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l’église de Serres à l’énigme de Rennes-le-Château ? (Partie I) |

Un
témoignage de la stupidité
Dans
la rubrique « les lieux de l’énigme » nous avions
ouvert un important chapitre concernant l’église et la commune
d’Arques… En attendant une suite, prévue pour cet hiver,
nous reprenons notre recherche de lieux en rapport avec l’énigme
de Rennes-le-Château. Pour arriver à Arques, il nous faut prendre
la route départementale 613. Nous restons sur cette voie et nous
la prenons dans le sens Arques - Couiza. Non seulement le paysage est d’une
extraordinaire beauté, mais le chercheur ne manque pas d’apprécier
un certain nombre de petits détails se déroulant au long de
son périple. Bien entendu, tout d’abord, nous admirons le fameux
donjon d’Arques célèbre par son architecture étonnante
et rare. Plus loin, nous nous arrêtons face à l’éperon
rocheux où se trouvait le tombeau dit « des Pontils ».
Il ne reste que le plateau sur lequel se dressait cet énigmatique
caveau de famille. Le propriétaire des lieux, excédé
par d’innombrables dégradations du monument funéraire,
a fini par raser lui-même le vestige et combler la cavité tombale…
Nous avons là un lamentable exemple du résultat de ce que
peuvent faire certains vandales pour qui la propriété d’autrui
n’est qu’un vain mot. C’est en raison de tels insupportables
comportements que nous ne pouvons plus aujourd’hui retrouver un grand
nombre d’éléments comme celui-ci.
…
et un village témoignant d’un passé oublié
Nous
poursuivons notre route jusqu’au village de Serres, où nous
nous arrêtons pour une petite visite des lieux. L’endroit était
le point de rencontre de plusieurs voies importantes de communication depuis
l’Antiquité. L’un des vestiges de ces routes anciennes
est un très beau pont ancien en ‘dos d’âne’,
sur le Rial-Celse… ainsi que, dans le bourg, plusieurs pierres sculptées
et d’anciens locaux d’origine médiévale. Un ancien
château, admirablement restauré, surplombe fièrement
le vieux hameau.
Nous nous contenterons, pour cette fois, d’une visite de l’église
qui se trouve au centre du village. L’édifice étant
fermé en permanence, il faut donc aller en demander l’ouverture
à la mairie… ou à la personne qui en assure la surveillance
durant la visite.
Cette église, visiblement très ancienne, est d’une architecture
sobre et solide. L’abbé Sabarthès (Dictionnaire Topographique
du Département de l’Aude - 1912) fait mention d’un document
de 1283 à propos de cette construction (Praepositus de Serris)…
Le style peut être considéré comme roman, avec des remaniements
d’époques moins anciennes, à propos des ouvertures de
verrières notamment. Nous reviendrons également sur d’autres
constats en ce qui concerne les ouvertures de passages.
Une
visite touristique de l’église de SERRES
Il
y a quelques années (1995), le visiteur voyait une nef et un chœur
couverts d’un enduit laissant deviner, par endroits, des traces de
peintures murales, sans plus de précision dans les motifs. Il faudra
attendre 2000 pour que des travaux de restauration aient lieu à propos
de cette église : une remise en état de l’aspect extérieur
et, pour l’intérieur, le dégagement des peintures se
trouvant dans le chœur et au sommet de la dernière travée
avant le sanctuaire.
Tout ceci pourrait n’être jusque là qu’un simple
compte rendu d’activité photographique de la Société
Périllos pour cet été 2005. Cependant, nous allons
voir que les choses pourraient bien prendre une autre tournure en ce qui
concerne plusieurs détails de ce bâtiment.
Nous commençons donc par l’intérieur.
Les services des Monuments de France (nous pensons qu’il s’agit
d’eux), en enlevant minutieusement les derniers enduits, mirent à
jour une série de peintures. Actuellement, la remise en valeur de
ces peintures se situe seulement sur les côtés et au sommet
de la voûte.
Quatre
personnages inconnus peints en dualité
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Sur chacune des parties verticales, on trouve deux personnages auréolés dont les traits de visages sont à peine visibles. Curieusement, ceux du côté nord sont de noir vêtus et tiennent tous deux un livre fermé. Celui de gauche semble être noir de peau, car c’est en tous cas la couleur de sa main… L’autre présente son livre d’une main de teinte blanche. De l’autre côté, les sujets sont à dominante claire. Celui de droite, avec une barbe rousse, tient une sorte de petite roue dentelée, tandis qu’à gauche le personnage montre encore un livre fermé. Aucune palme ne permet de supposer une représentation martyrologue. Chacun des quatre personnages masculins est cloisonné par un cadre en serti blanc pour le côté à tendance claire, et noir pour celui aux vêtures sombres. Il semblerait qu’il y ait ici une volonté de montrer une dualité entre le clair et le sombre, ce dernier étant situé au côté nord…
Une
rare double croix et un patron intéressant
Au
sommet de la voûte se trouve une étrange représentation.
Il s’agit de deux croix verticales dont la partie horizontale des
deux n’en fait qu’une. Les deux bases semblent s’ancrer
dans le sol. Leurs sommets sont ornés d’un court phylactère.
