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Société Périllos ©

Aux origines du Prieuré de Sion
(2ième partie) - La Société Angélique et le Songe de Poliphile

 

Où il est question de L’Hypnerotomachia

« L’Hypnerotomachia est devenu la bible d’une secte sans maître ! » conclut Joscelyn Godwin dans son commentaire sur le fameux Songe de Poliphile. Le Songe de Poliphile, ou l’Hypnerotomachia Poliphili, pour donner son nom latin, pourrait être imprononçable pour beaucoup… d’autant plus qu’il est resté, au fil de nombreux siècles, illisible dans sa plus grande partie. Écrit dans un dialecte vénitien de la fin du XVe siècle, son auteur a employé des centaines de nouveaux mots, pour la plupart totalement inventés ou librement ‘latinisés’. De nombreux autres mots ont été empruntés à un seul auteur latin, Ovide. Les inscriptions hébraïques sont linguistiquement correctes et, probablement, ont été fournies par un rabbin, tandis que les textes arabes semblent avoir été compilés d’un dictionnaire. Cet ouvrage pourrait être qualifié ‘d’exagérément hermétique’… et, par conséquence, à peine compréhensible. On remarquera qu’aucun critique ne s’est aventuré à considérer ce livre comme ‘lisible’. Le professeur Weiss ira jusqu’à le déclare, avec ironie, comme « un prétendent important pour le titre de travail le plus ennuyeux en littérature italienne »…

Eléphants & jardins

Quoi qu’il en soit, le Songe a inspiré plus d’un artiste, et non des moindres. Une des meilleures, et plus connues, illustrations de cet ouvrage est celle d’un éléphant rapportant un obélisque sur son dos. Ce dessin étrange a tout d’abord inspiré Salvador Dali dans sa Tentation de Saint Antoine, mais aussi l’artiste sculpteur italien Bernini. Le 1 mai 1667, 200ième anniversaire des événements fictifs du Hypnerotomachia, le pape Alexandre VII consacrait la statue de l’éléphant-obélisque de Bernini, à Rome… sur l’ancien emplacement d’un temple d’Isis.
Ses multiples descriptions de temples et de jardins ont inspiré pendant des siècles des concepteurs de jardins ‘fous’ et ingénieux… y compris les jardins raffinés de Versailles. A ce propos, si on cherche une raison pour laquelle Maurice Barrès a eu une prédisposition pour les jardins et la mort, il est tout à fait possible qu’il ait été inspiré par le fameux Songe.

Le livre

En bref, l’histoire de l’Hypnerotomachia Poliphile est exactement ce que le titre indique : La recherche de Polia par Poliphile pour leur voyage vers l’île de Cytherea, où règne Vénus. Finalement, l’aventure est présentée comme un rêve fait par Poliphile.
Cette histoire est en deux parties distinctes. La première est le récit des péripéties de Poliphile cherchant Polia. La seconde partie est la même histoire, mais commentée par Polia selon son seul point de vue. Polia explique que, dans sa jeunesse, elle contracte la peste… et fait vœux à la déesse Diane de devenir une de ses prêtresses en cas de guérison. Mais sa soumission à Diane est contestée par Poliphile, qui s’engage dans la conquête de l’amour de Polia. Il tente de la séduire, en déclarant sa passion, mais l’objet de cet amour ne lui montre aucun intérêt… Terrassé par le chagrin, il s’effondre devant elle.
Dans cette expérience très proche de la mort, l’âme de Poliphile cherche les possibilités d’influencer l’intervention de Vénus, afin que soit libérée Polia de son assujettissement au temple de Diane… et c’est par l’entremise de Cupidon que pitié est implorée : l’âme de Poliphile souhaite réintégrer son corps et prendre Polia pour épouse. Vénus s’émeut et finit par consentir à cette supplique… et laisse Cupidon décocher une de ses fameuses flèches en direction de Polia qui, sous l’effet de ce trait, laisse son cœur battre pour Poliphile. Les jeunes amoureux obtiennent d’être conduits hors du temple de Diane et se réfugient dans le temple de Vénus, où une prêtresse approuve leur union.
Cependant, à l’issue de cette aventure, au riche symbolisme, Poliphile apprend que l’épisode entier n’est pas tellement une expérience proche de la mort, mais simplement un rêve merveilleux… Hélas, il n’a jamais conquis Polia que dans son rêve….

