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Rise » |
La
nature exacte de la relation entre Jésus et Marie Madeleine a, pendant
plus de vingt ans, été au centre du mystère de Rennes-le-Château.
La controverse resurgit, soudainement exacerbée, en raison du livre
de Dan Brown, Le Da Vinci Code.
Peu à peu, le secret de Rennes-le-Château s’est cristallisé
autour du mariage allégué des deux personnages, ayant eu pour
résultat leur progéniture qui apparemment s’est perpétuée
en France, devenant au fil des siècles à l’origine de
la race des rois Mérovingiens… Cette théorie des plus
audacieuses étant suffisamment connue, nous tenterons d’aborder
une autre hypothèse : Saunière vouait, en effet, un culte
très particulier à Marie Madeleine… peut-être
pour une raison très spécifique : une raison dont nous pourrions
retrouver les bases dans quelques récits bibliques !
Quel
rôle pour Marie Madeleine?
Marie
Madeleine apparaît réellement active vers la fin des évènements
bibliques, lors des quelques derniers jours de la vie de Jésus. On
la trouve présente lors des évènements principaux qui
sont maintenant connus sous le nom de ‘La Passion du Christ’.
Elle est également, et surtout, la première à pouvoir
témoigner de la résurrection de Jésus sorti de son
tombeau.
Les documents apocryphes qui firent leur apparition depuis le milieu de
XXème siècle prouvent que Jésus et Marie Madeleine
se sont connus bien avant les seuls derniers jours de la ‘Passion’…
et que cette femme, comme la Bible semble vouloir le démontrer, n’est
pas présente, dans la vie de Jésus, qu’à ces
ultimes moments de la Passion. On peut donc objectivement se demander pourquoi
les écrits de l’Eglise catholique ont changé la vérité
autour de cette femme. Cette dernière est suggérée
comme un disciple féminin semblant avoir eu des relations intimes
avec Jésus. Ils s’embrassent d’une manière telle
que cela rend les autres apôtres envieux. Certains évangiles
(spécifiquement ceux retrouvés dans Nag Hammadi) donnent à
Marie Madeleine une position prépondérante, par laquelle elle
semble, plutôt que Pierre, être pratiquement celle qui dirige
les disciples. Cependant, ces nouvelles évidences (apocryphes) suggèrent
également qu’elle ne soit pas forcément l’épouse
de Jésus… mais un disciple de premier ordre, sinon son égale.
Nécromancie
La
nécromancie est une forme de divination faisant appel à l’esprit
des morts. Le mot dérive des mots grecs: necros « mort »
et manteia « divination ». Strabon se rapporte, en son temps,
à la nécromancie comme forme principale de divination utilisée
par les Perses, et plus particulièrement répandue chez les
initiés Sabéens. Les nécromanciens babyloniens se sont
appelés « Manzazuu » ou « Sha’etemmu »
et les esprits qu’ils consultaient se nommaient « Etemmu ».
Le rite central de la nécromancie est une descente dans les enfers…
qui est un thème commun et connu dans la mythologie classique. Il
a survécu dans l’ouest sous la forme des « purgatoires
», dont le plus infâme était celui de St Patrick en Irlande.
Un exemple classique d’une descente au monde infernal se trouve dans
l’Odyssée (XI), où l’on voit Ulysse faire un voyage
à Hadès. Son intention était d’appeler «
l’ombre » (l’esprit) de Tirésias, mais il ne pouvait
le faire, ni l’invoquer, seul, sans assistant.
Certains évènements de l’Histoire ressemblent étrangement
à certaines caractéristiques de ‘l’histoire’
biblique : le rôle d’une femme qui est l’instrument essentiel
dans la descente. Dans les traditions grecques, ce sont les sibylles ou
la Pythie ; dans l’interprétation égyptienne, c’est
Isis elle-même qui descend dans les enfers, pour chercher le défunt
Osiris, afin de le ‘relever’ de son tombeau.
On trouve de nombreuses références à la nécromancie
dans la bible. Le livre du Deutéronome (XVIII 9 –12) avertit
explicitement les israélites de la pratique cananéenne de
divination des morts. Cet avertissement n’a pas été
toujours observé… car on voit le roi Saul demander à
la sorcière d’Endor de contacter Samuel.
Notons bien que la résurrection de Lazare est, dans la version biblique,
un véritable exemple de nécromancie… de la part de Jésus
lui-même ! On a parfois suggéré que les juifs aient
agi contre Jésus en conséquence de cette action…qu’ils
dénonçaient avec la plus grande rigueur.
