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Société Périllos ©

Le reposoir

 

De l’eau pour un curé

Vue de l'entrée du reposoir et de la pierre I - G

Il s’agit d’une petite construction située à droite de l’entrée du cimetière de Rennes-le-Château. Aujourd’hui, on peut voir ce qu’il en reste, aussi bien extérieurement qu’intérieurement, car l’endroit sans aucune fermeture est accessible sans difficulté. Le bâtiment est surélevé par rapport au sol naturel, on accède au niveau praticable par quelques marches. L’implantation est de forme rectangulaire, sans style particulier. La vue de cette petite bâtisse, non entretenue, laisse un arrière-goût d’oubli prononcé.
Au Nord, le mur de ce local est celui du cimetière, qu’il prolonge sur sa hauteur, et ce détail prendra bien plus d’importance que nous l’imaginons.
L’historique de ce ‘reposoir’ est bien connu de tous les chercheurs et ne semble pas poser de grosses interrogations. Il s’agit d’une construction édifiée par l’abbé Saunière, dit-on sur une citerne, qu’il aurait également fait construire. On peut donc supposer qu’à cet endroit, avant ces fameux travaux, il n’y avait aucun local… ni citerne.
Puisqu’il est question de citerne, posons-nous une question pratique. A l’époque de Saunière, il n’y avait, hélas, bien souvent que des citernes pour s’approvisionner en eau. De plus, en l’absence d’électricité, il fallait souvent un ‘château d’eau’ ou une pompe pour tirer, arroser ou utiliser le précieux liquide… si une citerne se trouvait à un niveau plus bas que l’utilisateur. C’est le cas en ce qui concerne l’installation de l’abbé Saunière… Observons encore que pour qu’une citerne soit utile, elle doit contenir de l’eau. Or, si nous regardons bien la topographie des lieux, on peut se demander de quel point plus élevé pourrait bien arriver, naturellement, l’eau pour alimenter ce réservoir… Tout au plus, peut-on supposer que, si aucune source n’alimente la citerne, on pouvait utiliser l’eau de pluie des toitures, ce qui devait être le cas pour le presbytère qui semblait disposer de ses propres réserves. Quant au ‘reposoir’, sa toiture visiblement n’a jamais reçu le moindre caniveau à cet usage. Alors ? Saunière aurait fait construire une citerne incapable de recevoir de l’eau ? Aurait-il fait un faux calcul ?... et si oui, aurait-il persisté en maintenant une installation inutile ? Certainement pas, puisque nous apportons à ce dossier une pièce importante, montrant qu’il a bien réussi à disposer d’un réservoir empli d’eau.

Pourquoi monsieur le curé refuse de l’eau ?

C’est ‘l’incident’ bien connu du 14 juillet 1895. Ce jour là, un violent incendie se déclare dans le village, tout près de l’église. Les pompiers de Couiza, un peu dépassés, pensent puiser naturellement dans la fameuse citerne. Curieusement, on retient qu’ils trouvent tout solidement clos. De fait, en l’absence de l’abbé, ils doivent enfoncer les portes pour accéder à l’eau. Plus curieuse encore est la réaction de Saunière, car, furieux, il porte plainte à la gendarmerie de Couiza pour « violation de domicile ». On peut se demander le motif de cette colère pour une action dont la légitimité ne fait aucun doute…

La municipalité d’alors avait eu avec Saunière un contrat stipulant que sur ce terrain aucune construction couverte ne pouvait être implantée. L’abbé passe outre pour sa bibliothèque et, sans doute mise devant le fait accompli, la mairie demande au moins que ce local, en tous cas l’accès à la citerne, reste libre d’accès et non verrouillé. On se demande alors pour quelle raison notre abbé n’a pas respecté son contrat… Mais nous pouvons aller un peu plus loin, en nous demandant si sa furieuse réaction est du seul fait que les pompiers aient « violé sa propriété »… ou s’il pouvait y avoir une autre raison qui aurait engendré la crainte, la panique, qu’on ait pu voir autre chose qu’une citerne sous le petit bâtiment!? Une explication nous est fournie par un auteur (Jean-Jacques BEDU – « RLC Autopsie d’un mythe ») qui explique, simplement, que Saunière a eu une réaction ‘viscérale’ face à la date du 14 juillet, symbolisant l’action de la Révolution Française ayant écrasé la Monarchie… Pouvons-nous raisonnablement retenir cette hypothèse ?

