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Société Périllos ©

Septera Editions et la Société Perillos en voyage de l'Angleterre au statuaire de RLC

Petite Chronique inédite à propos d'un inexplicable oubli concernant l'église de RLC

 

Sous la houlette amicale d'Andrew Gough

Notre séjour en Angleterre restera inoubliable pour André Douzet et moi-même à bien des égards.
Andrew Gough est président d'une association très dynamique appelée Rennes Group dont les réunions bi-annuelles ont lieu à Londres. Chaque réunion permet aux adhérents de participer activement aux recherches sur Rennes le Château et de donner au groupe l'état de leurs derniers travaux. Cette forme de contribution est très productive.
The Rennes Group, tel est son nom, invite à chaque meeting un personnage connu pour son intérêt ou sa passion pour Rennes le Château. Ce meeting d'hiver a permis à André Douzet de faire découvrir ou redécouvrir ses travaux et ses dernières découvertes accompagné d'un jeune traducteur qui faisait ses premières armes avec beaucoup de brio.
Au cours des 90 minutes dont André Douzet disposait, il a captivé son auditoire sur un sujet que la quarantaine de personnes présentes connaissait peu, soit la maquette testamentaire de Béranger Saunière et les 42 ans de recherches d'André Douzet qui l'ont emmené à faire de la vallée d'Opoul-Perillos son fer de lance, au détriment du lieu mythique très galvaudé qu'est devenu le village de Rennes le Château. L'intérêt que les auditeurs ont porté à cette conférence et à la maquette qui avait fait le voyage avec nous permet de contrebalancer pour notre plus grand plaisir avec les détractions et les attaques dont fait continuellement l'objet André Douzet.

La soirée s'est continuée agréablement dans un lieu de prestige où nous avons pu faire plus ample connaissance avec le public présent et ce fut très productif. Quelques projets ont pu ainsi voir le jour qui, grâce à Guillaume Coffre, pourront combattre positivement la barrière de la langue.


… et d'anciens amis et nouvelles connaissances

André Douzet a revu avec une joie partagée et sincère un ami de longue date en la personne de Guy Patton lui-même auteur d'ouvrages sur le sujet de Rennes le Château. J'espère réellement que nous serons appelés à travailler ensemble.
De même notre rencontre avec Carrie Kirkpatrick fut inespérée. Son métier consiste à créer des documentaires alors nécessairement, nous essayerons également de mener des projets ensemble.

Un autre personnage nous a beaucoup plu et intrigué, Clive Gardener. En effet, nous communiquons avec lui depuis lors. Ancien journaliste à la BBC, il a eu l'occasion de visiter Rennes le Château, il y a plusieurs dizaines d'années et nous a soumis grand nombre d'interrogations.
Je profite d'ailleurs de cet article pour vous soumettre des photos datant de 1985 et étant la propriété exclusive de Clive Gardener. Nous espérons des réactions de la part de nos nombreux lecteurs. En effet, ces images démontrent qu'il existait des statues dans l'église de Rennes le Château aujourd'hui disparues.
Nous espérons ainsi recueillir des informations car Clive cherche à faire oeuvre de mémoire. Il souhaiterait, et nous aussi bien entendu, savoir ce que sont devenues toutes les petites statues du même style puisqu'elles étaient au nombre de six. Son rêve est de pouvoir en obtenir des copies afin de les offrir à l'église.
Il nous a également interrogés sur trois tableaux connus dans l'affaire de Rennes le Château qui se trouvaient à l'époque, d'après lui, dans l'entrée de la Tour Magdala. Les deux premiers sont connus des habitués de Rennes le Château puisqu'il s'agit des " Bergers d'Arcadie " de Nicolas Poussin et David Teniers dit le Jeune pour " La Tentation de Saint Antoine ". Mais Clive est à la recherche du nom du troisième tableau dont voici la description : "le sujet était un temple ruiné avec une grande arche sur la gauche, correspondant à la grande arche vue sur le tableau de Teniers. A la droite, en haut de quelques marches, un personnage majestueux ou papal était assis sur un trône et semblait attendre plusieurs autres personnages. Cela pourrait être une représentation d'un couronnement, d'une ordination ou d'une présentation d'un enfant.".
Nous comptons réellement sur la solidarité des chercheurs pour lui apporter des réponses. Vous pouvez m'écrire à postmaster@societe-perillos.fr.
Je ne pouvais finir cet article sans évoquer Andrew Gough, homme d'une générosité et d'une gentillesse sans faille. Il est devenu président de Rennes Group en succédant à Guy Patton. Ces deux hommes sympathiques et dynamiques grâce à qui cette association génère une activité florissante.
Il nous a gratifié d'un accueil chaleureux et nous ne sommes pas prêts d'oublier nos éclats de rire et nos discussions sérieuses menées franc battant malgré le problème linguistique. Il gère lui-même son propre site et développe des théories des plus captivantes. Je souhaite de tout coeur que nous parviendrons à mener une activité commune dans un futur très proche.
Suite en forme de curiosité

