ce qui nous est parvenu on trouve beaucoup de références à l'alchimie, à l'ordre médiéval des templiers et beaucoup d'ésotérisme ou symbolisme.

Sans aller trop loin dans le détail, il serait question de transmission d'un savoir templier au sein d'une fraternité, les frères ainés de la Rose Croix, dont les traces anciennes seraient référencées en 1307 et peut-être avant selon les sous-entendus du texte. On y retrouve intimement mêlés le pape avignonnais, Jean XXII (peut-être cité sur son lit de mort par BS ?), quelques dignitaires discrets en maçonnerie ou société secrète et bien d'autres, comme un sire de Camus qui nous renvoie sans escale au fameux château de la dame de trèfle, qui de près ou de loin naviguèrent dans les eaux troubles de l'affaire de RLC-Périllos. L'analogie se poursuit depuis nos trois personnages cités ci-dessus.

C'est au fil de la lecture des quelques notes reçues que nous retrouvons, avec surprise, que le 42ème Impérateur de ces FF de la RC n'est plus ni moins qu'un certain Raymond de Perellos signalé 'également Grand-Maître de Malte. C'est enfin dans une série de photographies de courriers anciens, formant l'archive de cet ordre fraternel, que se trouvent une lettre de Raymond de Perellos daté de 1729 ainsi que le 'tampon sec' de notre même personnage.

Voilà qui éclaire notre homme d'étrange façon, ou plutôt sous une facette inédite et inattendue: celle d'un grand maître de Malte soumis entièrement aux règles strictes de notre sainte mère l'Eglise qui est depuis toujours, il faut l'avouer, fort peu ouverte aux sociétés secrètes, discrètes, ésotériques, alchimiques ou hermétiques... Or, dans le cas présent des FARC c'est tout ça à la fois et en une seule fournée à digérer d'un seul coup. Ca fait beaucoup tout de même, non ?

Trois p'tits tours et puis s'en va Périllos y Roccafull

En tous les cas, et bien que depuis cet élément, nous avons entrepris d'autres recherches sur ce propos car les faits sont là et il nous faut faire avec. Le seul vrai problème reste de comprendre ce que pouvait bien attendre le grand maître de Malte en costume de grand Impérateur des FARC. On imagine mal que ce résultat soit celui du hasard, d'un obscur parrainage, d'un désœuvrement ou caprice de la part d'un homme droit, religieux et strictement conventionnel comme il nous est montré. Alors... et bien alors il faut admettre que Raymondo serait allé chercher quelque chose qui lui est indispensable là où elle se trouve au risque, ou au prix de bien des ennuis, à moins que l'ordre de mission de son téléguidage ait compris cette difficulté et qu'il lui ait été donné le contenu de la panoplie complète dont il aurait besoin pour la remplir. Toujours est-il qu'après ce passage obligé on entend JAMAIS plus parler des Perillos y roccafull dans quelques affaires que ce soit. L'ultime transfert d'un idéal des Périllos venait de s'éteindre dans le silence et la discrétion la plus absolue... du moins pouvions nous le penser mais certains détails nous montrent administrativement que le flambeau luit encore de nos jours et plus que jamais. Nous retiendrons, dans un premier temps, que le personnage était au plus haut poste d'une fraternité Rose-Croix et qu'il s'y montre assidu ou très intéressé par l'ésotérisme, même fraternel, jusqu'à sa mort en 1720. Durant tout ce temps il put s'adonner à l'alchimie, le symbolisme, les études hermétiques et la vie fraternelle au sein d'une des plus fermée, mais réputée fraternité ésotérique de l'époque... et tout ça sans que personne ne s'en soit jamais aperçu jusqu'à ce jour.

Jeu de mots... jeu de Périllo et de Roaquefeuil !

Avant d'aller plus loin dans cette prospection, que nous reprendrons plus profondément depuis d'autres archives qui, elles, ne sont guère restées entre les mains Rose-Croix, regardons que chaque fois que notre personnage est cité dans son grade et sa qualité fraternelle. On ne cite que sous les prénom et nom de "Raymond de PERELLOS" et non dans l'intégralité de sa nouvelle déclinaison patronymique "Ramondo de Perillos y roccafull"

Ceci nous semble, pour le moins, assez curieux pour des gens habitués aux titres fraternels et à en user facilement. A moins, évidemment, que les frères RC de Ramondo n'aient eu une excellente et impérative raison de n'user que du seul nom de Périllos... que Roccafull facilitait en le plaçant en avant et donc, finalement, à contre courant de toute logique et usage hispanique en la matière! On peut, même, aller plus loin si on estime que les FARC et Roccafull n'avaient eu besoin de certaines facilités pour accomplir une mission, qu'elle soit imposée ou qu'ils se l'imposent eux-mêmes pour des raisons oubliées.

