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St
Pierre de Périllos |
Saint
Pierre, l’illustre oublié
Dans
l’histoire, la tradition, l’hagiographie, les archives écrites
(en notre possession) de Périllos ou Opoul, nous trouvons des références
religieuses à St Michel archange, Ste Barbe, Ste Cécile et
St Laurent, patron d’Opoul. En ce qui concerne St Pierre, il n’existe
rien… rien que le nom d’un calvaire, compris dans ceux entourant
les sites miniers, détruit au moment où disparaissent ces
vestiges protecteurs de la zone minière des seigneurs de Périllos.
Ceci n’est pas suffisant pour comprendre un culte étroitement
voué à St Pierre qui, par ailleurs, n’apparaît
nulle part sur cette paroisse éteinte.
Et pourtant… oui, pourtant, nous avons retrouvé, surtout grâce
à un de nos plus fidèles chercheurs locaux sur le secteur
de Périllos, un récit des plus intéressants concernant
St Pierre.
Il s’agit, en vérité, d’une tradition totalement
oubliée concernant exclusivement le secteur du vieux village mort
de Périllos, Opoul et ses proches alentours. Mais, avant d’aller
plus avant, tentons de savoir quels cultes pouvaient être réservés
à St Pierre... ou aux St Pierre.
Saint
Pierre
Pierre est célébré pour les églises catholique
et orthodoxe le 29 juin qui commémore le martyre du saint crucifié
la tête en bas dans le cirque Maxime. Selon certaines traditions,
son supplice aurait eu lieu en même temps que celui de St Paul qui,
lui, eut la tête tranchée. L’Eglise verrait dans ce double
martyre l’union étroite, symbolique et ecclésiale entre
les apôtres juifs et gentils.
La chaire de saint Pierre à Antioche
Une autre célébration se déroule le 22 février
en l’honneur du premier siège épiscopal de Pierre dans
la ville d’Antioche. Une fois encore, la Tradition veut voir dans
le choix de l’apostolat de l’apôtre un lien entre les
Eglises orientale et latine. Si rien n’atteste vraiment ce rapport,
cette fête de la chaire du saint est toutefois des plus anciennes
avec sa première trace écrite remontant au IVe siècle
à Rome. Il faut pourtant attendre le XVIe siècle pour que
soit reconnue officiellement la titularisation de ce ‘siège’
pétrinien.
Le siège romain…
Comme pour ne pas sembler en reste, Rome aussi instaure le 18 janvier la
commémoration du ‘siège’ romain… datant
probablement de l’époque gallicane, et ‘romanisée’
assez tardivement, en 1557, par le pape Paul V. C’est ce dernier qui,
arbitrairement, fixe au 22 février l’événement
de la chaire d’Antioche.
Ensuite, avec le concile de Vatican II, les deux célébrations
n’en feront plus qu’une seule fête au 22 février.
St Pierre aux Liens
Les Actes des Apôtres relate l’épisode de St Pierre captif
des geôles romaines de Jérusalem dont il aurait été
tiré, durant son sommeil, par un ange qui brise et défait
les chaînes qui l’emprisonnaient. Le miracle est tel que Pierre
reste persuadé d’avoir rêvé sa captivité.
Pour les catholiques, le miracle, appelé « les Chaînes
de St Pierre » est célébré le 1er août,
alors que pour l’orthodoxie, il l’est le 16 janvier…
La tombe du Vatican
St Pierre, malgré certaines énormes difficultés de
terrain, fut enseveli là où s’élève le
Vatican par l’empereur Constantin. Aux problèmes de fondations
s’en est posé un autre plus délicat sans doute, concernant
un cimetière romain sur l’emplacement choisi. Toujours est-il
que la célèbre basilique de Rome sera placée sous vocable
de « Basilique Saint-Pierre ». Des fouilles réalisées
au XXe siècle, sous l’édifice, mirent en évidence
une tombe vide dite « de St Pierre », dont l’emplacement
est pour le moins des plus curieux. Il y aurait une inscription sous le
nom de Pierre, suivie d’une autre des plus ambiguës affirmant
soit que le saint est le contenu du sarcophage ou qu’il en est absent…
… et un poisson
Ce rapide survol ne serait complet sans un petit détour par le poisson
portant le nom du saint. Appartenant à l’ordre des zéiformes,
famille des zéidés, il s’agit du « Zeus Faber
», au corps plat et haut, pouvant atteindre près de 60 cm de
long. Sa chair très recherchée en fait un met d’une
finesse remarquable. D’un brun vert, il comporte sur le flanc une
tache sombre et ronde caractéristique qui l’identifie à
la légende du pêcheur. La tradition rapporte que Pierre avait
attrapé le poisson à la main afin de lui retirer une pièce
d’or tenue dans sa gueule. Le tenant ainsi fermement, le pouce aurait
laissé une empreinte sur l’animal qui serait restée,
indélébile à jamais. Le gros problème est que
Pierre était pêcheur en Galilée… où on
ne trouve pas ce genre de poisson ! Le Saint Pierre, abondant en Méditerranée,
est également appelé « soleil » vers Dunkerque,
Jean Doré à Boulogne et … « Poule de mer »
en Vendée !
