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Société Périllos ©

Une lignée angélique à Rome

 

Visions des anges à Rome et ailleurs

Il y a des anges à Rome !... A l’origine, le Castel Sant'Angelo est édifié sur la volonté de l’empereur romain Hadrien, en l’an 139, pour abriter son mausolée. Cependant, son nom définitif provient du pape Grégoire, qui eut une grande vision en l’an 590. A ce moment, la ville est frappée par la peste et il voit apparaître, au sommet du château, un ange rengainant son épée. Interprétant ce signe comme l’achèvement de l’épidémie, il fait construire une chapelle sur l'emplacement de la vision et renomme la forteresse. L’imposante statue en bronze du XVIIIème Siècle, représentant l'archange St Michel, qui couronne le monument, est un rappel permanant de ces événements… au cas où quiconque l’oublierait. Depuis l’autre rive, le pont Sant’Angelo, jeté sur le Tibre, conduit vers l’antique château.
Il y a des anges ailleurs !... En fait, juste à l’extérieur de la «Station Termini», ainsi nommée non parce qu’elle marque un terminus, mais parce qu'elle se trouve à côté des Bains Dioclétiens, dont une partie est intégrée dans la basilique de ‘Santa Maria degli Angeli’.
L'église forme un impressionnant bâtiment très étendu, ouvert définitivement sur un plan intérieur dressé par Luigi Vanvitelli, après quelques siècles de changements fragmentaires, commencés par un Michel Angelo âgé. Les piliers de granit roses, mesurant 3 mètres de diamètre, les plus grands de Rome, sont les derniers vestiges des bains antiques. Le transept principal de l’édifice se situe sur le hall principal des bains.

Un Méridien Angélique ?

Ce qui nous intéresse dans cette église est la présence d'un méridien, comme à St Sulpice. Est-ce, là, 'juste' une coïncidence de trouver une église des Anges contenant un méridien ? En outre, ce dernier était pour les habitants de Rome, jusqu'en 1846, le régulateur de l'heure… Cette marque horaire est maintenant remplacée par un coup de canon tiré, chaque jour, à midi, depuis la colline de Janiculum.
Considérant que le style de St Sulpice est très ‘austère’, celui de Santa Maria degli Angeli est très ‘lumineux’. Aux environs de 1700, le pape Clément XI commissionne Francesco Bianchini pour établir cette ligne méridienne dans la basilique. Le but recherché est triple : d’abord, le pape souhaite vérifier l'exactitude de la réforme grégorienne du calendrier… ensuite, il veut disposer d’un outil permettant de prévoir les fêtes pascales de façon précise… et enfin, il espère donner à Rome une ligne méridienne aussi importante que celle que Bianchini vient de construire récemment dans la cathédrale San Petronio de Bologna.

Cette église a été choisie pour plusieurs raisons :
- comme d'autres bains à Rome, le bâtiment était déjà naturellement orienté vers le sud, afin de recevoir une exposition maximum au soleil.
- la taille des murs a permis de tracer une longue ligne avec plus de précision au fur et à mesure de la progression du soleil au cours de l'année.
- les murs antiques étaient parfaitement stabilisés dans leurs fondations. Cette ‘solidité’ assurait que les instruments d'observation, soigneusement calibrés et calés en fonction de cette particularité sismique, ne se déplaceraient pas.
- parce qu'elle avait été construite sur les anciens bains de Dioclétien, elle représenterait symboliquement une victoire du calendrier chrétien sur le calendrier païen existant précédemment.
Mais peut-être y a-t-il, dans toute cette situation particulière, un cinquième point bien moins connu… car c'est, en effet, une église "des anges" !
En outre le calendrier solaire de Bianchini a été construit le long du méridien qui croise Rome, à la longitude 12° 50'. À midi solaire, autour de 12.15 P.M. (P.M. 1.15 à l'heure d'été), le soleil brille par un petit orifice dans le mur afin, chaque jour, de répandre sa lumière sur cette ligne. Au solstice d'été, le soleil apparaît plus haut, et son rayon frappe la ligne méridienne au point le plus proche du mur. Au solstice d'hiver, le rayon croise la ligne au point le plus éloigné du mur. Aux deux équinoxes, le soleil touche la ligne exactement à mi-chemin entre les deux extrémités. Plus la ligne méridienne est longue, mieux l'observateur peut calculer, avec précision, la durée de l'année. La ligne méridienne établie ici est de 45 m de long, et se concrétise par un trait de bronze, incrusté dans du marbre blanc jaune.
Mais ce n'est pas tout : Bianchini a également aménagé des orifices dans le plafond pour marquer le passage des étoiles. Sur la partie sombre, l'étoile polaire, Arcturus, et Sirius sont visibles par ces perforations, même à l’instant du midi solaire… et leurs noms reproduits sur le plancher.

