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Société Périllos ©

Les rendez-vous du temps
De monsieur Malraux aux super hétérodynes, via Salveterra

 

Le rendez-vous manqué du 1er mai 2009

Comme chaque année nous étions au rendez-vous des voyageurs du temps tel qu’il semble avoir été fixé selon des règles établies par une association proche du sujet. Cette dernière a préparé un message destiné à voyager parmi des millions d’autres stockés dans le ventre du satellite Kéo (sur lequel nous revenons sommairement plus loin) qui devraient retomber sur Terre 50.000 ans après sa mise sur orbite. Ce retour libèrerait cette somme de ‘courriers’ ainsi que différents autres éléments notoires de notre civilisation.
En résumé, l’opération consiste à inviter nos descendants à manifester un accusé de réception, sous quelques formes que ce soit, durant 50 ans où il serait attendu pendant une heure en un point strictement délimité se trouvant au pied du plateau de Salveterra. Ce contact est espéré si, évidemment, ces humains d’après demain disposent de moyens suffisants pour, soit matériellement voyager dans le temps et présentement le passé pour eux, soit sous la forme d’une émission d’un signal de leur choix. Cette date est arrêtée au 1er mai de chaque année de 2000 à 2050 et uniquement de 15 à 16h…à l’intérieur d’un petit périmètre bien défini… et la messe est dite ! La messe est dite, car en dehors de cette surface de réception et les 360 secondes d’attention à la sauce ‘kermesse casse-croute’… point d’autre salut pour demain, et ce sera tout ce qui sera consacré pour nos arrières petits-enfants qui devront, s’ils le peuvent forcément, se contenter de ce quasi impalpable créneau pour nous joindre. C’est un peu comme si l’Elysée recevait l’ambassadeur d’un pays lointain, toutefois porteur d’immenses espoirs vers l’avenir, entre deux portes, dans un couloir, sans étiquette, à la ‘va vite’ sans tenir compte des vrais impératifs de transports de ces voyageurs si lointains… On imagine, dans l’autre sens, ce que ferait notre gouvernement si ses diplomates envoyés, pour la première fois, en un pays le plus inaccessible et lointain de notre globe, à grands frais et grands moyens, étaient reçus dans un quelconque abri de bus ouvert à tous les vents, en bord d’une piste perdue aux confins d’une savane à l’entrée d’un hameau ruiné, oublié de tous, et entre deux verres de bière tiède et ‘amuse-gueules’ ramollis… La réponse ne se ferait pas attendre et les portes claqueraient sec dans les deux sens, sans doute avec quelques raisons.
Certes, ce n’est pas ici la grande scène du ‘retour du fils prodige’ et les moyens à mettre en œuvre sont sans doute plus difficiles, nous le comprenons bien, que le simple démontage d’une horloge de bazar… Cependant, ce projet dont nous restons, et resterons toujours, de fervents admirateurs inconditionnels (pour preuve nous nous y rendons régulièrement) est à nos yeux une démarche superbe mais qui demanderait, peut-être, un léger élargissement du moment de rencontre, s’il a effectivement lieu, approprié à l’événement.