« Rise » – pour se lever – est l’acte de résurrection,
dont Jésus est l’exemple le plus célèbre. «
Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra,
même dans la mort; et celui qui vit et croit en moi ne mourra jamais
» Dans le récit biblique, c’est Jésus, et non
une femme, qui fait se lever Lazare de son tombeau. Mais, demandons-nous
si Jésus lui-même n’aurait pas obtenu sa résurrection
par l’action d’une femme : Marie Madeleine ?
Le
Christianisme et la nécromancie
La
nécromancie s’est propagée dans l’Europe chrétienne
avec l’arrivée massive, en France, des documents arabes pendant
la Reconquista espagnole, vers la fin du XIème siècle. A Chartres,
Jean de Salisbury considère ces écrits comme appartenant à
un groupe pratiquant des rites faisant appel au démon Berich…
Le phénomène a survécu. Le Rosicrucien Robert Fludd,
au XVIIème S., décrit la nécromancie Gothique comme
« un commerce diabolique avec des esprits malpropres, s’accomplissant
depuis des rites criminels, accompagné de chants, invocations illicites
et évocation de l’âme des morts ».
Avec étonnement, nous apprenons également que c’étaient
les chrétiens, eux-mêmes, qui étaient responsables d’une
telle propagation des pratiques de la nécromancie. Il existe des
confessions de membres du clergé reconnaissant avoir pratiqué
des expériences de nécromancie. La nécromancie est
devenue une manière, pour les ecclésiastiques chrétiens,
d’intégrer certaines légendes ainsi que les langues
hébraïque et arabe dans les manuels interdits de la sorcellerie.
Plusieurs experts ont également noté les parallèles
entre l’invocation des morts et différents rites chrétiens,
spécifiquement celui de l’exorcisme. Dans l’exorcisme,
divers démons et esprits sont expulsés de l’âme,
au nom de Dieu, de Jésus ou du Saint Esprit. La nécromancie
est l’inverse : des démons spécifiques sont invités
à interdire un endroit, un objet ou une personne.
Voyage
aux Enfers et nécromancie
La
« résurrection » d’un esprit et son « transfert
hors des enfers » exigent une chose physique ; l’esprit peut
être attaché à une amulette, un endroit défini,
ou une personne. Cette dernière est alors considérée
comme étant une personne « possédée »,
contre qui les exorcismes doivent être dirigés.
Mais il n’est pas besoin de prendre une forme si extrême. Des
mages ou sorciers, au Moyen-Orient, étaient censés être
possédés par une telle entité… dans cette circonstance,
la coopération entre les deux était en grande partie de la
propre volonté prise en toute liberté par les deux parties.
Lynn Picknett a souligné qu’il y ait pu avoir des récits
mentionnant que Jean le Baptiste avait le pouvoir de « travailler
» avec un esprit (Mat. 11:18.) et Jésus, lui-même, était
censé être « possédé » par l’esprit
de Jean le Baptiste, après sa décapitation.
La forme la plus efficace de la nécromancie est celle destinée
à attacher l’esprit « relevé » à
une partie bien définie d’un corps. Dans cette hypothèse,
attacher un esprit à une partie de son propre corps rend ‘l’opérant’
extrêmement puissant et lui apporte des pouvoirs particuliers et miraculeux
qui expliqueraient l’intérêt, à l’époque
médiévale, pour les reliques chrétiennes et la nécromancie.
Pour la forme la plus puissante de la nécromancie, on devait assassiner
une personne, garder une partie de son corps, et enfin « prendre »
son esprit pour habiter dans cette partie.
La préparation du
rite pour la descente aux enfers est également liée à
un rite connu sous le nom de « horasis ». C’est toute
la préparation de celui qui va ‘permettre’ la descente.
On connaît ce rituel magique sous la même forme que celui concernant
la formule… ‘oindre’… qui signifie exactement :
« Christos ».
Il y a des variations quant à ce que cette préparation implique.
Dans certains rites, il s’agit d’oindre seulement la tête
et les pieds. Dans d’autres, c’est le corps entier qui subit
l’effet. D’autres variations existent. Essentiellement, c’est
une préparation du corps, dans lequel on essaie de changer la conscience,
par l’extase sexuelle, des drogues, massage, méditation, etc.…
Dans les antiques théâtres grecs où étaient employées
des sibylles, nous voyons cette préparation exécutée
par les prêtres féminins ; le « voyageur » masculin
est alors conduit à l’intérieur du centre principal.
Dans certains cas, comme l’emplacement de la sibylle de Baia, le voyageur
masculin rencontre à l’intérieur une prêtresse
qui invite les âmes des morts à se manifester à lui.
