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Société Périllos ©

L'Ère Mariale
(3ème partie) - sous les voiles secrets d'une Vierge…

 

Un étroit raccordement

C'est un fait avéré que Saunière ait été un monarchiste convaincu fasciné par les apparitions de la Vierge. Cependant, on peut se demander si son intérêt se limitait à cette admiration ou s’il se déployait sur d’autres dimensions. L’auteur Guy Patton, ayant judicieusement souligné les tendances royalistes de Saunière, écrit : « Quand Eugène Vintras meurt en 1875, l'Abbé Boullan (prêtre défroqué), un ardent défenseur notoire de la cause de Naundorff, devient son successeur à Lyon. »

Boullan

Soulignons que Vintras et Boullan sont les figures principales de la scène ésotérique française à la fin du XIXe siècle, l’ère de Saunière ! Bien qu'on sache, de manière indiscutable à présent, que Saunière a visité Lyon, comme Paris où il aurait fait la connaissance d’Emma Calvé, il y a peu de probabilités pour qu'un prêtre courtise une célèbre chanteuse d'opéra ou les principales ‘lumières’ ésotériques de la France… par accident. Mais quand on observe la personnalité de Boullan, il est clair que notre abbé Saunière ait pu avoir un lien franc avec Boullan… qui lui aussi a été prêtre.
Guy Patton continue : « Précédemment, à La Salette, il (Boullan) rencontre Adèle Chevalier, une nonne devenue amie de la visionnaire Mélanie Calvat. […] Il dit que Mélanie indique le secret de La Salette à Adèle, avec qui elle instaure l'Ordre de la Mère de Dieu. Elle et Boullan fondent cette société ‘pour la réparation des âmes en vue de traitement des maladies diaboliques’. » Boullan, alors condamné par l'église catholique, est emprisonné pendant trois années… puis revient à sa mission.

La clef du mystère ?

Récapitulons cette affaire : à La Salette, la Vierge apparaît et transmet des secrets majeurs à Maximim et Mélanie… cependant, ni l'un ni l'autre n'indiqueront le contenu précis de ces messages. Maximim est ensuite allé à Paris, où on le retrouve souvent à St Sulpice. Mais c’est surtout dans certains cercles monarchiques – ainsi que d’autres – qu’il est invité dans l'espoir de lui soutirer quelques confidences sur ces fameux secrets. S’il fut, sans doute au début de l’événement, tenté de se laisser aller à quelques commentaires, il semble très vite avoir littéralement perdu la capacité de parler de cette affaire. Il aurait compris, et accepté, cet étrange silence imposé comme le signe « d'interposition divine ».

Quant à Mélanie, il est fort possible qu’elle ait pu avoir un contact familial en direction d’Emma Calvé, et cette possibilité pourrait être perçue comme une tentative d’incursion en direction de Saunière. Cependant, nous retiendrons à propos d’Emma Calvé qu’elle reste une figure notoire de certains cercles ésotériques parisiens et qu’elle fut éprise de Jules Bois. Ce dernier et Boullan sont d’intimes amis, comme nous le vérifions lorsque Huysmans et Jules Bois soutiennent farouchement Boullan dans son duel d’occultiste contre le marquis Stanislas de Guaita.
C'est encore Boullan qui œuvre fortement pour que le rapprochement ait lieu entre Adèle Chevalier et Mélanie et, par rebondissement, Emma Calvat. Les deux femmes étant censées avoir partagé le marial secret, ce dernier a très bien pu trouver son chemin jusqu’à Boullan… et de là être, de fait, infiltré dans un cercle ésotérique parisien de la fin du 19e siècle.
Ceci expliquerait que quelques rares ésotéristes parisiens aient pu être détenteurs d’un secret « directement venu du divin », dont seulement le Vatican peut savoir qui leur assurait une position importante… ou la garantie d’avantages certains.