Le rendez-vous manqué du train perdu

Après plusieurs années d’observations attentives, de cette expérience, nous avons mis en place quelques remarques à propos de ce déplacement, matériel ou non, dans une dimension que nous connaissons très mal appelée le Temps. La question, pour nous la plus importante, est d’abord : que savons-nous de lui, de son déploiement, de son déplacement et de la manière qui permettrait de le parcourir, si tant est qu’il y en ait vraiment une ? Si elle existe, on ne sait toujours pas comment l’utiliser et encore moins si on peut considérer ce voyage comme celui d’un train dont on peut gérer les haltes et surtout les horaires à la minute près. C’est ainsi que nous avons eu la chance de pouvoir nous entretenir avec quelques scientifiques, lors de rencontres en Hollande, sur les trajets dans l’espace et le vide cosmique lui servant de théâtre, qui est sans doute tout sauf un vide comme nous l’imaginons naïvement. Pour ces personnalités, à la pointe de certaines études scientifiques (et, de fait, dont nous sommes très éloignés du moins personnellement), avancer dans le temps, même en arrière, reste une marche avant quoiqu’il en soit. Cette avancée se ferait hors tous les critères qui sont les nôtres aujourd’hui. Par exemple, reculer de 50.000 ans pourrait prendre quelques unes de nos secondes sans qu’on puisse imaginer les répercussions sur un organisme humain … ou même encore les conséquences sur un mécanisme devant subir des forces sans doute inconnues à ce jour. De plus, pour ces scientifiques, il semble bien présomptueux de considérer un rendez-vous à la minute près si on ne sait strictement rien des moyens indispensables au succès de ce dernier. Pour eux, si une telle chose pouvait s’imaginer, elle se pourrait avec une marge ou des conditions non pas d’arrivée mais de départ ou d’émission. Ce train dont nous avons pris le premier exemple, pour la durée du trajet d’un point à un autre… peut aussi avoir des problèmes internes ou externes comme accident sur la voie, incendie, caténaire endommagé, arrêt imprévu ou des avatars intérieurs comme un passager pris de malaises importants nécessitant un arrêt à la prochaine gare au détriment d’un horaire qui, là, n’a plus rien à espérer de précis… A l’arrivée c’est le mécontentement général et les rendez-vous d’affaire manqués ! Et pourtant tout est prévu en tous points… ce n’est la faute à personne ou alors elle reste seulement imputable à une série de pépins imprévisibles. Et ce genre de scénario se déroule combien de fois par jour sur les transports ferroviaires, routiers, aériens et même maritimes ou pédestres ! Alors, si on s’essaie au calcul des probabilités concernant une heure sur 50.000 ans, il y a de quoi s’arracher les cheveux à la gare d’arrivée…
Imaginons un autre scénario avec notre train, ou plutôt une rame du métro toulousain par exemple. Il n’y a pas de conducteur et tout se passe automatiquement. A l’arrêt d’une station ce sont des doubles portes qui interdisent, ou autorisent, l’accès direct depuis le quai d’embarquement et la sortie depuis le wagon. Elles ne peuvent s’ouvrir qu’à un point très précis… et, et malgré nos efforts désespérés, nulle part ailleurs (fort heureusement). Pour une raison quelconque, dans notre scénario, on vient de se décaler de quelques centimètres au moment de l’arrêt et les portes ne s’ouvrent pas… on ne peut descendre avant l’arrêt suivant… qui espérons sera correct… sinon adieu les rendez-vous ou la séance de cinéma de 20h ! Ce qui peut arriver en quelques minutes de trajet nous laisse supposer le reste sur 50.000 ans ! Un gouffre pour un grain de poussière dans le rouage!

L’inflexible rendez-vous des hommes différents

Aussi, après avoir bien mis ces considérations à plat, nous trouvons toujours, sans la moindre réserve, comme remarquable le projet d’un potentiel contact avec le temps qui nous est en avant… ou après ! Le problème, toujours pour nous, reste la définition de ‘l’instant’ du contact. Si, certes, une heure est plus que suffisante pour émettre un signal sonore, lumineux, magnétique ou autre il faut bien viser cette cible qui peut-être mouvante ou trouble avec la distance temporelle et là, c’est peut-être une autre histoire que de faire ‘mouche’. Cette expérience nous semble digne d’intérêt au plus haut niveau et nous nous demandons ce qui peut bien justifier qu’elle soit agrémentée d’une telle rigidité, rigueur, incompressibilité dans une démarche de cet ordre, si infinie en elle-même, dont personne ne peut, à ce jour, mesurer les confins. C’est peut-être une réaction des plus humaines, car seul l’homme peut se montrer si cassant et inflexible face à ce qui lui est inconnu. Cette vision est acceptable si on ne peut faire autrement que considérer ce rendez-vous avec… nous-mêmes, comme une petite promenade digestive, une quelconque sortie familiale dominicale (un jour férié !), un moment de curiosité, de désœuvrement (on ne sait pas quoi faire… tiens ! et si on allait 5 minutes à Salveterra ?), aller là, à la plage ou manger une choucroute au ‘joyeux voyageur du temps’ parce qu’on ne sait pas quoi faire d’autre… est bien dommage !