Patron
des pêcheurs
Le
métier de Simon au moment de sa rencontre avec Jésus en fait
le patron des pêcheurs. En Méditerranée, cette fête
s’accompagne de rites autant païens que religieux car elle ne
saurait se célébrer sans une messe et ses traditions ancestrales.
A l’issue de l’office, une barque part en mer répandre
des couronnes de fleurs lancées à la mémoire des hommes
morts en exerçant leur profession. L’embarcation, souvent le
lendemain, est brûlée soit sur la plage, soit près de
l’église.
Sans que nous puissions expliquer la présence de ce rite ponctuel
pour St Pierre à Périllos, nous savons que de nombreux lieux
en France, selon Arnold van Gennep, font référence au saint
patron des pêcheurs attachés aux traditions saisonnières
locales. On peut ajouter, avec un certain étonnement, que le rapprochement
se fait avec St Jean et ses feux, comme par exemple dans les pays de l’Ardèche
(Saint-Pierreville, Le Garn et sa maladrerie templière de la Madeleine,
pour ne citer que ces exemples qui nous sont chers) où survit encore
un diction : « Les feux allumés par St Jean sont éteints
par St Pierre ».
Le
charme discret d’une tradition oubliée
Tout
ceci pourtant n’explique pas cette tradition totalement oubliée
retrouvée dans le passé de Périllos, et Opoul, où
ne s’illustre à aucun moment un culte prononcé à
l’intention de ce saint pêcheur…
Il est temps à présent, avant d’approfondir certains
détails de la vie religieuse de ce patron, de prendre connaissance
de ce rite ancestral des plus insolites, pratiqué par les anciens
des deux communes jointes.
Le soir du 28 juin précédent la St Pierre, le repas s’achevait
avec la réunion des familiers de chaque foyer. La bouteille de vin
du repas du soir étant terminée, elle était simplement
remplie à nouveau avec de l’eau froide et disposée au
centre de la table commune totalement débarrassée et nettoyée
des restes du repas. Avec précaution, la plus ancienne femme du foyer
prenait un œuf, le cassait et en séparait le jaune du blanc
en versant, jusqu’à épuisement, ce dernier précautionneusement
dans la bouteille pleine d’eau. Sur le flacon laissé ouvert,
une serviette était alors lentement déposée, de manière
à ce qu’aucune partie du verre ne puisse être vu.
Chacun allait se coucher jusqu’au petit matin. A ce moment, la famille
se réunissait autour de la table et la serviette était soigneusement
enlevée sans que le moindre choc ne se produise. Un fois le flacon
entièrement revenu à la vue de tous, chacun pouvait avec émerveillement
contempler… une sorte de bateau fantastique s’étant formé
dans le flacon transparent. Dans une vision fantomatique surgit, d’une
eau légèrement trouble, une forme d’étrange vaisseau
avec une coque évasée d’où s’élancent
plusieurs mâts tenus par de nombreux haubans. Lorsque le phénomène
s’est bien déroulé, il peut atteindre près de
20 cm de haut.
Une
expérience étonnante et une comptine
C’est
cette expérience que nous avons voulu reproduire dans la nuit du
28 au 29 juin. Il est certain que cette vision nébuleuse, si elle
produit sur ses témoins un impact quelque peu magique, n’en
est pas moins froidement qu’une réaction chimique des plus
explicables. Cependant, les discussions que nous avons eu de nombreuses
fois avant notre tentative font mention qu’il serait maladroit de
vouloir tenter ce phénomène en dehors de cette date. Il est
clairement dit qu’en cas de non respect un malheur certain s’abattrait
sur les inconscients qui s’y aventureraient. Par contre, en cas de
réussite précisément cette nuit consacrée à
St Pierre, une sorte de protection s’étendrait sur la demeure
ayant abrité l’opération.
