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Société Périllos ©

Traduction du texte sur le mausolée
de Raymond Perellos à Malte

 

RAYMOND PERELLOS
Soixante-troisième grand maître de l’Ordre de Malte (1697-1720)

Grâce à l’un de nos correspondants d’Espagne, se rendant régulièrement à Malte, nous avons reçu le texte en latin sur le mausolée de Raymond Perellos-Roccaful dans l’église Saint-Jean de la Vallette de Malte. Cette église contient toutes les pierres tombales des grands Maîtres de l’ordre… Pour Ramon de Perellos il en est autrement puisque qu’il dispose d’un monument funéraire dans la chapelle dite de « la Langue d’Aragon ». Le texte complet nous manquait pour en donner une traduction, depuis celui en latin gravé sous les statues de marbre blanc de la Charité (femme allaitant un enfant) à gauche, et la justice (femme avec une balance) à droite.

D.O.M.
EMINENTIS PRINCIPI FR. D. RAYMUNDO PERRELOS DE ROCCAFULL
CLARISSIMO GENERE NATO, ET VIRTUTUM SUFFRAGIO AD MAGNUM
MAGISTERIUM ERECTO: QUI OMNIBUS AEQUE CARUS, MAGNORUM ETIAM
PRINCIPUM PRAECONIIS COMMENDATUS ; ET PRAETER CAETERAS ANIMI
EGREGIAS DOTES, JUSTITIA PRAECIPUE ET CARITATE CONSPICUUS, MIRARI
AB OMNIBUS POTUIT, PARITER ET AMARI. APPRIME MUNNIFICUS,
NULLIUS MERITA SINE PREMIO DIMISIT : ERGA CHRISTI PAUPERES
SUMME MISERICORS EORUM CUSTOS VERIUS VOLUIT ESSE QUAM DICI.
ERGA DEUM ET SUPEROS VERE RELIGIOSUS, ASSIDUIS FUNDENDIS
PRECIBUS, TEMPLI PRETIOSA SUPELLECTILI, MINSITRIS INSIGNI HABITU
DECORANDIS MAGNOPERE INTENTUS, SUI PENE VISUS EST OBLIVISCI,
QUI DEMUM PORTU AEDIFICIIS ORNATO, ADDITIS PROPUGNACULIS, QUA-
TUOR NAVIBUS BELLICIS AUCTA CLASSE, MAGNA NON SEMEL PECUNIA-
VI IN COMMUNE BONUM ELARGITA, ITA UT SUUM EXHAUSISSE AERARIUM
CREDI POTUISSET. TER CONTENA AUREORUM MILLIA PUBLICI AERARII
RATIONIBUS INFERENDA, POST XXIII ANNOS OPTIMI PRINCIPATUS, PIE
MORIENS, RELIQUIT ; OBIIT DIE X JAN. M DCC XX AETAT. SUAE LXXXIV.


« D.O.M.
Au plus éminent des princes, frère Dom Raymond Perellos de Roccafull, issu d’une très illustre famille, et élevé au titre de Grand Magistère par ses vertus , également cher à tous, honoré et félicité par les plus grands princes. Sans compter d’autres belles qualités de son âme, il est principalement resté dans les mémoires, tous l’admirant pour sa justice et sa charité.
Très généreux il n’a jamais permis qu’une bonne action ne soit pas récompensée. Il préférait être le véritable gardien des pauvres du Christ Miséricordieux plutôt que d’être seulement honoré pour son nom.
Il s’effaçait entièrement tellement il était, avec une sincère disposition religieuse envers Dieu et les saints, entièrement consacré à dispenser des prières continuelles à propos d’eux, à orner leurs temples avec de précieux vases, et leurs ministres avec de magnifiques robes longues.
Après avoir embelli les entrées des édifices, agrandi les fortifications, augmenté la marine par quatre vaisseaux ; après avoir donné plus d’une fois d’importantes sommes d’argent pour le bien- être de tous, de telle manière qu’on a pu croire qu’il y avait épuisé sa fortune personnelle; il est mort avec piété après vingt-trois ans d’un règne glorieux et après avoir laissé à la trésorerie publique 300 000 écus d’or. Il est mort le 10 janvier 1720, à l’âge de 84 ans »

Nous disposons également d’un autre texte résumant la vie de Ramon de Perellos-Roccaful, dans ses fonctions de Grand Maître de l’ordre de malte (1697-1720). Nous en donnons une traduction ci-dessous. Tous les textes relatant les actions de ce 63ème Grand Maître montrent un homme généreux, juste, terrible chef de guerre ou redoutable contre l’inquisition qu’il ne semblait pas porter dans son cœur…

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« Trois jours après la mort de Wignacourt Raymond Perellos-Roccaful, un conseiller aragonais de Negroponte a été élu Grand Maître.
La guerre en mer s’est poursuivie avec intensité et le 8 octobre 1700, les navires maltais capturèrent ‘L’El Binghen’ des turcs, ainsi que de nombreux autres vaisseaux, tous chargés de marchandises précieuses. Néanmoins, d’autres navires turcs naviguaient secrètement, malgré la constance des patrouilles des chevaliers. Les Turcs débarquèrent en diverses régions de la Sicile et s’emparèrent de plusieurs navires marchands.
Le grand Maître, suivant le conseil de Zondadari, rassemble des bateaux et les envoie à la poursuite des pirates. Ils sont attaqués et durant la bataille perdent un important navire et quatre-vingt pistolets qui tombent entre les mains de l’Ordre.
Le Grand Maître voulant augmenter sa puissance navale commande la construction de trois navires : ‘Saint-Raymond’, ‘Saint Joseph’ et ‘Saint Vincent’. Il paye ses vaisseaux de ses propres deniers.
Finalement, en 1706, les nouveaux bateaux prennent la mer pour la première fois et rencontrent trois vaisseaux tunisiens, capturent l’un d’entre eux et mettent en fuite les autres. Le navire capturé sera récupéré et réarmé sous le nouveau nom de ‘Sainte Croix’.
Le commandant de Langon, surnommé ‘terreur des Musulmans’, traverse avec son bateau la flotte algérienne et parvient à apporter des vivres et munitions à la garnison espagnole alors bloquée à Oran par les Turcs. Malgré tous ces efforts, quelques années plus tard, Oran et le Grand Maître de l’Ordre finissent par tomber aux mains des Turcs. Le grand Maître, grièvement blessé, doit recevoir les derniers sacrements mais se rétablit cependant et reprend ses activités.
Les musulmans tentèrent de nombreuses fois de prendre pieds sur Gozo, mais furent chaque fois repoussés par Langon, qui perdra la vie lors de la troisième tentative.
La prospérité de Malte provoque la jalousie du vice-roi de la Sicile qui cesse d’envoyer du maïs à Malte. Les chevaliers réussirent alors à acheter leurs céréales à l’Est.
Peu à peu, l’inquisiteur perd de son pouvoir face à celui de Perellos qui lui refuse la préséance et le contre dans toutes ses démarches. Perellos viole même la ‘sacra Infermeria’ dans laquelle il entre après avoir fixé son ‘bâton de commandement’ à la porte pour en interdire l’entrée à l’inquisiteur.
Au début de 1719, le Grand Maître tombe malade ; accablé de fatigue en raison de son âge avancé, il ne pourra surmonter sa maladie. Il décède le 10 janvier 1720 dans sa quatre-vingt-quatrième année, après avoir régné durant vingt-trois ans.
Il est enterré dans la chapelle d’Aragon, dans l’église conventuelle de St Jean, où nous trouvons cet épitaphe sur son mausolée. »