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Société Périllos ©

Elément du passé des seigneurs de
Perillos pour servir à leur histoire

 

Origines

Le possession du village de Périllos par ses seigneurs est certifiée par un écrit de 1114. Ce document, la dédicace de l’église de Salse, mentionne la présence de Raymond de Périllos seigneurs des terres du même nom sous le titre de vassal du comte de Barcelone.
Au moment ou la Catalogne est annexée à la couronne d’Aragon, en 1172, les de Périllos font allégeance au roi d’Aragon.
Avant ces faits, dont des écrits assurent la véracité, il est difficile de constituer une généalogie de cette famille ainsi que l’histoire de leur implantation sur ce secteur du vieux Roussillon. Ce n’est que vers la fin du 13ème siècle que nous avons des certitudes sur le choix du village de Périllos comme siège de cette famille exceptionnelle. Il est certain que leur possession regroupe plusieurs domaines, dont Fraysse, en un seul territoire dont le siège est Périllos. La légende du Babaos et de sa traque rassemble en une seule histoire les actes d’un seigneur chasseur du monstre, originaire tantôt de Fraysse, tantôt de Périllos.
Dès le 14ème siècle l’ascension fulgurante de cette famille est telle que rien ne semble pouvoir l’arrêter. Ses seigneurs resteront possesseur de leur domaine tout au long du 14ème siècle sans discontinuer, à commencer par un Ramon de Périllos, dont les deux fils, François et Ramon, seront les véritables fondateurs de cette dynastie. Tout en considérant que le père était décrit en tant que « seigneur du village misérable de Périllos », avant que son fils Ramon ne décède en 1383, cette famille s’élèvera aux plus hautes charges, fonctions et honneurs aux cours d’Aragon et de France.

Les tumultes du 15ième siècle

Ramon de Perillos ("le quatrième") est mort en 1442. Il passe ses premières années à la cour d’Alphonse V, roi d'Aragon et de Naples. Après avoir occupé la charge de gouverneur du Roussillon et du Cerdena, Ramon part pour l'Italie et y reste jusqu'à la fin de sa vie où il décède sans enfants. Par conséquent, quelques chercheurs spéculèrent sur la destinée du village de Perillos, qui en devient possesseur, mais surtout sur ce qu’il advient du titre de Perillos.
L’an1442 marque t’il la fin des seigneurs de Perillos ? Dans la négative que s'est-il passé jusqu'à la vente des domaines aux Durban-Gléon en 1482 ?
Indépendamment de la destiné du village, on sait que la noble ligne se poursuit avec François de Fenouillet, qui était un neveu de Ramon. La biographie de Ramon de Perillos confirme l'existence de lettres d'Alphonse V, en date du 23 février 1428, attestant les droits de Pierre de Fenouillet aux domaines de Ramon de Perillos. En cas de décès de ce dernier sans héritier l’ensemble de ses domaines reviendrait à François de Fenouillet.
C’est par l’histoire de François de Fenouillet que se résout le « mystère de l’an 1442" pour la famille de Périllos. François de Fenouillet hérite des domaines et titres de Roda et de Perillos. Cet héritage opportun est une véritable aubaine pour le seigneur de Fenouillet se trouvant, à ce moment, accablé de dettes insurmontables. Ces propriétés providentielles sont pour lui l’opportunité pour solder ses dettes en liquidant certains de ses nouveaux domaines. Par un acte du 6 mai 1441 François de Fenouillet cède le château et le du village de Perillos à Jaspert de Tregura. Bien que Ramon de Perillos ne soit pas encore mort, il semble que François vende plusieurs parties du domaine de Périllos … sans aucun doute pour solder ses dettes les plus criantes.
Le seigneur de Tregura reste possesseur de Perillos durant quarante années. Ensuite Jaspert de Tregura, établissant sa demeure à Ille-sur-Tet, revend Périllos aux Gléon-Durban le 6 novembre 1482. Ainsi, Guillaume de Gleu (Gleon) est devenu seigneur de Périllos pour un montant de 70 livres !

