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| Le siège de la mort |

Des
maux de la chasse aux mots de la Mort
Il
est un lieu sur le territoire de Périllos qui a pour nom, sur les
anciens relevés terriers ‘le Siège de la Mort’…
Certes, ce sinistre toponyme pouvait étonner et peut-être inquiéter
quelque peu. Les anciens habitants de Périllos se rappellent cet
endroit et se souviennent encore des traditions étranges liée
à ce secteur, connues jusqu’à Opoul. Les renseignements
recueillis racontent que ce nom vient du fait qu’un chasseur parti
un matin n’était pas revenu. Ses collègues inquiets
se mirent à sa recherche… et ne l’auraient retrouvé
à cet endroit que plusieurs jours plus tard mort subitement. Certes
l’explication est simple et parfaitement plausible… et d’ailleurs
renseignements pris, effectivement un homme décéda en allant
à la chasse. Tout pouvait donc en rester à ce fait divers
déplorable qui aurait marqué profondément la mémoire
du village.
Cependant plusieurs autres faits sont à prendre en compte :
D’abord Périllos n’a plus eu d’habitants depuis
le milieu du XXe siècle. Ensuite la personne nous ayant raconté
ce tragique accident était enfant justement à Périllos
au moment de ce fait. L’accident eut donc lieu obligatoirement vers
les années 1930 tout au plus. Donc si cette mortelle partie de chasse
eut lieu à ce moment, elle ne pouvait frapper les imaginations qu’à
cette époque et pas avant. Hélas les décès de
ce genre ne sont pas aussi rares qu’on peut le penser… qu’ils
soient d’ailleurs le résultat d’une erreur de tir, d’un
fusil dont le coup part seul sur son propriétaire ou encore d’un
arrêt cardiaque. De fait les cartes d’Etat Major devraient être
émaillées de toponymes relatifs à ces tragédies.
Il n’en est rien fort heureusement.
Ce nom ‘Siège de la mort’ se trouve également
sur le relevé cadastrale de Périllos. Cependant sur les cartes
I.G.N. actuelles ce toponyme a changé au bénéfice d’un
autre : ‘Sarrat de la Mourtre’, ce qui signifierait la ‘vallée
de la mort’ ou encore la ‘vallée du meurtre’. On
voit qu’au fil des cartes topographiques le sens d’un nom de
lieu évolue et peut changer radicalement de connotation. Effectivement
il peut n’y avoir plus aucun rapport entre ‘le Siège
de la Mort’ et ‘la vallée du meurtre’… et
ainsi tout peut basculer dans l’oubli et nous échapper.
Cependant si nous revenons à l’appellation que nous savons,
il nous reste donc les endroits ayant hérité de ce genre de
nom pour des raisons souvent plus symboliques que tragiques. Mais avant
d’envisager une solution étudions un peu les lieux.
Visite
au Cortal de la Mourtre
On
se rend sur ce secteur en empruntant le chemin à gauche avant la
desserte de ‘Cortal Lalane’ que nous suivons jusqu’à
parvenir à des vestiges d’un bâtiment qui dut être
aussi conséquent qu’ancien. On peut également parvenir
à ce lieudit par le chemin de randonnée de Périllos
au château d’Opoul.
Une construction conséquente.
Arrêtons notre attention sur ce que nous supposerons d’abord
être une bergerie. Il s’agit d’une sorte de construction
importante pouvant représenter une emprise au sol d’environ
350 m2 pour le moins. Certes on devine
l’emplacement
d’une bergerie dans l’ensemble du bâtiment, cependant
cette partie correspond à peine au quart de la surface au sol. Cette
bergerie doit être d’une ancienneté remarquable car les
arcades la composant sont très proches les unes des autres : 1,50
m environ. Ce court intervalle signifie qu’au moment de la construction,
ne disposant pas de longues pièces de charpente (chevrons, solives),
les poutres sont remplacées par des arceaux de pierres peu éloignés
autorisant l’usage de petits chevrons souvent mal dégrossis.
Ce système, à courte distance d’arc de refend, permet
de situer une époque où cet usage était pratiqué
dans les régions pauvres en grands arbres… Toutefois si les
moyens financiers du maître des lieux le permettaient les parties
bâties réservées à son usage recevaient une charpente
digne de ce nom. C’est le cas pour cette construction où l’on
retrouve dans les murs pignons les réserves pour des poutres de fortes
dimensions… et un enduit fin sur les murs.