Le rendez-vous des super hétérodynes à lampes

Aussi, depuis un an environ plusieurs membres de la Société Périllos en correspondance avec d’autres personnes, intéressées par ce projet, décidèrent d’en engager un second, élargissant les louables horizons du premier. Le nôtre se détachera résolument du premier de tel sorte que les deux n’ont pratiquement pas grand-chose en commun, sinon le temps appartenant… à personne, à tous et à chacun, dans la manière de l’appréhender, l’investir ou le consommer.
C’est donc cinq personnes qui s’associent, hors la Société Périllos (même et surtout si certains y sont adhérents), pour conduire une expérience dont le nom n’est pas encore défini. Seuls les tenants et aboutissants sont déposés en brevet officiel ainsi que le descriptif des moyens techniques engagés. Au demeurant une association régie par la loi de 1901 est en cours de déclaration pour officialiser ce travail vis-à-vis des autorités.
Il nous fallait définir plusieurs points :
- le lieu d’expérimentation
- la durée
- les moyens
Le lieu d’exploitation ne sera pas indiqué pour des raisons de discrétion et tranquillité pour ceux qui nous hébergent.
La durée est pour l’instant illimité car nous allons recevoir d’autres pièces pour reconstruire d’autres éléments de réception qui assureront la suite de l’opération sans crainte de défaillance ou de fin de vie de nos postes.
Le matériel utilisé est du type ‘lourd’. Il s’agit d’instruments provenant, légalement, des ‘surplus’ militaires. Par exemple des appareils de réceptions du genre ‘super hétérodyne à lampes’, ainsi que des TRPP n’ayant plus cours militairement, des antennes fixes et filaires, et tout un stock de pièces détachées acquises à vil prix, bien que neuves et dans leurs emballages…
Des mois ont été nécessaires à la remise en état de fonctionner de deux ‘super hétérodynes’ qui à présent tournent sans le moindre problème à pleine puissance et sans arrêt… comme le faisait ce matériel lors d’usages militaires ordinaires en STB. A ceci s’ajoute, évidemment, un émetteur similaire au FT-817 de Yaesu amplifié, modifié et adapté à nos besoins. Les TRPP par définition sont mobiles mais lourds (idem ceux ayant fait la campagne d’Algérie) et exigeant en alimentation… quelques adaptations et les voici opérationnels, par exemple, sur le principe d’alimentation d’un véhicule automobile ordinaire et d’un banal transformateur, ceci pour des triangulations du type ‘gonio’.
Les antennes posèrent un problème différent résolu par plusieurs systèmes d’amplifications depuis un élément fixe et surtout une filaire longue qui se déploie, par temps calme de vent, sur 30m maximum emportée au bout d’un ballon sonde captif gonflé avec un gaz approprié et sans danger pour l’atmosphère et les humains.
Certes, si ceci est très beau il faut également qu’il puisse fonctionner autrement que dans la clandestinité (ne serait-ce que pour la ‘filaire’ pas vraiment discrète au bout de son ballon rouge fluo munie d’une balise sonore réglementaire et une autre lumineuse en usage nocturne…). Aussi notre laboratoire est-il disposé, et déclaré, en toute clarté dans les locaux d’un radio amateur agrée par l’autorité compétente informée des descriptifs détaillés de nos équipements.
Cette équipe est conseillée techniquement par deux scientifiques internationaux compétents en ce qui concerne cette ‘mission’. De plus, ajoutons que ces deux personnes se montrent si attentives à ce travail qu’elles viennent, depuis un mois, de nous obtenir de petites subventions ainsi que surtout des dons et prêt en matériel dépassant nos rêves les plus fous.