Cassini et l'héliocentrisme

Un dispositif semblable existe dans le Duomo de Florence, installé par le géographe Paolo Toscanelli (1398-1482), en 1475. C'est une bande de marbre sur laquelle le soleil de midi brille par un trou à 90 mètres au-dessus du sol constitué. Avec des fortunes diverses, ce dispositif solaire a été employé dans des programmes scientifiques pendant plus de 300 ans. On l'a employé pour déterminer si l'écliptique, c'est-à-dire le cours apparent du soleil par rapport aux étoiles, reste constant dans le temps et la durée. Cette question a été posée à plusieurs reprises à Florence, au début de XVIe siècle. Après Toscanelli, une nouvelle mesure a été faite en 1510, comme en fait mention une inscription dans le ‘Croce de Cappella’.
En 1754, le père jésuite Leonardo Ximenes a travaillé sur un nouveau projet de recherche : il proposait d'employer le gnomon pour mesurer l’infime variation de l'obliquité de l'écliptique en comparant la taille du soleil au solstice de 1756 à la taille mesurée en 1510. En effet, Ximenes réussit à mesurer cette variation aux limites de la capacité de l'instrument. Ensuite, il laisse une sorte de ‘mission’, en recommandant à ses successeurs de répéter les mesures chaque année.
Il y a d'autres églises en Italie – et ailleurs – possédant un tel gnomon. Les gnomons datent généralement du XVIe siècle. Cependant, ces dispositifs reçoivent une nouvelle impulsion au XVIIe siècle. A ce moment, Giovanni Domenico Cassini s'installe à San Petronio à Bologne, pour tenter de prouver la reformulation de Kepler du système Ptolémique… c'est à dire le système héliocentrique. La Basilique de San Petronio est l'église principale de Bologne et la cinquième plus grande église au monde. Elle s'étend sur 132 mètres de longueur et 60 dans la largeur, alors que la voûte atteint 45 mètres à son point le plus élevé.
Tandis que Kepler est persécuté par Rome en raison du fait qu’il préconise la réalité de l’héliocentrisme, les astronomes italiens, en particulier après le récent procès et l'abjuration de Galilée, sont conscients de la pertinence à démontrer l'orthodoxie de leur croyance. Cassini, naturellement, était l'un des chefs de cette révolution scientifique. Le cadran solaire fut construit en 1655 et conçu par Cassini… Avec ses 66.8 mètres, il est le plus long cadran solaire au monde.

Coïncidence ?

Tout ceci pouvait être l’effet d’une pure coïncidence… Mais, à mieux regarder les faits, il y a des centaines d'églises à Rome, cependant il n’y en a qu’une seule équipée d’un gnomon. De plus, on trouve cette particularité dans une église consacrée aux anges… ce ‘détail’ ne se retrouve que très rarement à Rome. Par ailleurs, nous observons qu’il y a des douzaines d'églises à Paris, et, là encore, une seule pourvue d’un gnomon. Il s’agit évidemment de St Sulpice qui abrite une importante chapelle dédiée aux anges qui, selon certains auteurs, tels que Maurice Barrès, s’avérerait être un emplacement principal pour « une société angélique ». Quelle coïncidence remarquable de trouver qu'un des premiers gnomons à être employé pour des expériences scientifiques soit à l'intérieur de l'église de Bologne et avait été créé par personne d'autre que Cassini… Nous retrouvons ce personnage remarquable en France, où il est impliqué dans la création du méridien de Paris… mais où il est également réputé être un important membre « de la société angélique ». S’agit-il d’une simple coïncidence, ou de l’émergence évidente d'une partie d’un plan bien élaboré?
Si coïncidence il y a, alors la liste ne s’arrête pas à ces seuls détails. En effet, Cassini était employé par le pape Clément IX pour les fortifications, la gestion du fleuve Pô et ses crues redoutables. Hormis ces aspects très techniques et scientifiques, le pape demande à Cassini de se soumettre exclusivement aux Saints Ordres afin qu’ils puissent travailler avec lui de manière permanente. Cassini n’accepte pas cette invitation, en raison du fait qu'il préfère travailler sur l'astronomie à plein temps. De son vrai nom Giulio Rospigliosi, le pape Clément IX exerça son état de 1667 à 1669. Par une autre coïncidence, Rospigliosi, alors qu’il est encore cardinal, commande le tableau de Poussin appelé « une Danse dans la Musique du Temps ». Selon le premier biographe de Poussin, Bellori, c'est ni plus ni moins que Rospigliosi qui définit l’ensemble du sujet, ‘une poésie morale’. Il s’agit d’une allégorie de la fortune et du cycle de la vie humaine, dans laquelle les danseurs personnifient la pauvreté, le travail, la richesse et le plaisir. Ils suivent la musique du Temps, le père, qui joue de la lyre, pendant que se vident le souffle et le sablier (les deux emblèmes de la brièveté de la vie), et que la silhouette de Janus regarde le futur et le passé. Dans le ciel, Apollon et Aurore émergent du zodiaque pour annoncer l'aube et le passage du jour et de l'année. Poussin a souvent peint au sujet du temps et « les bergers d'Arcadia » font partie d'une trilogie dans laquelle le temps illustre le thème central.