Sur un plan rationnel, nous avons voulu tenter l’expérience
à d’autres dates. Elles se sont alors déroulées
avec moins de succès ou avec un échec complet. Ce fut le cas
sur les pentes du Canigou, à Lyon, Perpignan et Montpellier.
Sans doute avons-nous respecté la tradition car ce fut une réussite
en trois lieux cette nuit là : Opoul, Tautavel et Durban…
Le lendemain, si on ne donne pas de secousse à son support, le ‘vaisseau’
reste encore un peu et vers le soir se recroqueville en une boule blanchâtre
effilochée remontant au sommet du flacon… que nous avions choisi
de verre blanc pour mieux faire notre constat.
Mais ce n’est pas tout, car le rite s’accompagne d’une
sorte de comptine dite en Catalan pour ne pas lui enlever toute sa saveur
: « Qui pour la St Pierre prend la mer y passe la nuit et en juillet
revient ». Si le bateau se concrétise, le saint aura accompli
sans encombre son périple maritime et magique… on n’ose
se demander ce qu’il se passerait en cas d’échec…
Les longs mois à attendre cette nuit exceptionnelle ont été mis à profit pour savoir si cette tradition était connue et autrefois pratiquée par ailleurs. Nous n’avons trouvé nulle part la moindre légende ou tradition faisant mention de ce rite… Il faut donc admettre qu’il reste très discrètement attaché exclusivement au passé de Périllos et ses environs. Une fois ce constat fait, il reste le plus difficile à comprendre, à savoir pourquoi cela se passe précisément vers Périllos. Les anciens questionnés se souviennent, oui, d’avoir vu ou entendu cette pratique faite par leurs parents sans pour autant en savoir plus sur ses origines ou ses raisons. C’est ce que nous avons essayé de comprendre depuis les éléments en notre possession.
Comme
nous le disions en ouverture de ce petit chapitre, rien ne peut expliquer
un intérêt pour ce saint dans le passé de ce secteur.
Rien dans les églises ou la chapelle des seigneurs de Périllos
n’en fait mention, aucune statue de St Pierre, aucune litanie, culte
et rite en dehors d’un seul calvaire inscrit dans la ceinture entourant
les sites miniers du territoire mort. Alors… sur quel fait cette tradition
moribonde s’est elle installée ici, car il est bien évident
que ce village n’était surtout pas tributaire de la pêche
et de ses dérivés ?
Il faut donc chercher dans une autre direction qui est peut-être liée
à Jésus ou à d’autres références
parallèles que nous allons essayer d’explorer et de comprendre
maintenant.
St
Pierre et quelques symboles significatifs
Saint
Pierre n’aurait aucun intérêt pour Périllos s’il
n’était pas le premier apôtre de Jésus…
est-ce là l’importance ? Pourquoi pas si on observe quelques
détails et si on admet le lien entre Jésus et Périllos
selon le moulage de l’abbé Saunière.… Cependant,
nous trouverons également quelques similitudes surtout avec l’affaire
de Rennes-le-Château et de certains agissements de Saunière
par lesquels nous allons commencer.
En effet, nous retiendrons de St Pierre qu’il puisse être représenté
avec les poignets entravés… ou avec des clés - c’est
bien évident, encore que nous ne sachions pas encore précisément
ce qu’elles doivent ouvrir ? - et aussi avec un coq. Ces symboles
sont des plus logiques si nous reprenons les temps forts qu’il vit
avec Jésus.
- On trouve Pierre délivré de son cachot par un ange envoyé
par Dieu pour le désincarcérer.
- Ensuite, devenu St Pierre, il détient les clés du royaume
de Jésus, donc le royaume des morts, duquel il devient la pierre
sur laquelle est construite son Eglise !
- Pierre ayant renié son maître par trois fois, c’est
à ce moment que la prophétie de Jésus se réalise
car, comme prévu par le messie, le coq chante alors… plongeant
Pierre dans le plus profond chagrin au jardin des oliviers.