La première partie de cet article est écrite par MaryAnge Tibot un peu avant que les premiers résultats de notre enquête soit revenus. C'est donc à sa suite que nous développons un peu plus cette information étonnante.
En effet, notre surprise fut grande en entendant qu'il y aurait eu dans l'église de Saunière une série de petites statuettes aujourd'hui toutes disparues… Si leur disparition peut s'expliquer par une remise en ordre de la statuaire de cette église, le fait que personne ne s'en souvienne est déjà un peu plus surprenant.
On peut dire, sans risque de trop se tromper, que le contenu de l'église paroissiale de Rennes-le-Château a la réputation d'être connu sous toutes ses coutures, et ce tout autant par les ténors que les visiteurs ou autres simples curieux ou prétendus spécialistes anciens.
Il y aurait donc eu six statues. En échange si on est certain du nombre de modèles présents le jour de la série de photos anciennes on ne sait malheureusement pas si la série était complète ou non, c'est-à-dire si à l'origine il n'y avait que ces six sculptures. On sait, en outre, qu'elles se répartissaient sur les deux côtés, de la nef et qu'elles étaient fixées sur les lambris placés juste sous les frises murales de décors polychromes et géométriques, sans doute (selon les vues) sur les bases des piliers encastrés soutenant les arcs et les travées de la nef.
La taille de ces représentations toutes polychromes serait à peu près égale à la hauteur des évangélistes ornant l'allège de la chair. Leur forme générale est une sorte de demi-sculpture sur l'épaisseur rendant, à la vue un léger effet de platitude d'un relief s'arrêtant à l'épaisseur des épaules.


Une galerie de six statues apparemment au dessus de tous soupçons.

Les personnages sont tous présentés avec une auréole ce qui permet, en principe de les identifiés comme de saints patrons. La galerie est exclusivement masculine, à moins évidemment qu'il y ait une défaillance dans la liste donnée.
Sous toutes réserves nous proposons les saints suivants:


 

- Le roi St Louis en raison de sa couronne, son sceptre, son habit bleu peut-être représenté avec des fleurs de lys un peu effacées. Il est le seul qui soit chaussé et imberbe avec une chevelure lisse vaguement 'à la Jeanne d'Arc'.

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

- St Simon le Zélote, puisqu'il nous est montré avec une longue scie du type 'passe' qui fut l'instrument de son martyre (il aurait été coupé en deux comme le prophète Isaïe). Nous ne pensons pas qu'il puisse s'agir du prophète mais bien du saint.

 

 

 

 

 

 

 

 

- St Mathias que nous retrouvons avec la grande hache qui le décapita. Curieusement il tient un livre tourné vers lui ouvert dans sa main droite.


 

 

 

 

 

 

 

-St Pierre facile à reconnaître grâce à la clé imposante qu'il tient à la main.


 

Les deux autres saints nous posent quelques problèmes d'identification…


 

- En effet, le suivant porte à la fois une large et petite croix de bois à la main gauche et un imposant couteau dans la droite. Cette statue est la seule habillée d'un manteau rouge. A notre connaissance, et jusqu'à plus amples informations, nous pensons cependant à St Barthélémy martyrisé avec un grand couteau. Cependant, la croix ne semble pas avoir été utilisée pour son supplice.