Les écrits du docteur Courrent

Dans la première partie du 20ème siècle, un docteur local, Paul Courrent, qui était également le docteur de Saunière à la fin de sa vie, écrit une histoire des seigneurs de Durban et confirme l’opération ci-dessus. À la page 57 de son manuscrit, Courrent écrit au sujet du 16ieme degré de la famille : « Guillaume III, chevalier senior de Gléon, Treuilles, Durban et Jonquières et lieutenant du Sénéchal de Carcassonne ». Ce seigneur était également l’ambassadeur de Marie d'Anjou, reine de France, dans les transactions diplomatiques avec la cour d'Aragon. Guillaume III était certainement un homme digne du titre des seigneurs de Périllos… cependant bien qu'il ait fait l’acquisition il semble qu'il n’en ait jamais fait usage.
Il faut attendre le 21ème degré (page 81 du document ‘Courrent’) de la lignée des Durban-Gléon pour trouver un Olivier VII, seigneur de Durban-Gleon, utilisant le titre de "vicomte de Périllos". Ce dernier est également seigneur de la Belle Auriole et occupe la charge de juge d'Opoul. Le docteur Courrent note ces domaines situés dans le Roussillon.

L’Annexe du Roussillon et la révolution française

Sous Louis XIV (1638-1715), le Roussillon est annexé à la France. Ainsi, en 1659, les titres de la famille Périllos récupérés par les Gléon-Durban sont définitivement confirmés dans leur état. C'est le notaire royal Courtade (de Quillan) qui est chargé de dresser l’inventaire de ce secteur du Roussillon, y compris le territoire de Périllos et ses biens.
Avec la Révolution Française (1789 et 1799) cette situation change irrémédiablement avec l’abolition des titres nobiliaires. C'est une réorganisation dramatique de tous le pays dans ses fondements territoriaux, qui a affecte chaque seigneur… y compris ceux "du village misérable" de Périllos.

La lignée familiale continue

Nous avons vu François de Fenouillet poursuivre la lignée des seigneurs de Périllos bien que ce titre soit sans terre. Ce n'est pas un changement très important en raison du fait que les défunts seigneurs de Perillos au 14ème siècle passaient leur temps loin du village, à Valence, ou dans les diverses cours royales et papales d’Europe.
Le titre du vicomte de Perillos était encore employé, même après le passage du Roussillon à la couronne de France. Ces seigneurs continuèrent à entretenir d’étroits rapports au sein de l’aristocratie espagnole. "François Perillos III" épouse Juana Rabasa, une des plus anciennes familles de Valence (Espagne). La lignée des Rabasa s’éteignant, le nom est ajouté à celui de leurs enfants. C’est ainsi que le plus âgé de leurs fils s’appelle Giner Rabasa de Périllos.
C'est dans cette famille que quelques générations plus tard, Ramon de Périllos y Roccafull est reconnu comme le plus jeune des frères. Ce dernier, considérant que son frère plus âgé assure la lignée familiale, il accède aux fonctions de grand maître des chevaliers de Malte, vers la fin du 17ième siècle.
La descendance des Périllos se poursuit jusqu'à Giner Rabasa de Perellos y Palafox décédé en 1843. Né à Valence en 1786 il meurt à Rome le 24 mars 1843, sans héritier. Dans son testament, dressé et daté du 21 février1843 à Rome, il nomme "Vicente Dasi Lluesma, député et sénateur du roi", en tant que son plein héritier ; il reçoit à cet effet le titre de "marquis de Dos Aguas".

Les seigneurs de Périllos se lèvent une fois encore

Depuis la création de la République Française, il n'est plus donné de nouveaux titres aristocratiques en France. Cette situation ne s'applique pas à l'Espagne, où le titre de "vicomte de Perellos" est restauré en 1999. Selon la disposition 17551 du Ministère de la Justice, en date du 20 juillet 1999, est accordé le titre de Vicomte de Perellos en faveur de Íñigo de Arróspide y Valera. Le pouvoir de ce ministère à redonner un titre éteint remonte à un arrêté royal du 27 mai 1912, par lequel le ministère peut accorder ce privilège.
Etrange disposition des événements de l’histoire et des hommes… Les seigneurs de Périllos délaissent leur village il y a 500 ans, comme les villageois eux-mêmes quittent leur village il y a 50 ans … Malgré l’abandon total et la mort du village, qui fut leur berceau, le nom et la renommée des Périllos vit toujours au-dessus.

Filip Coppens
Avec tous nos chaleureux remerciements à Jérôme Landgräfe