L’auteur

Bien que l’auteur soit officiellement anonyme, il semble que, peu de temps après la publication, chacun ait su de qui il s’agissait. Le livre, lui-même, contient quatre éléments discrets permettant d’en supposer la paternité… L’explication la plus ingénieuse a été trouvée, en 1723, dans la copie, avec une note, d’un livre dans la bibliothèque dominicaine Zattere, à Venise. Le commentaire est daté du 20 juin 1512. L’élément ‘chiffré’ se compose des lettres initiales de chacun des 38 chapitres… Cet assemblage donne « Poliam Frater Franciscvs Colvumna Peramavit », soit : « frère Francesco Colonna a considérablement aimé Polia ». De cette façon, cette astucieuse petite phrase identifie l’auteur qui ne serait autre que le moine Francesco Colonna. L’auteur inconnu du cryptographe ajoute que le personnage de Polia était réellement une habitante de Trévise… et que Colonna « habite maintenant à Venise à proximité de la place ‘Giovanni e Paolo’ ».
Léandro Alberti, auteur, en 1517, d’un livre sur « les dominicains célèbres », mentionne lui aussi qu’un « Francesco Columna de Venise a vraiment montré sa diverse et multiple ingéniosité dans un certain livre écrit dans la mère-langue ». En conclusion, le frère (Leonardo Crassus) de l’auteur de cet ouvrage était marié à la fille de la sœur de Francesco Columna. Ce témoignage, à lui seul, compromet n’importe quel argument qui contesterait l’identité de l’auteur.

Colonna est admis en 1433 dans l’Ordre dominicain à Trévise. Plus tard, en 1465, il est prêtre en fonction. A l’époque où Savonarole représente la ‘nouvelle conscience’ de Florence, Colonna tient la charge enviée de prédicateur à St Marc de Venise, de 1488 à 1493. Cependant, il est dégagé de sa fonction prestigieuse vers 1496. Cette mesure est suivie, en 1500, par la liberté de vivre hors de l’enceinte du monastère.
Savonarole, après le temps des vanités de sa règle, décède en 1498… juste un an avant la publication de l’Hypnerotomachia. Il voulait rétablir, selon ses règles, les morales strictes du christianisme. Cependant, le monastère auquel appartient Colonna est alors non réformé, ce qui signifie que ses religieux ne peuvent être soumis entièrement aux strictes règles des moines. Est-ce la raison pour laquelle Colonna vit à l’extérieur du monastère ?... Colonna meurt en juillet (ou octobre) de 1527, à l’âge exceptionnel de 94 ans… soit soixante ans après avoir écrit la première partie de son roman excentrique.

L’initiation

Bien que peu d’analystes aient interprété ce livre de Colonna comme un récit d’initiation, Joscelyn Godwin a déclaré que la « combinaison d’Apulée de l’éroticisme avec la bigoterie païenne, et la structure des histoires dans des histoires, font de L’âne d’or un des ancêtres les plus directs de l’Hypnerotomachia ». L’âne d’or d’Apulée, ou Métamorphoses, relate le parcours d’un initié aux mystères d’Isis. Au livre XI de ce texte, le caractère ‘essentiel’ de Lucius, reconstitué « depuis l’âne à l’homme », est témoin des mystères d’Isis et d’Osiris… qui lui permettent de voir la déesse qui se dévoile, comme Vénus, sous sa forme primitive : comme Vénus!...
La plupart des spécialistes, y compris Godwin, convient que Johann Valentin Andreae, ‘l’auteur anonyme’ des brochures rosicruciennes datant du début du 17e siècle (y compris ‘Le Mariage Alchimique de Christian Rosenkreutz’ de 1616), se serait librement inspiré de l’Hypnerotomachia pour les écrire.
Christian Rosenkreutz reprend à son compte le voyage de Poliphile. Comme ce dernier, voyageant par la mer, il est salué par les dieux de la mer et finit par aborder sur une île mystérieuse où se déroulent les rituels alchimiques de la renaissance. Sur cette terre initiatique, il découvre une crypte souterraine dans laquelle il pénètre, accompagnée d’un cupidon, pour le moins facétieux, et là il découvre Vénus nue et endormie.