Le rendez-vous de St Bérenger

Le détail des instruments additifs sera donné aux membres de la S.P. Ceux, celles, qui le souhaiteront, s’ils sont à jour de leur cotisation, assisteront à une conférence à laquelle viendront participer les scientifiques et généreux donateurs et sponsors. Celle-ci se déroulera environ trois semaines après la mise en route officielle de notre expérience qui évidemment aura lieu, entre 15 et 16 heures locale, le 26 mai 2009… Notre choix s’est porté sur ce jour car il commémore saint Bérenger qui, pour nous, est un estimé patron pour des recherches nous intéressant également au-delà du futur. Effectivement, ce prénom d’origine germanique est issu de ‘berth’, signifiant gloire et de ‘gari’ la lance. Que choisir de plus pour nos travaux que ce symbole du combat contre les épreuves qui attendent notre expérience… et qui se double de celui qui illustre l’ouverture sur les énigmes de Périllos… l’abbé Bérenger Saunière et un autre lieu puisque ce saint homme fut moine de St Papoul (en Lauragais) au XIe siècle, époque à laquelle il accomplit de nombreuses guérisons miraculeuses…
Si, officiellement, notre laboratoire sera inauguré à cette date il n’en est pas moins en fonction depuis le 25 avril date à laquelle ont simplement été mis en route les différents appareils afin de réglages, calages et vérifications techniques de bon fonctionnement pour le jour d’inauguration.
Ce matériel fonctionnera donc en continue 24/24 et 365 jours par an. Il émettra plusieurs signaux, dont les fameux ‘QRU’ et ‘QRA’ accompagné du nom de code de notre station RDO, un signal RDO réglementaire dit ‘de largage’ et restera à l’écoute en station automatique. Ce choix permet de ne pas exiger une personne veillant jour et nuit sur le bon déroulement de l’expérience. Le fait d’avoir réussi à récupérer les éléments nécessaires, les mettre en état en deux exemplaires nous permet de garantir qu’en cas d’arrêt accidentel, ou de maintenance, toute l’installation puisse continuer sa veille sur un second circuit de secours en moins de 3 minutes automatiquement, y compris une panne de réseau électrique public. A cet effet nous avons prévu que notre matériel soit couplé à un groupe électrogène à démarrage sur batteries et, si plus longue durée, raccord à des panneaux solaires et une petite éolienne de bateau pour le respect de l’environnement atmosphérique et le désagrément sonore.

Le rendez-vous des anthropophages et des hommes bien sous tous rapports

Nous avons choisi du matériel ancien pour plusieurs raisons. La première, il y a près d’un an, était motivée par le coût de l’opération et seule les ‘surplus’ nous permettaient ce genre de chose à peu de frais et moindre ‘bricolage’.
Ensuite, parce que plusieurs participants étaient d’anciens militaires affectés aux services des transmissions radio, navigants ou non, et que ce matériel leur était accessible… surtout concernant la lecture au son en procédure ‘graphie’.
Certes, ceci peut paraître un peu désuet, poussiéreux et sentant les ‘anciens d’Afrique nostalgiques’… aussi, comme il n’en est rien, il nous faut apporter une autre réflexion à ces choix.
Pour ce faire, nous revenons à cette expérience d’un contact potentiel avec des scientifiques opérationnels dans cinq cent siècles. A la vitesse où la science progresse il est difficile d’imaginer ce que seront les transmissions à cette époque. On peut même se demander si nous serions en mesure de recevoir un signal émis depuis des appareils inconnus maintenant… comme l’usage d’ondes cérébrales instantanées, pourquoi pas. Tout comme on peut s’interroger de savoir si ces scientifiques, même s’ils dévalisent les musées d’un électronisme peut-être alors tombé en poussière, soient en mesure de remettre en œuvre, puis trouver les sources d’énergie conséquente pour nous donner des signaux émis par des appareils dont nous serions capables de recevoir les émissions. Qui aujourd’hui se souvient des postes à galène de l’enfance de nos parents… et qui s’en souviendra dans 50 siècles ? Et pourtant si ces fragiles montages fonctionnaient, avec quasiment rien et pour notre plus grand émerveillement, qui peut encore les mettre en œuvre ?
Ensuite, est-ce utile d’employer des appareils, certes très fonctionnels aux appellations impressionnantes, à mesurer les infimes modifications des champs magnétiques ou gravimétriques, d’un faisceau laser, de l’écoulement du temps (sans savoir lequel !!!) pendant que le balayage des fréquences RDO connues s’opère… sans vraiment savoir si ces dernières seront toujours accessibles ou remplacées et couvertes par d’autres émissions d’une technologie dont nous ignorons tout ?
Et puis, n’est-ce pas un peu délicat de leur indiquer les appareils scientifiques à notre disposition… comme s’ils ne le savaient pas déjà si on accepte le principe du voyage dans le temps de leur part ? Serait-ce judicieux de considérer ceux de demain comme incapables de se servir d’autres moyens capables de surmonter commodément ce qui est pour nous ne peut l’être… ou de nous contacter simplement, sur du matériel simple, sans modifier en rien les forces naturelles qui nous entourent ? N’est-ce pas un peu irréel de considérer ces futurs humains comme des benêts que de leur montrer nos suffisances sur un air de « t’as vu mes beaux jouets ? »… qui, en réalité, doivent leur faire penser aux antiquités de la science à en mourir de rire, un peu comme si nos militaires d’aujourd’hui rencontraient des romains avec une catapulte classée comme l’arme la plus performante… pour eux ! En vérité, pour dans 50.000 ans, nous en serons maintenant à la préhistoire de la science… ne nous en déplaise !
Enfin, pensons à ce que font nos modernes derniers explorateurs de certaines zones de jungle ou vivent encore (pour pas très longtemps hélas) des humains comme le faisaient nos ancêtres du néolithique. Penserions-nous qu’au moment du contact, avec ces anciens d’un autre temps, on puisse communiquer avec eux avec un téléphone portable ? en leur montrant une boussole ? un magnétomètre ? des formules mathématiques, une télévision portative ou simplement une montre? Il y a fort à parier que des gestes calmes et quelques objets simples, non bruyants ou éclairants, feraient plus que toute notre science et ses étalages de bazar de la surenchère technique. C’est un peu comme émettre en direction des humains de la préhistoire, craintivement abrités il y a 450.000 ans, dans la grotte de la Caune de l’Arago, de la musique d’aujourd’hui ou des messages sur notre temps… pas de questions à se poser là-dessus puisqu’ils n’auraient déjà rien pour nous recevoir. Pas plus, non plus, de chance qu’ils nous comprennent si on leur envoyait une lumière, une secousse… une couleur… Tout au plus auraient-ils une peur effroyable. Et toujours, si aujourd’hui on pouvait visualiser, sans qu’ils puissent nous supposer, ces ancêtres par le procédé même du voyage dans le temps, ne serions-nous pas horrifiés de les voir pratiquer l’anthropophagie avec délice ? A mieux y réfléchir qui, des anthropophages ne pensant pas au mal de s’entredévorer, ou de nous, tuant et pillant sans vergogne et en toute conscience nos semblables… qui, oui, qui est le plus monstrueux ? Il ne vaut mieux pas tenter de savoir la réponse…
En fin de compte, on peut se demander ce qu’ils penseraient réellement de nous nos descendants… Ne nous considéreraient-ils pas comme des irresponsables, violents, pillards, saccageurs de nature, destructeurs des autres races et espèces ? En ce cas, ne seraient-ils pas effarés d’être nos descendants génétiques, au point de choisir de bien nous laisser pourrir dans nos vices et horreurs… sans surtout tenter de nous encourager à continuer notre démolition générale en nous montrant que nous n’avons pas pu tout faire exploser sur notre globe et que, de fait, on peut poursuivre le massacre sans crainte.