Ces trois éléments, incontestables en tant qu’écrits
bibliques, nous allons les retrouver d’un seul coup, contenus dans
les deux tableaux de l’église de St
Benoît, près de Villefort et de Chalabre, où se
rendait Saunière, alors curé de Rennes, pour y célébrer
l’office… nous dit Elie de Kercorb dans ‘les cahiers d’études
cathares’ de Déodat Roché ! On y voit le saint patron
devant des clés, un coq qui chante et se tenant dans la posture d’un
homme dont les poignets sont entravés… moins les liens. Ajoutons
que St Pierre est représenté sur un des deux tableaux sous
les traits insolites de… Jacques de Molay ! (Lire notre chapitre sur
cette église sur ce site)
Petit
détour par Rennes-le-Château
Mais
ce n’est pas tout. Nous disposons d’une autre information, si
gênante pour les ténors de l’affaire de Rennes qu’ils
n’en font jamais mention, qui a attrait à St Pierre aux Liens.
Ce lien, si on peut dire, est précisément celui avec la première
église de Rennes-le-Château. Cette dernière avait sa
fonction alors que celle que nous connaissons aujourd’hui n’était
que la chapelle des seigneurs du château qui prit le titre d’église
après la prise d’assaut des mercenaires catalans qui ne portèrent
leur intérêt que sur cet édifice, au détriment
de tout le reste de la forteresse ! (Lire, là encore, notre chapitre
sur ce sujet sur les colonnes du site SP). Si la chapelle était placée
sous le vocable de la Vierge Marie, qui fera place à celui de Ste
Madeleine dès ce changement de fonction, l’église primitive
était bel et bien sous le patronage de celui de St Pierre aux Liens
!... et jamais aucun historien n’a pu définir quelle pouvait
être l’origine de ce choix de nom. Ajoutons qu’au Moyen-Âge
ce genre de décision n’est jamais pris à la légère
ou sans impératif précis. Sur ce chapitre, nous avons vu l’abbé
Saunière, au moment où il acquiert ses propriétés
sur le village, le faire pour former un domaine d’un seul tenant jouxtant
son presbytère, se porter propriétaire de la parcelle de l’église
oubliée, certes dans le vieux village, mais éloignée
et isolée du reste de ses biens immobiliers… sans que jamais,
là encore, nous ne puissions savoir les raisons de cet achat hors
son ambition domaniale.
Ces deux lieux, les églises de St Benoît et de St Pierre aux
Liens, sont en étroite corrélation entre St Pierre, l’abbé
Bérenger Saunière curé de Rennes-le-Château et…
Périllos !
Les
Pierre de l’édifice
Mais
allons encore un peu plus loin pour les derniers grincheux criant à
l’impossible lorsque nous rapprochons Rennes-le-Château de Périllos
via l’abbé Saunière.
Le visiteur de l’église de ce prêtre ne peut faire autrement
que s’arrêter devant le porche remodelé par notre abbé.
Trois médaillons ornent l’arc sur le portail. Celui de gauche
montre un homme auréolé assis dans une embarcation voile déployée,
tenant une croix haute dans sa main. Il s’agit du blason de Mgr Billard,
le grand bienfaiteur de Saunière. Cet évêque, particulièrement
bienveillant pour les recherches parallèles de son prêtre favori,
avait fait sienne la devise suivante : « In verbo tuo laxabo rete
» signifiant « Sur ta parole je lâcherai le filet ».
Or, cette sentence est celle donnée par l’évangéliste
Luc (V.5) sur le propos tenu précisément par Pierre, le fameux
pêcheur de Périllos.
Sur le principe, nous pensions que Bérenger Saunière voulait
marquer sa reconnaissance en honorant de la sorte son protecteur (et bienfaiteur).
Mais à mieux réfléchir, face à ces arguments,
ne pourrait-il pas s’agir d’un élément connu des
anciens seigneurs de Périllos, de ceux de Rennes, d’un évêque
des plus étranges et des curés de cette paroisse… un
élément si particulier que Saunière l’aurait
mis en exégèse au porche de son église ? Notons de
plus que St Pierre illustre dans cette barque à la voile gonflée
qu’elle est conduite par le grand nautonier de l’Eglise : le
pape lui-même.
Puisque nous en sommes
au royaume maritime de Saunière, n’oublions pas non plus la
fameuse grille chiffrée connue sous le titre de « sot pêcheur
»… où il est aussi question d’un poisson pêché,
cuit, recuit et retourné pour être enfin consommé par
un voleur dans le dos du sot pêcheur. En Méditerranée,
il ne saurait être question de poisson sans pêcheur, hommes,
embarcations (parfois sans rames, gouvernail, ni voiles) et… superstition
religieuse.