On note que tout ceci tourne surtout autour de découvertes de tombeaux ; soit d’Isis, soit peut-être de tombeaux plus … « Saunièrien »…, comme ceux indiqués, par exemple, sur sa maquette ?... n’en déplaise à certains détracteurs!
Puisqu’il est question de tombeaux et d’anges, nous devons inclure également Maurice Barrès et les initiations « des anges »… sans omettre le tombeau d’Arcadie, sujet essentiel de notre première partie.

La société secrète dite Angélique

L’existence de l’organisation « Le Brouillard », ou « Société Angélique » se retrouve à Venise, en 1470 – la même période que celle de Colonna – où nous trouvons la trace d’une société alchimique secrète, connue sous le nom de Voarchadumia. Ce mot, inventé de toutes pièces, signifie l’ « or de deux cémentations parfaites », ou encore l’ « or deux fois raffiné ». Il dérive d’un autre mot chaldéen pour l’ « or » et d’une expression hébraïque signifiant « sur deux rubis ».
Cette organisation est décrite comme une société dont les membres, férus d’alchimie, tentent de reformer un ‘Etat’ idéal, en appliquant les principes de la Kabbalah. Le programme (surprenant) imposait aux écoles et académies d’enseigner la Kabbalah. De fait, les lois de ce nouvel Etat devaient être modifiées de sorte qu’elles soient basées sur la Sagesse plus que la Puissance. La légende raconte que Giorgione, un peintre italien de l’école vénitienne, bien connue pour son célèbre Sommeil de Vénus, était un membre notoire de cette organisation. Cependant, nous devons nous demander si Francesco Colonna pouvait également avoir été membre de cette fraternité… Si tel était le cas, l’Hypnerotomachia pouvait être considéré comme ‘une bible’… parce qu’il était le récit précis de son initiation !

Nicolas Poussin

Brutalement l’organisation est interdite à Venise en 1488 ; néanmoins, sa doctrine reste éditée encore en 1530, à Venise, sous la signature d’un autre prêtre vénitien : Johannès Augustinus Pantheus. A cette date, la société du Voarchadumia traverse les Alpes et trouve une nouvelle hospitalité en France. C’est également en France que l’Hypnerotomachia aurait inspiré les travaux de messieurs Nicolas Poussin, Charles de Perrault, Charles Nodier et Gérard de Nerval. Ces derniers personnages forment des éléments devenus, de nos jours, particulièrement embrouillés dans le mystère de Rennes-le-Château…
Cette difficulté provient, peut-être, du fait que chacun d’eux représente une sorte de mystique en queste des vérités ésotériques représentées par un voyage illustré par l’Hypnerotomachia. On note, également, qu’à l’issue du fameux texte « Le Serpent Rouge », on peut lire : « J'ai omis de vous dire en effet que c'était un songe que j'avais fait ce 17 JANVIER, fête de Saint SULPICE. Par la suite, mon trouble persistant, j'ai voulu après réflexions d'usage vous relater un conte de PERRAULT. »… C’est ce même Charles Perrault qui fut inspiré par le Songe de Poliphile… et la Société Angélique !
D’autres personnages célèbres étaient également des membres de la Société Angélique, tel François Rabelais qui travaillait pour Gryphe en qualité de correcteur. Sur ce propos, nous pouvons souligner que Guillaume Postel et Antoine Fumée, contemporains de Rabelais, l’accusent justement d’être membre d’une société secrète. Postel, en 1542, souligne précisément ce qu’il appelle le caractère pernicieux de Rabelais, en ces termes pour le moins intrigants: « quoiqu’il ne nie pas Dieu directement ou indirectement, comme ils disent, mais ils essayent néanmoins de le chasser de son ciel ». Bien qu’un tel bavardage ne soit pas concluant, Rabelais a certainement été inspiré par l’Hypnerotomachia, comme dans son Livre Cinquième, il donne une description du temple souterrain de Bacbuc qui est équivalente au temple de Vénus.

