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Société Périllos ©

Les roches de la fin du monde

 

Le fin du monde

Parler de fin du monde à propos de Rennes-le-Château peut avoir quelque chose de surprenant… En fait, pour venir à ce sujet nous allons faire un petit détour par le monde, précisément, des prophéties…
Nous commencerons ce petit voyage par un lieu peu éloigné de Castelnaudary, qui a pour nom le col de Naurouze et qui est l’endroit du partage des eaux se répandant sur les deux versants majeurs comme l’aurait observé le baron de Bonrepos, plus connu sous son nom d’état civil : Pierre Paul Riquet (29 juin 1609 - 1er octobre 1680), père de la réalisation du canal du Midi reliant la Garonne à la Méditerranée.
Un grandiose monument s’élève, depuis 1825, à la mémoire de cet ingénieur remarquable qui voulait honorer son roi de ce travail titanesque. Ce mémorial est posé sur une triple enceinte dont le sommet est formé de curieux blocs rocheux sur lesquels planent d’étranges légendes. Pour Nostradamus, ces pierres seraient hautement symboliques car, selon lui, lorsque ces sept roches, séparées les unes des autres par des fissures, se rejoindront « il adviendra la fin du monde… ». Qu’en est-il de ces mégalithes naturels ? Selon la légende ils auraient été transportés par un géant, du nom de Naurouzo, pour construire Toulouse. Ce dernier, apprenant que la ville était terminée sans lui, fou de colère, aurait jeté au sol son fardeau à cet emplacement.

Une histoire qui mérite notre attention

Cette histoire mérite que nous nous attardions un peu sur elle… car elle comporte des éléments peu usités et pourtant intéressants à plus d’un titre. Ces pierres apparaîtraient, chantées sous le nom de ‘Peiras d’Alzona’ par Ramon de Mireval troubadour au XIIIe siècle. Si nous entendons par ce nom, résonner le son ‘Alzonne’, il faut bien dire que la commune de ce nom se trouve nettement plus loin en direction de Carcassonne et l’analogie n’est pas évidente entre ces deux points.
Il faut ensuite attendre le XVe siècle pour qu’à nouveau, ces roches intrigantes fassent parler d’elles sous la plume d’un évêque de St Papoul, Pierre Soybert. Pour lui, il est question de la « Rocha de Nau Rosa » située entre Avignonet et la Bastide… Il fait aussi mention d’une prophétie plus inquiétante pour la santé mentale de l’humanité que pour le monde lui-même. Il nous rapporte que « quand les pierres de Naurouze se toucheront, le monde deviendra dévergondé »… notre planète l’a donc échappé belle; quant aux humains, ils semblent déjà subir de plein fouet, depuis longtemps, l’ironique prophétie.
Les noms de lieux ont tous de l’intérêt pour nos travaux de recherches… et nous apportent, parfois, des éléments inattendus rapprochant curieusement une histoire d’une autre, le passé d’un pays d’un autre… Par exemple « Alzona », dans son étymologie, proviendrait d’une racine « AL » évoquant l’eau, et « Ona » qui rappelle un lieu. Il semblerait qu’on puisse, en ce cas, trouver une relation avec la fameuse fontaine miraculeuse de « Font Alzona » ou encore Elusio (les thermes) qui étaient tous deux à peu de distance des pierres de la prophétie…
Quant à Naurouze, ses racines sont encore plus intéressantes si on considère qu’elles se situent sur la base « Nau Rosa » qui pourrait bien signifier « la nouvelle fleur (ou rose) » ou encore, plus intriguant, « la dame rose »… Les sens de ces étymologies n’auront rien d’étonnant si on les rapproche d’autres origines de secteur dans le Razès, ou, mieux encore, près de Rivesaltes où on les retrouve sur un ‘compoix’ général du XVe siècle, en limite nord de ce territoire…