Les rendez-vous de l’envie, de la pitié… et de monsieur André Malraux

Pour toutes ces raisons, et quelques autres, nous tentons modestement cette aventure avec les ancêtres de la réception puisque le principe de l’hétérodyne remonte au début du 20e siècle et des âges d’or de la radio. Ce procédé est simple et bien maîtrisable… si simple qu’il peut suffire pour nous contacter sans trop dévaster les 36e dessous des caves des musées de l’antiquité de la science… En restant simple on peut augmenter nos chances de paraître acceptables dans cette démarche exceptionnelle. A ceci, nous ajoutons que rester à la disposition d’une écoute continue, à nos ‘demains’ radiophoniques, on se présente, non plus en demandeurs mais en receveurs faisant leur maximum pour être disponible, sans condition, ni horaires de fonctionnement du type «heures d’ouvertures et congés annuels», ni imposition d’aucune sorte… Nos anciens disaient « fait ce que tu dois faire sérieusement sans jamais te prendre au sérieux » points en lui disant « avant l’heure, c’est pas l’heure et après l’heure, c’est plus l’heure !!! » et sans doute étaient-ils plus proche de l’humble réalité que nous sur bien des points qui disons sèchement au futur « avant l’heure c’est pas l’heure, et après l’heure, c’est plus l’heure !!! ».

