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Rennes-le-Château:
'The Rise' |
Septième
Jour : Et l’ange du Seigneur vint devant nous et déclara :
« Sonnez de la trompette autour de Rennes, parce que le jour du Seigneur
est proche. Les chemins tortueux seront redressés et les raboteux
seront aplanis. Et les murs de Jéricho devinrent comme de la paille
au soleil. Et chacun y entra droit devant lui !»
DE LA SANCH AUX CARMELS
Chapelle sainte Juste et Ruffine, Prats de Mollo
Comme nous venons de le voir au travers des développements précédents, l’Archiconfrérie de la Sanch comptait dans ses rangs nombre de manichéens. En effet, ses premiers adhérents furent recrutés par son fondateur, le dominicain espagnol Saint Vincent Ferrer, parmi les puissantes confréries des Tisserands (Teixidors) et des Jardiniers (Hortolans, en français « horticulteurs ») du quartier du Puig à Perpignan.
Le fait que ces corps de métiers particuliers possédaient chacun leur chapelle de confrérie en l’église Sant Jaume – Saint Jacques – de ce même quartier, avant même que la Sanch n’y soit fondée, ne doit rien au hasard.
Car ces jardiniers et teixidors (autrement nommés « texores ») manichéens vont graduellement acquérir une influence considérable dans l’économie et la politique de Perpignan, favorisés en cela par les plus hautes autorités de l’époque :
Dès 1262, le roi Jaume 1er d'Aragon réserve deux des sept sièges de répartiteurs d'impôts de Perpignan aux représentants des habitants du Puig. Cela signifie concrètement que grâce à ces nouvelles fonctions, les texores manichéens vont s’enrichir considérablement et devenir en quelque sorte des banquiers de la ville. C’est d’ailleurs à cette époque que l’on fait remonter l’édification de l’église Sant Jaume (Saint Jacques), futur lieu de création de la Confrérie de la Sanch.
Pendant la période du royaume de Majorque, cette tendance se confirme : en 1317, le roi Sanche étend le domaine de résidence des tisserands aux rues qui partent du Puig pour déboucher sur le cœur de la ville.
Une
générosité, voire une sympathie qui apparaîtraient
bien étranges, car sans intérêt aucun, de la part des
monarques d’Aragon et de Majorque, si ces Tisserands et jardiniers
n’avaient été, à l’origine, que de simples
artisans du commun peuple…
En réalité, l’octroi libéral de ce domaine aux
Tisserands par le roi Sanche prend tout son sens, pour peu que l’on
remarque que c’est précisément ce périmètre
qui sera, un siècle plus tard, choisi par… la Sanch pour y
effectuer sa célèbre procession du Jeudi Saint : du quartier
extérieur du Puig vers le centre de la ville, invariablement.
Un
pas de plus dans l’irrésistible ascension sociale de la Sanch
sera franchi lorsque par la suite, en 1449, les texores et les jardiniers
de ce quartier du Puig se verront gracieusement et définitivement
réserver l’un des postes de consul de la ville…
Le pouvoir financier de l’Archiconfrérie va donc s’additionner
d’une influence politique considérable.
Car à cette époque, la Sanch avait d’ores et déjà acquis une autorité certaine dans la ville, depuis sa fondation du 11 octobre 1416, par Saint Vincent FERRER en l’église Saint Jacques du quartier du Puig.
Au-delà des particularités du corpus de ses membres, l’« Arxiconfaria de la Preciosissime Sanch do JESUCRIST Nostre Senyor », officialisée par l’évêque d’Elne sous le nom latin « Archiconfraternitas Pretiosissimi Sanguinis Jesu Christi Domini Nostri » (Archiconfrérie du Précieux Sang de Jésus-Christ Notre Seigneur) dut bien, il faut le dire, une grande part de sa spectaculaire influence à son fondateur !
Vincent
Ferrer
Un personnage fort curieux en vérité, que ce prêcheur dominicain espagnol appelé Saint Vincent Ferrer (ou encore Ferrier)… et, il faut le reconnaître, un infatigable prédicateur.
Ce
prêtre né en 1350 à Valence en Espagne, commence de
brillantes études de philosophie et de théologie dans cette
ville; il entre chez les Frères prêcheurs en 1370 et est ordonné
en 1378. Il obtient le doctorat en théologie à Lérida.
Après avoir été théologal de la cathédrale
de Valence, il quitte l’Espagne pour suivre en France son ami le cardinal
Pierre de Luna. C’est ce même Luna, en 1394, est élu
pape en Avignon sous le nom de Benoît XIII.
