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Société Périllos ©

Les souvenirs de Jean Brunelin
Ce que nous ne verrons jamais plus
à Rennes-le-Château

 

On peut estimer qu’à la fin des années 60, les choses étaient encore « dans leur jus » et le paysage de Rennes-le-Château tel que le voyait Bérenger Saunière.
Je regrette de ne pas avoir fait, à cette époque, plus de photos… Aujourd’hui, des détails importants ont complètement disparu et me manquent pour prouver certains de mes propos.
Très curieusement, certaines choses ont changé… et d’autres ont carrément disparu !

Asmodée et la tunique bleue

Les rénovations successives, plus ou moins intelligentes, ont modifié beaucoup de détails, alors qu’il aurait été si facile de rénover à l’identique, et tout le monde y aurait gagné en exactitude. Prenons pour preuve la réfection de la statue du diable. Alors que les concepteurs d’origine, à savoir le tandem BOUDET /SAUNIERE, avaient décidé de parer ASMODEE d’une tunique bleue, je me demande pourquoi l’artiste, chargé de la rénovation, a décidé de la peindre en vert. Je ne pense pas que ce soit par prosélytisme écologiste… La couleur d’origine avait certainement une signification plus précise et, sans insister sur la symbolique du bleu lié à la couleur mariale ou aux loges bleues maçonniques, je laisse le soin à chacun d’interpréter la couleur ‘azur’ devenue d’un vert surprenant.
Je ne sais pas si vous connaissiez ASMODEE et son visage d’origine, mais la copie actuelle aux yeux exorbités fait planer un doute certain sur les compétences artistiques du copiste.
En ce qui me concerne, j’ai du mal à prendre ce nouveau diable au sérieux. A moins, bien entendu, qu’il y ait une autre raison à cette transformation ne correspondant plus à la réalité première… qui, elle, en avait peut-être une précise à l’époque.

De quelques modifications dans l’église

Au chapitre des déprédations dues à des vandales, il faut ajouter la disparition du texte « JESU MEDELA…… » sous la MADELEINE de l’autel, et la nouvelle graphie du « B S » au-dessus du bénitier, car l’original a été détruit par d’intelligents chercheurs qui avaient fracassé le cartouche en croyant trouver quelque chose derrière. Le même genre d’ingénieux amateurs avait également arraché un œil du diable, pensant trouver un mécanisme à l’intérieur de la tête.
Que dire également des couleurs fantaisistes dont a été paré le chemin de croix lors de sa réhabilitation ? La moindre des choses, si toutefois on respecte les objets décoratifs que nous ont légués nos prédécesseurs, c’est de les rénover à l’identique.

… et d’autre à l’extérieur

Lorsque vous passerez sous le porche de l’église, arrêtez-vous un moment et regardez le magnifique fronton en céramique jaune qui orne pompeusement l’entrée et le cœur flamboyant du Sacré Cœur qui le surmonte. Je n’ai rien contre le cœur flamboyant, bien au contraire, car il représente le chemin de l’amour et le feu de la charité. Cependant, si vous comparez cette ‘réhabilitation’ avec des photographies anciennes, vous vous rendrez compte que le motif précédent n’était pas celui là. Une fois encore, on peut se demander si cette modification est involontaire ou si elle entre dans un programme précis ?

Quand disparaissent bénitier et stèle funéraire

La porte d'entrée du cimetière

Que dire également de la disparition volontaire du bénitier de pierre dans le jardin du calvaire… ou des tombes déplacées ou occultées dans le petit cimetière ?
La palme revient sans conteste au déplacement de la tombe de l’abbé SAUNIERE ; s’il est un monument symbolique qui devait rester à sa place, c’est bien celui là, ne serait-ce que par respect !

Egalement disparue, la magnifique stèle (voir photo) au sablier ailé symbolisant le temps qui s’envole, dont l’identique motif orne les portes en fer du cimetière.
On ne fait pas disparaître un tel monument funéraire, si ce n’est volontairement ou dans un but précis. Il est intéressant de noter (comme le montre la photo) que dans un premier temps on avait effacé le texte gravé afin de rendre cette tombe anonyme, mais une deuxième démarche, plus radicale, a fait disparaître purement et simplement cette tombe !