Certes, à notre tour nous manifesterons notre présence à ces futurs scientifiques par un message confié au cargo spatial… Kéo. Ceci sera fait au moment du dépôt de nos statuts en association sous la loi de 1901… avec une présentation originale ne pouvant échapper à l’attention du curieux et de l’archiviste de service en la matière, tout comme nous l’espérons à celle de ceux qui pourraient nous lire bien plus tard dans des siècles et des siècles… le tout est de faire envie et non pitié…
A présent, nous soulignerons encore certains aspects dont nous avions, plusieurs fois, fait mention à propos du savoir hypothétique de ce possible essai de contact avec le temps. Depuis le début que nous connaissons l’envoi de ce satellite Kéo, chargé de messages pour le futur, un certain nombre de points, pour nous, restaient dans l’ombre et y stagnent encore un peu. Par exemple personne ne tient compte de certains comportements de monsieur André Malraux alors qu’il est ministre de la Culture. Il occupe ce poste sous différents gouvernements : celui de Michel Debré (22 juillet 1959 – 14 avril 1962), ensuite sous Georges Pompidou (14 avril 1962 – 12 juillet 1968) et enfin celui de Maurice Couve de Murville (12 juillet 1968 – 20 juin 1969). Durant ces mandats il y eut de sa part des recherches engagées, parfois avec l’aide des régiments du Génie, sur des sites pour le moins… sulfureux que plus tard les gouvernements suivants dénonceront où sur lesquels le ‘black-out’ sera posé. Nous en avons suffisamment parlé pour ne pas avoir à y revenir plus longuement. Nous retiendrons seulement ce que nous appelons « l’affaire du Château de Salses » et surtout celle plus… inquiétante du fameux « dossier Lazare ».
On observe également ses déplacements dans le secteur du Roussillon… des déplacements d’autant plus originaux qu’ils n’étaient en rien motivés par une visite officielle ou des obligations ministérielles, tout en mettant cependant en avant la fonction pour… ‘créer l’organe‘. Certes, jusque là rien de bien méchant ni de bien insolite. Cependant, là où, pour nous, certains éléments demandent un peu plus d’attention c’est au moment de lire son célèbre ouvrage ‘La Condition Humaine’. Ce livre à la connotation politique, de son début à sa fin, n’a rien de bien mystérieux… sauf si on note certains noms des personnages l’émaillant ou faits anodins, intérieurs et extérieurs, qui pris isolément et remis dans le contexte du voyage dans le temps prennent une dimension pour le moins différente et anormale. Evidemment ces ‘détails’ n’ont jamais été ni étudiés ni proposés à la lumière par qui que ce soit en matière de rendez-vous avec le futur…
Bien entendu, ceci peut faire sourire et sembler ne dépendre que du domaine des ’aventures de Black et Mortimer’. Cependant que voulait dire ce ministre, qui fut probablement l’un des derniers aventuriers (au sens noble), lorsqu’il commentait l’humanisme et l’écrasement de… la bête (Les Voix du Silence -1951). Et que voulait-il nous faire entendre à propos de ce siècle qu’il qualifiait de ‘prochain’ lors d’une tirade devenue célèbre (« Le siècle prochain sera religieux ou ne sera pas ») et qui, en réalité, est la déviation rapide de ce propos, lui, authentique « Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connue l’humanité, va être d’y réintégrer ses dieux ». On nous répliquera facilement que tout ceci est politique, philosophique et de vagues propos lancés en l’air à l’occasion de ceci ou de cela et qu’il n’y a pas là, ni de quoi fouetter un chat, ni en faire une passerelle d’embarquement pour le futur ou… son retour… Mais oui l’affaire est entendue sur ce plan, cependant faut-il aussi mettre à la poubelle, ou aux oubliettes, la teneur de certains propos tenus lors de commentaires faits officiellement lors de certaines réunions dans ‘certains’ milieux des P.O. ? Dans toute une série de phrases et réflexions prononcées par ce troublant ministre de la Culture, parfois aux airs d’Indiana Jones, lors de ces visites hors le protocole, nous n’en proposerons qu’une ou deux ici. Par exemple nous retenons cette remarque à propos d’un secteur au-dessus de Salses dont il disait « c’est ici que nous attendrons le futur… à moins qu’il nous y attende déjà depuis des siècles ! ». Et encore une dernière constatation de la même eau « la science et le sacré nous rejoindront en ces contrées pour notre plus grande stupéfaction car le temps y est notre plus attachant ennemi ». Nous n’ajouterons pas plus de commentaires sur le fait que ce ministre de la Culture se soit fait remettre le dossier complet concernant le crash d’un constellation militaire en mission vers Périllos, le 11 janvier 1963… sauf, bien entendu par sympathie pour son homologue ami, le ministre des armées. Mais cette amitié était-elle vraiment la seule raison ??? Nous en doutons fort comme nous pourrons le vérifier prochainement. Mais on peut, en vérité contester que ces propos aient le moindre sens par rapport à ce qui nous intéresse présentement et nous l’acceptons volontiers, pourtant nous ajouterons qu’à un moment il faut bien convenir que… ‘trop c’est trop’ ! D’autres nous dirons que ce fut un homme aux actions contestables, et qu’il est possible qu’il put casser trop d’œufs pour une omelette qu’aucun convive ne vient savourer. On peut contester un homme qui eut 41 décorations étrangères, et 5 des plus hautes pour la France, reposant au Panthéon depuis 1966, on le peut… mais peut-être également peut-on s’arrêter un instant pour mieux réfléchir sur ces remarques et sur certains événements actuels, passés ou futurs dans ces régions car si Paris valait bien une messe… d’autres endroits, inscrivant leur nom en lettres CAPITALES, en valent bien tout autant.