Soudain métamorphosé par des visions des saints François
et Dominique, Saint Vincent Ferrer va se muer en un étrange prêcheur
errant, et connaîtra de grands succès dans son entreprise d’«
évangélisation des foules » en annonçant la fin
du monde et la nécessité de se repentir.
Un message étrangement dans l’air du temps, repris par nombre
de sectes apocalyptiques actuelles, parmi lesquelles l’Ordre du Temple
Solaire.
Ajoutons que selon Ferrer, la Peste Noire, qui faisait alors des ravages
dans la société, était le signe manifeste de la colère
de Dieu contre l’impiété des peuples.
Son ami le pape d’Avignon, Benoît XIII le déclare doué
de pouvoirs extraordinaires (à la semblance de ceux dont se targuera
au XIX ème siècle, le moine Vintras) et lui confère
officiellement la charge de « plénipotentiaire du Seigneur
» (c’est-à-dire que Vincent Ferrer était autorisé
à se prétendre détenteur de tous les pouvoirs de Dieu
en Son Nom, comme le fera plus tard Vintras).
Armé d’une éloquence flamboyante et d’une réputation de thaumaturge, Vincent Ferrer parcourut l’Europe. Il se produit en Espagne, en France, dans le Nord de l’Italie (c’est-à-dire chez les Lombards) et en Suisse, en Allemagne et dans les Flandres, en Angleterre, Ecosse, et Irlande. Sa renommée devint rapidement telle, qu’il alla même prêcher à Grenade, chez les musulmans, sur la demande expresse de ces derniers !
Partout où il prêche, Vincent Ferrer fait connaître sa doctrine, laquelle consiste en une mystique essentiellement axée sur la dévotion la plus totale envers la Passion du Christ, et par extension envers la conséquence de cet évènement survenu sur le mont Golgotha et qu’il considère comme un Saint Supplice (voir : Saint Sulpice), à savoir l’effusion de son sang.
De
là viennent les divers noms de « Précieux Sang »
et de « Sainte Passion » ou « Passion Sacrée »
(Sagrada Passio) que sa Confrérie, dépositaire de ce culte
et marque omniprésente de son passage, adoptera.
Nous noterons à ce titre qu’étant donné son passage
en Flandres, la présence à Bruges d’une Basilique du
Saint-Sang possédant une ampoule-relique réputée contenir
un échantillon du Sang du Christ, n’est certainement pas étrangère
à son influence…
Une
si noble cause ne pouvait qu’emporter l’adhésion des
hérétiques flagellants, qui étaient nombreux à
le suivre dans tous ses déplacements.
La tête couverte d’un sac de pénitence noir et d’une
cagoule, ils accompagnaient bruyamment les oraisons de Vincent de leurs
clameurs et de leurs lamentations, tout en lacérant leurs propres
corps avec frénésie au moyen de lanières de cuir bardées
de clous, en mémoire de la flagellation subie par le Christ.
Christ
aux outrages
Car Vincent ne se faisait pas faute de promettre les tourments éternels de la Géhenne à quiconque ne faisait pas pénitence à sa suite.
Nous retrouverons d’ailleurs ces flagellants accompagnés de pénitents rouges et noirs, les caperutxes, dans les processions organisées le Jeudi Saint (qui deviendra le Vendredi Saint à la suite d’un changement de calendrier) par la Sanch en divers lieux d’Espagne, ainsi qu’à Perpignan, Collioure et Arles-sur-Tech.
Les
caperutxes, ces pénitents, portaient sur leurs épaules des
groupes de statues en bois doré, les misteris, représentant
les différentes étapes de la Passion du Christ, notamment
Jésus au Jardin des Oliviers, la Flagellation, ou encore le Portement
de Croix.
A partir du XVIIIe s., ce tableau coloré s’enrichit de Vierges
des Douleurs vêtues de robes noires, dont les coeurs d'argent étaient
transpercés de glaives (certainement inspirée de la dévotion
aux Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie introduite par Saint
Jean-Eudes : voir plus bas), ainsi que de la Soledat (la Vierge seule au
pied de la croix) et de la Mater Dolorosa (la Vierge qui se lamente en étreignant
la dépouille du Christ).
La Sanch avait d’ailleurs coutume de rendre un culte assidu à la figure du Christ aux Outrages (Ecce Homo), un Christ en pleurs, à la tête penchée de côté, comme décapitée, et coiffée d’une couronne d’épines, croisant ses bras en X sur son torse meurtri et douloureux. On trouve ce genre de représentation très particulière notamment à l’abbaye Sainte Marie d’Arles-sur-Tech, ainsi qu’à la cathédrale Saint Jean de Perpignan (Dévot Crucifix à la tête penchée), tous lieux fréquentés par ses processions.