Mariage au féminin sacré

Beaucoup de choses ont été écrites, ces dernières années, sur le rôle de Marie-Madeleine et son possible rapport avec Jésus-Christ. Spécifiquement, cette tendance est souvent entretenue depuis la parution du ‘code Da Vinci’. Cependant, si ce roman en est un des vagues colporteurs, il est loin d’en être l’unique promoteur. En effet, bien avant lui, d’autres auteurs, en grande partie des féministes (plus particulièrement des femmes) employèrent le personnage biblique de Marie-Madeleine pour souligner les problèmes d’une ‘église catholique exclusivement masculine’. Ces démonstrations montrent, à l’évidence, que la religion a formellement censuré le rôle majeur de cette ‘actrice’ ainsi que la maltraitance des femmes tout au long de deux mille ans de Christianisme.
Bien que plusieurs de ces allégations soient véridiques, en revanche, ce que prétendent certains auteurs – le plus souvent masculins – ne sont que théories sans preuves directes sur le rapport entre Marie-Madeleine et certains faits concernant la France ésotérique. Certains cercles, ‘spécialisés’ en ce genre de sujet, parlent d’une hypothétique progéniture de Jésus et M. Madeleine, donnant même des prénoms aux bébés issus de ce mariage ! Ce genre d’allégation récente est tout simplement une invention, bien entendu nullement accréditée par un écrit, ancien ou classique.
Essayons d’apporter une explication : le rapport entre Marie-Madeleine et Jésus, dans la bible, est présenté comme étant celui entre une prostituée pénitente et une sorte de prêtre de l’époque, ou plus précisément un professeur religieux. Comparons maintenant ceci à ce que Boullan croyait. A cet effet, nous citons encore Guy Patton expliquant que: « Boullan est le plus connu pour sa loi de ‘la régénération sacrée', qui est plus ou moins identique à la théorie de réintégration se trouvant au coeur de principes du Martinisme. »
Le biographe de Boullan, Joanny Bricaud, a écrit en substance : « Le crépuscule de la grâce résulte d'un acte illicite de l'amour. Le rachat de l'humanité peut seulement se faire par des actes de l'amour accomplis d'une façon religieuse. » On est censé comprendre que l'amour ‘coupable’ doit être combattu par l'amour pur, par une approche sexuelle, certes, mais d'une façon merveilleuse réservée aux esprits afin de s’élever pour former ‘l'union de la sagesse’. Ceci peut effectivement se montrer comme un formidable charabia ésotérique. Pourtant, ces formules peuvent facilement être comprises au moment où, par leurs actions, les mots visiblement ne suffisent plus. C’est ainsi qu’un groupe entier d’hommes, constitué de prêtres et ex-prêtres, décide de se tourner, à ces effets, vers des nonnes consentantes ou vers une certaine catégorie de prostituées… pour des unions aux formes bien précises.
Ensemble, ces ‘couples’ exécutèrent les diverses activités indispensables à leurs perspectives incluant le sexe, la magie et le mélange ‘détonant’ de ces deux éléments. De fait, ces hommes se sont sentis « devenir » Jésus-Christ, parce qu’ils supposaient que leur ‘maître’ en avait fait tout autant avec Marie-Madeleine. Cependant, leur type de rapport n'était pas, pour eux, celui d'un homme avec une femme, ou celui d’un prêtre défroqué avec une religieuse, ou encore celui d’un prêtre adultère avec une maîtresse… Bien au contraire, ils considéraient qu’il s’agissait bel et bien d’un ‘mariage spirituel’ en forme « d’union de la sagesse ». Ce dernier, pour ce faire, était placé dans un cadre Kabbalistique dans lequel la femme représente symboliquement le rôle du Schekinah qui est « le principe femelle » indispensable à la réunion spirituelle avec Dieu.

