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Société Périllos ©

Ouvrage exceptionnel d’un homme d’exception
« Un Veau à Cinq Pattes » de Philippe de Cherisey

 

Amédée et Philippe de Cherisey

« Insolites, sa longue silhouette, sa démarche nonchalante et ses propos ou transparait le gout de la facétie. Puissent ses récits ne pas se perdre et ce rappel susciter l’envie de les découvrir et de les voir paraître ! »… écrivait C. Ladsous en juillet 2007. Elle poursuivait en ajoutant que « Ce beau comédien, on ne le verrait plus sur scène, mais il laissait derrière lui, de Grégoire et Amédée ‘Livre à vendre’ écrit avec son ami Roland Dubillard, réédité chez Jean-Claude Simoën en 1977 ».
« Livre à vendre », s’est-il bien vendu? On ne le sait mais en tous cas il orne, cet ouvrage, les rayons de plus d’un explorateur de l’affaire de Rennes-le-Château. Etrange ouvrage avec un cyclope endimanché en première de couverture (pour la réédition), dont la page 7, celle qui ouvre la préface, présente une série de 22 (21+1) ‘A’ majuscules en entrée de jeu. On se souvient, bien entendu, que sur ces mêmes colonnes de la SP, nous présentions un autre étrange ouvrage sténographié, celui-ci ayant pour titre « AA REVUE », qui aurait été le 123ème d’une série. Nous tentions alors de comprendre que ce livre, accentuant cette première lettre de notre alphabet, pouvait être une résurgence de travaux de pataphysique auxquels, parmi tant d’autres, participait assidument Alfred Jary, père du caustique Père UBU.
Mais peut-être les AAAAA… se suivent mais ne se ressemblent pas, et c’est possible.
En échange ce qui semblent, s’assemblent et se ressemblent, c’est l’ensemble surgissant du fond de l’esprit d’un homme, hors du commun, complice à la fois de son ami Roland Dubillard, et du plus obscur Pierre Plantard que nous retrouvons ça et là dans la mosaïque de l’affaire de Rennes-le-Château. Cet homme au prénom (d’emprunt) Amédée (avec un autre ‘A’) s’est éteint le 17 juillet 1985, en nous faisant grâce de l’ésotérique mois frileux de janvier, en lieu et place de celui ensoleillé de juillet.
Ce triste jour Amédée s’est revêtu de sa véritable identité… il s’agissait de Philippe, Louis, Henri, Marie, 9ème marquis De Cherisey, né un 13 février de 1923.

Que ses livres paraissent !

C. Ladsous (à la signature… prédestinée ?) souhaitant que les récits du précieux marquis, non seulement ne se perdent, mais paraissent afin d’être connus et reconnus, sera ici sans doute comblé par la parution d’un texte original dont personne n’avait connaissance. En effet, dès que nous annoncions que Remy et Lio nous accordaient la faveur de publier ce manuscrit il y eut immédiatement une importante levée de boucliers. Tout d’abord les ténors, se disant seuls possesseurs de l’intégralité de l’œuvre, s’indignèrent de l’outrecuidance dont nous faisons usage en prétendant l’impossible de cette situation : un texte, sans doute le plus important, avait échappé à leurs griffes ! Et l’arrière ban, sans doute jugeant d’après lui-même, d’entonner le traditionnel refrain qu’il ne pouvait s’agir que de quelques fausses pages. L’ennui est, qu’à l’annonce que ces prétendues ‘quelques fausses pages’, les ténors déchantèrent en apprenant qu’il s’agissait d’un ouvrage très épais, entièrement manuscrit impossible à inventer dans le style et les connaissances du marquis… Le mystérieux original, à la consternation générale, existait bel et bien !
Puis il y eut encore quelques soubresauts, plus timides certes, expliquant que cette production ne verrait jamais le jour… Il est vrai qu’il y eut du retard dans cette édition en raison d’un titanesque travail de ‘décryptage’ que posait la lecture de l’écriture de l’original sans doute écrit d’un seul jet. Ce terme, s’il peut paraître exagéré, est encore largement sous la réalité de la tâche qui demanda, pour la personne volontaire au ‘démêlage’, une incroyable somme d’heures, de jours, de semaines, passés à ‘traduire’ l’œuvre oubliée. Et voici qu’après des mois de relecture, vérifications, choix et décisions pour certains passages impénétrables le produit d’un tel travail est terminé… Le « Veau à Cinq Pattes » est enfin achevé et disponible !

Un veau à cinq pattes, un livre de plus ?

