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| Un seigneur de Perillos et l’Ordre de Malte |
L’ordre
de Malte offre une multitude d’éléments d’une
richesse et d’une importance remarquable dans l’Histoire en
général et plus particulièrement concernant l’ensemble
des secteurs méditerranéens.
L’intérêt porté au passé de Périllos,
et forcément de ses seigneurs, nous invite curieusement à
une approche attentive de cet ordre d’origine médiévale
puis, en toute logique, à l’île de Malte véritable
écrin des vestiges du passé formidable de cette assemblée
chevaleresque vers le 16e Siècle.
L’île
de Malte, bref historique
L’île est très tôt occupée par l’Homme
puisqu’on y retrouve les témoignages énigmatiques d’une
civilisation préhistorique très ancienne.
Concernant la période de l’Antiquité ce sont, vers le
IXe Siècle, les Phéniciens qui s’y installent en même
temps qu’à Carthage. Ils ne laissent guère de vestiges
à l’inverse des Grecs qui, établissant leur capitale
sur l’actuelle Mdina, y séjournèrent du VIIe au Ve Siècle
av. J-C. Puis les Romains la colonisent de 218 av. J-C au déclin
de leur empire.
Arrivent ensuite les Vandales, les Goths, et les Byzantins accaparant l’archipel
jusqu’à l’arrivée, en 870, des Arabes qui s’en
rendent maîtres.
En 1090, Tancrède et ses Normands s’approprie ce territoire
qui passe ensuite sous l’autorité du roi de Naples, Charles
d’Anjou.1283, les Aragonais s’octroient l’île pour
l’abandonner à la couronne de Castille vers 1410.
Charles
Quint, en 1530, inféode Malte à l’ordre des Hospitaliers
de Saint jean de Jérusalem déjà installés à
Rhodes de 1308 à 1522. L’implantation de l’ordre sur
l’île est à l’origine d’un renouveau culturel
et commerciale très important pour ce territoire. Cet ordre des ‘Chevaliers
de Rhodes’ initialement appelé ‘Ordre des Hospitaliers
de Saint Jean de Jérusalem’ restera définitivement,
par son implantation sur l’île de Malte, connu sous le vocable
de ‘Chevaliers de Malte’ depuis cette date de 1530.
Lors du formidable siège de Malte par Soliman le Magnifique, en 1565,
les chevaliers ; sous les ordres de leur Grand Maître Jean Parisot
de la Valette, repoussent avec succès les assauts des troupes turques.
C’est à la mémoire de ce Grand maître que la ville,
édifiée sur la presqu’île de Sciberras, porte
le nom de Valette.
Bonaparte, en route pour ses conquêtes en Egypte, enlève Malte
(1798) aux chevaliers qui se rendent, étrangement, sans combattre.
Deux ans plus tard les Anglais l’occupent et en restent maîtres
définitivement par le traité de Paris de 1814. Puis ce seront
les combats de la guerre de 1939 – 1945 d’une extrême
violence qui se dérouleront sur l’île surtout entre juin
1940 et novembre 1942. Colonie de la couronne d'Angleterre jusqu'en 1947,
Malte obtient son indépendance formelle en 1964. Les derniers éléments
anglais quittent les lieux quelques années plus tard…Actuellement
l’Ile de Malte entre dans l’Europe.
L’Ordre
de Malte
D’abord
sous le vocable d’hospitaliers de saint Jean de Jérusalem’,
puis ‘Chevaliers de Rhodes’ et enfin ‘Chevalier de Malte’
cet ordre est sans doute le premier des mouvements chevaleresques nés
en orient afin d’aider les pèlerins, puis les croisés
en Palestine. Généralement on admet 1070 comme date globale
de fondation de l’ordre.
A Jérusalem les marchands d’Amalfi ayant obtenu un lieu proche
de l’Eglise du St Sépulcre décident d’y édifier
des bâtiments d’hospitalité et un monastère :
l’Hôpital St Jean-Baptiste, dont la fondation remonterait à
1048. Ce sont des bénédictins qui assurent la présence
en ces lieu sous l’autorité de l’un d’eux : le
‘Bienheureux frère Gérard’ (Tenque, Tanc ou Tenc
de son nom), un français originaire de Martigue en Provence. Dès
la prise de Jérusalem, Godefroy de Bouillon, en 1099, accordent des
possessions aux frères hospitaliers de St Jean Baptiste.
