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Société Périllos ©

Aux origines du Prieuré de Sion
(6ième partie) - L’axe des anges ?

 

Le Paradis perdu : la Chute de l’Homme du Jardin d’Eden et le Grand Déluge

Il existe des allusions et même des références claires données dans quelques travaux de littérature classique qui concluent que le Déluge (le déluge biblique) et « la Chute de l’Homme » se rapporteraient tous les deux au même événement.
Et si ce sujet était le coeur des préoccupations de certains avec les anges ?
Le thème principal du poème épique de Milton, le Paradis Perdu, est la « Chute de l’Homme » du Jardin d’Eden. Ces lignes sont du Livre X : « les uns disent qu’Il commanda à ses anges d’incliner les pôles de la Terre, deux fois dix degrés et plus, sur l’axe du Soleil; avec leur effort, ils poussèrent obliquement ce globe central » (traduction de Chateaubriand)
Nous pouvons nous dire que “Il” – ce qui signifie Dieu – avait “ordonné à ses anges” de le faire ? c'est-à-dire qu’il avait “ordonné qu’ils renversent la Terre et la repoussent loin de « l’axe du Soleil »- du pôle écliptique droit.
Les vers restants de Milton « ?afin d’apporter à chaque climat la vicissitude des saisons ; sans cela le printemps Perpétuel avec des vernales fleurs, aurait souri à la Terre, égal en jours et nuits, excepté pour les habitants au-delà des cercles polaires ; pour ceux-ci, le jour eut brillé sans nuit? »

Est-ce que Milton croyait réellement que les axes de la terre étaient droits à l’origine ? Si c’est le cas, quelle était alors la source de ses connaissances et de son inspiration pour son œuvre ? On a dit que son influence incluait la Bible, sa propre éducation Puritaine, le poète romain Virgile et Sir Edmund Spenser – un écrivain élisabéthain sur le thème de l’Arcadie. Bien sûr, au travers de ces lignes, les liens de la Société Angélique avec l’Arcadie seront réactivés. Dans son édition du Paradis Perdu de Milton, Scott Elledge admet par principe que l’axe de la Terre était tout d’abord droit : « ...avant que la Terre ne soit inclinée de ses axes aux temps de la Chute, il n’y avait pas de colures, les deux cercles qui s’entrecoupaient réciproquement l’un l’autre à angle droit aux pôles divisent l’équinoxial et l’écliptique en quatre parties égales. L’une passe à travers l’équinoxial, l’autre à travers le solstitiel, points de l’écliptique ».
Dans son analyse du Paradis Perdu de Milton, l’écrivain Pete Stewart nous informe: « comme Milton nous le fait observer, ce n’était pas le cas, la Terre et le Ciel étaient toujours en ‘congrès éternel’, pas séparés puis un printemps perpétuel aurait souri et les conditions sur Terre auraient été celles d’une équinoxe constante avec jours et nuits d’une égale longueur et pas de variation saisonnière. »

Joscelyn Godwin cite les lignes ci-dessus du Paradis Perdu de Milton aussi bien que la «Thelluris Theoria Sacra» (ou Théorie Sacrée de la Terre) de Thomas Burnet- écrite en 1681 : « Les Pôles du Monde changèrent une fois leur situation, et furent au départ d’une autre posture que celle qu’ils ont maintenant jusqu’à ce que l’inclinaison n’arrive (...) la Terre changea sa posture au Déluge, et de cette manière, ceci sembla changer le Ciel ; ses pôles se dirigeaient avant vers le pôle de l’écliptique, qui maintenant se dirige vers les pôles de l’équateur, et son axe est devenu parallèle avec cet axe (...) et je suis enclin à penser que ces changements dans la course des étoiles, dont les Anciens parlent, et spécialement les Egyptiens, s’ils ne provenaient pas de défauts dans leur calendrier, n’avaient pas d’autres raisons physiques que celui-ci. Et comme ils disent que les pôles du Monde étaient au départ dans une autre situation, aussi ils disent d’abord, qu’il n’y avait pas de variétés de saisons dans l’année, comme dans leur Âge d’Or. »