Puisqu’il est question de barque, nous soulignions, dans un chapitre
précédent (‘JEAN XXIII’ dans l’affaire de
Bérenger Saunière - seconde partie - Malachie, Angelo et Bérenger…
prophètes en leurs pays ?), que c’est au lendemain de l’accession
du patriarche de Venise, Ange-Joseph Roncalli, l’Osservatore Romano,
au trône de St Pierre, qu’était choisie pour symbole
de l’Eglise une barque de pêcheur. Roncalli, avant son élévation,
était effectivement le patriarche de Venise. Cet état faisait
de lui un lien évident avec la mer et la navigation… même
statique. A ce propos, ce 107ème pape ‘angélique’
– Pastor angelicus – nous rappelle forcément la barque
et son indispensable nautonier pour aller naviguer. Son titre dans les prophéties
est celui très suggestif de « pasteur et marin »…ce
qui revient pratiquement à illustrer St Pierre.
Daniel
Réju nous rappelle qu’il y eut un pape « Jean XXIII »,
originaire de Naples, qui fut précisément un anti-pape et
le cinquantième de la prophétie de Malachie. La tradition,
très curieusement, raconte qu’avant d’être pape
il fut pirate. Sa devise était « Le cerf de Sirène »
ce qui là encore est une allusion ‘criante’, et enchanteresse,
à la mer ! Mais il y a encore plus étonnant, si on considère
qu’il s’est opposé au pape Grégoire XII, numéro
prophétique 48, dont la devise était « Le marin de Négrepont.
La devise du dernier Jean XXIII, qui nous concerne ici, donne deux mots
‘pasteur’ et ‘marin’, qui, d’après
D. Réju, « sont absolument indissociables : le pasteur qui
est marin conduit la barque de l’Eglise dans les vicissitudes de cette
seconde moitié du XXe siècle »... ce qui se passe de
plus de commentaires.
Enfin, nous ne pouvons ignorer la découverte faite derrière
l’église St Michel de Périllos. Il s’agit d’une
médaille en or avec sur une face Saint Georges terrassant la bête
et sur le revers (ou l’inverse) une scène se rattachant à
la parabole de la pêche miraculeuse racontée dans la bible
: Pierre et Jésus sont pris dans une tempête sur le bateau
du pêcheur. Jésus s'adresse alors à Dieu pour apaiser
les flots, et demande à Pierre de jeter les filets à l'eau
dont il s'ensuit une pêche miraculeuse symbolisant la pêche
aux âmes.
La
pêche aux étoiles
Si
cette tradition populaire locale est des plus anciennes, et nous avons tous
lieux d’en être certains, elle se réfère à
un pêcheur et trois jours de navigation.
Or, si on considère un aller et retour sur plus d’une journée
et une nuit, la distance parcourue en mer est conséquente. La navigation
nocturne à la voile, aux époques antiques, durant 24 heures,
nécessitait forcément une connaissance des étoiles
pour retrouver la terre de départ. Sur le plan stellaire, nous considérerons
plusieurs choses.
Parmi celles-ci, nous retenons qu’autrefois la navigation se faisait
la nuit à l’aide des étoiles et surtout depuis la Polaire
qui reste fixe et parfaitement visible sous notre hémisphère
(en ce qui concerne l’autre hémisphère, on se base sur
la Croix du Sud).
L’étoile Polaire indique le Nord. On l’identifie et la
localise facilement car elle se situe dans le prolongement des ‘roues
arrière’ du grand chariot, connu également sous le nom
de Grande Ourse. Cette étoile Polaris, ou Etoile Polaire, qui nous
semble fixe, est ‘circumpolaire’ c'est-à-dire visible
toute l’année depuis notre pays quel que soit le moment, et
toutes les autres constellations semblent tournoyer autour. Il est donc
indispensable, pour ‘viser’ la Polaire, d’utiliser les
deux dernières étoiles, appelées ‘pointeurs’
(Merak et Dubhe), visibles de la Grande Ourse, et de viser sur la dernière
étoile de la Petite Ourse et nous sommes sur Polaris. Pour la beauté
du geste, nous signalons qu’une des étoiles de la Grande Ourse
s’appelle Alcor… donnant l’inversion précise de
Coral. Celui-ci est le nom du dernier lieu habité traversé
par l’ancien ‘Méridien Zéro’ sur le vieux
territoire des Périllos, vers Prats-de-Mollot… lieu sanctuaire
qui devint un ermitage abritant une des rares statues de Ste Angelina dont
le nom s’illustre en lettres de sang dans le meurtre de l’abbé
Gélis et de l’affaire de Rennes-le-Château. Mais sans
doute n’est-ce là qu’un douloureux hasard sans doute.