De plus l’appareillage des murs extérieurs présente
des vestiges intéressants. On trouve des contreforts disproportionnés
pour une construction à un seul niveau. Ces renforts laissent surtout
deviner une volonté de renforcer les épaisseurs de murs (largement
plus d’un mètre par endroit). La sécurité est
ensuite assurée par des ouvertures étroites (en fines meurtrières)
peu nombreuses sur l’extérieur, agrémentée d’un
système de porte en chicane facile à défendre. Les
vestiges de murailles laissent deviner qu’une partie du bâtiment
disposait d’un étage surélevé au Nord, c’est
à dire côté chemin. Enfin une sorte de patio intérieur
devait permettre l’accès à ciel ouvert sans avoir à
sortir à l’extérieur… à usage de jardin,
d’enclos pour animaux, autre ?
La distribution des utilités laisse très vite deviner un ensemble
ingénieusement ramassé sur lui-même, sans espace entre
les différentes parties de la propriété, sans ‘angles
morts’, donc extrêmement sécurisé. Ces détails,
on le devine très vite sont ceux d’une construction massive,
complexe, et défendable facilement… sans pour autant d’abord
être considérée comme une forteresse ou une redoute.
L’astuce de ces arrangements permet de loin de supposer une sorte
de grange-bergerie et de vite comprendre, de plus près, que le lieu
peut éventuellement supporter une escarmouche même serrée.
Serions-nous ici en présence d’un avant-poste de Périllos
dans lequel pouvait co-habiter un petit domaine et quelques gardes ? On
peut sans grand risque d’erreur supposer que la construction, dans
cet état d’esprit, pouvait remonter au Moyen-Âge…
Un
royaume pour madame la Mort ?
Grotte
La Caune (Perillos)
Cet
emplacement sédentaire se situe donc au carrefour d’une voie
antique reliant le village de Périllos d’une part au plateau
de Salveterra, et d’autre part suivant l’accès que nous
avons emprunté, à une autre voie ancienne peut-être
en direction de Feuilla ou en tous cas vers La Caune et ses environs via
le ‘Cortal Lalane’. Emplacement de choix pour une vie sédentarisée
et discrète. Abrité du vent le petit domaine reçoit
un maximum d’ensoleillement. Autour se dressent quelques hauteurs
en pente douce permettant, peut-être, des poste de guet ou de surveillance
avancée. Quelques grottes également bien dissimulées
ont pu aussi servir de refuges à bien des époques, comme à
La Caune par exemple. Un peu comme si sur les vieux domaines des Périllos
chaque point sédentarisé était assuré d’un
site souterrain de survie… ou réservé à d’autres
fins ? N’oublions jamais à ce sujet la phrase de Ramon de Périllos
revenant de son périple difficile au Purgatoire de St Patrick en
Irlande : « et maintenant je sais sur mes terres l’entrée
à l’autre monde »… N’oublions pas non plus
que sur un plan purement spéléologique tout ce secteur est
littéralement criblé d’avens et réseaux souterrains
naturels d’un accès parfois peu difficile et pouvant, pour
l’initié, permettre de se déplacer discrètement
et facilement d’un point à une autre pour une multitude de
raisons !.. Enfin rappelons que souvent, au premier degré, le monde
obscur et souterrain est un peu trop vite catalogué comme celui de
la Mort. En tous cas cette vision du sujet ne nous suffit pas à admettre
ce toponyme. Alors regardons encore notre carte de ce secteur en considérant
le mot ‘Mourtre’ équivalent à ‘la Mort’.
Très vite nous nous apercevons que tout ce secteur est lié
au même mot sous des sens différents selon le relief :
-
La grande construction près de l’antique voie de communication
: le ‘Cortal de la Mourtre’. En soulignant au passage la nuance
entre bergerie et cortal : l’une est réservée au mouton
le temps du pâturage et l’autre est réservé à
un aménagement pour l’homme et son matériel.
- Un peu à l’ouest la montée, suivant la courbe de niveau,
de la voie vers Périllos appelée ‘La Coume de la Mourtre’
(La ‘coume’ est une vallée).
- Au-dessus de cette ligne de niveau le point sommet forme un plateau à
407 m d’altitude sous le nom de ‘Sarrat de la Mourtre’.
‘Sarrat’ ici signifie un petit mont.
- A l’est de ce cortal un autre sommet, à 385 m d’altitude,
porte un autre nom cependant dans le ton de notre affaire : ‘Sarrat
Mal’… ce qui se passe de plus de commentaire.
- Une autre ‘coume’ sur le versant Est a pour nom ‘Coume
de l’Escloupié’. ‘Escloupié’ pourrait,
en catalan, signifier ‘sabot’… mais aussi éclopé
pour d’autres ‘parlés’. Or un ‘éclopé’
en terme populaire est une personne blessée ayant des difficultés
à marcher ou se déplaçant en boitant ou claudiquant.