Gérone, 1975 et 1890

Le sanctuaire à l’apparition de la Vierge à Gérone

Nous semblons nous être éloignés au plus loin de Rennes-le-Château, et plus encore particulièrement des apparitions de la Vierge Marie. Avant de poursuivre plus avant, nous dirons sommairement que Boullan et Adèle étaient au plus près du secret de La Salette et qu’ils pratiquèrent – sinon favorisèrent – le type de « mariage spirituel » évoqué précédemment.
Patrice Chaplin rend compte du fait que Gérone eut, en 1975, une apparition dont une certaine Maria Mendez fut témoin. L’auteure explique, dans le détail, comment cette personne fut confrontée avec une apparition de Notre-Dame. On constate que dès que la visionnaire commence à parler de ce phénomène, elle est aussitôt placée dans un établissement psychiatrique. Pendant ce temps, certains membres du clergé espagnol adaptent rapidement son témoignage, transformant l'apparition mariale en une vision de Jésus. Mendez ne semble pas avoir bénéficié des mêmes conditions de prudence vis-à-vis du miracle qu’elle a vécu et qui ont bien changé depuis celles de l’époque de Lucia (Fatima) et de Mélanie (La Salette). En effet, on s’aperçoit très vite que les méthodes changent radicalement en l’espace d’un siècle. Si pour les premiers le silence se présentait sous la forme d’un obscur couvent… au XXe siècle le même secret se matérialise sous la forme d’une camisole de force au fond d’un asile d’aliénés mentaux…
Cependant, Chaplin va plus loin. En effet, plutôt qu'un phénomène paranormal, elle affirme que l'apparition était le résultat des expériences magiques conduites tout près. Celles-ci ont été entreprises par une société, assemblée autour des attentes de Maria Tourdes dans la ‘Maison des Chanoines’. Maria Tourdes serait tout naturellement la femme placée très jeune à Gérone par Saunière, et qui serait le centre majeur de la société de Gérone. De ce point, on peut se demander si Maria Tourdes n’était pas sensée représenter une forme de « vierge », priée dans certaines expériences magiques dans lesquelles « la Vierge Marie » pouvait se manifester !? Nous laissons cet aspect sous la forme d’une question… et en attendant, nous imaginerons un parallèle avec les expériences magiques identiques qui ont été pratiquées au sein des cercles ésotériques de Paris et qui, en grande partie, nécessitèrent la même installation.

En résumé

L'intérêt de Saunière pour les apparitions mariales semble être vaste, bien qu’à l'évidence il ne se devine pas toujours derrière les impostes de verre colorées de l’entrée de sa villa. La question reste de savoir si ces éventualités peuvent avoir un fondement inclus dans les réalisations matérielles de l’abbé. A cet effet, essayons de comprendre le cadre de l’abbé en la matière.
Saunière montre un intérêt clair pour les apparitions de la Vierge Marie, et plus particulièrement en ce qui concerne celles de la Rue du Bac, de La Salette et de Lourdes. Nous voyons que, pendant ce temps, à Paris et à Lyon, un cercle de francs-maçons et d’ex-prêtres s’affaire dans des rites étranges ayant un raccordement avec l'apparition mariale sans que son origine soit réellement définie. On peut se demander si une manifestation antérieure à ce groupe, en 1830 par exemple, a pu être réellement responsable de l'apparition de la rue du Bac. Dans cet ordre d’idée, nous retenons que Patrice Chaplin fait, avec précision, référence à un libraire parisien semblant avoir été d’une façon ou d'une autre rattaché à cette histoire… Ce détail peut former à lui seul un autre morceau du puzzle oublié de tous.
Selon Chaplin, le groupe de Gérone était tout à fait en mesure d’exécuter des rites magiques capables d’engendrer des forces pouvant avoir comme effet secondaire une apparition qu’un involontaire témoin visuel identifierait facilement comme celle de la Vierge. Un tel événement, observé en 1975, a très bien pu se produire plus tôt. A ce propos, soulignons que l’abbé Saunière était, par le passé, membre de ce groupe dont les dignitaires espagnols entretenaient des relations étroites avec leurs confrères de Paris… où Maria Tourdes dispose comme par hasard d’une habitation. C’est un peu comme si deux rives d’un fleuve finissaient par n’en faire plus qu’une.