Les constellations des Grande et Petite Ourses en latin sont connues sous
le nom de Ursa Major et Ursa Minor. On dit que les trois pattes de l’Ursa
Major ont trois griffes formées chacune par deux étoiles.
La Tradition raconte qu’en automne ces ‘griffes’ arrivent
à notre horizon et labourent la terre au point de la faire saigner.
Ce serait pour cette raison que les feuilles de vigne se teintent de sang
à cette saison… le sang de la terre !
Nous ne quitterons pas l’Ursa Major sans observer que pour les anciens
la constellation s’inscrivait dans la voûte céleste,
non pas encore sous la forme d’une ‘casserole’ mais bel
et bien sous celle d’une barque avec sa voilure déployée
!
Pour finir avec le domaine du symbolisme étoilé, souvent les
constellations naissent de la mythologie des hommes… Il en est ainsi
pour la Grande Ourse dont les grecs nous racontent qu’elle fut initialement
la nymphe Callisto qui, séduite par Zeus, fut punie par Artémis
qui la transforma en ourse. Zeus, pour la sauver, l'envoya dans le firmament.
Etrangement, de nombreux peuples (Arabes, Iroquois de l'Amérique
du Nord, Phéniciens…) baptisèrent cette constellation
de la même manière sans avoir jamais eu aucun contact entre
eux. Le plus curieux dans ces mythes est que pour les Gaulois la constellation
évoque une cigale… qui est précisément un sympathique
insecte bruyant symbolisant parfaitement la région du sud de notre
pays !
Retour
au St Pierre biblique…
Puisqu’il
nous faut approcher de l’issue de notre petit périple, il est
temps de revenir un peu sur la personnalité biblique de Pierre car
il doit, là aussi, exister un lien, un rapport, une cause avec notre
affaire de Périllos.
Sur le plan historique on ne sait quasiment rien du personnage.
A l’origine appelé Simon, il est simple pêcheur sur le
lac de Génésareth (Tibériade) et, comme son frère
André, il est disciple de St Jean le Baptiste. Lorsque Jésus
le rencontre et lui dit « suis-moi », il quitte son épouse
et son travail et devient le premier des douze apôtres… Jésus
lui donne le nom araméen Képha ou cephas, petros en grec,
ce qui signifie ‘rocher’. Ce n'est que plus tard que ‘Pierre’
devient son seul nom. L'Evangile selon saint Matthieu rapporte la célèbre
parole de Jésus: « Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai
mon Eglise ».
Il fut le plus proche
disciple de Jésus, le premier des douze disciples, chef et missionnaire
de l'Eglise primitive, porte-parole des disciples, et, selon la tradition,
premier évêque de Rome et premier pape. La basilique Saint-Pierre
de Rome serait construite sur la tombe de St Pierre.
Pourtant, Pierre le renie par trois fois quand son maître est arrêté,
mais il revient: « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t'aime.
». Et il reçoit la charge de paître le troupeau de l'Eglise…
en tant que premier ‘berger’.
Il est crucifié la tête en bas et au moment de son martyre
s’écrie : « C’est ici l’arbre de vie, cria-t-il
au peuple, l’arbre où a été vaincue la mort et
le monde racheté ». Les Saintes Ecritures ne disent pas si
le supplice eut lieu sur une croix de bois vert mal ébranché…
mais décidément on rachète à tours de bras sur
les croix à cette époque antique.
Pour notre part nous retenons, pour ce petit travail sur la comptine accompagnant
la Tradition liée au phénomène qui nous intéresse,
uniquement ce qui pourrait avoir attrait à une barque, la pêche
ou le milieu aquatique. Et nous observons qu’en effet Simon - Pierre
ne peut être mieux choisi si nous nous référons aux
écrits sacrés :
- « La barque [des disciples] était déjà à
une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues,
car le vent était contraire. Vers la fin de la nuit, Jésus
vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les
disciples furent bouleversés. Ils disaient : « C’est
un fantôme », et la peur leur fit pousser des cris. Mais aussitôt
Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez
pas peur ! ». Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est
bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau. » Jésus
lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha
sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant qu’il y avait
du vent, il eut peur ; et, comme il commençait à enfoncer,
il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt Jésus
étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi,
pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés
dans la barque, le vent tomba. (Mt 14,24-32) ».