Les citations données au-dessus suggèrent qu’à la fois l’inclinaison de l’axe de la Terre, et le Déluge Biblique résultèrent d’une même tragédie globale. Citant encore Pete Stewart:
« Milton suggère que cela [l’Âge d’Or] avait été la situation antérieure à l’expulsion d’Adam et Eve de l’Eden. Ce fut leur désobéissance qui poussa Dieu à ordonner la fin de cette période hors du temps. »
Dans son propre résumé du Livre X du Paradis Perdu de Milton, Michael McGoodwin écrit: « Dieu fit bouger le Soleil et changea l’inclinaison de la Terre, créant les saisons froides et chaudes. »
Une autre source donne ce résumé: « Dieu dit aux anges de transformer la Terre. Après la Chute, l’Humanité devait souffrir de saisons chaudes et froides au lieu des températures constantes avant la Chute. Sur terre, Adam et Eve redoutèrent leur destin tragique qui approchait et se blamèrent l’un l’autre pour leur désobéissance. »

Avec Milton –et d’autres–nous avons besoin de poser la question de savoir si en tant qu’hommes intéressés par les anges, ils semblaient tenir ces anges comme responsables de l’obliquité de la Terre. C’est une observation intrigante à faire quand nous notons que l’une des préoccupations de ces gens semble avoir été l’établissement de méridiens. En outre, se pourrait-il qu’ils aient cru que le but final –la Rédemption de l’Humanité – ait été littéralement de remettre la Terre droite – à la verticale – de nouveau ?

Si la Terre ne s’était pas inclinée dans une position droite et n’avait jamais été verticale, il apparaît que beaucoup croyaient néanmoins qu’un tel scénario était arrivé, comme le Paradis Perdu de Milton le suggère, ou peut être que la position verticale de la Terre était sans doute un “idéal” qui n’existait seulement que dans l’esprit de l’Homme et était largement fondé sur des idées spirituelles “élevées” et des concepts qui sont chamaniques à l’origine. Je ne peux insister plus sur ces éléments parce que ce n’est pas mon intention de prouver que la Terre était d’abord droite, ni ma propre croyance qu’il en était ainsi– seulement de porter l’attention sur l’évidence que cela avait été d’abord “cru” et que c’était peut être toujours cru. Cela pouvait être en même temps une réalité et/ou pourrait l’être ou le sera de nouveau.

Guercino

Une caractéristique clef de l’inclinaison de la Terre est 23,5 degrés. C’est littéralement le nombre que nous donne nos saisons. Tandis que parcourant en tous sens ce qui a été lié avec les sujets de l’Arcadie et la Société Angélique, j’ai convergé plus particulièrement vers Guercino et Poussin, puisque leurs peintures ont été spécifiquement reliées avec le thème de l’Arcadie.

Et In Arcadia Ego par Guercino (1618-1722)

La première peinture à faire figurer la phrase énigmatique ET IN ARCADIA EGO fut peinte par Guercino (Giovanni Francesco Barbieri Guerchin – un peintre italien de la Période Baroque, 1591–1666) entre 1618 et 1622 environ.
Deux jeunes bergers sont représentés : l’un proprement rasé et habillé en blanc, l’autre barbu, habillé en paysan vêtu de rouge et portant une cape rouge. Dans ces peintures, on nous montre comment l’homme tomba plus loin dans la division et la ‘dualité’. Dans ce monde des opposés : la condition de notre monde est l’une des ambivalences ; notre conscience reflétée dans notre monde qui est incliné et vice versa.

Dans la peinture de Guercino, les deux bergers regardent tous les deux un crâne vermoulu et infesté de mouches sur un piédestal en pierre sur lequel les fameux mots ET IN ARCADIA EGO sont inscrits.
Pour beaucoup, il s’agit de Cain et d’Abel, les fils d’Adam et Eve, mais cela a encore des connotations symboliques reliées aux pôles opposés exprimés par Abel, « le bon » et Cain, « le mauvais ». Si ces deux figures sont Abel et Cain, alors le crâne appartient-il à Adam, leur père ?