L'ami de Saunière

Mais il y a d'autres coïncidences, avec des liens directement établis avec Saunière. Pendant son épreuve avec l'évêque de Carcassonne, Saunière dispose de l’assistance d'un avocat, maître Huguet. Curieusement, ce dernier est profondément et directement impliqué dans l'apparition mariale de Pellevoisin, un petit village dans l'Indre. Il est intéressé au plus près par ce sujet et finit par devenir ‘postulator’ de ce ‘miracle’ à Rome, devant le Vatican. Un postulator est le correspondant responsable des enquêtes du dossier pour la canonisation qui, présentement, est celui de la fille ayant assisté au miracle : Estelle Faguette. Evidemment, si un avocat dispose forcément de plusieurs clients, c'est pourtant une coïncidence plutôt troublante sinon une réalité orchestrée si, de tous les défenseurs pouvant représenter l’abbé Saunière, il est le seul connu pour avoir instruit une apparition miraculeuse et mariale pour le Vatican. En fait, nous pouvons nous poser la question de savoir si le cercle de Saunière, ou de proches amis, pouvait avoir bien connu Huguet en raison de la retentissante défense de cette apparition de la Vierge Marie? Ajoutons à ceci que maître Huguet fut conseillé à notre abbé par son meilleur ami et confrère, Grassaud.

Mais ce n’est pas tout. En effet, le témoin principal de la Vierge de Pellevoisin est Estelle Faguette qui, à l'âge de 14 ans, est une « enfant de Marie » à la chapelle des soeurs de Saint Vincent de Paul à Paris… cet élément nous est parvenu en raison de l'alliance de Catherine Labouré avec cet Ordre.
À l'âge de vingt ans, Estelle faisant une très mauvaise chute ne peut poursuivre sa vocation religieuse et doit retourner vivre chez ses parents. Ce triste événement marque le lent déclin de sa santé. En 1875, son état s’aggrave au point qu’en novembre, son médecin ne lui donne aucune chance de survivre… En janvier 1876, elle reçoit les sacrements aux agonisants et le 8 février, elle subit une crise d’une telle violence que le diagnostic médical lui donne ses dernières heures à vivre.
Cependant, contre toute attente, le 13 février Estelle continue à présenter toutes les apparences de sa lucidité et de sa dévotion à la Vierge Marie. Elle fait même demander à la comtesse de La Rochefoucauld, dont la famille s’est toujours occupée d’elle au cours de son long calvaire, de placer deux bougies, une à l’intention de Notre Dame des Victoires… et la seconde sur l'autel de Notre Dame de Lourdes, dans l'église de Jésus. C’est alors que le miracle se produit. La Vierge apparaît pendant la nuit du 14 au 15 février 1876… C’est le premier d’une longue série de quinze apparitions, dont chacune se produite à minuit précisément. Durant la cinquième apparition, dans la nuit du 18 au 19 février, Estelle Faguette est guérie. Même son bras droit totalement paralysé retrouve toute sa mobilité dès le petit matin suivant. Les divers médecins ayant suivi les derniers instants de la ‘mourante’, maintenant appelés pour évaluer la situation, confirment qu’il s’agit là d’une guérison miraculeuse !
Comme toutes les autres femmes témoignant de visions miraculeuses, avant et après elle, Estelle précise qu'elle a reçu une mission divine… En janvier 1900, elle est même invitée à se rendre à Rome par le pape Léon XIII.