‘Frère Gérard’ obtient, en 1113, du pape Pascal
II, une bulle de constitution et ‘L’Hôpital’ devient
un ordre religieux de chevalerie. L’ordre en ces temps de croisade
doit se protéger de façon efficace et combative. C’est
alors qu’en 1118, le premier Grand maître, Raymond du Puy, en
fait un ordre militaire tenu par une règle confirmée par le
pape Calixte II en 1120. L’ordre des Hospitaliers de Saint Jean de
Jérusalem prenait son formidable essor. Les origines de son histoire
s’émaillent de faits d’armes, héroïsme, sacrifices,
épopées et actes de bravoure guerrière. L’ordre
devenu chevaleresque et autonome se trouve rapidement à la tête
de richesses importantes, territoires, troupes aguerries, et d’une
flotte conséquente.
En 1130, l’ordre se dote d’une bannière héraldique
qu’il fait adopter et authentifier par le pape Innocent II : un étendard
de gueule (rouge) à la croix, dite justement ‘de Malte’,
blanche à 4 branches de 2 pointes chacune. C’est le plus ancien
‘pavillon’ héraldique connu, et maintenu tel que depuis
ses origines, pour un pays constitué.
Villiers
de l'Isle-Adam
La
chute du Royaume de Jérusalem (1291) annonce des moment pénibles
pour tous les ordres chevaleresques issus de Palestine. Les Hospitaliers
se replient sur l’île de Chypre, puis, en 1309 ils investissent
et prennent possession de l’île de Rhodes (L’île
des Roses) où ils prennent le nom de : Chevaliers de Rhodes.
L’ordre frappe sa monnaie, nomme ses évêques et s’institue
peu à peu en une sorte de ‘monarchie constitutionnelle à
forme aristocratique’…
Malgré sa combativité et sa bravoure (victoires écrasantes
de 1310 et 1480) l’ordre des Chevaliers de Rhodes ne parvient pas
à repousser les assaillants turcs et doit, lors du 3ème siège
de Rhode, en 1522 se résigner à capituler.
C’est alors que le roi Charles Quint leur donne l’île
de Malte où les chevaliers, sous les ordres de leur Grand maître
Villiers de l’Isle-Adam, s’installent et prennent le nom qui
leur reste aujourd’hui: les Chevaliers de Maltes.
Aujourd’hui l’Ordre de Maltes s’illustre souvent par des
actions humanitaires remarquables.
L’église
Saint-Jean
Datant
de l’arrivée des chevaliers de Rhode, elle est sans doute l’église
la plus remarquable de La Valette. Elle serait l’œuvre de Girdamo
Cassar et établie sur la base de « 3 :8 », c’est
à dire la « Règle d’Or d’Alberti »
qui fut une proportion recherchée par les architectes religieux de
la renaissance. La description d’un tel édifice serait trop
fastidieux et hors sujet pour la suite de notre travail. Le lecteur intéressé
trouvera en fin de texte une bibliographie sur le sujet architectural. En
résumé, il s’agit, pour la base de construction, d’une
vaste nef centrale avec 2 nefs latérales plus étroites. Chacune
de ces dernières est divisée en 6 petites chapelles toutes
ouvertes tant sur la grande nef qu’entre elles.
L’un des aspect spectaculaire de l’intérieur de l’église
St Jean se situe au niveau du sol. En lieu et place d’un dallage ou
pavage décoré ou non, toute la surface des nefs et chapelles
latérales (sauf le sanctuaire) est couverte de grandes dalles funéraires.
Ces représentations illustrent, chacune, la tombe d’un de tous
les Grands maîtres, s’étant succédés à
la tête de l’ordre, avec ses armoiries héraldiques et
une sentence qui lui est propre. Par exemple, la seule située à
l’entrée d’un passage sur l’extérieur comporte
cette légende particulièrement ironique : « Qui me colcas
calcaberis » signifiant : « Toi qui me marche dessus, on te
marchera dessus » … Cette pierre tombale illustrée d’une
‘camarde’ est celle du frère Anselme de Cays, mort en
1710.
Ramon
Perellos
Armes
de la chapelle d'Aragon
Dirigeons
nous maintenant vers la chapelle dite de ‘La Langue d’Aragon’.