Par exemple, pour cette opération devant rester des plus discrètes, il peut s'agir de l'utilisation de la couverture de la charge du grand magistère chez les maltais, et en ce cas d'avoir besoin de ce titre pour intervenir sur certains lieux ou notables aragonais de ces régions. En effet nous ne pouvons oublier que sous le nom de Roccafull, la famille de Roquefeuil d'Espagne fut faite grand d'Espagne avec plusieurs vice-rois : de Majorque en1587, du Pérou en1682 et enfin un gouverneur des Pays-Bas.

Ensuite, on peut supposer qu'il y ait avantage à disposer d'un lien avec des Frères férus en alchimie, à leur plus haut niveau, inaccessible aux redoutables attaques de l'inquisition.

Sur un autre plan, le nom de Périllos, curieusement attaché à un marquisat, permettait lui aussi de justifier du nom des anciens seigneurs de Périllos pour certaines démarches administratives à orchestrer sans faire de vagues sur quelques confins d'un territoire oublié par mégarde, ou disparu intentionnellement des registres royaux au moment du rattachement du Roussillon à la couronne de France... peut-être l'utilité d'une recherche dans quelques registres... courtadiens, pourquoi pas ?

Et puis, on ne peut passer les Roquefeuil des Corbières sous silence dans les séries des... "au cas où"... Si ces derniers étaient très proches des Périllos pour de nombreuses raisons ils n'en sont pas moins de noble d'extraction avec un rameau lié à celle des seigneurs de Niort éteinte au XIIIe siècle en raison de la guerre des Albigeois. De plus la disgrâce put venir de Guilhem II, seigneur et vicomte de Sault. Il est l'époux d'Esclamonde de Roquefort fille de Blanche de Laurac, qui toutes deux sont Cathares. C'est un de leurs fils, Raymond de Roquefeuil, qui marié à Marquèze de Mirepoix, fille de Roger VI et de Philippa de Pereilhe, dont il a un fils, Raymond II de Roquefeuil, qui lui succède. Il avait épousé Alix de Blanchefort, dont il n'eut qu'une fille. Cette dernière peut nous intéresser puisque cette Jordanne de Roquefeuil, épouse Pierre III de Voisins, devenu seigneur de Rennes-le-Château.

On retiendra, évidemment, les liens de cette rapide arborescence familiale avec d'abord Rennes-le-Château, mais ensuite l'alliance avec le défenseur de Monségur et enfin avec les Blanchefort dont une position forte se trouvait entre les deux Rennes et Serres.

Sous le règne de Jésus..

Mais ensuite cette famille dispose d'un testament où se lit cette curieuse phrase faisant mention à Jésus (4 février 1006) "sous le règne de Jésus en attendant un roi". Nous reviendrons aussi sur cette étonnante tirade et ses possibles conséquences. Cette famille, bien que relevant directement du roi de France et n'ayant voulu que le titre de baron, battait monnaie (le billon orné d'une croix ancrée et le mot 'Roquafolien') comme des princes souverains ! Le privilège pour de simples barons peut avoir de quoi nous faire tourner la tête car, selon J. Gardon, les métaux pour cette frappe venaient de leur voisin "derrière Vingrau"... Or derrière Vingrau il y a Périllos !

Mais si derrière un territoire il y en a un autre, il peut en être de même dans bien des domaines comme nous l'avons vu pour des patronymes et autres fonctions ou besoin administratif ou trésoraire. Le fait que Ramondo ait appartenu à un ordre Rose-croix, à la fin du XVIIIe siècle, le met devant une situation des plus habituelles en matière de ce genre de société fraternelle. En effet, dans ces milieux des contacts s'établissent que ce soit par idéal partagé ou le contraire...Quoiqu'il en soit les uns connaissent les autres et vice versa et, le plus souvent, ces fratries philosophiques sont des plaques tournantes recevant et renvoyant les 'passants' vers d'autres centres du même ordre ou encore du niveau au-dessus ou complémentaire, comme par exemple les francs-maçons et martinistes, pour ne citer que ceux-ci.