Peut être nous ne devrions pas nous ruer sur un tel jugement, mais laissez nous noter à présent que nous sommes vraiment en présence d’une « peinture angélique » portant, comme il se doit, une tombe et l’inscription ET IN ARCADIA EGO, ce qui trahissait , selon Maurice Barrès, un membre de la Société Angélique.

‘Les Bergers d’Arcadie’ (Version I) de Poussin

La peinture de Poussin montre deux bergers et une bergère examinant une tombe décorativement désignée par l’inscription « ET IN ARCADIA EGO » sur le côté. La bergère est habillée de blanc et les deux bergers portent du rouge et du bleu/noir sombre. Ainsi nous avons les mêmes couleurs portées (rouge/ blanc) que dans la peinture de Gercino, plus une couleur additionnelle bleu/noir.

Les Bergers d’Acardie Version I par Poussin (1627)

Le berger en rouge tient une houlette de berger qui est courbée légèrement et à un angle de 75 degrés et l’autre berger (et certains disent qu’il s’agit d’une bergère) tient un bâton en bois, qui est à un angle de 60 degrés.
Un détail intéressant dans la peinture est le rebord de la tombe qui est à un angle de 30 degrés. Il est perpendiculaire au bâton à la gauche à un angle de 60 degrés. Si nous dessinons une ligne à travers le bâton et une ligne pour indiquer le rebord de la tombe nous créons une croix inclinée à 30 degrés.

Le bâton sur la gauche à 60 degrés et le bord de la tombe à 30 degrés créent une croix inclinée.

Si maintenant nous commençons une ligne depuis le centre de la croix où les lignes de 30 et 60 degrés se croisent et que nous l’élargissons à la fin de la houlette sur la droite, l’angle de cette ligne est entre 72 et 73 degrés (72 degrés montrés ici).


L’angle de 72 degrés

La Crosse et le Fléau d’Osiris

Est-ce que le bâton à gauche à un angle de 60 degrés ne pourrait pas être un fléau ? Dans l’ancienne Egypte, la crosse (heka) et le fléau (nekhakha) étaient les symboles du pouvoir et de la règle, portés par le dieu Osiris aussi bien que par les pharaons et les hauts fonctionnaires. Comme pour Osiris, dans le patron sur lequel n’importe quel « Sauveur Ressuscité » – comme le Christ – était basé, le roi était considéré comme « le berger de son propre peuple ». De nombreux peuples anciens (spécialement en Mésopotamie) se référaient à leurs rois comme à des « Rois Bergers » ? comme une marque de respect pour ces « Bergers des hommes ». Notons que les Sumériens nommaient la constellation d’étoiles d’Orion ‘le Berger’.
Osiris est habituellement dépeint comme tenant la crosse et le fléau (ses emblèmes) dans chaque main et avec ses bras pliés à travers sa poitrine ? la même position royale que celle dépeinte pour Toutankhamon et d’autres pharaons et dans ces descriptions plus tardives ces deux symboles de pouvoir furent tenus en un tel chemin qu’ils fabriquent une croix diagonale. Dans la peinture de Poussin, les deux bâtons sont figurés en face d’un grand arbre penché, comme la crosse et le fléau portés par Osiris ? spécialement quand Osiris est dépeint, comme sur la colonne Djed.

Osiris comme sur la Colonne Djed

C’est ce qui représente aussi l’axe mundi – l’ ‘axe du Monde’. L’axe du Monde, bien sûr, est relié au méridien, et par conséquent à l’obliquité de la Terre.
C’est une coïncidence de découvrir que l’arbre large derrière la tombe de la peinture de Poussin est incliné à 23,5 degrés – le même angle que celui de l’axe de la Terre. J’ai trouvé que les arbres, dans la plupart des peintures de Poussin, sont inclinés à l’angle de 23,5 degrés. En outre, dans l’ancien art Egyptien – spécialement dans de nombreuses figurations de profil d’Osiris – nous trouvons que la couronne d’Atef, comme l’arbre, est à un angle de 23,5 degrés. Est-ce que ces allusions plus éloignées, voire ces petites plaisanteries, ont été incorporées dans les peintures par les membres de la Société Angélique, afin qu’elles soient reconnues par ceux qui sont avisés et intéressés par de tels angles ?
A la page 125 du livre « The secret Teachings of All Ages » (les enseignements secrets de tous les âges), Manly P. Hall écrit: « Frank C Higgins, un symboliste maçonnique bien connu, a astucieusement noté que les coiffures ornées de certains dieux et pharaons sont inclinés en arrière au même angle que l’axe de la Terre. » C’est une affirmation remarquable, puisque Higgins identifie comme une ‘coïncidence’ ce qui n’en est pas une du tout.