Le retour d’un prêtre défroqué

Boullan est ordonné prêtre le 23 septembre 1848. Ensuite, il se rend en Italie, où il devient missionnaire « du Saint Sang ». Adèle Chevalier est également guérie miraculeusement en 1855, au cours d’un pèlerinage qu’elle accomplit à Notre-Dame de la Salette. C'est cette ‘union’ avec Adèle qui pouvait éventuellement changer Boullan au point d’un faire un autre être. Mais était-ce seulement l’amour réduit à sa simple expression charnelle qui pouvait motiver la raison de cette union, car en 1859, l’homme fonde le « travail de la réparation ». Le 8 décembre 1860, un enfant résulte de cette situation… hélas, il semble que face à cette réalité imprévue, le couple insolite décide froidement de le supprimer.
Indépendamment du temps perdu en prison, puis de ses désagréments, et du fait d’être ‘défroqué’, nous devons noter que le comportement de Boullan commence à ressembler à sa théorie « de la substitution mystique ». Selon cette dernière, la ‘réparation des âmes’ peut se faire au niveau des ‘incarnations’ également avec des ‘missions de pécher’ de manière à faciliter pour certaines autres âmes de se réincarner sans le risque de pécher. Cette ‘substitution’ permettrait alors à une ‘personnalité particulière’ d’accomplir une mission définie en toute tranquillité et sans le moindre risque de ‘faux pas’. Certes, ceci marque « un concept curieux » et c'est ici précisément le cas. Dans ce concept de notions ou non de la faute de conscience, selon les besoins d’un plan divin, l’événement est étroitement lié, en l’occurrence, à celui de la pénitence… et surtout à celui de certains mouvements pénitents. En la circonstance, on peut se demander si la confrérie pénitente du Saint-Sang est dans ce cadre étroit… et avoir toutes raisons de le supposer !

L'Apocalypse ?

Estelle Faguette

Parmi ces étranges pénitents, nous retiendrons le célèbre Vincent Ferrer, curieusement si proche du pape et de la famille de Périllos, prêchant intensément pour que l'Apocalypse, ou du moins sa propre notion, ait toutes les chances de se produire de la meilleure façon possible. C’est ainsi, comme nous en avons fait déjà mention, que certaines personnalités estimèrent que l'Apocalypse avait commencé dès 1830, en coïncidence avec l'« ère du renouveau marial ». Le pape Léon XIII, ayant réservé le meilleur accueil à la visionnaire Estelle Faguette, était un adepte des plus ancrés dans l'avènement apocalyptique.

Le 13 octobre 1884, qui par hasard coïncide avec l'anniversaire de l’arrestation des Templiers, Léon XIII accomplit une célébration de la messe dans une des chapelles privées du Vatican. Se tenant au pied de l'autel, il se serait soudainement effondré, le teint cireux, en présentant tous les symptômes d'une crise cardiaque. Cependant, ce malaise n’est pas dû à ce genre de maladie ni à une autre du genre épileptique. En effet, contre toute attente, après seulement quelques minutes, le Saint Père victime apparemment d’une commotion violente, reprend connaissance, se redresse sans aide et confie à ceux qui l’entourent : « Mon dieu, quelle image horrible j'ai été autorisée à voir! »
Ce qu’a pu apercevoir Léon XIII, durant son malaise, est décrit par ceux qui se sont entretenus avec lui à cet instant en des termes expliquant que, durant une période de cent ans, la puissance de Satan atteindrait son zénith… et cette période devrait correspondre à notre XXe siècle.

Le pape est extrêmement perturbé par le spectre d’une imminente destruction de la morale et des valeurs religieuses à l'intérieur et à l’extérieur de l'Eglise. Il le sera tellement qu’il compose aussitôt une prière devant être dite à la fin de chaque office célébré en n’importe quel lieu où est présente l'Eglise catholique… Cette prière est étrangement adressée à l’attention de l'Archange Saint Michel et restera maintenue, sans interruption, jusqu'à ce que la messe soit restructurée après le second concile du Vatican. Cette supplique était ainsi proposée : « Saint Michael Archange, défendez-nous dans la bataille ; soyez notre protection contre la méchanceté et les pièges du diable. Dieu peut le réprimander, nous vous en prions humblement.
Et vous, le prince de l’hôte céleste, par la puissance de Dieu, poussez Satan en enfer afin qu’il cesse la conquête du monde pour la ruine des âmes. Amen. »
Certains observateurs en la matière se demandent, peut-être à juste titre, si cette ‘suppression’ ne coïnciderait pas avec « le déclin moral » qui s’opère vers la fin de 1960… quand cette prière est enlevée de la liturgie.

