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Des
armes pour Rennes-le-Château |
C’est
au mois d’août 2004 que se produisit un fait insolite qui ne
fit pas beaucoup de bruits dans le milieu de l’affaire de Rennes-le-Château,
en raison, sans doute, de la saison estivale…
Nous avons vu beaucoup de choses dans cette affaire, des soucoupes volantes,
des fantaisistes de tous poils et même la simulation d’une prise
d’otages… Cependant, jusque là, il ne fut jamais question
d’armes de guerre de gros calibre. C’est avec surprise que nous
apprenons qu’alors cet arsenal était destiné à
défendre « l’hypothétique Saint-Graal qui serait
caché autour du château audois de l’abbé Saunière
». Cependant, avec François Barrère, nous ne pouvons
que déplorer que certains aient pu être tentés de repartir
en croisade… avec des pistolets automatiques et des balles de 9 mm
pour protéger le saint objet…
L’article ci-dessous est extrait de l’article de François
Barrère, paru dans le MIDI LIBRE du samedi 21 août 2004, en
page 13 du second cahier. Extrait donné ici avec l’autorisation
de l’auteur, ce dont nous le remercions vivement.
« L’arsenal des chercheurs du Graal surgit du passé »
Une vingtaine d’armes de guerre saisie chez des membres d’une étrange association
Les gendarmes aveyronnais viennent de déterrer un étonnant
trésor, non loin de la Couvertoirade, l'un des plus beaux villages
de France, bâti par les Templiers en bordure du Larzac.
Une vingtaine de pistolets et de revolvers de gros calibre, dont la plupart
sont considérés comme des armes de guerre, des milliers de
cartouches, successivement découverts chez une demi-douzaine d'habitants
du sud du département. Des gens qui ne semblent avoir comme seul
point commun qu'un intérêt poussé pour l'ésotérisme,
l'histoire et l'archéologie, et d'avoir partagé, il y a longtemps,
une passion pour les mystères de Rennes-le-Château (Aude) où,
affirment certains, serait enterré le Saint-Graal.
Tout
démarre samedi dernier, lorsqu'une personne vient expliquer à
la brigade de la Cavalerie qu'elle a été contrainte, par un
membre d'une association, de cacher un arsenal dans sa propriété,
près du village médiéval. Les gendarmes perquisitionnent
: ils saisissent une dizaine d’armes, et près de 2000 cartouches
et munitions correspondantes, soigneusement emballées dans des sacs,
et enterrées près de la maison. Dans la foulée, trois
autres personnes sont convoquées chez les gendarmes et mises en garde
à vue. Tous admettent sans rechigner avoir aussi des armes à
la maison : en tout, une dizaine d'autres revolvers de gros calibre. Deux
autres de leurs proches feront les mêmes aveux. Pour les gendarmes
de la brigade des recherches, comme pour le parquet de Millau, l'un des
suspects focalise très vite les soupçons.
Agé de 67 ans, ce comptable à la retraite est le fondateur
du Centre sémantique de recherches Gimel, une association loi 1901
déclarée en 1996 à la sous-préfecture de Millau.
Objet: « Procéder à des recherches historiques, archéologiques,
culturelles », mais aussi « ouvrir une voie de pratiques psycho-dynamiques
par la sémantique générale et la programmation neuro-linguistique
» ou encore élucider « les phénomènes outre-mondains
».
Un joli fatras, pouvant évoquant le discours de certains mouvements
sectaires. Un cocktail d'autant plus inquiétant que les éventuels
membres sont armés. Mais les premiers interrogatoires effectués
par les gendarmes n'ont pas apporté d'éléments pour
étayer cette piste.
« Ces gens disent s'être procurés ces armes il y a des
années, après avoir assisté à des conférences
promettant l'Apocalypse », raconte une source proche du dossier. «
Ils les ont achetées pour pouvoir se défendre si cela arrivait.
Au bout d'un certain temps, ils sont revenus à la réalité,
et ont décidé de cacher ces armes qui, selon eux, n'auraient
jamais servi. »
Certains ont assuré
pouvoir fournir les factures de certaines de leurs acquisitions, d'autres
disent les avoir achetées régulièrement il y a une
vingtaine d'années, avant que la législation ne change. Seule
certitude: pas un n'avait effectué la moindre démarche par
la suite pour se mettre en règle. « Aucune de ces armes n'était
démilitarisée ; elles pouvaient toutes servir, d'autant qu'elles
étaient accompagnées de leurs munitions et des produits d'entretien
nécessaires » a précisé Marina Jourdain, substitut
du procureur au parquet de Millau.
C'est semble-t-il un litige entre deux d'entre eux qui aurait amené
la dénonciation aux gendarmes. Côté enquêteurs,
on semble exclure tout lien avec le terrorisme et le grand banditisme. Une
secte ? « A une époque, j'avais même peur des hommes
en vert » a avoué le président de l’association
en désignant ainsi les Martiens. « Ce sont avant tout des doux
dingues », estime une autre source. Le parquet a ouvert une information
pour « détention, acquisition et transport d'armes, et dépôt
illicite d'armes. » Le fondateur du centre Gimel a été
mis en examen et écroué à Rodez, et le juge devrait
prochainement convoquer ses anciens camarades pour les mettre en examen.
Parmi eux figure un kinésithérapeute, et même, plus
troublant, un gendarme actuellement en poste. Et même si pour la Justice
l'affaire ne semble pas avoir d'aspect sectaire, elle reste inquiétante,
car elle montre que la dissémination des armes dans notre société
est sans doute bien plus importante que ce que l'on croit ; et que,
pour défendre l'hypothétique Saint-Graal, qui serait caché
autour du château audois de l'abbé Saunière, certains
ont parfois pu être tentés de repartir en croisade… avec
des pistolets automatiques et des balles de 9 mm.