Le Veau… ou plutôt « UN veau à Cinq Pattes » est accessible par le biais des éditions de France Secret.
Le titre est pour le moins surprenant, mais en réalité n’est-il pas à la surprenante hauteur de la personnalité insaisissable du marquis lui-même ?
On peut ensuite se demander « pourquoi un veau à cinq pattes » ? La réponse la plus facile serait de convenir que si des veaux, il y a en a des millions munis de leur quatre pattes, il y doit y en avoir nettement moins avec un membre de plus. Si de Cherisey ne semble pas avoir justifié ce choix de titre, peut-être laissait-il supposer que la vache à lait des deux Rennes avait produit et produisait encore de nombreux petits dans la norme naturelle… bons pour la casserole du pantagruélique appétit des molochs affamés du savoir de l’affaire de Rennes. Si, certes, cette nourriture pouvait sembler comestible, en vérité tous et chacun quittaient la table avec cette sensation de fringale non assouvie par l’absorption d’une incomplète alimentation ‘élémentaire’. Aux cris de famine s’ajoutaient ceux d’avoir eu d’épuisants maux d’estomac ou gastriques à manger tout et n’importe quoi en la matière ! Il est vrai que sur les étals de ce genre de littérature on trouve surtout du frelaté, synthétique ou carrément indigeste.
Le sujet est de taille, jugeons en rapidement. Il s’agit d’une étude entièrement consacrée aux travaux, et la personnalité, de l’abbé Henri Boudet tant de fois repassé dans la machine à faire le boudin RLCéen. Le produit de cette recherche s’attache à démonter, tant que faire se peut, l’énigme posée par ce prêtre si énigmatique que les ténors scientifiques, en jetant l’éponge, le classent -dans leur colère de n’avoir pu en venir à bout- au meilleur rang des farfelus et ignares… illustrant par là le vieux dicton populaire et classique « qui veut se débarrasser de son chien l’accuse de la rage ! ». La rage du savoir Boudet l’avait tout autant que Philippe de Cherisey, et ce n’est pas peu dire.
Oui… un livre de plus !!!... minauderont les grincheux tout en faisant la queue devant le guichet de vente du Veau gambadant sur ses cinq pattes dans leurs phantasmes perdus en Razès… Oui, tout à fait… un livre de plus mais, à mieux y réfléchir, et si le marquis, qui était tout sauf un imbécile, avait décidé d’abattre en une seule partie toutes les cartes dont il disposait… même celle ‘atout-maître’ seule capable de… couper celle de la fin du livre des frère Boudet et de clore cette partie engagée vers 1886.

De Boudet à Amédée… ou l’inverse ?

Si les jaloux et rouspéteurs se font une joie de massacrer le marquis de Cherisey, en le traitant de tous les noms d’oiseaux… ils sont les mêmes à encenser Boudet à tour de bras. Et pourtant… n’a-t-on pas accusé ce prêtre de faux et usage de faux dans son livre ? Ne l’a-t-on pas accablé d’avoir raconté des idioties dans ses travaux ? N’a-t-on pas monté en épingle qu’il s’était foutu des scientifiques et spécialistes… en aménageant les faits au mieux de ses seuls livresques intérêts??? Nous en passons et des meilleurs… Ne peut-on pas trouver, dans cette avalanche de maux, des similitudes entre lui et De Cherisey, dans l’obstination mise par les contestataires de service à les desservir ? Et si Amédée avait compris, et voulu nous faire comprendre, que dans la livresque masse grouillante des pavés littéraires normalement constitués à cette époque, celui de Boudet ayant une patte de plus était celui qui sortait du lot ? Car enfin, et ceci aucun ténor n’en a jamais tenu compte, de tous les curés virevoltant autour de l’énigme… l’abbé Henri Boudet est le seul à s’être payé, de ses deniers, le culot d’écrire ses sentiments et visions de certaines réalités géographique, et autres ésotériques sur les deux Rennes et un secteur près d’Opoul, irritant ainsi encore un peu plus nos grincheux habituels. Ce livre, sortait tant du lot qu’il fut mis à l’index du ridicule… ne pourrait-il pas être ce veau, sacrifié sur l’autel de la sacro-sainte recherche, tout désigné par cette anomalie de cinq pattes, faisant de lui un objet de vénération sacrée ou magique pour les uns, et de malédiction ou mépris pour les autres ? Amédée, après avoir lui aussi fait les frais d’accusations quasiment identiques, n’a-t-il pas pu approcher certains éléments d’ouvertures lui assurant certaines clés oubliées de tous à travers un livre devenu, pour un initié comme lui, un veau… d’or, gras ou… à cinq pattes ?
Peu importe la réponse puisque seul l’auteur savait le pourquoi de ce titre aussi amusant qu’insolite. En ce qui nous concerne, nous nous contenterons de l’ivresse du contenu en laissant le contenant devenir une bouteille à la mer des ouvrages sur cette affaire.