Beaucoup de variations sur la ‘descente’ existent. Cependant,
le cadre de cette descente – et de l’élévation
consécutive – est en grande partie identique aux événements
entourant la résurrection de Jésus. Là, nous trouvons
une femme avec un flacon d’albâtre : Marie Madeleine, qui oint
les pieds de Jésus. Quand Jésus est à l’intérieur
du tombeau, officiellement mort, il semble que Marie Madeleine reste à
l’extérieur. Quand Jésus se relève, elle est
la première à le voir réellement et le reconnaître.
En outre, elle est invitée, quand elle le voit, à ne pas le
toucher. La bible laisse supposer que c’est parce que Jésus
est, d’une façon ou d’une autre, simplement « une
projection spirituelle »… et que si elle essayait de le toucher,
elle ne ressentirait aucun contact, comme si Jésus n’était
qu’un mirage. Le texte biblique grec original indique clairement que
Jésus demande simplement à Marie Madeleine de ne pas le toucher,
pour une raison mondaine, comme si elle pouvait se ternir elle-même
à ce contact ou en être indisposée. Face à cette
mesure, nous pouvons nous demander si Jésus relevé du tombeau
était toujours oint…
«
Le troisième jour »
Sans
mention dans la bible, un texte des apôtres chrétiens indique
que Jésus Christ « est descendu aux enfers, le troisième
jour est ressuscité d’entre les morts ». Il n’y
a aucune mention de cet évènement dans les évangiles,
et les références dans le nouveau testament ne sont pas claires
et pas nécessairement appropriées. Comment, alors, cette ‘descente
aux enfers’ a-t-elle réussi à ‘entrer’ dans
les écritures ? Il semble que certains écrits aient été
retranchés des évangiles, bien qu’ils aient fait partie
du noyau du christianisme original. La description la plus imaginative de
cette ‘descente’ de Jésus est trouvée dans l’évangile
apocryphe de Nicodèmes.
Il n’est guère douteux que ce rite a impliqué une mort
provisoire pour les participants. Le rite n’était pas, en outre,
typiquement chrétien. Apulée a signalé que «
la livraison de ses mystères [d’Isis] est célébrée
comme ressemblant à une mort volontaire » ; et en décrivant
sa propre expérience il écrit qu’il s’est approché
aux confins de la Mort et a marché au seuil de Perséphone…
(Apulée, Métamorphose, XI, 21, 23).
Plutarque énonce qu’à l’heure de la mort, l’âme
subit naturellement une expérience identique à celle provoquée
par l’initié lors d’un magistère de haute théurgie…
(Plutarque, fragments, 178). Cet auteur justifie alors le lien étroit
entre les formes grecques du verbe ‘teleutan’ et le ‘teleisthai’
signifiant respectivement « mourir » et « être initié
».
Au XIXème siècle, un des principaux auteurs commentant cette
descente est H.P. Blavatsky. Dans sa doctrine secrète, elle écrit
que l’adepte initié ayant traversé avec succès
toutes les épreuves n’est pas cloué, mais simplement
attaché sur un ‘Tau’… qu’il plonge dans un
sommeil profond… et reste dans cet état durant trois jours
et trois nuits, temps pendant lequel son essence spirituelle est confrontée
aux dieux et descend vers Hadès ou Amenti… tandis que son corps
demeure dans la crypte d’un temple ou une caverne … (2 :558).
Saunière
le magicien et la présence d’Asmodée?
Tout
ceci peut sembler très éloigné du monde de Rennes-le-Château,
mais il n’en est rien. Sur le plan matériel, nous savons que
l’église de Saunière est consacrée à Marie
Madeleine ; elle est remplie d’images d’elle près de
Jésus, l’oignant, présente lors de la crucifixion et
de la mise au tombeau. On y trouve également une scène dans
laquelle Jésus relève Lazare, qui, on pense, est le frère
de Marie Madeleine.
Les autres preuves sont moins connues. Par exemple, quand Noël Corbu
acquiert la villa Béthanie, il fait une inspection complète
des lieux. Il trouve derrière des lambris, apparemment dissimulé,
un petit livret écrit en arabe médiéval, appartenant
clairement à Saunière. Le document est une invocation des
« entités », y compris une entité spécifique,
qui restera sans nom pour le moment.
Nous notons que l’entrée de son église héberge
un autre démon : Asmodée. Diverses « personnes télépathiques
» ont observé des phénomènes étranges
dans et autour de Rennes-le-Château. Pour des visiteurs, ce n’est
souvent rien d’autre qu’« une vision étrange »
ou un « glissement du temps ».