Si l’on préfère le mot ‘sabot’ le sens revient
pratiquement au sens général du fait que la marche avec des
sabots peut rappeler celle d’une personne claudiquant… Et la
démarche boiteuse nous rappellera forcément une autre personne
ou un symbolisme déjà approché dans notre affaire.
- Enfin un dernier lieu ferme le périmètre de madame la Camarde,
au Nord et au bas de ‘Sarrat de la Mourtre’ sous le nom de ‘Le
Cellier’. Un cellier selon notre dictionnaire semble être «
un endroit où l’on conserve le vin et les provisions »
(dictionnaire)… un endroit ou sorte d’entrepôt souterrain
qui à pour origine le mot latin Cellarium… si proche d’un
de ses vocables cousins, le mot latin Celare qui, lui, signifie curieusement
: « cacher, tenir secret »…
Mais sans doute ne s’agit-il là que d’un des plus purs
hasards ?
Admettons que nous sommes loin à présent du souvenir d’un
mortel accident de chasse, où alors il faudrait supposer une véritable
hécatombe dont l’administration aurait trace dans ses archives…
Le
repos des morts dans le vallon… oui, mais de quels morts ?
Il
y a autre chose que nous avons mis à jour dans ce petit royaume de
la mort… mais maintenant habitués à un devoir de précaution,
que nous demande la mairie d’Opoul, nous n’en parlerons que
plus tard, après avoir vérifié notre découverte
et l’avoir dûment fait répertorier. Ce sujet fera l’objet
d’une suite prochaine.
Mais allons plus loin dans l’imagerie de la mort. Le bâtiment
se situe à un embranchement de voies desservant Périllos,
Salveterra et la direction de la Caune ou Feuilla. Quoiqu’il en soit
il est dans un vallon connu depuis des siècles sous le nom de ‘Coume
de la Mourtre’ (de la Mort). Cet état suggère à
qui est en mesure de le comprendre que d’une manière primordiale
le lieu est qualifié de ‘vallée de la Mort’…
qui pourrait fort bien signifier qu’il s’agit non pas d’un
endroit dangereux (encore que…), mais d’une sépulture,
un sanctuaire, un cimetière… pour des familiers de Périllos
ou pour d’autres personnages antiques ensevelis dans un ‘Val
de la Mort’ comme il en existe en Crète et en Egypte.

Plan cadastrale 'Siège de la Mort'
A
la croisée de la mort
En
tant que tel, ce secteur pourrait être qualifié comme ‘Antique
vallée sacrée’. A ce sujet d’autres observations
faciles justifieraient cette possibilité : de la bergerie fortifiée
on dispose d’un alignement direct, d’abord avec la grotte de
La Caune, et enfin avec ‘Montouillet de Périllos’…
facilement identifiable en raison de la présence du radar de Météo-France.
De plus en retournant à la position à proximité de
ce lieu de l’antique chemin, de Périllos à Salveterra,
nous pouvons nous demander s’il ne pourrait pas y avoir là
un lien avec la mythologie antique. En effet il serait acceptable que l’initié
comprenne qu’ici il passe obligatoirement par la ‘Vallée
de la Mort’ pour accéder au ciel de Salveterra… ce qui
par extension signifierait que la ‘Terre du Sauveur’ est, sur
la terre d’Opoul et Périllos, semblable au Ciel.
La
Mort en Psaume
La ‘Vallée des Morts’ est également un concept chrétien que l’on retrouve dans le psaume 23:4 (Le Bon Pasteur) : « Passerais-je un ravin de ténèbres, je ne crains aucun mal car tu es près de moi, ton bâton, ta houlette sont là qui me consolent ». Le ‘ravin de ténèbres’ peut s’identifier à un ‘val de la mort’ sans oublier que la houlette est un bâton de berger et qu’il y a bien une bergerie à cet endroit… et fortifiée, peut-être afin que le ‘berger’ y soit en état de force et de défendre le … passant patient?