Est-ce une simple coïncidence que la houlette et le bâton tenus par les bergers dans la peinture de Poussin soient dans la même position inclinée que la crosse et le fléau tenus par Osiris, comme c’est dépeint dans l’ancien art Egyptien? C’est impossible à dire, mais si nous comparons l’image d’Osiris prise sur le Papyrus d’Ani –c’est à dire, les positions et les angles de sa crosse, de son fléau et la couronne Atef avec les positions et angles du bâton, de la houlette et de l’arbre, nous avons une coïncidence presque parfaite.


Sur la gauche il y a un détail du Papyrus d’ Ani montrant Osiris (l’’Homme Vert’) assis dans le Couloir de Maat. L’orientation de la Couronne Atef (23,5 degrés) et la Crosse et le Fléau coïncident avec l’orientation de l’arbre (23,5 degrés) et les deux bâtons de la peinture des Bergers de Poussin.

Laissez nous conclure que la colonne Djed fut élevée à l’Equinoxe de Printemps – l’un des deux jours de l’année où la Terre retourne aux mêmes conditions de l’Âge d’Or de l’axe droit, à ce qu’il paraît devoir être cru. Coïncidence ou choix délibéré ?

Chi-Rho

Une autre chose étonnante à propos de cette peinture est que la crosse d’Osiris est dans la position correcte dans cette croix inclinée pour créer le Chi-rho [aussi appelé Chi-ro] monogramme ou symbole. Souvenez-vous que nous sommes obligés de créer cette croix dans la peinture par des dessins de lignes basés sur l’angle perpendiculaire évident du bâton et le rebord de la tombe, la houlette tombe alors en place comme le ‘P’-comme la tête du symbole Chi-Rho.
Dans les séries The Rise sur ce site, Isaac ben Jacob a donné une analyse plus détaillée de ce symbole, le reliant fermement à l’intérieur du mystère de Saunière.

Le monograme Chi-Rho.
Les symboles sur chaque côté sont les lettres grecques A et O – signifiant le point Alpha-Omega au centre de la croix

Le symbole Chi-Ro dans la peinture

Quelques chercheurs et auteurs sont convaincus que le nom Caire, donné à la capitale de l’Egypte quelques 16 kilomètres à l’est de Gizeh, était basé sur le nom Chi-rho puisque donné à ce symbole ou monogramme chrétien. Pourquoi une ville musulmane se serait-elle vue donner le même nom que celui donné à ce symbole Chrétien ? Cela n’a réellement aucun sens. Cependant, ici il y a un exemple intéressant de cette connexion dans un livre écrit et publié au début du 20ème siècle, par Frank C. Higgins intitulé, « Ancient Freemasonry » (L’Ancienne Franc Maçonnerie) (1919):


« Un symbole encore plus merveilleux de ces vieilles spéculations cosmiques est trouvé dans le fameux monogramme X P, “chi rho,” qui est l’origine du nom de la ville moderne voisine de l’endroit où se tiennent les pyramides – Le Caire. [Corrompu par les Arabes en “El Kahiryeh”] Ce monogramme, bien que placé sur le labarum, ou étendard de Constantine la Grande, en accord avec une vision, apparaît sur les pièces de monnaie égyptiennes des Ptolémées et sur les pièces de monnaie indiennes quelques centaines d’années après JC. C’est le vieux mot sanskrit ? Rch,” signifiant “lumière,” et le dérivé égyptien signifiant “Ch R” ou Horus, l’esprit animé de la terre, “Horus du Pôle” et “Horus des Deux Horizons”, comme il est appelé. »