Ce que cache l’eau pour monsieur le curé

De plus, même cet auteur, et aussi Vinciane Denis (Rennes-le-Château – « Le trésor de l’abbé Saunière »), expliquent qu’il fallait forcer l’entrée du local afin d’accéder à la citerne… et cette remarque n’a jamais gêné personne ! Quant à nous, il nous paraît assez insolite qu’une citerne ne puisse être accessible que par la pièce qui se trouve au-dessus. Surtout si cette pièce a fonction de bibliothèque et de bureau, étant donc encombrée d’ouvrages, de documents, sans parler de meubles de bureau… choses qui ne supportent pas très bien l’humidité. Saunière, si minutieux, aurait-il pris le risque de puiser de l’eau si près de ses précieux livres ?
L’aspect non pratique et insolite de cette remarque pose évidemment une question embarrassante : et si, effectivement, ce local n’était fait que pour dissimuler autre chose qu’une bibliothèque et un bureau?... Cette ‘autre chose’ justifierait alors cette réaction violente face à ce qui n’était autre que la peur de voir son secret éventé !
De plus, nous pouvons ajouter qu’il est difficilement compréhensible que Saunière ait choisi d’installer son bureau de travail et… sa bibliothèque si loin du presbytère, ce qui l’obligeait à sortir par tous les temps! Ce n’est guère concevable comme décision, d’autant plus que la distance, assez conséquente, séparant le presbytère du ‘bureau’, peut également être un facteur favorable pour des cambrioleurs ou… curieux.
Ajoutons un dernier détail :
Admettons que Saunière veuille vraiment installer une citerne afin de disposer d’eau pour arroser le jardin devant son église… Ensuite, qu’il veuille, par esprit pratique, au moment des travaux de maçonnerie, installer une bibliothèque et son bureau au-dessus de cette citerne…. Monsieur le curé vient justement de demander une concession pour aménager le jardin. Il dispose donc de l’espace voulu pour ce dernier, l’édification du grand calvaire et pour installer sa citerne surmontée d’une bibliothèque. Il n’a, à cet effet, que l’embarras du choix. Jusque là ce projet est rationnel, raisonnable, et ne laisse aucune place pour le moindre petit mystère.

Du bon usage des erreurs

Mais voici que, contre toute attente, Saunière commet plusieurs erreurs incompréhensibles :
Le réservoir, au sommet du plateau, ne peut recevoir d’eau de source ou de capillarité. Il doit logiquement se remplir à l’aide d’eau de pluie depuis les toits. Saunière, assez intelligent pour connaître ces détails, sait très bien ces impératifs incontournables. Les seules toitures alors équipées de caniveaux sont celles du presbytère. Au demeurant, elles alimentent déjà les deux citernes accolées à ce dernier. Supposons alors ces surfaces de couvertures suffisamment conséquentes pour également fournir de l’eau à un réservoir supplémentaire. Le tuyau ‘pvc’ n’existant pas à cette époque, il aurait été judicieux de disposer ce réservoir le plus près possible des chéneaux de toitures existants… ou tout simplement agrandir les citernes en place.

Reposoir. Vue du vide sanitaire.

Non ! Saunière n’en fait rien et, contre toute attente, il choisit tout ce qu’il y a d’illogique : il place sa citerne le plus loin possible des bâtiments pouvant fournir l’eau pluviale… et édifie dessus une bibliothèque tout aussi éloignée, mais que visiblement il fréquentera, ou du moins le prétendra-t-il, malgré les éventuelles difficultés que nous avons vues plus haut. Pouvons-nous croire que le presbytère ne pouvait lui fournir une pièce suffisamment grande pour devenir sa bibliothèque et son bureau ? Quand on voit, dans la tour Magdala, la surface du niveau qui abritait ses livres, on se demande qui Saunière croyait leurrer en appelant ‘bibliothèque’ le dessus de la citerne près du cimetière !... Citerne qui, à ce moment, ne sert pas à arroser grand-chose puisque justement il n’y a pas encore les aménagements décoratifs du jardin à entretenir et arroser…
A bien réfléchir à cet ensemble de remarques, il n’est guère raisonnable de trouver de l’innocence dans ce local et ses aménagements souterrains ou hydrauliques.
Maintenant, considérons de plus près l’emplacement, l’usage, et l’aménagement de cette étrange ‘ citerne - bibliothèque’…
Nous avons vu que la citerne est en eau… sans pour autant que l’on sache d’où vient cette eau. Nous verrons prochainement qu’il existait d’autres… cavités, proches de cet endroit, qui restaient bien sèches et nous en donnerons la preuve géologique. Donc, cette citerne est en eau et cette dernière peut être le résultat d’un drain ou d’un système hydraulique pour un usage particulier. Nous apprenons que l’on accédait à ce réservoir par l’intérieur du local… sinon, pourquoi les pompiers auraient-ils été obligés d’en fracasser l’entrée pour tirer de l’eau ? Donc, le système de contrôle… ou d’accès à ce local souterrain… se fait uniquement depuis la… bibliothèque. C’est assez curieux, car on voit encore aujourd’hui la prise d’eau à droite de la montée d’escaliers du ‘reposoir’ : une tête de lion en guise de robinet. Ainsi, il y avait bien une prise d’eau à l’extérieur, pour arroser par exemple, et une sorte de trappe d’accès depuis l’intérieur… Ce qui peut sembler logique si l’on a besoin d’aller curer la citerne… ou s’y introduire. Mais Saunière, s’il voulait s’acquitter de ce travail de nettoyage, ne disposait pas d’une tenue de plongée ou d’un ‘tuba’ et ne pouvait forcément pas descendre dans cette citerne si elle était pleine. Peut-être faut-il supposer un autre système de vidange rapide?... Et pourquoi pas, si l’on se souvient que la faille d’alimentation de la grande citerne du village provient de ce secteur du plateau, cette dernière pouvant recevoir un apport soudain et ponctuel sans que ce soit visible de l’extérieur ?