…
et à certaines hypothèses… ‘périllossiennes’
Nous trouvons ici, à nouveau, tous les ingrédients de notre affaire réunis tant sur la médaille en or que sur la Tradition ‘périllossienne’ de St Pierre. De plus, nous comprenons que Simon est le frère d’André, un autre crucifié… sur une croix en X, qui deviendra le patron de l’Ecosse, avec tout ce que ce ‘patronage’ peut comporter d’ésotérique et de… piquant. Ce dernier est également soupçonné, pour certains auteurs comme Charpentier, d’avoir été ni plus ni moins que Lazare, le ressuscité si cher à Marie Madeleine… Ensuite, nous comprenons l’importance du tombeau de St Pierre sur lequel l’Eglise se repose de ses origines à nos jours… en ajoutant que sans doute ce sépulcre est momentanément vide comme peut l’être provisoirement un autre plus proche du Roussillon en attendant qu’une autre Eglise ne s’instaure sur ce dernier… selon certaines prophéties. Nous savons que Pierre suivra son maître jusqu’au bout, nous disent les écrits. Mais ce bout… quel pourrait-il et surtout où aurait-il pu bien être pour qu’un pêcheur s’en éloigne… pour une durée égale à celle du vendredi soir au lundi matin de Pâques ? Ce voyage en barque ne représenterait-il pas un autre voyage vers d’autres rives avec la certitude d’en revenir en utilisant la parabole d’une eau plus souterraine et symbolique de renaissance sur les terres et à l’air du secteur géographique entre Périllos et Opoul ?... car sinon pourquoi surgit ce personnage au coin d’une tradition instaurée uniquement vers ce secteur, lui qui suit Jésus partout ??? Y aurait-il eu une raison d’exister particulière pour ce rite ‘périllossien’ aussi unique que prudemment non perduré ?
La
tête en bas
Pierre
aurait été crucifié, sur sa volonté, la tête
en bas par humilité à ne pas mourir comme Jésus. Certes,
le geste est élégant mais précisément, n’aurait-il
pas été héroïque et honorable de finir de la même
manière que son maître ? S’il clame, au moment de son
martyre, que sa croix inversée est « ici l’arbre de vie
» signifie t-il que l’arbre de vie prend ses racines dans le
sol… par la tête et non les pieds ? Si tel était le cas,
peut-on s’attendre à comprendre que la tête en bas sur
l’arbre de vie au moment de la mort signifierait qu’un monde
de l’Esprit habitant la pensée, donc la tête, se situe
en bas… dans la terre… sous la terre ? Si, toujours dans cette
hypothèse, Jésus est l’arbre de la vie lui aussi, et
le passage étroit pour y accéder, on ne serait guère
surpris de se souvenir qu’un Ramon de Périllos trouvera à
son tour et beaucoup plus tard l’entrée vers l’AUTRE
monde, précisément sous ses terres contenant, selon la maquette
de Saunière, les tombes de Jésus et de Joseph d’Arimatie…
Evidemment, tout ceci ne saurait être autre chose qu’un pur
hasard du même tonneau que celui faisant de la Polaire, localisable
depuis la fameuse barque étoilée de Pierre… l’axe
religieux préféré des Périllos !
Nous savons que sous ce secteur antique se trouvent de vastes étendues
d’eau souterraines… En fin de compte, Pierre, à l’instant
de rejoindre son seigneur, met la tête sous terre, ou en direction
du sol. Il est à cet instant initié à un mystère
biblique et, de plus, SAIT la navigation sacrée dans l’obscurité.
Ces ‘détails’ pourraient bien nous conduire à
comprendre le rattachement de cette tradition à celles soulignant
que, dans les traditions solaires égyptiennes par exemple, la nuit
le soleil prend place dans une barque pour naviguer sous terre afin de ressurgir,
pour le plus grand soulagement des hommes, le matin plus resplendissant
encore. La terre sanctuaire de Périllos se prête, avec ses
nécropoles, parfaitement à l’exercice de s’endormir
dans l’attente du monde meilleur dont Pierre détient les clés
au demeurant… et dont il pourrait, à l’image de Charon
et de Râ, être le nautonier ou le gardien capable d’en
assurer l’accès. A ce moment, le fabuleux bateau apparu dans
la bouteille d’eau dans la nuit de la saint Pierre et son périple
magique en mer ‘fermée’ est à n’en pas douter
un résumé, un raccourci symbolique permettant à chacun
de participer au mythique voyage vers « l’eau de Là »
et surtout d’en assurer le transport dans l’Espace et le Temps
du sanctuaire. La bouteille est l’Univers, liquide vital, infini limpide
et obscur… L’œuf de la vie à la fois solide, ovale,
liquide, ténébreux, est le germe qui se répandra dans
le milieu initiatique où il deviendra, d’invisible, le moyen
de transport de l’initié… le voile se lève alors
sur le mystère… et des éléments essentiels pour
nous suggérer le voyage sur les eaux baptismales et l’odyssée
vers les contrées de la mort et de la renaissance… dont ici
St Pierre est le divin barreur.