 


 

 

 

 

- Le dernier de cette série, en ce qui nous concerne, ne nous est pas identifiable du tout. Il ne porte aucun instrument ayant servi à le tourmenter ou le mettre à mort. Habillé d'une sorte de longue toge bleue avec de pâles rares étoiles quasiment effacées, il découvre son épaule droite et nous montre une plaie à hauteur de celle-ci. Le geste est amplifié par le fait que son bras droit est porté au dessus de sa tête pour mieux dégager, et ostensiblement montrer la blessure. Là encore nos éléments agiographiques ne permettent pas de retrouver un saint ayant été blessé, ou martyrisé, en présentant une plaie à cet endroit du corps. Ajoutons qu'à cet emplacement rien ne permet de provoquer une mort immédiate.
Celui-ci semble très âgé car il porte une longue barbe avec un crâne dégarnie sur le dessus avec pourtant de longs cheveux (des 'anglaises' ???) pour le bas de sa chevelure.

 

 

 

Les six patrons, ou personnages, sont tous montrés discrètement auréolés.
Deux sont habillés de bleu (St louis et le dernier), un de rouge (St Barthélémy), St Pierre est de bleu pâle pour sa 'robe' et blanc pour le manteau, St Simon est habillé de violet avec une toge blanc grise… Quant à St Mathias un manteau doré, dont la capuche remonte sur sa tête, recouvre une robe longue et violette. Sa barbe est divisée en deux rouleaux depuis le menton.


… et pour aller plus loin sur les murs du sanctuaire

Voilà ce que nous aurions pu dire et ainsi nous arrêter à ce stade en l'estimant bien suffisant. Or, il n'en est rien car nous allons revenir sur un ou deux détails qui retiennent notre attention.
Les statues sont réparties des deux côtés à proximité des stations sur le chemin de croix. Rien à ce stade ne nous permet d'avancer qu'il y ait un lien de cause à effet entre les emplacements des stations et des six statues… Cependant, comme elles se répartissent en quatre sujets à gauche et deux à droite, on retiendra qu'il aurait été équilibré de faire deux fois trois statues. Il est donc fort possible que ce choix ait été délibéré sans que nous en sachions les raisons précises.
Sur le plan des stations du chemin de croix nous retenons les observations de Clive Gardener qui les situe ainsi:
-St Louis serait près de la Vème station
-St Simon le Zélote est entre les IIIème et IVème stations
-St Pierre entre les Ière et IIème
-Le personnage montrant une plaie à son aisselle se trouve entre XI et XII
-St Barthélémie vers la Xème station
-St Mathias entre la station XIII et la XIV
A ce stade il est difficile de savoir si la distribution est correcte selon un ordre établi ou si elle fut modifiée plus tard.


Pour situer ces statues dans le temps…

Après une première enquête dans le milieu des anciens chercheurs de Rennes-le-Château ayant pu connaître le sanctuaire aux alentours de 1980 à 1980, il s'avère qu'un seul ait pu nous répondre de manière certaine… oui ces statues se trouvaient bien contre les murs de la nef au nombre de six. Si leur emplacement sur les lambris est à présent certain à cette époque les points de fixation sont mieux précisés et pas du tout dans leur fonction… On nous a laconiquement rapporté qu'elles avaient pu être offertes et accrochées à l'époque de monsieur Châtillon installé à RLC où il pratiquait d'actives recherches en sous-sol dans ce secteur. Toujours est-il qu'en 1970, lors du tournage du documentaire de H. Lincoln, on ne voir déjà rien sur ce film de ces sculptures pourtant bien visibles.
Elles seraient donc arrivées ensuite puis auraient été enlevées à l'époque ou un nouveau maire, J.F. Lhuillier, prend ses fonctions dans cette commune vers novembre 1998. Vraies ou Fausses informations? Peu importe, car en fin de compte nous retenons surtout le fait que personne ne puisse aujourd'hui se souvenir qu'il y ait eu des reproductions de saints personnages vers 1985 où n'ait des clichés de l'intérieur de l'église montrant cet ensemble dans son contexte.
Il y a là de quoi être tout de même un peu surpris car vers 1985 la mode de cette énigme est en pleine expansion, et des nuées de chercheurs s'abattent en mitraillant de leur caméra et objectif l'intérieur du sanctuaire en n'oubliant rien des détails même les plus inutiles.
Il en est également tout autant quant aux dates d'arrivée et de disparition de ces statues montrant par là que d'autres éléments ou informations purent suivre cet anonyme chemin de la disparition dans le silence et l'indifférence générale. A ce propos nous pouvons retenir, dans ce registre, l'itinéraire que suit le tronc de piété dans l'église depuis sa place à l'entrée tout près d'Asmodée jusqu'à celle qu'il tient à présent vers la porte de la sacristie. Si un jour il disparaît qui s'en apercevrait et s'en rappellerait?