Sous la bibliothèque… l’énigme

Peut-être est-il temps d’envisager un système complexe de galeries ou cavités sous le périmètre de l’église et s’étendant plus loin vers le château et la citerne du village par exemple, et d’autre part vers l’ancienne église primitive ou le bout du plateau dans l’axe nord de l’église. Rappelons notre travail précédent sur les citernes et les failles naturelles, ou réaménagées, existant sous le village de Rennes-le-Château. Il ne s’agit pas d’un délire fantaisiste, mais seulement de la reprise des études géologiques faisant état de ces failles, sans autre forme de procès ou d’ésotérisme débridé. Ce réseau existe bel et bien. En ce cas, il se déploie sous l’église et ses alentours et il serait surprenant, comme nous l’avions suggéré, que les anciens maîtres du château n’en aient pas tiré profit et avantages…
Les affaissements, dont nous avons eu la preuve dans l’article sur la ‘pièce secrète’, témoignent au moins d’une cavité en longueur depuis l’église Ste Madeleine jusqu’en direction de celle, primitive, de St Pierre aux Liens. Et puisqu’il est question d’affaissement nous invitons le lecteur à vérifier sur place, côté nord, du ‘reposoir’ qui montre à sa base un autre affaissement bien visible sur plusieurs mètres carrés…
Si le sous-sol du secteur de l’église constitue l’abri d’une nécropole ou de tous autres ‘dépôts’, il dut en être question dans quelques documents ‘discrets’ dont les curés de Rennes-le-Château ne pouvaient manquer d’être à propos. En ce cas, il est évident qu’ils étaient liés par le secret de leur sacerdoce et celui de la confession. Saunière, d’une façon ou d’une autre, accéda d’abord à ce ‘secret’, puis… à ce réseau de passages souterrains et enfin… à certains contenus de ces cavités ayant fait office d’abris sécurisés, en quelque sorte. Il savait donc le tracé de la distribution… ensuite par où accéder et enfin les systèmes à activer, le cas échéant, en cas d’inondation d’une partie du réseau… vider un siphon par exemple. Si, à un moment ou à un autre, l’ordre du Temple eut à faire dans l’énigme, nous n’oublierons pas leur maîtrise en matière d’hydraulique… dont ils purent faire bénéficier les seigneurs du lieu. Il fallait donc à notre abbé protéger et cacher les lieux d’où il pouvait descendre et circuler, peut-être malaisément, jusqu’aux ‘butins’. Il est très probable que la ‘pièce secrète’ soit un des points de descente et qu’il y ait eu autre ‘chose’ sous ce qui deviendra le ‘reposoir’…

Petite chronologie ‘sauniérienne’