Nous utilisons la citation ci-dessus à cause de la référence aux pôles et aux ‘deux horizons’, ce qui bien sûr nous ramène à la ‘Chute’ de la Terre et à la Société Angélique.
L’affirmation d’Higgins que le mot Chi-Rho dérive de l’ancien “Ch R” égyptien pour Horus, est significatif et soutient que la croyance sur Jésus “le Christ” était basée sur l’Horus païen “the KRST” – le fils et la réincarnation d’Osiris le « dieu ressuscité ».
D’un bout à l’autre de son livre, et basé sur d’anciennes sources, Higgins donne de nombreux exemples pris dans la symbolique franc-maçonne de références à l’angle de 23,5 degrés, aussi bien qu’à l’angle de 52 degrés, qui est l’angle des quatre côtés inclinés de la Grande Pyramide.

Des exemples de ces références de Ancient Freemansonry : An Introduction to Masonic Archaeology (l’Ancienne Franc maçonnerie: Une introduction à l’Archéologie maçonnique) par Frank C. Higgins (1919).
Haut: ‘Peinture Grecque’ de la page 54. Note l’orientation des deux bâtons à l’angle de 23,5 degrés, font ensemble 47 degrés – ce qui est l’angle reliant au cône créé par l’axe incliné ? le diamètre du cycle precessionnel des équinoxes – 2 x 23,5 degrés = 47.
Bas: Les angles de 23,5 dans l’architecture et la symbolique maçonnique – qui ensemble créent le cône précessionnel de 47 degrés

L’épithète donnée à Horus – “de Pôle” –“des Deux Horizons” puisque mentionnés dans les notes par Higgins, montre une connexion entre le ‘dieu ressuscité’ chamanique ou païen (c’est à dire. Osiris, Horus,) et l’axe de la Terre, aussi bien que les positions montantes ou couchantes du Soleil puisqu’il bouge de long en large entre ses points de solstice extrêmes sur l’horizon. Nous pouvons, bien sûr, demander quel type de relation cela peut avoir avec le célèbre cartographe Cassini, créateur du Méridien de Paris, ou même avec la création de ce méridien. Mais c’est sans aucun doute une autre histoire.

Le Thème du Crâne

Comme dans la peinture de Guercino, la peinture de Poussin fait aussi figurer un crâne qui est montré reposant au sommet de la tombe – il s’agit probablement de la tête de celui qui repose à l’intérieur de la tombe.
Un crâne a aussi un lien avec le pièce de Shakespeare Hamlet. Dans la pièce, Hamlet examine un crâne, et se demande à qui il peut bien appartenir. Cette connexion est d’autant plus significative quand nous réalisons qu’Hamlet est basé sur un ancien mythe sur le “Moulin”, une métaphore pour l’axe de la Terre.

Les auteurs du « Hamlet’s Mill » (Le Moulin d’Hamlet), Giorgio De Santillana et Hertha Von Dechend, prétendent que tout mythe est essentiellement cosmologique. A partir des données présentées dans leur livre, il est maintenant certain que nos lointains ancêtres éprouvaient la nécessité de préserver leurs connaissances avancées qui passaient par une information cosmologique complexe – spécialement la connaissance de la ‘Precession des Equinoxes’ – sous la forme d’histoires et d’anecdotes sur les dieux, les créatures et les hommes. Etrangement, la “Chute” de certains dieux est décrite comme la disparition d’une certaine constellation depuis un lieu primaire, à cause de la précession. Les constellations étaient spécifiquement liées avec l’équinoxe printanière, le moment où le pilier Djed d’Osiris fut élevé. Mais peut être ne devrions nous pas interpréter le rôle de la “Chute” de l’Humanité comme la précession ?