Le
tombeau vide… mais pas de sens
Sans
doute fut-il choisi sur des critères inconnus pour assurer indéfiniment
une tâche pour laquelle il ne trouverait pas le repos éternel
avant le grand jugement. Comme certains souverains antiques, il fut considéré
comme défunt mais jamais son corps ne fut retrouvé afin, sans
doute, de veiller sur une relique qui, pour certains, prend le qualificatif
de « grande» et pour laquelle chaque 28 juin il s’en va
en mer pour revenir ensuite régénéré. Peut-être
pour cette raison toujours son tombeau reste vide de toute dépouille
terrestre. Effectivement, il s’agit bien d’une dérive
mortuaire, ou d’un rite de ce type car pour implanter son sépulcre
ses fidèles n’hésitaient pas à réutiliser
tout un champ des morts, lieu infiniment sacré pour les anciens romains,
et le modifier, voire le déplacer. A cela, on peut ajouter le fait
que le sépulcre de St Pierre, du moins l’officiel connu aujourd’hui
sous la basilique du même nom, est placé au sein d’un
antique réseau de grottes vouées à une cité
funéraire souterraine aux rites funéraires et magiques incontestables.
Cela signifierait que le royaume des morts, Paradis et Enfers confondus,
se plaçait sous le signe de St Pierre qui, plus tard, veillera aux
portes de monde de l’après-vie.
Les dernières fouilles officielles effectuées dans les ‘Grottes
du Vatican’ montrent avec précision que le tombeau de Pierre
se trouve à l’aplomb des autels et à la verticale exacte
du sommet de la coupole. Cet appareil architectural à haute valeur
symbolique… se trouve en vérité superposé à
une tombe étrangement vide !!!
Les scientifiques ont localisé, sur un mur de couleur rouge de la
crypte, des graffiti dont il reste quelques caractères grecs, «
???R », qui correspondraient aux quatre premières lettres du
nom de Pierre. Au-dessus de ces dernières se trouvent également
deux autres lettres : « EN ». Cet ensemble, selon l’expert,
J. Carcopino, signifierait « il manque » (à propos de
Pierre)… et « dedans est » (toujours Pierre) pour Margherita
Guarducci…
Ceci nous rappelle le fameux tombeau prêté par Joseph d’Arimatie
qui fut occupé… puis définitivement en manque de dépouille
trois jours après ! Une tradition des plus discrètes, avec
tous ces faits étranges et oubliés, nous fait peut-être
comprendre qu’il y eut un événement sacré auquel
le commun ne peut accéder mais resté hermétique dans
une tradition ancrée sous forme innocente à Périllos.
D’autant plus que, d’après la maquette, et le savoir
de l’abbé Saunière, le vrai tombeau de Jésus
se trouve enfoui au sein des antiques terres des Périllos et non
près de Jérusalem où seule se trouve une coquille vide…
certes non dénuée du sacré qui lui convient. A cet
effet, si le caveau sous la basilique de St Pierre semble vide du saint
personnage, les archéologues dégagèrent une cachette
aménagée contenant les ossements d'un individu de sexe masculin
âgé de soixante à soixante-dix ans… dont rien
n'indique avec certitude qu'ils soient ceux de l'apôtre.
Le vaisseau ‘fantôme’ de la bouteille célébrant
jusqu’à nos jours la St Pierre est peut être l’ultime
véhicule ‘populaire’ en mesure de conduire, celui qui
sait comprendre et regarder, aux portes d’un royaume dont les clés
du verrou sont tenues par l’ancien pêcheur de Génésareth…
jusqu’aux rives oubliées de ‘Périllos les Bains’…
mais cette vénérable tradition survivra t-elle encore longtemps
???
André
Douzet
Merci à J.L. et Jeanine Moner
NB.
Le lecteur pourra être surpris de lire ‘Périllos les
bains’ à la fin de notre article… Cette appellation est
volontaire et nous verrons prochainement pour quelle raison nous l’avons
utilisée ici.