Revenons sur certains points des travaux de l’abbé Saunière et leurs conséquences.
- En 1891, il obtient l’autorisation d’aménager certains lieux autour de l’église : le cimetière, la citerne, le jardin sud avec le grand calvaire. Mais 1891 est aussi l’année du déplacement du pilier ‘wisigoth’… et de l’inscription, sur son carnet personnel, de cette phrase accompagnée d’un collage : « L’année 1891 portée au plus haut dans le fruit dont on parle ci-dessous » ! Mais encore plus intéressante est celle-ci : « Découverte d’un tombeau, le soir pluie ». 1891 marque la fin des travaux liés aux ‘découvertes’ dans l’église. Quelle année bien remplie !!!
- 1892 correspond aux travaux simultanés dans le presbytère, le cimetière et son entrée, la grotte et enfin la citerne avec le bureau – bibliothèque !
- 1894 marque des aménagements dans le cimetière et autour de l’église, sur lesquels nous reviendrons dans un autre dossier. L’abbé Saunière, après avoir pris connaissance du réseau sous l’église, entame la reconnaissance de celui périphérique…
- 1895 : les étranges ‘travaux’ de Saunière dans le cimetière, et plus particulièrement des déplacements de tombes, scandalisent les habitants du village qui font appel aux autorités pour que cessent ces ‘modifications’ pour le moins étonnantes ! Nous y reviendrons également dans le prochain dossier…
Tout se passe comme si Saunière avait enfin pris, non seulement connaissance des cavités périphériques et leur correspondance entre elles, mais également de leur importance, et surtout de leurs accès principaux.
Aujourd’hui, il nous reste les vestiges de ce curieux petit bâtiment pour tenter d’en comprendre l’usage réel de Saunière. Nous pouvons nous interroger sur, par exemple, le fait qu’on ait dit l’accès à la citerne depuis l’intérieur de la bibliothèque… et visitant le lieu nous ne trouvons qu’un carrelage d’époque, en mauvais état, mais sans la moindre trace de trappe visible, de regard ou système permettant au moins de visualiser sous le plancher… Alors, pourquoi ne reste t-il rien de cette installation d’eau à laquelle bien des personnes voulaient accéder ? La municipalité en récupérant le local en a-t-elle condamné l’usage ? Si oui, à l’époque de Saunière aurait-on ainsi laissé perdre un point de puisage en plein village ?... ou ‘certaines’ personnes ne tenaient-elles pas à ce qu’on pousse plus loin les investigations et laisser maintenant se reposer le reposoir mystérieux de l’abbé Saunière ???

Deux pierres anodines ?

Il nous reste à regarder quelques pierres avant d’aller, la prochaine fois, en direction du cimetière. En effet, nous pensons que ce bâtiment a été édifié avec des matériaux de réemploi trouvés sur place, car nous trouvons des pierres dans l’appareillage des soubassements qui ne peuvent que provenir d’une autre construction démolie. Cette dernière a-t-elle été démolie pour servir à réaménager le reposoir, ou s’agissait-il d’une ruine que Saunière aurait utilisée comme ‘carrière’ ?
Notre remarque se fait depuis deux pierres gravées que l’on peut voir de part et d’autre de la montée d’escaliers d’accès à l’ancienne bibliothèque. A notre connaissance, ce sont les seules gravures de ce bâtiment et leur emplacement, bien visible en arrivant devant l’entrée, laisse supposer que Saunière les voulait ostensibles, malgré le fait qu’elles n’aient rien de spécifiquement décoratif. En vérité, elles ne comportent que des chiffres et des lettres…

La pierre ’17-38’

La pierre de droite se trouve légèrement sous le sol surélevé. Elle comporte seulement ce qui pourrait être pris pour une date : 1738. Nous disons ‘pourrait’ car, à mieux regarder ce nombre, il est fait de deux factures différentes de gravures : 17 et 38.
Le ‘17’ pourrait être ancien et identique, dans son style, aux dates que l’on trouve sur les façades sud du presbytère et du clocher de l’église. La gravure est soignée et franche, identique aux inscriptions des trois autres pierres de façade.
Quant au ‘38’, il apparaît comme assez récent, moins soigné, voir grossier, et sans finition.
Visiblement, les deux parties ne sont pas de la même époque et, de fait, pas de la même main. Nous pouvons nous demander pourquoi ce rajout assez visible d’un ‘38’ derrière le fameux ‘17’ si cher à l’affaire de Rennes-le-Château ! Saunière a-t-il voulu laisser une pièce de son puzzle à l’entrée de sa bibliothèque ? Car admettons plusieurs possibilités :
- S’il avait voulu simplement décorer l’accès à cet étrange bâtiment, il pouvait le faire avec une sculpture religieuse, profane ou autre.
- S’il voulait inscrire la date de ce travail, il aurait pris celle d’édification, qui forcément aurait débuté par 18… et non par 17.
- S’il voulait réutiliser une pierre de réemploi qui lui plaisait (pour une raison quelconque), et que ce soit celle-ci, elle comportait forcément le nombre 17 (plus ancien). Pourquoi alors ne l’aurait-il pas gardée comme elle était ? et surtout pourquoi l’aurait-il affublée d’un ‘38’ … peu soigné ?
- S’il voulait donner ‘1738’ comme nombre, ou date, il pouvait, soit faire graver entièrement une pierre nouvelle… soit faire poursuivre le 38 dans un style identique au 17. Ce genre de gravure ne devait pas poser de problème pour un bon tailleur de pierre.
De toutes ces solutions, pas une ne nous semble satisfaisante…Aussi nous cherchons une autre possibilité. Pourquoi ne pas admettre que Saunière dispose d’une pierre marquée du fameux ‘17’… et qu’il s’agit d’une pierre ancienne (tout à fait dans le style du 18ème siècle) récupérée peut-être sur place au moment d’aménager la citerne…En tous cas il tient à l’incorporer à ce bâtiment… mais pour une raison qui nous échappe encore, il fait accoler le nombre 38 à la suite du vieux ‘17’. Le résultat donne l’apparence de l’année ‘1738’ qui serait incohérente avec la construction du petit bâtiment.