Le titre, The Hamlet’s Mill, est donné en référence au Hamlet de Shakespeare qui était lui-même basé sur Amleth, Amlodhi ou le mythe scandinave de Frodhi. Cet individu était le fier propriétaire d’un moulin – encore, une métaphore pour l’axe de la Terre dans lequel la Terre tourne et tournoie. Etonnamment, l’histoire d’Hamlet est une très ancienne histoire remontant loin en arrière jusqu’aux débuts de l’antiquité. Les auteurs pistent la même histoire dans un récit de Livy appelé Lucius Junius Brutus à Rome ; l’épopée nationale finlandaise, Le Kalevala et son héros Kullervo Kalevanpoika ; l’épopée nationale d’Iran – c'est-à-dire le Shahnama de Firdausi (le Livre des Rois) et son héros, Kai Khusrau – aussi bien que dans les anciennes épopées d’Inde Yudhishthira et le Mahabharata.

L’essai de Walker sur Hamlet, intitulé Mirror for Everyman : A View of Hamlet’s Midnight (Le Miroir de chaque homme : une vue du Minuit d’Hamlet), est éclairant – spécialement au regard de l’étude de Santillana et von Dechend de qui il se reconnait. Selon les vues de Walker, Hamlet est un centre d’intérêt pour “chaque homme” – en ce qu’il représente la condition actuelle de la race humaine . . .

« En surface, Hamlet est une histoire amusante. Au-dessous Bacon a façonné deux faces. L’une regarde vers le passé aux origines de l’histoire d’Hamlet qui avait ses bases dans le symbolisme astronomique du pôle, sur qui la terre tournait, se détachant de ses chevilles, et l’inclinaison de l’axe de la Terre qui en résulte.
Comme Hamlet le disait : – le temps est disloqué, O’rancune maudite, que toujours j’étais né pour le placer droit. –
‘La face qui regarde vers le passé trouve un miroir pour chaque homme dans l’antiquité. Ce miroir est l’ancienne doctrine que les événements qui prennent place dans le grand monde du macrocosme (la terre) sont reflétés dans le petit monde du microcosme (l’homme).
‘Quand l’axe de la terre devint incliné. Quand la terre perdit son alignement avec le soleil, l’événement macrocosmique fut reflété sur le niveau microcosmique par la perte de l’homme de son alignement avec sa source spirituelle (symboliquement causant la mort de son moi spirituel). »

La Terre perdant son alignement avec le Soleil veut dire que la Terre perdit son alignement avec “le plan écliptique”. L’axe de la Terre est incliné par 23,43 degrés – signifiant que l’équateur est incliné 23,43 degrés en relation avec le plan écliptique – le plan orbital du Soleil.
L’axe incliné signifie que l’axe polaire nord n’indique plus le centre écliptique- l’emplacement du ‘point tranquille’ dans le paradis qui n’aurait été indiqué que s’il avait été droit.

Arcadie. . . Un Lieu ‘Avant’ et ‘Hors du Temps’

Bien que le nom ou terme, ‘Arcadie’ soit assez populairement utilisé de nos jours, son origine est peu claire et concluante. Le mot ‘Arcadie’ est souvent utilisé pour résumer notre vision chimérique d’un paradis pastoral terrestre, un Eden utopique, qui existe partiellement dans notre imagination collective. L’Arcadie a été décrite comme un lieu de ‘perfection’ où le bonheur règne – un contraste absolu avec la vie compliquée de nos sociétés urbaines modernes. Cette version idéalisée de l’Arcadie est basée principalement sur les écrits du poète romain Virgile.
J’interpréterais l’Arcadie comme étant le Tep Zepi des anciens égyptiens – le ‘Premier Temps’ ou le ‘Temps avant le temps’. Après l’inclinaison de l’axe, le Temps fut mesuré par les saisons puisque l’agriculture devint une nécessité. C’est intéressant de noter qu’Osiris est un dieu associé avec la moisson, comme Jésus Christ et sa renaissance des enfers coïncidait avec l’Equinoxe de Printemps quand Jour et Nuit sont égaux et tiennent en équilibre ; un jour à partir duquel commence la moitié positive du cycle annuel et quand les récoltes commencent à pousser et la vie recommence. Là encore c’était le jour où la colonne Djed fut rituellement élevée (ressuscitée) par le Pharaon.