Ce
sont des commentaires qui souvent engendrent l’idée d’une
sorte de ‘délire’ du type « nouvel âge »…
Cependant, pour certaines personnes du village qui ont bien voulu se confier
à nous, ces ‘visions’ prennent des aspects plus sinistres.
C’est ainsi qu’une personne, résidant près du
domaine de Bérenger Saunière, nous affirme avoir eu une sorte
d’apparition d’Asmodée lui-même, dans sa maison.
Etrangement, cette personne s’avère, justement, être
le propriétaire du livre de Saunière contenant les invocations
démoniaques.
Une équipe d’experts en ‘ondes psychiques’ a noté
la présence « d’une sorte de vision démoniaque
» (Asmodée ?) en bas du village. Des témoins, absolument
pas… « télépathes », conviennent avoir eu,
sur des photographies prises à cet endroit, des flous à contours
diaboliques. Ces personnes avouent également n’avoir pas eu,
à ce moment, envie ou une raison de prendre ces clichés à
cet endroit, qui – par coïncidence ? – est la propriété
du même habitant ayant eu la vision d’Asmodée dans sa
maison.
Tout ceci coïncide avec les conclusions faites par l’équipe
des auteurs de ‘The Rise’, qui, dans leur deuxième article
(voir les Carnets Secrets 1 et 2), se demandent si Saunière en effet
n’aurait pas été l’auteur d’opérations
occultes… spécialement orientées vers la magie démoniaque.
Si Saunière était en effet impliqué dans la nécromancie,
ceci pourrait expliquer ses actions conduites dans le cimetière de
Rennes-le-Château, la nuit, qui débouchèrent sur une
plainte officielle des villageois et de la municipalité. On peut
se demander si ces derniers n’auraient pas été témoins
eux aussi de phénomènes résultant des expériences
nécromanciennes de Saunière…
Le
cercle magique
Les
cercles magiques sont connus pour offrir une protection lors des pratiques
de sorcellerie. Ils créent un espace protégé, dans
lequel le magicien, en toute sécurité, peut et doit également
opérer. Dans son étude détaillée des propriétés
de Saunière, Guy Patton a montré que le domaine contient une
sorte de pentagramme… un symbole magique bien connu, habituellement
employé dans l’invocation des esprits et qui fonctionne comme
un cercle magique. Nous pouvons seulement nous demander s’il s’agit
d’une coïncidence, ou si l’abbé Saunière
s’est organisé un système lui permettant d’entretenir
la présence d’une entité magique… Asmodée
ou tout autre ‘esprit’.
En même temps, on note la présence d’une faille sous
l’église de Rennes-le-Château, et la présence
d’eau sous terre. On observe également que des failles sont
bien connues dans le cadre des descentes vers l’Hadès, qui
normalement exige un ‘transfert’ par la rivière Styx.
On note qu’alors l’église de Marie-Madeleine peut être,
depuis son origine primitive, liée au culte magique des descentes
« dans un autre monde »…
Vincent
de Paul, un sorcier ?
Une
autre personne, impliquée dans le mystère de Rennes-le-Château,
est peut être liée au domaine de la magie et de la sorcellerie.
Vincent de Paul était le fondateur du mouvement Lazariste. Sa vie
s’illustre d’une absence de deux ans, passés prétendument
en Arabie, comme esclave près d’un homme qui lui aurait enseigné
la magie liturgique. Plus tard, de Paul aurait veillé à accentuer
ses connaissances rituelles, mais sans jamais les pratiquer…Il avait,
dans quelques courriers, justifié que s’il avait fait, du temps
de sa ‘captivité’, quelques pratiques magiques, c’était
sous l’effet de la coercition. Plus tard dans sa vie, une fois devenu
une figure publique, de Paul a essayé de récupérer
ces lettres, réalisant qu’elles représentaient une reconnaissance
du fait qu’il ait eu des pratiques occultes.
Les
Enfers selon plusieurs mythes
Hadès,
connu comme l’enfer, était la demeure des morts ou, plus exactement,
des âmes en souffrance. Il est nécessaire de distinguer ‘Hadès’
en tant qu’endroit, et Hadès le dieu des enfers, dieu des morts.
Hadès vient d’un mot grec ayant pour racine « invisible
», « caché » ou « inconnu ». Des comparaisons
appropriées peuvent être trouvées dans la religion égyptienne,
où l’équivalent de Hadès est Amenti, signifiant
« l’endroit caché » ou l’« endroit
du dieu caché ».
En mythologie, Hadès -lieu des enfers- était situé
sous terre, et le dieu Hadès était désigné comme
chef des dieux infernaux; par conséquence, le voyage vers Hadès
est bien une descente vers l’infernal.