"La chose qui ne pouvait être là"…

La suite est encore plus insolite car les propos formulés par C. Gardener ont de quoi poser d'autres interrogations toutes aussi surprenantes. Il lui semble, ou eut-il des informations précises, qu'à cette époque du centenaire de l'arrivée du prêtre à la tête de la paroisse de sa commune, il y eut plusieurs tentatives de réactiver de manière plus vivante sa mémoire dans ces lieux. Clive note qu'il flottait comme une sorte de présence sourde du prêtre dans la villa Béthanie… une présence accentuée par d'infimes détails posés ça et là comme si l'homme venait de s'absenter pour quelques instants. Il nous dit, par exemple, que "Sous la véranda menant à la tour Magdalène, mis à part les trois agrandissements de posters des peintures du mur de la salle à manger, il y avait une petite photo de Saunière encadrée, un fer à cheval porte bonheur et une chandelle dans un chandelier, tous posés ensemble au bout de la table. La table était aussi couverte de miettes de pain"…
Les grincheux diront que des détails de la sorte ne veulent rien dire sinon que le ménage était rarement bien fait à cette époque dans le domaine de Saunière… et puis voilà tout! Certes! Cependant nous allons, quant à nous, apporter un ou deux petits détails plus insolites voire complètement inquiétants. En effet, c'est curieusement vers les années de présence de ces paisibles, mais de plus en plus discrets, demi-saints statufiés que des cérémonies aussi nocturnes que démoniaques se seraient nuitamment déroulées… Et aux voix scandalisées qui pourraient s'élever nous pourrions répliquer que non seulement nous avons les noms des participants mais aussi quelques clichés pour le moins impossibles à mettre en ligne sans choquer ou atteindre à certaines règles élémentaires de la dignité ou de la décence! Quant on sait qu'au cours de ces obscures réunions était invoqué l'esprit de BS (et d'autres bien moins en odeurs religieuses!!) on a de quoi se poser quelques question, d'abord sur la santé mentale de certaines personnes qui forcément se reconnaissent ici, puisque nous savons qu'elles nous lisent ici, et ensuite sur le but de pareilles expériences. Car à trop tirer le diable par la queue il finit peut-être par s'irriter sur les bords. Nous pouvons encore verser à ce sulfureux dossier ce qu'aurait vécu l'auteur Patrice Chaplin (City of Secrets) en visitant précisément l'église de Saunière des années avant tout ça. Elle affirme avoir vu "la chose qui ne pouvait être là"… et elle ajoute que c'est vers, justement certaines stations du chemin de croix, que serait apparu un être 'foncé', en tenue de prêtre.


L'abbé Saunière… l'impossible retour?