Un
goût de Périllos dans le choix des mots
Quand
nous introduisons Périllos dans l’équation de nos recherches
nous trouvons la phonétique ‘pérille’, ‘péril’,
‘périlleux’, c’est à dire : dangereux. Si
symbolisme parlé il y a dans ce secteur nous pouvons comprendre en
suivant ce trajet traversant le Val de la Mort que nous passons du péril,
par l’intermédiaire de la mort, au Ciel… Si cette hypothèse
était la moins mauvaise (pour ne pas dire la meilleure) nous pourrions
effectivement nous trouver dans ce qu’il reste d’un langage
figuré ‘pré-chrétien’ encore présent
dans un paysage et ses noms ! En ce cas précis concernant Périllos
et sa région il se pourrait que subsistent, en des endroits spécifiques,
des vestiges de ces âges ‘pré-chrétiens’,
servant de balises sur une piste particulièrement sacrée…
reprenant, pourquoi pas d’antiques vestiges néolithiques oubliés
ou utilisés précédemment pour une autre destination…
A moins que le choix du lieu de dépôt sacré n’ait
été fait justement en fonction de l’existence d’un
ancien balisage réutilisable !
Actuellement seuls quelques tas de cailloux un peu trop bien dissimulés
ou grosses roches brisées pourraient accréditer cette possibilité…
A moins que l’important bâtiment lui-même n’ait
été reconstruit sur les vestiges d’un site majeur, lui-même
à l’origine d’un carrefour de chemins n’en partant
pas, mais… y conduisant ??? et pourquoi pas ?
Symbolisme…
La
référence à un ‘Siège de la mort’
est plutôt rare. Ce sens ici prend toute sa puissance en interrogations.
S’agit-il d’un lieu de la Mort, une sépulture par exemple
? S’agit-il d’un lieu sédentaire, en quelque sorte, de
la Mort ? S’agit-il d’un point où la Mort siège
justement pour une décision ponctuelle ou régulière,
ou cyclique ? S’agit-il d’un ‘siège périlleux’
qui mal utilisé conduit systématiquement l’imprudent
à une mort violente… ou sous l’apparence d’un accident
? S’agit-il du SEUL lieu de résidence de cette grande dame
incontournable… et en ce cas aurait-elle choisi le lieu en raison
d’un être qui lui aurait échappé???? Toujours
est-il que ce nom se retrouve dans diverses religions, toujours chargé
de sens lourd de conséquences souvent irréversibles.
Christianisme…
Le
mont Golgotha - mont de la mort -
peinture de l'église de Périllos
Le Calvaire, ou Golgotha, est connu comme ‘endroit du crâne’. Il représente le siège de la mort… par les étapes du ‘chemin de croix’ qui conduisit Jésus là où siégeait sa mort. La mort effectivement régnait sur ce lieu habituellement destiné à la fin des condamnés. Par ailleurs très près de ce lieu de supplice se trouvait une nécropole… puisque dans celle-ci un certain Joseph d’Arimatie avait fait creuser son sépulcre…
Shamanisme…
Certains champignons toxiques ont pour nom ‘toadstools’ ce qui signifierait en allemand « siège d’expression de la Mort ». Ceci est lié à l’idée que les shamans employaient des substances leur permettant de rencontrer dans le royaume de la mort l’esprit de leurs ancêtres. Le folklore à propos de ces champignons magiques explique qu’ils sont le ‘siège’ d’êtres mythiques liés exclusivement à ce spore… et c’est seulement dans ce dernier que le shaman peut trouver le guide pouvant le conduire avec certitude dans le royaume de l’au-delà.
Eschyle
le grec…
Ce
auteur ayant vécu un demi-siècle avant Jésus-Christ
était un célèbre dramaturge de la Grèce Antique.
Dans la cinquième partie d’Eumendides, Eschyle fait référence
au ‘siège de la mort’ en parlant d’un siège
de jugement. Il parle également de la mort et son rôle dans
la mythologie. Pour lui elle est le siège du jugement où les
actes de l’Homme sont enregistrés. Ce jugement sera prépondérant
pour ce qu’il adviendra de l’âme dans sa vie après
la mort et dans le fait qu’il lui soit permis ou non d’accéder
aux félicités des cieux.
Vedic
En littérature Védic le fait de boire le Soma, nectar divin, est un concept éminemment principal. Les écrits Védic assurent que plusieurs hymnes présentent les aspects du Mystère de la Mort. Certains décrivent Yama, dans son royaume, comme étant le premier parmi les mortels à avoir atteint l’Au-delà et être devenu la mort personnifiée. Le texte ajoute qu’il n’y a aucun danger au sujet de ce ‘siège de la mort’. Il représente une idée élevée d’un paradis où les morts rejoignent Yama et les dieux dans le partage délicieux d’une boisson, le Soma, permettant l’entendement du sens sacré et secret des litanies à son éloge. Cette ‘idéalisation du bonheur divin’ ne serait réservée, évidemment, qu’aux âmes méritantes et pures ayant eu le privilège d’atteindre le Ciel…

Egypte…
En
mythologie égyptienne, ce rôle du ‘jugement de la Mort’
fut en grande partie attribué au dieu Osiris. Bien que la signification
de nom d’Osiris soit encore incertaine, elle a été interprétée
sous la forme « pour créer un trône ». Le rôle
de ce dieu serait également celui de ‘siège’ ou
puissance de l’œil… ce dernier, rappelons-le, étant
le symbole de son épouse Isis. Osiris ainsi nommé avec ses
fonctions devient donc spécifiquement lié à l’idée
de ‘Trône’ ou ‘Siège’. En tant que
seigneur des morts, il s’identifie parfaitement à l’image
d’un ‘Siège de la Mort’ ou encore ‘du jugement’.