Les trompeuses apparences

Mais après tout, l’abbé Saunière voulait-il donner l’apparence d’une date à un nombre qui signifie peut-être tout autre chose. Cette ‘apparence’ semble avoir bien fonctionné, car à ce jour, personne n’a remarqué que ce millésime ne pouvait coller à la réalité du lieu… ni être une pierre de réemploi datant du 18ème siècle… sauf évidemment pour le nombre 17 que Saunière semblait vouloir incorporer à cet endroit bien visible au moment d’accéder au cimetière ! Peut-être une fois encore Saunière, de son initiative ou sur ordre, laisse un élément à l’attention, ou l’intention, de ceux qui peuvent en comprendre le sens ? Qui pourrait le nier, et sur quels critères ?
On note, au-dessus de cette pierre, qu’il s’en trouve une autre avec un orifice qui rappelle celui, clos par un bouchon, contenu dans une branche de croix ‘oubliée’ dans le vieux cimetière de la Chartreuse de Ste-Croix-en-Jarez, ce qui ne signifie surtout pas qu’il s’agisse de la même chose. Ce creux dans la pierre du reposoir ne saurait être un ancrage de gond, ou autre pièce de fermeture, car il se trouve seul et trop éloigné du tableau d’une hypothétique porte… Tout au plus s’agit-il de ce qu’il reste d’un socle de croix ?... mais alors à quoi bon avoir laissé ainsi tourné vers l’extérieur sa face percée d’un trou ?... certainement pas dans un but esthétique ou pratique !

La pierre ‘1 - G’

Passons à présent à la pierre gravée du côté gauche qui se trouve derrière un arbuste.
Elle comporte deux signes : un ‘G’ à droite et ce qui fut peut-être un ‘1’.
En observant plus précisément la surface de cette pierre, on voit des traces régulières de boucharde, différentes selon les côtés ‘1’ ou ‘G’. Cette dernière lettre semble se trouver gravée sur la plus ancienne partie ‘bouchardée’ de la pierre. Cependant le style de la lettre est maladroit et en tous cas pas dans le style du ‘17’ de l’autre pierre (1738). En échange, ce qui semble être un ‘1’ est du même style que celui du fameux ‘17’, du moins dans la finition de son ‘pied’. L’ennui est que ce signe est curieusement occupé par un morceau de fer qui en épouse toute sa mince surface…
Si le ‘1’ ferré est un chiffre, il peut être aussi un ‘i’ majuscule ou un ‘I’ romain ? Quant au ‘G’… nous indique t-il, comme Asmodée dans l’église, une connotation maçonnique précise, ou d’appartenance plus large à cette fraternité qu’a pu approcher Saunière ?... Indique t-il la première lettre d’un nom tel que G comme ‘Gannes’ dieu des nombres ?... Ou est-ce l’initiale d’un mot tel que G comme galerie, grotte, grade, Graal ? Encore pouvait-il s’agir d’une indication identique à celle du ‘G’ inversé sur le rébus gravé sur le tableau d’une fenêtre de la Chartreuse de Ste-Croix-en-Jarez? Seuls, sans doute l’abbé Bérenger Saunière, ou ses commanditaires, pourraient nous le dire !...
Etrange seconde pierre à deux signes, deux surfaces de bouchardage, deux époques de ‘gravures’… mais qui comprend, en plus, un segment de métal embouti au ras de son ‘1’.
L’énigme reste complète concernant ces deux pierres gravées encadrant l’entrée surélevée de l’étrange bibliothèque – citerne de l’abbé Saunière…
Cependant, nous tenterons prochainement d’apporter, dans un prochain article, d’autres éléments constatés à propos de ces pierres... par rapport à d’autres, bien visibles mais tout aussi méprisées.

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A. Douzet