Au sol, on trouve les plaques des 9 Maîtres de l’ordre venus
d’Aragon. Mai surtout sur le mur ouest de cette chapelle, se dresse
à gauche le mausolée de raphaël Cotoner (1660 –
1663). Mais surtout à droite nous remarquons celui de … Ramon
Perellos y Roccaful Grand Maître de l’ordre de 1697 à
1720 !
Le
mausolée de Ramon Perellos
Quelques remarques méritent, peut-être, d’être
faites.
Il y a de nombreux mausolées dans l’église St Jean…
cependant celui ci est probablement un des plus grand pour ne pas dire le
plus conséquent !
Ensuite
si nous observons tous les autres nous constatons que chacun comporte, c’est
évident, les armes héraldiques de l’ordre en ‘quartier’
avec ses propres armes familiales et nobiliaires. Or, ces représentations,
logiques et indispensables à reconnaître ces illustres personnages,
sont en général assez discrètes et prises dans un petit
blason. Pour Ramon Perellos y Roccaful il n’en ai pas de même
et bien au contraire.
Le monument monte jusqu’à la frise de corniche de la chapelle
latérale, faisant de ce décor un des plus haut mausolée
de l’église St Jean pour ne pas oser dire « le plus haut
». Nous noterons encore qu’ici il n’y a quasiment pas
de polychromie. Tout est sculpté dans quatre sortes de marbre, noir,
vert, blanc et violet. Les personnages allégoriques, blasons et leurs
accessoires sont en une sorte d’albâtre. On ne peut signaler
aucune autre coloration naturelle ou artificielle.
Au centre, dans un médaillon ovale, de marbre violet, se tient le
buste en bronze de Ramon présenté avec la longue perruque
des dignitaires.
De par et d’autre, deux personnages féminins : l’une
à gauche allaitant un enfant symbolise la générosité,
celle de droite avec une balance en bronze illustre la justice.
Entre ces deux allégories, sous le buste de Ramon, un angelot tient
un petit ‘faisceau de justice’ ou de commandement.
Les trois personnages, en albâtre surmontent les volutes d’une
sorte de tombeau baroque, de marbre noir à peine souligné
de deux filets dorés. Sous chacune des deux volutes repose un crâne
humain encadré d’ailes blanches symbolisant la mort…
Au dessus du médaillon abritant le buste de Ramon, entouré
de trois bannières de chaque côté, surplombe un énorme
blason d’un blanc immaculé surmonté d’une couronne.
C’est sur ce blason qu’apparaissent deux fois les armoiries
des Périllos. Cette représentation héraldique permet
bien de considérer que, bien qu’orthographié différemment,
le nom Ramon de Pérellas est bien celui d’un seigneur de Périllos…
du Périllos qui nous intéresse présentement.
Parcourt
héraldique
La forme de ce blason n’entre dans aucun ‘écu’
connu ou utilisé habituellement.
Rappelons également qu’aucune couleur ‘héraldique’
n’y est représentée, non plus le symbolisme qui permet
de lire les teintes dans une version ‘noir et blanc’…
De
fait on pourrait pratiquement affirmer que les armes de Ramon sont ‘muettes’
ce qui est extrêmement rare en la matière.
La ‘partition’ est dite ‘écartelée’,
c’est à dire répartie en 4 ‘franc-quartiers’
(4 parties égales).
A gauche en haut, et à droite en bas : le ‘quartier’
est orné d’une croix ‘alésée’.
A gauche en bas, et à droite en haut, le ‘quartier’ éberge
le blason des Périllos « aux trois poires » bien ordonnées
dans les armoiries traditionnelles : deux en haut et la troisième
en bas, leurs pédoncules tournés vers la gauche pour le lecteur.
Les bannières encadrant le grand blason sont également sans
la moindre décoration particulière, figuration d’être
en ‘berne’, idée de couleur ou symbole quelconque.
Enfin le blason est ‘timbré’ (surmonté) d’une
couronne symbolisant l’état de comte… Ramon Perellas
y Roccaful était donc comte !… Ceci semble un peu insolite
car il est nommé sans particule par rapport aux autres Ramon dit
« de périllos »…
Pour clore le survol héraldique de ce mausolée nous terminerons
par le bas du monument. Encore en albâtre, au pied du ‘tombeau’
on distingue les gueules de gros canons et les instruments indispensables
à l’usage de l’artillerie…
Mais nous retiendrons, au dessous des décors, plus particulièrement
les deux blasons en ‘ovale’ à ‘bordure engrelée’
(finement ourlée ou ciselée).