De Wagner Au petit cœur émaillé de Marie en passant par le Christ

Qui a t’on voulu ici occulter ? Ou qu’a t’on voulu faire disparaître à jamais ?
Ne dit-on pas, dans la région, que Richard WAGNER, installé pour un temps dans le Razès afin de parfaire ses connaissances sur le mythe du graal cathare pour son opéra PARSIFAL, aurait eu une descendance illégitime avec une dame de la région et que cet enfant aurait été enterré à Rennes-le-Château ? Peut être était-ce cette tombe… qui peut le dire ou l’infirmer à présent ?
Disparu également le joli petit cœur en tôle émaillée de la tombe de Marie DENARNAUD…
Au chapitre des réfections ayant entraîné des modifications ‘innocentes,’ il faut parler des réhabilitations de 1999. Celles-ci ont conduit à quelques petits changements :
- On note, tout d’abord, que les travaux sur la rénovation des allées du petit jardin de la vierge n’ont pas respecté les tracés originaux…
- Ensuite, la grotte qui a été reconstruite n’a pas été reconstituée à l’original.
- Encore, la consolidation du pilier du calvaire qui menaçait de s’ouvrir en deux…
- Enfin, signalons la nouvelle coiffe du CHRIST (due je crois à Alain FERRAL) qui bien sûr n’existait pas à l’époque… et qui malgré le respect que je porte à l’ancien compagnon de Sonia MOREU, peut être classée au chapitre des rajouts hasardeux.

Modifications dans le cimetière de Rennes-les-Bains

RENNES-les-BAINS a également connu de grands changements dont la majeure partie sont dus aux inondations catastrophiques du 26 septembre 1992. Le cimetière, si bien ordonné par l’abbé BOUDET, a été littéralement raboté par le flot… à tel point que les habitants de RENNES voyaient passer les cercueils emportés par la furie des flots. Exit donc certaines tombes anciennes, dont l’emplacement était capital pour la compréhension de notre affaire et dont l’alignement, par rapport à la boule du fronton de l’église et les rochers du CAP de L’HOM, nous dirigeait directement à Rennes-le-Château… en nous montrant la voie comme VIE « RECTORE » qui nous conduit, via le 17 janvier, à l’épitaphe de la marquise de Blanchefort!

Un illustre citoyen de Rennes-les-Bains, Paul URBAIN DE FLEURY, avait droit, quant à lui, à deux tombes… et deux dates de décès différentes semblant signifier une mort et une renaissance ou, si l’on préfère, une vie d’initié et une de profane. Il n’en reste qu’une aujourd’hui ; l’autre… a étrangement disparu du cimetière.
Le cimetière était, avant la catastrophe, planté de nombreux arbres, dont un tilleul qui remplissait une fonction précise au niveau de certaines visées topographiques… Les cyprès aussi ont disparu, ainsi que les massifs de fleurs, laissant planer dans le cimetière une atmosphère étrange de terre désolée, sans aucun rapport avec le beau jardin que nous connaissions.

Des croix qu’on ne trouve plus

L’ancienne croix de RENNES-les-BAINS, située dans le grand virage à l’entrée du village, a elle aussi disparu. Lors des travaux consécutifs à son enlèvement, certains disent qu’une sorte de crypte se serait ouverte livrant aux ouvriers de nombreux objets d’art ancien ! J’ai également entendu dire qu’il aurait été trouvé un char romain en place et la preuve que d’autres salles maçonnées se trouveraient derrière. Vrai ou faux ? Je ne pourrais évidemment pas le dire.
Ce qui est regrettable, pour les chercheurs, c’est que cette croix avait beaucoup d’importance. Elle constituait, en effet, le point de départ de certains alignements reliant certaines autres croix des secteurs géographiques dont BOUDET parlait dans son célèbre livre. D’ailleurs, bon nombre de ces monuments ont également disparu, ainsi que d’autres croix gravées dans le pays environnant.

Nostalgie !

Que penser également du tombeau des PONTILS ?… effacé lui aussi, suite à un dynamitage commandé par le propriétaire du terrain, excédé par les déprédations commises par des hordes de vandales.

Voilà donc un petit inventaire des choses disparues ou modifiées dans le paysage qui nous intéresse. J’en oublie certainement… J’éprouve un peu de nostalgie et le regret de ne pas avoir fixé cela sur pellicule, mais à l’époque nous pensions que tout resterait en place !... Apparemment il n’en a rien été et cela est bien dommage !

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