Seul celui de gauche comporte le traditionnel « INRI », l’autre
est vide d’écriture. La couleur générale de cette
double croix se situe dans les nuances de ‘terre de sienne’
à ‘ocre rouge’. Cette illustration semble assez rare
et ne correspond à rien de similaire dans la région. La seule
ressemblance que nous ayons trouvée serait l’une des ‘vignettes
– signatures’ du compositeur Erik Satie (1866-1825) à
propos duquel nous préparons une importante étude.
Au fond du chœur en arrondi se trouvent deux imposantes statues, nettement
plus grandes que nature. Celle de gauche est, à l’évidence,
une représentation mariale, sans possibilité d’en donner
plus de détails (Ste Marie, autre sainte ?).
A droite se trouve le saint Patron de L’église de Serres :
St Pierre aux Liens. Effectivement le personnage est montré dans
sa posture habituelle avec ses mains croisées devant lui. Ces deux
statues sont recouvertes d’une peinture ocre 
un
peu… regrettable. Des ‘carrés’ de ‘sondages’
ont été réalisés un peu de partout dans l’église
afin d’évaluer les emplacements où pouvaient se situer
des peintures à dégager de leur piège d’enduit.
On trouve ces ‘carrés’ également sur les deux
statues du chœur et on constate qu’elles n’étaient
pas colorées.
En revenant dans la travée d’entrée nous trouvons des
‘bénitiers’ sur des colonnes à base octogonales.
Enfin une petite visite dans la chapelle latérale de l’entrée
nous permet de trouver les statues, cette fois de style sulpicien, de Ste
Roseline St Antoine de Padoue et de la vierge portant l’enfant…
L’ombre
du Temple dans l’église de SERRES ?
Après
cette petite visite touristique de l’église de Serres, nous
allons reprendre tous ces éléments avec un autre regard.
Les commentaires de notre guide, concernant le passé de l’édifice,
étaient pour le moins surprenants.
Une
litre entrecoupée
Quelle ne fut pas notre surprise d’entendre que le bâtiment avait été une église templière… et que les peintures étaient celles commanditées par l’ordre lui-même. Egalement, il serait question d’une litre autrefois dessinée à l’intérieur de l’église et qui aurait été coupée ponctuellement en haut par le percement des verrières. Pourquoi ne pas croire les affirmations de notre respectable guide ?

Le
souvenir oublié du Temple
Certes, après recherches, il s’avère qu’il n’y a aucun écrit immédiat faisant mention d’une possession du Temple à cet endroit. Mais quelques détails pourraient aller dans ce sens. Par exemple, nous savons que la maison templière de Campagne-sur-Aude n’est pas très éloignée… et qu’un de ses maîtres notoires était issu de Reddas. Les deux lieux ne sont guère éloignés de Serres… tout au plus d’une dizaine de kilomètres. Mais ce n’est pas tout, car sur la façade Nord de l’église on remarque un passage muré.
La
Porte des Morts et la croix pattée
Il s’agirait d’une ‘porte des morts’. En effet, en consultant d’anciens cadastres, on peut voir que la face Nord donnait sur le vieux cimetière. Sur cette façade extérieure, il est intéressant de regarder une étrange sculpture. Il s’agit d’une croix pattée, surmontée d’une sorte d’arc depuis les extrémités de ses deux bras horizontaux. Une hampe, ou manche, se distingue à la base… comme pour une croix de procession ?
La Porte des Morts
Deux
croix unies au sommet de la voûte… et un seul INRI ?
A
propos de croix, nous revenons maintenant à celle, double, peinte
au sommet de l’arche dans le chœur de l’église.
Nous avons vu qu’il s’agissait de deux croix unies par leurs
branches horizontales. Cependant, regardons de plus près cette représentation
peu courante.
Une des croix est surmontée d’un petit phylactère comportant
le ‘INRI’ habituel. L’autre porte le même support…
mais vide. Elle devrait donc avoir moins d’importance que la précédente
(à gauche). Cependant, cette croix sans nom est représentée
plus grande, légèrement plus sombre et se superpose visiblement
aussi, par son socle, à celle de l’inscription. Serait-ce vouloir
discrètement insinuer deux croix unies par un même lien, une
même ‘branche’ : l’une représentant l’instrument
de la crucifixion officielle de Jésus… et une autre identique
mais plus importante, en avant-scène, empiétant sur l’officielle,
y compris par son socle passant avant l’autre ? Celle sans nom, en
avant, serait-elle plus importante que l’autre croix officielle ?
Des
questions embarrassantes
Ce
serait alors sous-entendre que la croix du Christ serait visible et officielle
mais secondaire et peut-être… fausse ? Il y aurait là
de quoi revenir à la case « Jésus est-il mort sur la
Croix ? », ce qui apporterait beaucoup d’eau à notre
moulin :
- Une maison du Temple qui n’est sur aucun registre, qui contiendrait
une représentation étrange et chargée d’une information
qui peut-être fut à l’origine de la destruction du Temple
par le savoir d’un événement lourd de menaces pour l’autorité
religieuse et… royale !