Celui de Gauche représente 4 croissants ‘montant’ (tournés
vers l’extérieur) les 4 également adossés entre
eux.
A droite un visage ‘solaire’ rayonnant, bouche ouverte, se poursuivant
sur une sorte de tronc très court en forme de lacet ou de petite
queue de poisson.
Les 2 écus enserrent un casque d’armement, sans ‘visière’
ni ‘cimier’ précis qui nous aurait permis d’établir
un rang dans l’héraldisme.
Il ne saurait s’agir d’armoiries anodine ou de décorations
gratuites du type allégoriques. Elles ont forcément un sens
hermétique pas clairement évident à saisir. Ces deux
écus ne correspondent pas non plus à une alliance des Périllos
du côté des femmes ou pièces héraldiques rapportées
sur cette famille.
Enfin, entre les deux allégories féminines assises, se trouve,
sous la ‘banquette’, un longue dédicace de 19 ligne de
texte latin. Nous y reviendrons plus longuement dans un autre bulletin.
Cette œuvre est celle du sculpteur Giuseppe Mazzuoli (1644 –
1725).
Nous ajouterons que cette chapelle dite ‘de langue d’Aragon’,
dédié à Saint Georges, contient entre les deux mausolée
une peinture de St Firmin accompagné d’un ange étrangement…
muni d’une arme à feu !
Tapisseries
allégoriques
Maintenant nous allons, depuis l’église, vers le Musée de Saint-Jean où le souvenir du Grand Maître Ramon Perellos semble nous attendre.

Tapisserie commandée par Ramon ... le représentant en pied
Ce lieu de collection est composé de nombreux témoignages
de la richesse artistique de l’ordre à Malte : vaisselles précieuses,
reliquaire de St Pierre du XIIIe S., des peintures formidables, et surtout
une collection de tapisseries dites ‘flamandes’.
Arrêtons nous aux tapisseries. La série se composent de 14
‘panneaux tissés’ de 6m X 6m chacun et de 14 autres panneaux
‘long’ de 1,80 X 6,60 chacun. A ces ensembles s’ajoute
un seul portrait de personnage… celui, en pied, du Grand Maître
Ramon Perellos y Roccaful en fonction de 1697 à 1720!
Mais ce n’est pas tout car il est certain que l’ensemble de
ces collections de tapisseries ait été commandé par
Ramon et furent livrées en 1702. Ce ‘jeu’ de tapisserie
fut un don du Grand Maître pour l’église St Jean.
Les panneaux carrés se répartissent en deux séries
allégoriques :
1/ l’Annonciation, la Nativité de Jésus, l’Adoration
des Rois Mages, l’Entrée à Jérusalem, la Cène,
l’Elévation de la Croix, la Résurrection.
2/ l’Institution de la Fête-Dieu, Le Triomphe de la Charité,
le Triomphe de l’Eglise Catholique, Le Triomphe de la Foi, le Temps
qui dévoile la vérité, la Destruction de l’Idolâtrie,
les Quatre Evangélistes.
Les panneaux ‘longs’ représentent en ‘grisaille’
le Christ Sauveur, la Vierge Marie, les onze Apôtres (Judas n’est
pas représenté !) et Saint Paul.
Toutes ces tapisseries furent tissées depuis les ‘cartons’
de Peter Paul Rubens… Toutes sauf deux :
1/ La cène dont le ‘carton’ fut confié préférentiellement
à Nicolas Poussin, sans qu’il y en ait une explication particulièrement
satisfaisante.
2/ Le portrait de Ramon qui serait l’œuvre de Mattia Preti ou
Alessio Erardi… Là encore il n’y a pas de raison avancée
pour ce changement d’auteur pour ce travail.