De l’Angélique à la A.A.

Au 19ième siècle, Grasset d’Orcet (1828-1900) déclare que ‘Le Brouillard’ fut fondé par l’imprimeur Lyonnais Gryphe, au 16ième siècle. Gryphe était Sébastien Greif, quittant sa maison de Reitlingen, dans le Wurtemberg, pour s’installer à Lyon en 1522. Pour symbole de sa nouvelle ‘société’, il choisit l’image du griffon, représentant déjà une société secrète en Grèce, connue sous le nom de Néphès, ou… le Brouillard.
Certains chercheurs français, comme Jean Robin, argumentent que le Voarchadumia s’est alors transformé en ‘Brouillard’… société qui a très bien pu opérer une mutation en organisation connue sous le nom d’AA, un acronyme illustre mais cependant très peu connu des ténors en la matière. Quelques auteurs, y compris le comte Beguoin et Jean-Claude Meyer, ont néanmoins étudié l’AA. Ils ont conclu que l’organisation était en grande partie composée des prêtres… précisément comme le Voarchadumia vénitien auquel cette société ressemble de plus en plus ! Le comte Beguoin identifie l’AA comme le mouvement successeur de la Compagnie du Saint-Sacrement, une autre organisation sacerdotale datant du 17ième siècle, dont le siège social était l’église St Sulpice à Paris. St Sulpice qui est précisément l’endroit où on retrouve non seulement Barrès, mais aussi Delacroix… et ‘Le Code Da Vinci’ !
L’AA, comme la ‘Compagnie’ l’explique à ses membres, est « Le Secret » – avec S majuscule – qui doit être protégé à n’importe quel prix. Le ‘fascicule guide’ du membre doit être lu (pour ce que nous avons trouvé, alors que les documents sont introuvables) et appliqué avec la rigueur et l’intransigeance d’un manuel d’instruction à l’usage d’une organisation terroriste : ne pas dire le secret à n’importe qui, ne pas même informer son confesseur, sa famille ; en rencontrant un camarade en public, ne pas parler de l’environnement de l’organisation, et surtout ne pas indiquer à un étranger le lien commun ; comment travailler avec des mots de passe ; comment protéger et, si nécessaire, détruire une cellule de l’organisation sans laisser des traces, etc… Avec une structure d’une telle sévérité mise en place, il est clair que, quelque secret que l’AA ait essayé de protéger, les membres aient pris leur mission sérieusement. Depuis un tel secret – Secret – en place, il est également clair que l’organisation soit en grande partie inconnue, et que « leur secret » n’ait jamais été jusqu’ici découvert. Revenons brièvement sur une autre énigme, concernant une certaine ANGELINA et l’abbé Gélis. Si ce dernier, par exemple, était affilié à ce genre de ‘fraternité’, par sa fonction de prêtre, il est clair qu’il ait été soumis à ce genre de secret absolu… et aux risques encourus en cas de trahison ou autres fuites même involontaires. Admettons ensuite que Gélis ait été assassiné pour s’être mêlé d’un fait qui ne le regardait pas, ou qu’il se soit apprêté à ‘éventer’ des plans directionnels sur lesquels il devait garder le secret… et bien, en ce cas, la méthodologie et la brutalité de la mise en scène du meurtre correspondent en tous points aux méthodes et pratiques auxquelles une société du type A.A. aurait pu se livrer pour se protéger… elle, et surtout son ‘Secret’… quitte à saborder le ‘commando’ après l’action. En ce cas, il faut aussi admettre que l’opération fut un succès, car même la justice n’a jamais été capable d’éclaircir ce meurtre pour le moins… secret !