On entend de là les grincheux se moquer de ce genre d'affirmation… qui, hélas, serait corroborée par d'autres personnes à des époques différentes, bien avant que ne paraisse cet ouvrage irritant pour certains chercheurs. En tous cas, elle a peut-être vu quelque chose d'insolite comme les restes éthérés d'une présence qui ne peut quitter un lieu qui lui fut cher. Une présence fugace, ombrageuse, en forme de mémoire si intense qu'elle provoque une sorte de remous couleur de poussière du temps… ou pourquoi pas la matérialisation d'autre chose de plus complexe réveillé par quelques manipulations et tenu en gardien obligé à l'image d'Asmodée cloué à son poste de gardien agar d'un franchissement de seuil ou de… perron! On peut en rire de manière moqueuse, mais à mieux réfléchir jamais personne n'eut l'explication du choix asmodéen de Saunière en défenseur de son sanctuaire et pire encore… tout le monde s'en accommode parfaitement comme si cette présence coulait de source, oui, mais de quelle source??? Pour nous il est clair que Chaplin n'a pas rêvé et qu'elle eut la vision de ce qu'elle appelle "une chose brève"… On saura que ceux qui rient de ces lignes sont aussi ceux, celles, qui se livrèrent à des cérémonies précisément diaboliques dans le sanctuaire de Rennes et le firent sans trouver ça drôle mais bien en reflet du démon du seuil de l'endroit.
Je tiens à préciser qu'au cours de la discussion avec Clive il apparaît, que lors de son innocente visite du domaine, il pose des questions sur des fac-similés de peintures classiques, bien connues et relatives au mouvant décor de l'affaire RLC, posées en insolite décor dans le domaine en 1985. Un homme encore jeune surgit face à lui et le rabroue sèchement de poser tant de questions sur les statues et les peintures. L'homme coupant court à la discussion, lui fait comprendre que sa visite est terminée et la sortie par là… La description que Clive donne de son interlocuteur, qui vit encore et se reconnaît forcément ici, colle fortement à un des personnages ayant tenus place lors des messes noires dans l'église de BS. Et maintenant que nous avons ce petit faisceau de convergences, est-ce toujours aussi amusant tout ça?
Après tout, le centenaire de l'arrivée de B.S. dans la paroisse qu'il refusera toujours, contre vents et marrées, de quitter est bien une forme de réveille ponctuel de la mémoire si on en fait une fête, un événement, est une célébration blanche… ou grise... ou noire! Alors pourquoi ces demies statues n'auraient elles pas été mises là dans un but même, et surtout, s'il s'avère inavouable volontairement ou involontairement. Dans ce cas l'effacement du souvenir et le manque cruel de photos de ces 'détails' serait la partie invisible de la fin de l'aimantation de ce… retour de BS à la case sanctuaire madelénien.


Et la dernière statue porteuse d'un livre rouge

On pourrait en rester là et considérer tout ceci comme un fait innocent… Une main pieuse, mais bigrement misogyne, orne les murs (croulant pourtant sous le tape-à-l'œil sulpicien) d'une série de petites statues polychromes toutes masculines, car nul n'est parfait même s'il déborde de foi!
On pourrait, certainement en rester là, mais nous préférons poursuivre encore un peu et revenir sur une des innocentes petites statues. Saint Mathias sera notre dernière cible pour plusieurs raisons.
Il est placé sous la Vème station du chemin de croix, qui est celle montrant Simon le cyrénéen aidant Jésus à monter sa croix sur ordre du centurion romain.
Nous laissons de côté la hache qui est son instrument de martyr et nous retenons qu'il est le seul représenté avec un livre sur lequel nous revenons plus loin. Ce volume nous faisant penser à un évangile, on peut conclure que Mathias est le seul évangéliste figurant dans la petite statuaire. Il est d'autant plus intéressant qu'il l'est au détriment des quatre principaux grands évangélistes formellement absents dans cette galerie. Le personnage, donc classé dans la série des évangélistes apocryphes, n'en reste pas moins des plus intéressants puisqu'il est choisi pour remplacer Judas parmi les apôtres. Né à Bethléem il est à l'origine de nombreux miracles comme ceux de rendre la vue aux aveugles (on tentera d'ailleurs de le rendre aveugle par empoisonnement, mais sans succès), chasser les démons et ressusciter des morts… voilà une série de bienfaits qui nous rappelle un autre homme du nom de Jésus.
Son corps serait enseveli dans l'église Ste-Marie-Majeure. Vraie ou fausse tradition? Toujours est-il que dans cette basilique se trouve également les reliques du saint Berceau de notre seigneur.
Concernant son évangile il semble perdu bien qu'en soit conservée une phrase remarquable expliquant que "nous devons résister à notre chair, ne lui attribuer aucune valeur, et ne rien lui concéder pour le flatter, mais plutôt renforcer l'élévation de notre âme au moyen de la foi et la connaissance"… Voilà un passage que les cathares n'auraient pas désavoué d'autant plus que son évangile est soupçonné, par C. d'Alexandria d'être évoqué par les hérétiques comme livre des Paradoxes.