Sur ces tapisseries on retrouve la ‘Croix de Malte’ à
mi-hauteur sur les deux côtés latéraux, pendant que
les armes héraldiques de Périllos ‘timbrent’ le
haut des tableaux. Nous remarquons que la couronne surmontant les blasons
n’est plus celle de Comte mais celle, héraldique, de Marquis…
La
représentation de Ramon Pérellos y Roccaful en pied
Nous
avons ici une vue complète du personnage traité en ‘grisé’
(sans couleur sauf sur un seul camaïeux). Ramon est représenté,
nu pied, sans coiffure, avec sa chevelure naturelle, habillé ‘à
l’antique’ d’une sorte de manteau, ou ‘toge’
qui l’enveloppe entièrement. Certains experts estiment qu’il
est représenté en ‘St Jean’… L’effet
analogique est accentué par le port d’une hampe s’achevant
par une croix ‘boulée’. Sous le personnage se retrouve
le blason ‘en quartiers’ du mausolée, mais en couleurs
franches cette fois. La Croix de Malte apparaît, blanche, en sautoir,
sous l’écu. La couronne timbrant les armes est aussi celle
de Marquis…
Il semble que Ramon Pérellos, lors de sa charge de grand Maître
de l’ordre de Malte, ce soit montré très largement généreux
envers l’église St Jean …
Cette générosité ne peut se concevoir, comme dirait
monsieur de Lapalisse, que si l’homme est d’une richesse exceptionnelle…
Surtout si l’on considère que ces œuvres, et leurs ‘cartons’,
sont tous issus de maîtres en la matière devant appliquer à
ce moment des tarifs très élevés sur le marché.
Une telle collection devait coûter, à elle seule, une véritable
petite fortune, laissant facilement imaginer les colossaux moyens de trésorerie
de Ramon ! Observons de plus près les frises en marge de ces séries
: elles sont toutes illustrées de fruits généreux et
de symboles de richesse, d’opulences certaines soulignant l’aisance,
et les moyens matériels, dont pouvait jouir le propriétaire
des armes héraldiques. Pourtant à la vue du territoire des
seigneurs de Périllos il est difficile d’admettre que la fortune
de Ramon provenait seulement de son aride petit fief dont on est très
loin à Malte…
De plus la fonction de Grand Maître de l’ordre de Malte n’était
pas accordée à n’importe qui.
Le postulant, ou la personne appréhendée, devait sans doute
être invité à décliner des ‘cantons de
noblesse’, un pouvoir politique indéniable, une fortune personnelle,
un milieu relationnel, ou… un fait d’exception suffisant pour
se justifier apte à une charge de ce rang honorifique… ou plusieurs
des motifs à la fois ?
L’ultime
détail énigmatique
Encore un détail reste très troublant dans cette histoire
de Ramon. Pratiquement tous les Grands Maîtres s’étant
succédés à la tête de l’ordre des chevaliers
de Malte disposent de leur dalle funéraire sur le sol de l’église
St Jean ou son oratoire.
Oui,
presque tous… car, parmi les 375 dalles, on retrouve nulle part celle
de notre fameux Ramon Perellos y Roccaful ! Certes nous avons vu son mausolée,
mais pas sa dalle funéraire. Que s’est – il donc passé
pour que cette exception soit acceptée, et sous quelles conditions.
Il n’y a dans l’histoire de l’ordre aucune explication…
les spécialistes, à cette question, répondent par un
silence gêné… pas d’hypothèse. Une des rares
solutions acceptables serait, peut-être, celle-ci : Ramon de Pérellos
dut demander expressément, voire exiger, que sa dépouille
s’en vienne reposer sur ses terre, ou du moins SOUS sa terre ! Mais
alors il faudrait encore admettre que la noble compagnie de ses prédécesseurs,
aux commandes de l’ordre, se suffisait pas pour ses derniers désirs
funéraires… Ramon préférait-il la paisible et
nostalgique solitude de son caveau familial ? Pourquoi pas. Ou bien…
pensait-il trouver une Rédemption plus grande en un autre lieu ?…
ou encore près d’un autre plus illustre personnage compensant,
à lui seul, l’ensemble global des anciens chevaliers Grands
Maîtres ?… ou bien tellement plus peut-être !
Prochainement
nous étudierons en détails la vie de Ramon Pérellos
qui nous réservera, n’en doutons pas, de nombreuses surprises
et sans doute plusieurs débuts d’explications sur les raisons
et le lieu de son dernier sommeil…
Il nous semblait très intéressant, et important, de pouvoir
montrer différents aspects de la vie d’un des seigneurs de
Périllos. Mais surtout pour une fois de montrer ce dont nous disposions
: des représentations, en buste et pied, illustrant en 3 dimensions
un de ses familiers sans doute le plus illustre.