L’impossible approche

Mais, à présent, il est temps de nous approcher de cet énigmatique texte tout droit issu du savoir de ce sympathique chercheur si peu ordinaire…
Lorsqu’il s’agit de présenter un ouvrage, il est souvent de bon ton d’en choisir un court extrait et de l’entrer en forme ‘d’échantillon’ du contenu. Cette fois, face à la densité de ce travail, il est quasiment impossible de faire arbitrairement un choix représentatif. Aussi, ne vaut-il pas mieux, en fin de compte, ne pas déflorer cet exceptionnel document et d’en laisser toute la découverte à ceux, et celles, qui s’aventureront à le savourer à sa juste valeur.
De toutes manières, à ce stade, il serait vain de vouloir suppléer, une seule seconde, celui qui en sait le plus sur ce ‘veau’ et son auteur qu’il a bien connu. De fait, en lieu et place de montrer une fausse érudition en la matière, il est préférable de laisser la parole à Rémy Hanquet qui voulu bien m’honorer de toute sa confiance et de son amitié. Je lui demande ici de pardonner de mettre, en forme de brève présentation de ce document, quelques courts extraits de sa préface… : « Vous l’aurez compris, j’ai eu cette chance de fréquenter régulièrement Philippe de Cherisey au soir de sa vie; je n’affirmerai pas, comme certains, qu’il était mon ami, ni qu’il me considérait comme le sien. Je garde du personnage, l’image d’un homme éclectique, d’une grande érudition, d’un rat de bibliothèque, mais aussi celle d’un être facétieux, souvent déroutant par ses questions embarrassantes, passant sans préambule du discours théâtral à des monologues vaudevillesques ponctués d’onomatopées.
Je ne saurai jamais pourquoi Philippe a décidé de me faire cadeau de ce manuscrit. Jugea-t-il opportun, à un instant de sa vie, de me confier le résultat de ses réflexions - travail inachevé, selon ses dires - auxquelles nous avons modestement contribués ne serait-ce qu’au travers de longues soirées de discussions passionnées, explosives parfois, enrichissantes toujours. Pensait-il que je saurais en faire bon usage? Qui sait ?
Toujours est-il que je l’ai longtemps oublié sur une étagère de ma bibliothèque et qu’en conséquence, à ce jour, les personnes qui ont eu accès à l’original se comptent sur les doigts d’une main.
Sans l’intervention pressante de Lionel Vroman, je pense qu’il n’aurait jamais été publié. Je le remercie pour son intervention décisive car ce n’est que rendre justice à Philippe de mettre enfin à la disposition des chercheurs le résultat de sa démarche, en l’état, telle que je l’ai reçue.
Encore fallait-il que le texte soit accessible au plus grand nombre -ceux qui liront directement le manuscrit comprendront- et là, ma gratitude va à Dominique Soumeillan pour son fantastique travail de décryptage du document. Je m’en voudrais de passer sous silence le professionnalisme de l’équipe de France Secret et plus particulièrement le mérite de son président
.
Il me reste à vous souhaiter de faire connaissance avec ce grand bonhomme qu’était Philippe de Cherisey, d’apprécier son érudition, son humour et, but du manuscrit, son jugement sur l’œuvre de cet autre auteur atypique qu’était l’abbé Henri Boudet ».

Le mot de la fin

Est-il, ici, utile d’en dire plus ? Certainement pas… Toutefois il semble indispensable, de rendre hommage à celui sans qui ce chapitre ne serait pas. Il avait, peut-être, une idée bien précise en écrivant, à la fin de son ‘Livre à Vendre’, au moment où s’achève l’oraison funèbre de son personnage, que « Les uns s’en vont dans une voiture blanche, les autres noire. Les pieds ceux-ci devant, ceux-là derrière. En route par des chemins divers pour la Jérusalem céleste. Petite Eminence, Golgotha ». Monsieur Philippe, neuvième marquis de Cherisey, vous êtes soupçonné, à cet instant, de laisser une dernière balise à l’attention de ceux capables de jouer sur votre échiquier et lire entre vos lignes… et celles-ci sont peut-être effectivement le vrai mot de la fin… ou du commencement du savoir de Rennes-le-Château.

André Douzet

« Un Veau à Cinq Pattes - Notes sur l’oeuvre de l’Abbé Boudet, sur ses sources, son tempérament, son idéal et sa vie »
Auteur : Philippe de Cherisey.
Cet ouvrage comprend la version ‘originale’ du manuscrit primitif ainsi que celle entièrement transcrite de manière lisible, sans qu’ait été apportée la moindre modification au manuscrit.
Format : 17x24 cm pour 336 pages
Prix : 30 Euros

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