Hérésie ou… savoir oublié?

Si les autres cinq saints personnages restent dans un droit fil bien rangé il faut bien admettre que Mathias dans cette galerie dénote un tout petit peu, surtout si on ajoute qu'un effort fut fait pour bien le souligner porteur du livre ouvert… ouvert, peut-être aux hérétiques que certains regardent étrangement, ou stupidement, depuis l'apparition de l'ombre d'un livre rouge qui aurait séjourné à Montségur lors de sa tragédie. Et puis ne dit-on pas dans la grande série des possibilités trésoraires du dépôt de Redhae qu'il pourrait être celui des Albigeois ou… pauvres chathares? A moins bien entendu que cet 'isolé' soit chargé de nous rappeler un livre oublié comme son porteur, mais aussi qu'il est placé sous la Vème station du chemin de croix, celle durant laquelle intervient Simon. Se pourrait-il que ce détail soit un indice supplémentaire nous rappelant que Jésus préside un banquet, chez un autre Simon, au cours duquel Madeleine lui lave les pieds? Ce serait là l'indice en direction de l'élément féminin rouge cher à Jésus qui manque à cette galerie où tout se règle entre hommes…
Bien entendu, nous reconnaissons que tout ceci est une hypothèse cependant fondée sur des observations vérifiables et des éléments bibliques qui ne sont pas de notre plume et donc à considérer correctement. Si tout est on ne peut plus innocent dans la présence de ces statues dans la nef de Rennes, comment se fait-il que personne ne les ait remarquées ou… en est remarqué la disparition soudaine? Certes il est bien possible que ces modèles soient des décorations sans queue ni tête apportées là vers 1980 par un chercheur voulant faire œuvre pieuse… Clive Gardener pense, également, qu'elles pouvaient dater de Saunière les ayant d'abord eu entre les mains, par on ne sait plus quel biais, pour les ranger ensuite dans ses placards du presbytère ou de sa villa Béthanie afin de les soustraire à on ne sait quelle curiosité qu'il ne voulait pas…
Pour l'instant nous poursuivons une piste fragile qui devrait nous permettre de remonter jusqu'au lieu où ses sculptures seraient entreposées… Si ce cheminement ténu s'avérait positif nous en présenterions les détails à la suite de ce travail.


Laissons Clive conclure, mieux que nous ce petit travail de recherche, lorsqu'il dit sans doute judicieusement que " donc les statuettes auraient pu être mises dans l'église dans un effort de 'rappeler' Saunière et ainsi trouver la réponse à la question qu'énormément de gens se posaient concernant le village ".

Oui bien sûr… mais en ce cas quelle serait cette question si lancinante pour se solder chaque fois qu'on la cherche par un non lieu? A moins que ce non lieu à RLC… se trouve ailleurs?


MaryAnge Tibot et André Douzet

Le 15 mars 2010

NB: Nous remercions chaleureusement Clive Gardener pour la confiance qu'il nous a faite en nous confiant ses photographies et les éléments qui lui appartenaient… un grand sourire aussi à Vive Iane pour les traductions littéraires d'anglais en français.
Toutes autres informations sur ces statuettes seront les bienvenues ou pourront rester confidentielles le cas échéant.
Les clichés sont la propriété exclusive de leur propriétaire et sont donc interdits de reproduction sans son accord formel.


mage 11