L’enfer est habituellement considéré comme un endroit
chaud et terrifiant. Par contre, le Helheim nordique, demeure des Hel, est
vu sous la forme d’un monde glacial et pas nécessairement comme
un endroit propre à effrayer le cœur des mortels. De même,
Hadès, dans certaines traditions antiques, n’est pas simplement
un endroit où sont tourmentées à jamais les âmes
des pêcheurs…Ainsi, les anciens Grecs ont vu également
cette ‘région’ souterraine comme le passage vers le ciel.
La tradition montrerait un cheminement dans Hadès conduisant à
Tartares, endroit où des punitions imaginatives sont administrées,
et une autre route, droite, menant aux Champs Elysées.
Une descente dans les enfers, la demeure des défunts, est donc vide
d’émotion. On peut la rendre ‘joyeuse’ ou pas…
par exemple dans la recherche des amours défuntes. C’est, semble-t-il,
le but de la plupart des emplacements sibyllins grecs et du purgatoire St
Patrick en Irlande.
A
l’image de Jésus ?
Jésus
n’était pas le premier à argumenter qu’une descente
dans les enfers promettait la vie éternelle. Ce ‘voyage’
lui-même était considéré comme une possibilité
pour l’initié de trouver sa « conscience totale ».
La récompense en était l’immortalité, sans pour
autant supposer que celle-ci était physique… mais, pour utiliser
un symbole biblique, plutôt la vision d’un « royaume des
cieux ».
Il semble peu probable que Jésus soit en effet le « fils de
Dieu » dans un sens physique. Mais Jésus a pu être un
magicien (et c’est une hypothèse de plus en plus prônée)
dans une tradition pratiquant ce rituel.
La connaissance de ceci n’a donc pas été limitée
à Jésus lui-même. Les rites étaient connus avant
le christianisme et lui ont survécu.
On peut se demander si ceux-ci ont continué à exister au fil
des siècles, et si certains prêtres, dont l’abbé
Saunière lui-même, n’auraient pas décidé
de ‘marcher dans les pas de Jésus « Christ »’
en exécutant à leur tour les mêmes actes magiques que…
leur maître !
Les
voyages sans retour…
Beaucoup
d’informations existent sur la ‘descente’ et ‘l’élévation’,
spécifiquement depuis la Renaissance, quand les textes de la Grèce
et les traités romains ont été traduits. On s’est
ainsi aperçu que les rites d’Elysée ont été
à l’origine de la plupart des références classiques,
y compris Platon, concernant une descente dans le Hadès.
L’interprétation la plus célèbre est celle d’Orphée,
intercédant auprès d’Hadès en faveur de la libération
de l’âme de son épouse morte, Eurydice. Sa belle musique
captive le dieu des morts, qui accède à sa demande à
condition qu’Orphée ne regarde pas en arrière en quittant
les enfers… sous peine de voir Eurydice retourner à Hadès.
Orphée ayant transgressé cette règle, son voyage est
resté vain.
Dans les mystères orphiques, auxquels Orphée a prêté
son nom, le thème de la descente était au premier plan. Dans
une phase postérieure de cette religion, certains personnages ont
été enterrés avec de petits cachets d’or, sur
lesquels étaient non seulement les descriptions gravées à
l’eau-forte de l’entrée à Hadès, mais également
les textes du rituel magique pour préparer l’âme partant
pour le voyage dans la mort. Ce qui à l’origine avait été
fait en toute conscience et s’est avéré une expérience
significative, est devenu une formule -un rite- justifiant le rôle
des livres comme ceux trouvés dans la villa de Saunière.
Révélation
?!
Une
série de questions doit être posée. Est-il possible
que Saunière ait appartenu à un groupe de prêtres qui
étaient au courant d’une connaissance antique de la descente
infernale et de la « Résurrection » et qu’il ait
pratiqué – ou participé à – ces rites ?
Si oui, y a-t-il un raccordement avec Périllos ? Périllos…
l’emplacement qui forme le centre de la ‘maquette’, sur
laquelle Saunière fait marquer le « tombeau de Jésus
Christ » ! Périllos… dont le seigneur Ramon est parti
en voyage en Irlande, vers le purgatoire de St Patrick, pour entrer en contact
avec les âmes des morts et en revient affirmant que son territoire
contient un « passage vers L’autre Monde »… les
enfers ? Hadès ?
Que penser alors du fait que ce même Seigneur de Périllos achète
ensuite une bibliothèque alchimique ? L’hasard… ou Lazare
?
Filip Coppens