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Mon village à l'heure du « Da Vinci »

 

Bien que Rennes-le-Château ne soit mentionné à aucun moment dans le roman du Code Da Vinci, ce petit village du Razès reçut de nombreux visiteurs, en raison de l’apparition du nom de Saunière (le Conservateur du Louvre) dans le récit de Dan Brown. Il est notoire que Bérenger Saunière était le prêtre par qui l’existence de cette bourgade, alors oubliée de tous, fut révélée. Ensuite, les avatars du Prieuré de Sion contemporain s’inscrivent insidieusement autour de certains éléments attachés à l’étrange vie de ce prêtre.
Du résultat médiatique de la parution du livre en question, et du film qui en a été produit à la suite, résulte une immense vague de curiosité sur le sujet, ainsi que la publication de nombreux ouvrages. Jean-Luc Robin, restaurateur et ancien gestionnaire de la Villa Béthanie (édifiée par l’abbé Saunière), a déjà écrit, en 2005, un livre au cours duquel il présente ses théories sur ce prêtre énigmatique, et le village qui était sa paroisse. Chez le même éditeur, en 2006, cet auteur publie un second ouvrage dans lequel il expose judicieusement comment le Code Da Vinci a influencé la vie quotidienne de Rennes-le-Château.

Ce livre est une limpide introduction à l’énigme entourant le prêtre et son église. Il s’agit d’un survol rendant cette énigme facilement abordable pour le visiteur ou le chercheur parcourant ce village mystérieux… sans qu’il aille se perdre dans le labyrinthe des ‘gros ouvrages’ sur la question. L’ouvrage est un résumé de cette énigme qui ouvre sur la thèse de l’auteur et qui conduit ensuite à écouter l’avis des gens du village. Cette présentation originale, vivante, émaillée de couleurs locales inhabituelles, nous change agréablement des insipides bains d’informations habituelles.
Le résultat de ces petites enquêtes reste surprenant. Il est clair que les personnes ‘interviewées’, dans le village, n’ont pas vraiment vu de changements notoires après la parution du Code Da Vinci, sauf un peu plus de véhicules visiteurs. En revanche, les habitants parlent beaucoup sur un événement plus mémorable : le transfert de la dépouille de Saunière, du cimetière vers un caveau dans son ancien domaine. Jean-Luc Robin dispose du privilège de rencontrer, par sa profession, les nouveaux visiteurs qu’il explique venus souvent de l’étranger, de Californie par exemple. Ces derniers, parfois, lui posent des questions pour le moins insolites, en demandant comment visiter « la maison où a habité Marie Madeleine » ! Ce livre donne aussi une vision personnelle des habitants de Rennes-le-Château sur l’énigme des lieux. Pour citer monsieur le maire, ce dernier affirme que son village est situé sur une « faille tellurique ». Pour d’autres, Henry Lincoln n’est qu’un simple traducteur d’ouvrages… etc…
On trouve au fil des pages de petits détails qui sont une énigme à eux seuls. La librairie locale est tenue par « Nicolas Miécret », et un peu plus loin par un « Nicolas Marlin ». S’agit-il d’une erreur ou de deux énigmatiques personnages ? De nombreuses références sont faites, également, à propos du procès, opposant, à Londres, l’auteur du Code Da Vinci et messieurs Baigent et Leigh. Le livre de Jean-Luc Robin est écrit au moment où les débats juridiques ne sont pas terminés. Ceci explique le contenu d’un chapitre où l’auteur apporte son opinion sur cette affaire et le jugement qui en suivra... qui n’est pas vraiment conforme au jugement rendu depuis. Les raisons de cette curiosité de justice ne justifient pas clairement leurs liens avec le village, l’opinion de ses habitants, et la compréhension de son insolite histoire.
En conclusion, cet ouvrage apporte surtout une approche dans l’énigme, les théories et les étranges personnages composant le mystère de Rennes-le-Château, plutôt qu’une ouverture sur « le mystère de l’abbé Saunière ». Ce travail présente de nombreux points d’intérêt, même pour des chercheurs plus ‘chevronnés’. Il aurait été souhaitable, en échange, de trouver plus de développement dans les conséquences de cette ancienne énigme sur la vie privée des habitants du village, trop brièvement exposée en quelques pages.

Frederik Anciau

Rennes-le-Château. Mon village à l'heure du "Da Vinci"
Auteur : ROBIN Jean-Luc
Nombre de pages : 192
Format : 14.5 x 22.5 cm
Prix : 15,00 €
ISBN : 2.87901.737.8

Da Vinci Code a relancé, dans le monde entier, les spéculations intellectuelles autour du vieux « secret de l'abbé Saunière ». Beaucoup de Français et d'étrangers savent cependant aujourd'hui que le livre de Dan Brown n'aurait jamais vu le jour sans une petite bourgade de l'Aude, Rennes-le-Château, et l'histoire du « curé aux milliards ».
L'auteur du best-seller américain s'est en effet beaucoup inspiré d'un ouvrage publié il y a vingt ans, L'énigme sacrée. Michael Baigent et Richard Leigh, deux des écrivains à l'origine de ce premier succès de librairie, ont d'ailleurs demandé des comptes à Dan Brown devant le justice britannique. Le troisième et principal auteur, Henry Lincoln, n'a pas pris part à cette action pour des raisons que l'on découvrira dans le présent livre.
Da Vinci Code a néanmoins bouleversé la vie d'un petit village français. Près de 150 000 visiteurs et une trentaine d'équipes de télévision ont mis le cap sur Rennes-le-Château en 2005.
Sur place depuis douze ans, Jean-Luc Robin se trouvait particulièrement qualifié pour recueillir et analyser les motivations fort diverses de ces « villageois d'un jour », car il est l'auteur d'un précédent ouvrage paru aux Editions Sud Ouest, Rennes-le-Château, le secret de l'abbé Saunière, dont Henry Lincoln a écrit la préface et réalisé la traduction en anglais.
Rennes-le-Château, Mon village à l'heure du « Da Vinci », le deuxième livre de Jean-Luc Robin, fourmillant de détails et d'anecdotes, apporte un témoignage de première importance sur l'évolution du mythe de Saunière. Son récit plein d'humour constitue le fruit d'une véritable enquête menée en France et en Grande-Bretagne pour mieux cerner les racines et les développements d'une ténébreuse affaire.

Jean-Luc Robin a connu Rennes-le-Château à l'âge de sept ans. Quarante ans plus tard, il a le privilège de se trouver au coeur du mystère dans la propriété même de l'abbé Saunière. De 1994 à 2000, il ouvre le domaine au public. Il accueille, à l'époque, plus de 12 000 visiteurs par an, auxquels il raconte une histoire qui, sans détruire la part du rêve, s'appuie sur des éléments vérifiables.