Satan

Bien que quelques observateurs objectent qu'aucun détail de cette vision ne soit connu, nous répliquerons que cette négation n'est pas totalement recevable. Le pape Léon XIII a déclaré, en son temps, que la vision qu'il eut était plus une conversation entre Dieu et Satan que des images. La voix semblant appartenir à Dieu était évidemment aimable et douce, et celle de son interlocuteur gutturale et dure – comme on peut le soupçonner. Elles semblaient provenir de près du tabernacle. La conversation entendue par lui fut la suivante :
Satan : « je peux détruire votre Eglise. »
Dieu : « tu peux ? Alors fais-le ainsi. »
Satan : « pour faire ainsi, j'ai besoin de plus de temps et de plus de puissance. »
Dieu : « combien d'heures ? Combien de puissance? »
Satan : « Il me faut entre 75 à 100 ans, et un plus grand excédent de puissance pour ceux qui se donneront à mon service. »
Dieu : « tu as le temps, tu auras la puissance. Fais avec eux ce que tu as besoin d’accomplir. »

Comme on peut le noter pertinemment, cette scène se serait produite en 1884. Or, lors de ce dialogue, si Satan indique avoir besoin de « 75 à 100 ans », ce délai nous reporte entre 1959 et 1984 comme date limite. A ça nous ajoutons que c’est le 25 janvier 1959, que Jean XXIII appelle publiquement le second Concile du Vatican à éliminer cette supplique composée en raison de la fameuse vision de 1884. La coïncidence ici est-elle significative de conspiration divine… ou satanique ? Enfin, on voit, le 25 janvier 1959, Jean XXIII annoncer publiquement son fameux Concile destiné à supprimer cette prière composée en raison de la vision miraculeuse de 1884. Et si cette formidable coïncidence était le résultat d’une conspiration… divine… ou satanique !

1984

Pape Jean Paul II avec la statue de Fatima

Indépendamment de l'année de George Orwell où s’instaure un régime totalitariste sur le monde, 1984 est pour l'église l’année la plus importante : c'est l'année où le pape satisfait officiellement le désir que la Vierge Marie formule lors de son apparition de Fatima. Là encore, nous devrions nous demander s'il s’agit d’une nouvelle coïncidence ou une autre conception de la… coïncidence.
Le 13 mai 1982, exactement une année après la tentative d'assassinat du pape formant le coeur du troisième secret de Fatima, Jean-Paul II se trouve à Fatima pour remercier la Vierge Marie de lui avoir sauvé la vie. Par ce geste, il effectue également un acte public de la consécration du monde entier, y compris la Russie, à son coeur immaculé. Après cet acte exceptionnel, il est évident que plusieurs des évêques du monde n'ont pas été informés à temps de cette décision. En tant que telle, cette consécration ne remplit pas les conditions de la collégialité demandées par la Vierge immaculée lors du miracle de Fatima.
Quant à Lucia, elle vit en permanence maintenant dans le couvent des Carmélites de Coimbra… et cette nouvelle situation est portée à la connaissance du nonce apostolique au Portugal.

Il est possible au commun de toujours douter de la véracité de ces événements stupéfiants. C’est pourtant cette version qui est officiellement retenue et acceptée comme version officielle par l'Eglise catholique. En 1982, Jean-Paul II considère Fatima comme le lieu « choisi » spécifiquement par la Vierge, et par cet acte il ratifie la confirmation officielle du statut exceptionnel de l’endroit devenu un ‘sanctuaire’. Cette décision suggère que soit reconnu officiellement le message donné ici par la Vierge comme la ‘prophétie’ principale du XXe siècle… et ne soit comme telle jamais ignoré.
Dans son homélie, le pape fait les remarques suivantes : « Si l'église a accepté le message de Fatima, c’est surtout parce que ce message contient une vérité et un appel dont le contenu de base est la vérité et l'appel de l'Evangile lui-même : ‘Repens-toi, et crois en l’Evangile’ (Mc 1:15) ». Il continue ensuite ainsi : « Ce sont les premiers mots du Messie adressé à l'humanité. Le message de Fatima est, à sa base, un appel à la conversion et pénitence, comme dans l'Evangile. Cet appel a été poussé au début du XXe siècle, et a été ainsi adressé en particulier à ce siècle actuel. La Vierge semble avoir lu avec une perspicacité spéciale les ‘signes des temps’, les signes de notre temps. ». C'était, naturellement, l'avènement de l’ère de la Vierge...