Demain au rendez-vous d’aujourd’hui

Notre message laissé au bon soin du ventre de Kéo contiendra les extraits cités ici, leurs références d’archives et un ou deux autres petits détails sur des visites d’André Malraux dans notre secteur, alors qu’il est libéré de toutes obligations ministérielles… comme deux petites visites touristiques à Périllos par exemple !
En ce qui nous concerne nous avons acquis la conviction qu’il y eut un événement dont quelques personnes, parmi nos autorités, furent à propos dont monsieur Malraux avant ou pendant son ministère… qui suscita en lui une curiosité qu’il assouvira au plus loin qu’il le put. Sur ce sujet nous reviendrons, dans un autre chapitre, sur d’autres ‘détails’ de ‘terrain’ présentant quelques éléments ou anomalies qu’il serait judicieux d’étudier à toutes fins utiles… Pourquoi ne pourrait-il pas s’agir d’une sorte de savoir lié à une région étroitement circoncise et une ‘autre chose expérimentale’ qui un jour pourrait bien en surprendre plus d’un, d’une, d’entre nous.
Pour toutes ces raisons, nous pensons qu’il est de bon ton de tenter à notre tour l’aventure du contact avec demain… ou hier, avec les moyens que nous nous donnerons.

Rendez-vous avec l’épilogue du premier non départ

Au moment de clore, provisoirement, ce petit chapitre il semble utile de préciser que le projet Kéo est toujours dans son carton et pourrait avoir de moins en moins de chance de décoller… et, de fait, de naviguer vers le futur. Les raisons, du moins celles avouées, sont du domaine du sacro-saint nerf de la guerre, à savoir : les moyens financiers. Sans ces derniers… point de mise en œuvre de l’envoi du satellite. C’est affligeant mais c’est ainsi de nos jours. Le pire pourrait être que les premiers sponsors lassés d’attendre, en voyant leurs dons figés pour rien du tout, se mettent à retirer les uns derrière les autres leurs billes investies dans de ce pourtant superbe projet qui pour une fois est seulement axé, sans intérêt ni mesquinerie, sur l’espoir et la solidarité. A la manière dont évolue la situation générale dans quasiment tous les pays il y a de fortes chances, hélas, que si cet envoi vers le vide sidéral est uniquement lié à la finance… Kéo ne soit pas à ‘demain la veille’ de se voir propulsé en déployant ses ailes vers son grand projet. Au pire nous disons que ce n’est non seulement pas grave mais que ce ‘non départ’ n’influe en rien le rendez-vous du temps… et mieux encore que cette expérience est simplement finie avec succès sans avoir commencée… du moins sous sa forme annoncée. Comme nous avions été les PREMIERS (il est bien de le préciser puisque maintenant chacun, sans vergogne, fait sienne notre réflexion!!!) à le suggérer, ceci nous l’avons dit plus haut n’a pas d’incidence sur l’expérience elle-même, bien au contraire, et nous le ‘DE-MONTRE-RONS’ dans un second travail.

Forcément… à suivre.

André Douzet

NB : les éléments concernant André Malraux proviennent des archives de Daniel Réju.