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Société Périllos ©

Les souvenirs de Jean Brunelin
« Qui rencontriez-vous à Rennes-le-Château
autrefois ? »

 

SP: Cette question a été posée sur notre forum.

JB: Lorsque vous posez la question de savoir qui nous rencontrions à Rennes-le-Château, il ne faut surtout pas croire que nous rencontrions des gens chaque fois que nous y montions.
A part les Rennais, il n’y avait pas grand monde.
Le village était perdu au bout d’une route tortueuse et il fallait avoir quelque chose à y faire pour y aller. Il n’y avait pratiquement pas de passage, très peu de véhicules, car le village était sans issue.
Les deux endroits reconnaissables, se distinguant sur la masse du village, étaient d’abord le château occupé par la famille FATIN, et ensuite ‘l’Hôtel de la Tour’ propriété de monsieur Henri BUTHION.
Il y avait peu de contact entre les rares chercheurs. Parfois on s’informait auprès des gens du village pour savoir si des « étrangers » étaient passés pour ‘chercher le trésor’…
De cette façon, nous apprenions pas mal de choses sur les allers et venues des uns et des autres… ainsi que sur l’arrivée de ‘nouveaux’ chercheurs.
Nous avions également souvent affaire à monsieur Marius FATIN qui nous recevait au château. C’était un homme charmant, sa gentillesse et sa douceur forçaient le respect.
Avec son fils Henri, il parcourrait la campagne environnante à la recherche de minéraux et de fossiles qu’il entreposait soigneusement dans une pièce du château qu’il appelait « son petit musée ».
La pièce maîtresse de leur collection était une sorte ‘d’homme fossile,’ trouvé par Henri, que les deux hommes présentaient comme le premier habitant de Rennes.
Monsieur FATIN était féru d’astronomie et avait dressé plusieurs cartes du ciel dont il s’appliquait à trouver la correspondance avec des lieux de la région.
Il ne s’intéressait pas outre mesure au ‘trésor du curé’… et pour répondre à ceux qui prétendent encore que monsieur FATIN «en savait plus que ce qu’il voulait bien dire », je peux affirmer, pour avoir discuté souvent de cela avec lui, qu’il ne savait, de cette affaire, pas plus que ce que nous en savions nous-mêmes.
Il s’était notamment intéressé aux travaux d’une équipe de parisiens qui faisaient des recherches sur les failles souterraines courant sous le plateau de Rennes.
Ces gens perçaient des trous avec une foreuse et envoyaient de l’air avec un compresseur pour voir si ces failles communiquaient entre elles.
C’est comme cela que nous avons eu la certitude qu’une multitude de souterrains naturels serpentaient sous le village, certains sûrement servirent pour relier un point à un autre du plateau.
Je me souviens également que certaines de ces failles débouchaient au pied du chemin de ronde, tout cela est aujourd’hui oublié et bouché.

Il faut également savoir que ce n’est pas parce que nous cherchions à Rennes-le-Château, dans les années 60, que nous avons obligatoirement rencontré messieurs Robert CHARROUX, René DESCADEILLAS ou l’ingénieur CHOLLET.
Nous avons appris l’existence de ces chercheurs que bien plus tard, au fil d’ouvrages contant l’histoire de RENNES.
On connaît aujourd’hui la venue à RENNES de Robert CHARROUX parce que c’était un écrivain célèbre… de René DESCADEILLAS parce que c’était le président de la Société Scientifique de l’Aude… et de l’ingénieur CHOLLET parce que tout le monde connaît, maintenant, le fameux ‘rapport CHOLLET‘.
Mais je peux, moi, vous raconter plusieurs histoires de chercheurs dont la ‘chronique’ n’a pas retenu le nom et qui sévirent à RENNES, bien plus en profondeur que les célébrités citées plus haut.
Un de ces chercheurs m’a d’ailleurs promis de raconter bientôt ici quelques histoires croustillantes. Nous y reviendrons donc plus tard.

Nos premières recherches ont d’abord porté sur les grottes environnantes. Tant de chercheurs creusaient des trous, que nous avons pensé naturellement que peut-être le magot était caché dans un des orifices naturels proches voisins du village. Je peux dire que nous avons été les premiers à envisager une cache ailleurs qu’à l’intérieur du village.
Nous nous sommes également intéressés aux nombreuses croix de la région et nous avons tracé de savants alignements.
Je me rappelle avoir dessiné une branche de la croix templière en reliant par un trait cinq croix de la région de RENNES.
Cela peut sembler aujourd’hui d’une naïveté déconcertante. Cependant, cette recherche raisonnée était d’un style tout à fait différent de celui des autres chercheurs, qui ne pensaient qu’à percer le plateau de RENNES, ou creuser et saccager le cimetière.
Il est intéressant de noter que ceux qui creusaient dans le cimetière cherchaient l’entrée de la crypte. On était donc déjà persuadé que l’abbé avait eu accès à la crypte en passant par une tombe.

Méthode insolite de prospection dans les années 60, dans l'affaire de Rennes-le-Château...

Le maire de l’époque était assez intrigué par les travaux des différents chercheurs. Il paraissait tellement content que l’on puisse s’intéresser à sa petite commune… que tout, ou presque, nous était permis.
Je dois dire à ce propos une chose qui n’engage que moi. Je ne pense pas que la mairie de RENNES ait possédé des documents exceptionnels concernant l’affaire. En effet, le maire qui était à l’époque très intéressé par les recherches que nous faisions, nous aurait forcément , à un moment ou un autre, montré des documents s’il y en avait eu… car, par certains côtés, il se montrait demandeur pour collaborer à nos travaux.
Je pense que la légende voulant que la mairie de RENNES possède des documents secrets, ou celle qui veut que monsieur FATIN « en sache plus que ce qu’il n’ait voulu dire », relève du pur fantasme.
Nous avons bien connu le maire de RENNES, ainsi que monsieur FATIN, et si cela avait été avéré, nous l’aurions certainement su.

Non, vraiment, pas plus le Maire que FATIN, ou que nous-mêmes, n’en savaient plus et nous étions dans un flou artistique complet.
Puisque je parle de BUTHION, et ceci encore une fois n’engage que moi, je veux ajouter que le nouveau propriétaire de ‘L’hôtel de la Tour’ en savait, lui, certainement plus qu’il ne voulait bien le dire.
J’ai toujours pensé cela en raison du fait que ni sa conduite, ni ses propos, ne semblaient innocents… Et si l’on devait décerner la palme du plus grand creuseur de trous, c’est, sans conteste, à lui qu’elle reviendrait… en tous les cas en ce qui concerne les excavations faites à l’intérieur de sa propriété.
A t’il trouvé quelque chose ? Nul ne le sait. Pourtant, un des chercheurs de l’époque, dont je tairai le nom, a prétendu l’avoir vu sortir deux tubes de plomb, remplis de pièces d’or, dans la zone de l’escalier menant au chemin de ronde.
Est-ce vrai ? Je ne pourrai le dire, je l’ai simplement entendu et je vous le raconte tel quel…
Ce que je peux par contre affirmer, pour l’avoir vu de mes yeux, c’est que dans la petite pièce située sous la tour, il y avait des malles pleines de cartes postales anciennes. Qu’ont-elles pu devenir ?... nul ne le sait.
A part cela, nous n’avons jamais entendu dire que quelqu’un ait pu trouver quoi que ce soit sur le site du village.

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