Consécration

La consécration papale de 1982 n'ayant pas été appliquée correctement, le pape décide de l’annuler et la remplacer par celle de mars 1984. Cette dernière, sous forme de missive écrite, est envoyée aux évêques du monde entier y compris ceux de l'orthodoxie, à qui il demande de le rejoindre dans cette action… cette fois en temps utile. Le 25 mars 1984, le texte personnel de l'annonce de Jean-Paul II est dûment remplacé par un acte de consécration dans la Basilique de St Pierre à Rome, devant la statue de Marie, particulièrement apportée ici de Fatima pour l'occasion.
Bien que le texte utilisé ne mentionne pas la Russie, le pape rappelle spécifiquement les actes de consécration de 1942 et 1952 ratifiés par Pi XII… dont le dernier concerne essentiellement la Russie. Il s'avère également que Jean-Paul II ait fait une pause durant la cérémonie. Selon l'évêque de Leiria-Fatima, Alberto Cosme Font Amaral, à l’occasion de cette suspension de cérémonie, la Russie fut incluse dans la consécration, à peine audible. Par coïncidence ou ‘conception’, on observe que le communisme se dissoudra rapidement au cours des années à venir.

Boullan… troisième et dernière partie

Pape Jean Paul II avec Lucia

L'ère mariale eut un ordre du jour des plus clairs. Il se montre si évident que nous pouvons seulement nous demander pourquoi si peu de chercheurs ne l’ont pas résumé aussi simplement que nous le faisons ici : de 1830 à 1984, s’impose un « rapport de mission » clair, dans lequel les apparitions à de jeunes filles ont eu pour conséquence que les messages et les prophéties mariales soient transmises au pape qui agit aussitôt en conséquence. Tout ceci s'est produit dans un concept apocalyptique, avec des références à de grands monarques, à Satan, etc…
Mais, quels sont les rôles de ces prophètes eux-mêmes dans cette affaire? Lucia eut un rapport étroit avec le pape Jean-Paul II, dont une grande partie se fera sous forme de correspondance. D'autres visionnaires rencontrèrent le Saint Père, dont la plupart sont françaises… et nous en voyons plusieurs ayant entretenu des relations avec Saunière de façon cependant indirecte… Réciproquement, nous observons que ce denier eut également un intérêt notoire pour elles … ou du moins leurs apparitions.
L’abbé Saunière, prêtre de Rennes-le-Château, était-il membre d'un groupe de religieux, ou autres, impliqués dans ces apparitions… en essayant de les créer, ou recréer ? Ou, plus modestement, était-il un simple élément de « deuxième ligne de défense » ?... Ou, enfin, était-ce une personnalité notoire dont la fonction serait celle d’un ‘opérationnel’ participant aux ‘opérations rituelles actives’ aux fins d’apparitions mariales ou autres plans plus forts encore… auxquels participait, peut-être, Maria Tourdes? Le saurons-nous vraiment ?
Au moment de conclure, que pouvons-nous penser du rôle d'Eugène Vintras, l'homme qui servit de marchepieds à Boullan, qui se réclamait d’être la réincarnation du prophète Elie? Il prétendait également avoir été envoyé sur terre pour préparer « le troisième règne, l'ère du Paraclet… l'arrivée du Christ glorieux ». Mais, à ce stade de notre étude, n'importe quelle perspective lancée sur le sujet de « notre seigneur » nous pousserait au delà de la portée de l'ère de la Vierge… alors est-ce vraiment utile de brûler ici les étapes ?...

Filip Coppens
Nous remercions vivement Jonothon Boulter et Guy Patton auquel nous devons toute une importante partie des éléments développés dans ce présent travail.