Des prophéties

Et des prophéties de ce genre, il y en a en de nombreux endroits, mettant en scène des roches, s’écartant au point de tomber au moment de la fin du monde, ou l’annonçant à l’instant où finissent de se ressouder les failles les séparant… A ces événements pour le moins curieux, s’ajoutent alors des prophéties plus ou moins catastrophiques pour l’avenir fragile de l’humanité.
Dans l’Islam on trouve un lieu avec des pierres, appelées la Rhama, qui ont le pouvoir de verser des pleurs ou de se refermer sur les pèlerins tentant de passer entre elles si, à ce moment, des femmes pleurent selon un rite sacré établi… Ils sont nombreux ces rochers et mégalithes à essayer au fil du temps de se reconstituer ou encore à aller à la rencontre d’une moitié. Ils sont si nombreux et disposés chaque fois sur des lieux magiques et sacrés, qu’à la longue, on peut se demander s’il n’y a pas cause à effet et corrélation entre ces sites… une corrélation oubliée depuis des millénaires ou soigneusement effacée pour d’obscures raisons, souvent en ce cas, par une religion craintive de réalités qu’elle ne saurait supplanter.
On trouve ainsi parfois, comme à Belle-Île, deux mégalithes finissant par se rapprocher secrètement certaines nuits. Jean et Jeanne, c’est le nom de ces deux menhirs, lors d’une conjonction encore inconnue seront réunis et leur vengeance s’abattra alors sur les hommes sous la forme d’un raz-de-marée balayant toute forme humaine sur son passage. On retrouve ce même légendaire sur l’île de Sein, ainsi que vers Tredion où les roches s’appellent Babouin et Babouine… On ne compte plus, non plus, ces blocs rocheux énormes pivotant sur eux-mêmes, allant se désaltérer ou se dégourdir la nuit de Noël précisément, pendant la lecture de la généalogie du Christ. Ce ‘déplacement’, nous assurent les traditions locales, dégage aussi, durant les douze coups de minuits égrenés dans le sanctuaire le plus proche, un orifice au fond duquel luisent d’incroyables trésors…

Des légendes

Qu’en est-il de ces légendes… eh bien, les rationnels et grincheux de tous poils nous affirmeront que ne sont là qu’histoires pour enfants… Certes, comment croire, sans passer pour un incorrigible crédule, que d’énormes blocs rocheux se déplacent, ou se referment, au gré d’un caprice anecdotique arrangé à la sauce d’un récit folklorique ? Bien entendu c’est impossible… mais la persistance et l’importance de sites de ce genre pourrait nous amener à nous rappeler cette vieille sagesse ancestrale disant qu’il ne saurait y avoir de fumée sans feu ! Le tout, ensuite, et ce sera évidemment le plus difficile, est de savoir de quel feu il pourrait s’agir et ce qu’est sensé dissimuler le rideau de fumée en question… la réponse pourrait avoir de quoi nous surprendre assurément.
Ce qui est notable dans ces histoires, c’est la répétition de rochers, mégalithes et autres roches légendaires annonçant là la fin du monde (oui… mais de quel monde ?), ici, la cache d’un trésor digne de la rançon de plusieurs rois (oui… mais quel trésor ? et pour quel rois ?) avec souvent l’amalgame religieux de la nuit de Noël et l’origine du Christ… quand ce n’est pas comme en Italie, un rocher qui s’ouvre de douleur à la mort du Christ ! En fin de compte, on peut résumer ces éléments en : Rochers-trésors-rois-Christ-couples ambigus… à quelque chose près.