Le ‘Siège de la Mort’ peut également être
interprété sous la forme d’un cercueil ou sarcophage.
En Egypte une des autres formes d’Osiris était celle du «
Osiris enseveli », qui symbolise l’état de ce Dieu avant
sa Résurrection et sa représentation, rôle, de ‘Règle
des Enfers’. En cela, la comparaison avec le symbolisme chrétien
de Jésus, son tombeau et sa résurrection depuis ce tombeau…
est pour le moins troublante.
Retour
au cadre de Périllos
Dans
le cadre de Périllos, nous savons qu’un « tombeau de
Jésus » aurait été identifié sur la maquette
géographique de Bérenger Saunière et que le registre
Courtade fait mention, sur les terres des seigneurs de Périllos,
d’un « Tombeau Royal Sacré ». Le symbolisme recouvre,
à plusieurs niveaux souvent indépendants les uns des autres,
le thème qu’il peut élargir ou explorer. Ici le ‘Siège
de Dieu, pour les Juifs, a été visualisé en tant que
« siège » sur l’Arche de l’engagement avec
Dieu.
Cependant l’Arche, reliée au symbolisme du dieu Osiris réduit
la portée d’une interprétation pouvant être faussée
sur ce qu’est le ‘Siège de la Mort’ à laquelle
elle se rapporterait. Mais en même temps cette identification élargit
considérablement la possibilité de ce que peut signifier,
ou contenir d’hermétique, la référence toponymique
sur l’ancien cadastre des territoires de Périllos… Lors
de notre visite des lieux nous avons exprimé un tracé se dirigeant
vers le Montoullié (maintenant le radar météo) en survolant
la grotte de la Caune… Si l’on prend le tracé inverse
le trait se poursuit directement sur le roc du Roudoune… astucieusement
accentué sur la maquette géographique. Ceux qui nous connaissent
savent que nous sommes très prudents en matière de tracé
sur le terrain. En effet nous préférons nous mettre dans la
situation des possibilités techniques d’une époque plutôt
que de lui superposer celles d’aujourd’hui permettant des visées
sans visibilité… redoutables de précisions impossibles
autrefois.
Un
oubli nécessaire ? Pour qui ?
Ce
constat, à notre avis, fausse souvent une hypothèse par manque
de réalisme. Ici nous adhérons entièrement à
ce tracé car il peut se réaliser en visée directe nécessitant
tout au plus un ou deux bâtons de repérage. Le ‘Siège
de la Mort’ astucieusement devenu au fil des toponymes ‘Sarrat
de Mourtre’ s’efface peu à peu des mémoires documentaires
cadastrales… et nous le déplorons un peu. Mais en vérité
qui se cache, ou que veut on cacher sous ces transformations administratives,
à l’aspect innocent et bienveillant ?
Qui siège ici à titre posthume ou en tant qu’imposture
dissimulatrice? Car si le rocher du Roudoune se trouve dans la ligne de
visée du lieu n’oublions pas que le tracé de la maquette
s’inscrit également parfaitement dans ce paysage au demeurant…
ravissant ! Une place défendable dans le royaume catalan de madame
la Mort… une bergerie sécurisée… pour quels bergers
de quelle Arcadie se dresse le symbole d’un tombeau oublié
? Qui enfin ne s’est jamais essayé à superposer le fameux
paysage du peintre Nicolas Poussin à d’autres lieux que ceux
d’Arques ? Ramon de Périllos aurait-il appris au Purgatoire
de St Patrick en Irlande une réalité, déplacée
au fil d’un itinéraire lointain suivi péniblement par
un homme, du nom d’Arimatie, lui permettant d’affirmer qu’il
savait maintenant une entrée sur ses terres vers… L’autre
monde. De l’Enfer on ne peut sortir… du Paradis non plus d’ailleurs…
mais du purgatoire en principe on en sort pour un monde sauvé. Localiser
ce monde, peut-être aussi petit géographiquement qu’immense
dans sa portée sur l’Humanité, est sans doute une autre
histoire… à moins que...