La Société Angélique et l’affaire de Rennes-le-Château

Nous retiendrons, à ce moment, comment, en 1626, Polycarpe de la Rivière (prieur de la chartreuse de Ste Croix en Jarez si chère aux Roussillon !) édite, à Lyon, un ouvrage au titre prometteur : « Angélique. Les excellences et perfections de l’immortalité de l’âme. » On note que « l’immortalité de l’âme » va devenir une préoccupation majeure très importante au sein d’une autre organisation étroitement liée avec les membres – et les chercheurs – du Prieuré de Sion… Cependant, une fois cette remarque enregistrée, nous n’entrerons pas dans cette affaire pour l’instant.
A ce stade, observons que Saunière, en toute discrétion, se dirige vers Lyon. C’est depuis ce point de repli, méprisé des ténors habituels, qu’il fait des excursions vers une petite chapelle, sous le vocable de Marie Madeleine, dans le Pilat. Ajoutons également qu’à Lyon il est aussi invité dans un ‘milieu’ où se rencontrent des martinistes… C’est encore et toujours dans un ‘milieu’ religieux lyonnais que l’abbé Saunière dispose de liens, avec d’autres personnages, à propos de sa fameuse maquette. Enfin, nous devons observer que depuis l’installation de la Société Angélique sur la ville de Lyon, cette dernière reste, encore aujourd’hui, la capitale des sociétés secrètes et de l’ésotérisme… Et qu’à ce propos, il est judicieux d’ajouter que la Société Angélique est aussi restée à Lyon ou dans sa périphérie. Nous n’oublierons pas, non plus, qu’un certain document, dont le nom « Codex Bezae » vient de surgir dans l’affaire de Rennes-le-Château, se trouve, lui aussi, issu d’une bibliothèque lyonnaise !
Et pourtant, nous ne sommes pas encore au bout des « hasards peu hasardeux ». Nous avons vu les origines italiennes de cette Société Angélique dans le secteur de Venise. Ensuite, nous trouvons la présence de Poussin parmi ses membres. Nicolas Poussin est un français, résidant à Rome, et qui curieusement sert de « navette » entre le cercle rapproché du pape et le roi de France. Peut-être devons-nous aussi inclure les Cassini, eux aussi ‘migrants’, mais de l’Italie vers la France… et qui accepteront seulement de venir vivre en France le temps d’une mission, qui durera trois dynasties, après de difficiles négociations. Tout comme nous prendrons en considération le comportement de Nicolas Poussin, ne semblant pas vraiment désirer se trouver trop près du roi de France… mais qui, de temps à autre, ne peut refuser de rendre… certains services pour le moins secrets. C’est ce même Nicolas Poussin qui est cité comme pièce principale d’une fameuse lettre mettant en lumière Nicolas Fouquet, grand intendant des finances du royaume de France et tout simplement ‘main droite’ du roi de France. On observera aussi une mission accomplie dans les mêmes conditions par Vincent de Paul et surtout une autre missive quasiment identique se trouvant dans les archives des de Cassini… Ce dernier courrier fait état d’un grand « Secret » qui ne doit en rien être dévoilé !…

Retour final au grand secret

Dans l’édition française du Songe de Poliphile se trouve une dédicace à Messire Henri de Lenoncourt. Est-ce vraiment un simple hasard si c’est un comte de Lenoncourt qui aurait signé sous les pseudonymes Lobineau et Schidlof, prétendus auteurs des « Dossiers Secrets »… qui sont, pourquoi pas, une simple imitation de quelque chose… de très angélique? Qui peut le nier?
Pour conclure provisoirement, ne devons-nous pas aussi constater que le Songe de Poliphile et un texte des « Dossier Secrets », le Serpent Rouge, partagent d’étranges caractéristiques. Le Serpent Rouge parle d’Isis et de Marie Madeleine… le Songe, de Vénus. Les deux histoires semblent bien se situer dans la réalité, jusqu’au moment où nous voyons qu’il ne s’agit que de deux récits, certes initiatiques, mais situés dans le royaume des rêves ! En effet, nous lisons dans le Serpent Rouge: « Mon émotion fut grande, ‘RETIRE MOI DE LA BOUE’ disais-je, et mon réveil fut immédiat. J'ai omis de vous dire en effet que c'était un songe… » Choix de mots bien précis… ou indications disposées là pour indiquer que, peut-être, l’auteur du Serpent Rouge s’était inspiré du fameux Songe ? « Un songe »… mais n’est-il pas opportun de devoir lire « Le Songe » ? Tout comme, sur ce registre, il y a « des secrets » et… « LE Secret » ?

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Filip Coppens