- Une maison du Temple à proximité de Rennes-le-Château…
mais aussi d’Arques, dont le petit ‘trésor’ contient,
ne l’oublions pas, d’étranges plats en argent provenant
des templiers, sans que jamais on n’ait pu expliquer leurs présences
à Arques ! Ces plats proviendraient-ils de la maison oubliée
de Serres ?
- Une maison peu éloignée aussi de Peyroles… des Pontils…
du tombeau soi-disant prétendu des Bergers d’Arcadie …
et du Bézu ?
- Une maison du Temple connue de quelques initiés, pour l’époque,
comme un maître du Temple issu des anciennes familles de Reddas ?
Certes, cette accumulation est tout de même trop belle, et un peu
légère, pour former un faisceau de présomptions. Il
nous faudrait, sans doute, plus d’arguments pour entamer une telle
hypothèse et la poursuivre.
Une
église de SERRES ouverte sur celle de Rennes-le-Château ?
Alors,
nous allons encore plus avant.
Sur la façade nord, il est une ouverture obstruée pouvant
être une ancienne ‘Porte des Morts’… pourtant un
peu grande... Une ‘Porte des Morts’ serait un culte aux morts
comme celui que pouvait avoir pratiqué l’abbé Saunière
de Rennes-le-Château ?
Puisqu’il est question de Rennes-le-Château… essayons
quelques comparaisons entre les deux lieux :
- L’église de Serres est accolée à l’ancien
presbytère par sa façade ouest… comme à Rennes-le-Château.
- L’église de Serres a son ancien cimetière au nord
et sur toute sa longueur, avec, y compris, la façade du presbytère
du même côté… comme à Rennes-le-Château.
- L’église de Serres a son entrée principale remaniée
ouvrant sur la façade sud par un porche… comme à Rennes-le-Château.
- L’église de Serres pourrait avoir des origines templières…
comme à Rennes-le-Château.

…
et deux croix avec un manche de préhension et l’idée
de Saunière
Enfin,
arrêtons notre comparaison à cette croix pattée munie
d’un manche de préhension. Disposons cette représentation
à côté d’une vue du pilier ‘wisigothique’
(dont nous avons déjà étudié le «
PENITENCE – PENITENSE ») que nous retournons dans son sens
d’origine… puisque ce pilier est inversé !
Nous obtenons ainsi pratiquement le même dessin ! Saunière
avait forcément une idée précise en mettant ce pilier
à l’envers… était-ce celle de nous renvoyer à
la ‘case’ Serres et ses secrets encore dissimulés sous
un enduit épais ? Le ‘S’ pour un ‘C’, du
pilier, était-il celui nous conduisant à l’initiale
de SERRES. Mais en ce cas le nom de SERRES, en parfait palindrome, se lit
aussi bien à l’endroit qu’à l’envers …
peut-être comme le pilier wisigoth ? Ce ‘S’ serait-il
celui du début et de la fin d’un Secret, de quelque chose d’interdit,
ou de si dangereux qu’il put coûter la vie de l’abbé
Gélis, curé à une poignée de kilomètres
de Serres, qui avait peut-être fini par en savoir trop… et la
destruction d’un ordre qui, aussi, en savait trop ?
La
croix du pilier inversé de |
La
croix extérieure de l'église de Serres. |
Enfin, avant de quitter ces curiosités cruciformes, retournons une dernière fois vers cette étrange croix au-dessus de la porte des morts. Cet arc, qui relie les deux branches verticales de la croix pattée, ne représenterait-il pas le lien entre les deux branches horizontales des deux croix de l’intérieur de l’église ?... Qui peut le dire, le nier ou l’assurer ?
Quand
le Vatican ne sait plus retrouver ses archives
Mais
encore pourrait-on considérer que l’entrée murée
au nord ait été l’entrée principale ? si rien
ne l’affirme, rien n’interdit que, selon un critère oublié,
cette église ait été édifiée sur le même
critère ‘nordique’ que celle de Périllos…
qui elle aussi ne disposait pas, autrefois, d’ouvertures pour des
verrières.
Ajoutons encore un détail, extrait du « Dictionnaire Topographique
du Département de l’Aude » de l’abbé Sabarthès,
indiquant un document sous le titre ‘Propositus de Serris’ qui
se trouverait à ‘archive du Vatican’, aux Collections,
et qui daterait de 1347. Ce document, un chercheur du CERT s’en est
inquiété… il lui aurait été répondu
que la cote était insuffisante pour une recherche. Cette cote aurait-elle
été suffisante autrefois pour que l’abbé Sabarthès
puisse citer le document en question ? Et que peut faire au Vatican une
archive de cette église oubliée de l’Aude ???
Enfin, il sera peut-être utile de regarder de plus près les plans de masse des églises de Serres et Rennes-le-Château… et certains détails architecturaux curieusement similaires entre ces deux édifices. Ce sera le contenu de la seconde partie de notre travail sur ce bâtiment.
A suivre…
Nous
remercions le CERT de nous avoir autorisé à utiliser
la vue concernant la pierre gravée de l’église
de Serres. Reproduction interdite sans l’autorisation du CERT. |