D'étranges réseaux fraternels communicants

Nous sommes donc parti de ce principe des 'vases communicants' pour supposer Ramondo en contact discret ou secret avec d'autres 'collèges' du même ordre. Pour vérifier le bien fondé de notre théorie il suffisait de trouver en archives de l'époque ou fonds anciens, et ce dans les pays pouvant être concernés, les documents en forme de 'cahier de présence' permettant de consulter les listes des personnes assistant aux tenues. C'est en Italie, en certaines cités reculée de la vieille Hispanie et à Perpignan pour la France, que nous avons eu la surprise de trouver des registres ou cahiers oubliés de tous avec parmi les noms celui de notre personnage se présentant sous Ramond de Perello, honorifique Gd Maître des Chevaliers de Malte, et encore sous Ramondo de Perellos y Roccafull. Si nous n'avons rien trouvé de formel parmi les Orients maçonniques d'alors, nous avons en échange des registres où on trouve soit notre personnage... soit un pseudo ce qui est encore possible puisque là ses titres, honneurs et qualités Maltaises ne sont pas annotées.

Ajoutons qu'en ce qui concerne la région de 'Perpinya' les noms qui honorent les colonnes d'alors ne nous sont pas inconnus dans le domaine de nos travaux sur Périllos, Salses et... les Razès et Narbonnais. De fait pourquoi ne pas imaginer la persistance d'une sorte de réseau de 'frères' profitant de ces milieux, à l'époque très jalousement fermés, pour communiquer de vive voix, échanger ou recevoir données et informations propres à un plan que nul autre ne doit connaître. Dans ces milieux, normalement déniés par l'Eglise, on trouve plus souvent qu'il n'est raisonnable des noms de religieux retrouvés dans d'autres 'affaires' annexes aux nôtres.

Le secret de Ramondo de Perillos y roccafull

Ramondo de Perillos y roccafull, 64e grand maître de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, savait quelque chose sur laquelle il devait être mandaté... car il est impossible qu'un homme seul, à cette époque, ait pu couvrir un tel champ de recherches en archives documentaires et géographiques sur le terrain. De plus ses fonctions et sa réputation ne devaient pas lui permettre d'agir seul. Il lui fallait donc des collaborateurs entièrement dévoués à sa cause et ça dans bien des domaines... comme celui de certains peintres initiés ou frères cagoulés de confrérie de pénitents telle celle de la Sanch par exemple.

Il dut, au moment du rattachement du Roussillon à la couronne de France, être mis en place une opération d'une envergure, que nous ne pouvons sans doute pas imaginer, si grande et importante qu'elle réclama l'action et la présence de nombreux initiés tel un Ramondo à plusieurs casquettes philosophiques ou autres. Pourquoi ne pas imaginer qu'une fois cette 'opération' terminée avec succès tous, toutes, durent retourner à leurs occupations habituelles et s'y faire oublier. Ramondo de Perillos y roccafull, construit de toutes pièces pour une circonstance que tous devaient ignorer, venait de finir sa mission... Les Roccafull retournaient aux arborescences espagnoles des Roquefeuil, pendant que les Périllos, dans la paix du devoir accompli, disparaissaient des registres d'état civil français et espagnols...

Extinction et renaissance des Périllos pour le baroud d'honneur

Administrativement on dit que la branche aînée de Périllos s'est définitivement éteinte en 1843... Sans qu'on ne puisse savoir vraiment par quelle curieuse acrobatie de formulaires français ou espagnols elle ait pu survivre loin de tous registres et recensement depuis la fin du XVIIIe siècle. Hasard... pilotage en eau trouble imposé... qui peut le dire... Toujours est-il que cette famille semble avoir le pouvoir de renaître de ses cendres tel un superbe et inquiétant Phénix, à l'image d'un Jésus-Christ sublimant une fulgurante Marie Madeleine, puisque... de nos jours nous avons retrouvé, il y a peu de temps, une branche bien vivante des Périllos qui, comme d'habitude, occupe des postes à haute responsabilité...

Mais cette ultime occupation est-elle une nouvelle pièce d'un nouveau plan qui, celui-ci, serait non seulement le dernier mais et étroitement lié au secret endormi, sous la garde des Périllos qui jamais ne faillirent à leur code d'honneur, un secret depuis près de 2000 ans enfoui sous leur territoire oublié et perdu...

à suivre... plus que jamais !

André Douzet

8 août 2010

Je remercie surtout ici Zéphyrin (documentation), Patrick, les membres de 'L'Anilla', Bambee et MaryAnge, sans qui ce travail n'aurait pu voir le jour.