Entre parenthèses, dans l’ancien art égyptien, nous trouvons parfois la colonne Djed placée droite entre les opposés qui sont symbolisés par la Crosse et le Fléau obliques.
Combinés avec le Djed dans cette position neutre, équilibrée, il y a le Sceptre Was – un symbole du pouvoir et vraiment un ‘pouvoir par-delà la mort’.

Le dieu Ptah tenant la colonne Djed entre la Crosse et le Fléau

Plus tôt, j’ai mentionné qu’Osiris et Horus, Jésus aussi d’ailleurs, pourraient aussi se suivre en étant associés avec l’axe de la Terre. L’élévation de la colonne Djed d’Osiris est copiée dans l’histoire de Jésus, qui porte la croix sur son dos (l’axe incliné) en haut du mont Golgotha. Nous voyons cela dans la croix inclinée à 30 degrés qui est centrée sur le dos ou la colonne vertébrale du berger en rouge de la peinture de Poussin, et avant lui et au sommet de la tombe il y a le crâne. Le terme Golgotha lui-même, bien sûr, a été lié avec le crâne et on croyait spécifiquement que c’était le site où le crâne d’Adam était enterré. Est-ce que Jésus marchait dans les « chaussures » d’Adam ?

Dans tous les cas, c’est sur ce mont (symbolisant le ‘monticule primordial’) où la croix fut élevée (axe droit) et depuis cette position que Jésus entra dans le royaume du divin (le centre écliptique) et au point d’Illumination. Ici ‘l’Illumination’ exprime réellement le temps de l’Âge d’Or et la condition équilibrée de la terre et de la conscience humaine durant ces temps et quand l’homme était sans doute plus intuitif et psychique et sensible au monde naturel autour de lui.

Aussi ensuite les connexions pourraient être faites entre Osiris le ‘dieu ressuscité’ et l’axe de la Terre qui pourrait être ressuscité, suivant une croyance ancienne et c’est cela le but réel et le sens derrière la conception du ‘dieu ressuscité’ universel et toutes les croyances et traditions relatées. En d’autres mots, l’entier mythe messianique est basé sur la croyance que ce héros archétypal ou dieu dont la propre colonne vertébrale représente le pôle céleste et vice-versa, a par conséquent le pouvoir de nous ramener à ‘l’Âge d’or’ de l’axe droit qui fut perdu dans la ‘Chute’– un monde plus équilibré tout le long de sa propre renaissance ou résurrection à travers le fait d’atteindre l’illumination. En termes de conscience humaine collective, c’est la réelle signification de l’ ‘Ascension’.

ET IN ARCADIA EGO

Comme pour cette inscription énigmatique, beaucoup ont essayé d’interpréter le sens derrière l’inscription. La traduction la plus directe est, « Et en Arcadie je… » mais cette phrase incomplète ajoute juste au mystère. Le premier biographe de Poussin, Giovanni Pietro Bellori, interprétait « Et In Arcadia Ego » comme la citation: « ... le sérieux est d’être trouvé même en Arcadie et la mort arrive en plein milieu de délices. »
L’écrivain et rosicrucien Anneke m’a raconté que le terme ‘Ego’ (signifiant aussi ‘Je’ ou ‘l’Unique’) était utilisé par les mystiques de la Renaissance pour s’adresser à leur ‘Moi Divin’ et ainsi la phrase Et in Arcadia Ego pourrait être lue comme: Et-in-Arc-a-Dia-Ego: « Et dans l’Arc il y a le Divin Moi » –l’âme divine en chacun de nous. Dia est dérivé de Deus – ce qui signifie ‘Dieu’. Bien sûr, s’adresser à notre “Moi Divin”… pourrait-il être relié avec les anges gardiens ? Et s’adresser à notre “Moi Divin”, ou “se battre avec notre ange gardien” est précisément ce qu’on exigeait des membres de la Société Angélique.
Aussi, l’Arcadie était/est évidemment un lieu. Mais encore une fois, est-ce que l’Arcadie signifie un lieu dans le temps ou peut être ‘hors du temps’ ? Une période avant l’inclinaison de l’axe de la Terre ? Une période avant la mort symbolique d’Osiris, et le temps « avant le temps » associé au paradis de Dieu – le Jardin d’Eden ?
Peter Dawkins écrit:
« l’Arcadie était l’un des noms mystérieux primaires donnés à l’état du monde à l’Âge d’Or, l’entière imaginerie et allégorie Arcadienne est celle d'une Utopie ou Paradis sur Terre qui pourrait être achevé. »