Retour à Rennes-le-Château

Et nos lecteurs de se demander, après ces beaux récits pour ‘enfants sages’ si nous ne sommes pas égarés loin de Rennes-le-Château sans espoir d’y revenir par ce sujet... déroutant. Eh bien, non… car nous voici, plus que jamais, précisément revenus sur le secteur de Rennes à propos duquel nous avons retrouvé un étrange récit en relisant Robert Charroux. Nous nous rendons dans son remarquable « Livre du passé Mystérieux », réédition ‘J’AI LU’ de 1983 de l’original paru chez Robert Laffont en 1973. A la page 158 un sous-chapitre « Pierres à oracles. Fin de Marseille ! », nous trouvons, comme ce titre ne l’indique pas, un petit passage concernant Rennes !
Il y est dit, à propos de prophéties, que ‘près de Rennes-le-Château’ existe un amoncellement de rochers…Une légende locale rapportait qu’ils auraient été jetés du ciel par un géant qui après son geste de colère, aurait prophétisé que « quand ces rochers se rejoindront la fin du monde arrivera »… Charroux ajoute que ce serait plusieurs anciens du village qui lui racontèrent cette histoire, en ajoutant qu’étant enfants, ils s’amusaient à se poursuivre, en courant, entre ces failles. Mais hélas, à l’époque de l’interview, force était de constater que des enfants de la même corpulence que ceux d’autrefois, s’égayant entre les roches, avaient de difficultés à se glisser lentement dans ces passages.
L’auteur ajoute que ces personnes (vers 1970) affirmaient ces faits en ajoutant que, craintifs pour leur avenir, de ces passages rétrécissant si vite, ils avaient fait sceller des barres de fer afin de ralentir, sinon arrêter, cette progression inexorable vers… la fin du monde.
Puis il s’interroge, avec une pointe d’humour, sur ce qui « fait bouger ces rochers ». Serait-ce un glissement de terrain… où la prophétie du géant prévenant, pour bientôt, la fin du monde ?

Encore un peu de Charroux

Evidemment Robert Charroux ne donne pas la réponse et enchaîne ensuite, lui aussi, sur le ‘Seuil de Naurouze’ et finit sur une prédiction d’un certain de Novage qui, en 1905, voyait Marseille emportée par un séisme maritime en prélude à de radicaux changements des reliefs de la Terre… On peut évidemment sourire de tout ceci, mais, une fois encore, nous soulignons ces similitudes trop nombreuses pour n’être que des délires, ou sottises issues de l’imaginaire fiévreux de quelques visionnaires en mal de célébrité. Certes, notre propos n’est pas d’affirmer et croire à la destruction de notre planète sur un caprice de géant ou de la colère d’amoureux condamnés à être pétrifiés pour ne pas pouvoir consommer leurs amours… Non, bien sûr ! Mais en échange, nous pensons qu’il n’est incongru de poser d’autres questions comme celles présentées en début de ce petit texte.
Ne se pourrait-il pas qu’une lente corrosion minérale, calculée sur de savantes observations il y a fort longtemps, aboutisse à l’écroulement de certaines roches, correspondant à un ou deux siècles près, à des événements inquiétants ? Ces derniers, dont la mise à jour pourrait bien déclencher un véritable séisme pour la religion, ouvrant sur un raz-de-marée culturel et spirituel, remettraient à plat tout un tas de données imposées depuis plusieurs millénaires… deux par exemple ! Ceci pourrait encore représenter pour celui ou celle qui le découvrirait un véritable trésor certes… mais aussi un danger tout aussi redoutable et mortel que celui de tenter de se saisir de celui situé sous une pierre mégalithique revenant, après son court périple de douze coups de minuit, détruire l’imprudent en écrasant tout sur son passage…
Tout bien réfléchi, il n’y aurait pas grande différence entre ces deux redoutables issues surtout, si à cette horreur, on ajoute que se trouve attachée une histoire d’origine de l’Eglise et de fortune digne des rois. On peut aussi ajouter, de manière plus pratique et rationnelle que :
Sous une roche, dans une anfractuosité à peine plus grande que la largeur d’un adolescent (un berger ???) on puisse (un prêtre ? un pâtre ? un initié ? un… Charlot ?) accéder à un fabuleux trésor qui mal utilisé renverse toutes nos institutions dans un véritable chaos de société…
Et pourquoi pas ? En fin de compte nous retrouvons dans cette histoire assez enfantine (encore que…) tous les ingrédients de base de l’énigme de Rennes-le-Château et de son curé Bérenger Saunière !
Bien entendu, nous recherchons activement, sur le terrain, ces roches bloquées par des barres de fer afin de mieux comprendre si, par exemple, ces barres n’auraient pas pu servir à placer un treuil ou autre accrochage à l’usage d’un homme se glissant en sécurité dans une faille, depuis soigneusement rebouchée, et en remonter plus ou moins chargé de savoir ou de trésor ! Seront bienvenues toutes informations pouvant nous être confiées sur ce sujet… en toute discrétion ou référence le cas échéant. Merci d’avance, et… à suivre !

André Douzet