Anges, temps et aeviternité

Dans certains ‘cercles’ très particuliers, et surtout en grande partie dans les périodes médiévales, il a y eu beaucoup de discussion concernant le rapport entre les anges et le temps. St Augustin dit que « Dieu est le seul qui n'a aucun commencement ». En ce qui concerne les anges, il semblerait qu’ils eurent un commencement et par conséquent ne peuvent être éternels. Cette remarque est tellement vraie qu'à ce propos il existe une sorte de durée appropriée à l'existence spirituelle d'un ange définie par ‘l'aeviternité’, qui n'est ni une éternité, ni le temps, mais une moyenne entre les deux.

L’aeviternité peut être un passe-temps philosophique typiquement chrétien sans beaucoup d'intérêt. Mais, lorsqu'on quitte le contexte chrétien, cet élément prend une réelle utilité si l'on essaie d'expliquer d'autres problèmes philosophiques : prenons, par exemple, la notion du fait qu’une « âme » passe par diverses incarnations. En tant qu'âme incarnée, elle est sujette au temps… Mais, alors, comment l’âme, à travers ses différentes incarnations, peut exprimer la vie ?… cette vie qui implique la dimension ‘temps’, pouvant être longue ou courte, purement basée sur les décisions arbitraires prises selon des critères inconnus. En ce cas, l’aeviternité peut être employé pour décrire cette « longueur d'existence »… et s’appliquer également à des choses immatérielles situées… en dehors du « temps ».

Pénitence ?... ou pénitence !

Etonnement, c'est en vertu de cette existence ‘non temporelle’ que les anges ne font pas repentance de leurs décisions. Et nous pouvons seulement nous demander, avec curiosité, si cela s'appliquerait également à nos âmes… une fois débarrassées de leur contexte chrétien. On pourrait indiquer que ce n'est « plus le temps » de la repentance, et ce serait relativement vrai. Mais une meilleure compréhension du problème concerne le degré de la connaissance inhérent au choix d'un ange. Nous prenons des décisions sur la base de nos savoir, ressenti, choix et volonté. Notre connaissance est acquise graduellement, ainsi nous sommes limités par un certain nombre de choses, telles que l'ignorance et la passion excessive. Notre conscience n'est pas entièrement formée, et nous éprouvons souvent la pression de l'émotion humaine, qui peut opacifier notre jugement. Mais un ange n'a pas l'émotion à laquelle il doit faire face, et l'ange n'a pas non plus besoin de temps pour grandir de ses expériences.

Puisque nos décisions peuvent être prises sur la base d'un jugement opacifié, nous pouvons nous repentir de celles-ci. Mais les anges ne sont pas sujets à de telles expériences. Leurs décisions sont entièrement éclairées, et c'est tellement le cas qu'il n'y a aucune « raison » qui pourrait intervenir par la suite pour changer leur ligne de conduite. Par conséquent, l'orientation fondamentale de leurs vies est inaltérable (par leur propre choix), et tous les choix qu'ils font sont la concrétisation de leur décision originale pour servir Dieu… ou se rebeller contre lui. Et ceci a peut-être été une autre « coïncidence » dans le fait qu'on ait fait appel à un groupe de personnes bien défini pour cette mission...