La signification de cette citation est même plus intrigante quand nous découvrons que la source à partir de laquelle cette note fut prise est intitulée : « Arcadia: The Ancient Egyptian Mysteries » (Arcadie : les Mystères anciens égyptiens). Nulle part nous n’avons trouvé dans cette discussion récente sur le nom ‘Arcadie’, un lien avec l’Egypte ancienne. Mais quelqu’un croit visiblement qu’il y a un lien. Et c’est à l’intérieur de ce contexte que ma “folie” d’essayer de voir un symbolisme égyptien dans la peinture de Poussin devrait être interprétée. Une question importante à poser est de savoir si la Société Angélique avait tant bien que mal retenu l’information sur la ‘vraie Terre’, aussi bien que celle sur la ‘Terre primitive’ c'est-à-dire une connaissance qui peut avoir été beaucoup plus astronomique que religieuse. Après tout, Cassini n’était pas un prêtre, mais un homme de science : un astronome.

Retour aux sources

Sur le sujet de la peinture de Poussin, Le Professeur de Français et Lettres Classiques, Marc Wiesmann, nous dit ceci: « De la peinture de Poussin, l’Arcadie prend maintenant les teintes d'une contemplation mélancolique de la mort elle même, du fait que notre bonheur dans ce monde est très transitoire et évanescent. Même quand nous estimons que nous avons découvert un endroit où la paix et le règne d’une joie douce, nous devons nous rappeler qu'il finira et que tous disparaîtront . »

Comme tout est arrivé par cycles, c’est possible qu’indépendamment de tout ce qui a fini “l’Âge d’Or”, il y ait quelque chose qui pourrait arriver de nouveau, et si c’est vrai, pourquoi alors une telle information importante aurait-elle été codée ? –Spécialement si notre propre survie dépendait de cela.
La réponse à cela est complexe – spécialement quand nous trouvons qu’il y a des gens qui croient que le prochain événement pourrait même redresser la Terre et la remettre dans sa position verticale, créant un nouvel Âge d’Or.

Cette première version des Bergers d’Arcadie fut achevée quelques années après que Poussin se soit installé à Rome, et il y a maintenant des raisons de croire que Poussin était un membre du ‘Courant Clandestin’ qui avait à la fois préservé et codé la connaissance ésotérique dans plusieurs sources différentes à travers l’histoire. Cette connaissance a été transmise par ce ‘Courant Clandestin’, ce qui est représenté par le dieu Alpheus, le ‘dieu fluvial’, qu’on voit s’allonger au premier plan dans cette peinture de Poussin.
Alpheus est aussi le nom d’une rivière mythique qui coulait à travers le Péloponnèse en Grèce et à travers des canaux souterrains depuis sa source en Arcadie. Dans la symbolique de la Renaissance, cette rivière indique un courant souterrain de traditions ésotériques et de connaissances secrètes.

Quand regardant le volume pur de données liées et positives associées au sujet de la géophysique de la terre – spécialement son axe – l’axe mundi, la montagne monde, l’arbre monde, le ‘dieu ressuscité’ – et tout en avant avec ces nombreuses références à l’angle de 23,5 degrés et 52 degrés – peut être que ces gens connaissaient quelque chose que nous ignorons ; voilà pourquoi ils étaient privés d’une information non révélée et d’une connaissance qui avait été préservée et était passé à travers les âges. Peut être que ce qu’ils connaissaient et comprenaient était proche de la vérité. Je terminerai cet essai avec un extrait du poème de John Milton Le Paradis Perdu.

« les uns disent qu’Il commanda à ses anges d’incliner
Les pôles de la Terre, deux fois dix degrés et plus,
sur l’axe du Soleil; avec leur effort, ils poussèrent
obliquement ce globe central. . . »
Le Paradis Perdu, 1665, John Milton

Gary Osborn
Traduction par Anna Kauffman