Les pratiques des flagellants, finissant par privilégier le masochisme aux dépens de la piété, leur attirèrent les foudres de la hiérarchie catholique : la procession nocturne fut interdite en 1770 par l'évêque d'Elne, qui, pour mettre bon ordre aux débordements de la Sanch, décida que les cérémonies se termineraient désormais avant les quatre heures de l'après midi.
Ce funèbre cortège était (et est encore aujourd’hui) précédé de la Creu dels Improperis (Croix des Outrages) qui regroupe les instruments de la Passion du Christ : clous, tenailles, marteau, fouet, couronne d'épines etc. en tout 19 instruments rappelant les outrages reçus, la croix étant surmontée d'un coq qui rappelle le reniement de Jésus-Christ par Saint Pierre… et surtout, par les Templiers.

Sur
la croix ansée de Prats de Mollo (1652) :
Il s’agit très probablement d’un emblème de la
Sanch (voire de la confrérie de Nostra Senyora dels Desemparats,
Notre-Dame des Désemparés, laquelle a été fondée
par un compagnon de Saint-Vincent Ferrier, le père Gilabert Jofré).
La date inscrite sur ce qui fut jadis, d’après sa forme, la
pierre frontale d’une arche de porte, coïncide tout à
fait avec une période faste pour la Sanch, ou éventuellement
à un symbole A. A., comme semble l’indiquer la présence
de deux « A » de part et d’autre du linteau de pierre
frontal soutenant l’entrée de communication entre l’abbaye
d’Arles-sur-Tech et sa cour intérieure. Cette inscription entoure
les lettres grecques Alpha et Oméga, qui sont elles-mêmes incluses
dans la partie basse d’un bas-relief de style templier représentant
Christ crucifié par les quatre animaux-symboles des Evangélistes.

L’ambiance
légèrement morbide qui régnait lors des manifestations
de la Sanch était tout à fait en phase avec l’autre
mission que Vincent Ferrer lui avait assignée dès 1416.
Vincent, par un curieux mélange de mystique et de pragmatisme dont
il avait le secret, lui avait en effet confié la tâche d'assister
les condamnés à mort, une mission que la Sanch continuera
fidèlement d’accomplir jusqu’au XIX ème siècle.
Là encore, Saint Vincent avait sans nul doute extrait ce concept
de sa dévotion pour la Passion, c’est-à-dire pour les
souffrances subies par Christ condamné à mort.
Le rôle de la Sanch consistait à accompagner les criminels
de leur prison au lieu de leur exécution, au son de funèbres
tambours voilés de noir, tout en les protégeant de la vindicte
du peuple – ce qui n’était pas toujours chose facile
–.
Enfin – point d’importance – la Sanch assumait SEULE la
responsabilité d'ensevelir leurs dépouilles « selon
les rites chrétiens ».
Il va sans dire que dans de telles conditions, le caractère chrétien
desdits rites est sujet à caution : Abdon et Sennen, les deux Saints
Manichéens, avaient d’ailleurs été condamnés
pour leurs rites étranges sur les morts…
Suscitant des ordres similaires à la Sanch partout sur son passage, Vincent se rend successivement en France à Albi, Lyon, Dijon, Bourges, Angers, marchant en cela dans les traces mêmes des Manichéens du Moyen-Age.
Il pousse son périple jusqu’à Vannes où le devoir l’appelle, en la personne du Duc Jean de Bretagne lui-même. Il ira même jusqu’à faire de sa femme Jeanne l’une de ses plus ardentes disciples. C’est donc lui qui inspirera à Jeanne de Bretagne l’idée de fonder en ces lieux un nouvel ordre religieux inspiré de la Sanch (même homme, mêmes idées). Ce sera chose faite à Vannes en 1463, avec la fondation du Carmel par l’intermédiaire de Françoise d’Amboise, la protégée de Jeanne, qui épousa l’un de ses fils et régna également un temps à sa suite sur le Duché. Nous reviendrons plus en détail par la suite sur les circonstances de ce tournant majeur dans l’histoire religieuse française.
Au demeurant, ceci explique pourquoi l’on retrouve le symbole (typique de la Sanch) de la Croix des Outrages également dans certaines églises de Bretagne, notamment à Tréhorentheuc où sévira la secte d’un dénommé Eon de l’Etoile, lequel avait repris à son compte cette habitude typiquement manichéenne (de Manès), de se prétendre christ à la place du Christ (cf. le texte « Puissance du Manichéisme », sur le site France-Secret).
Vincent arrive à Vannes le dimanche des Rameaux 1418. Les notables s’avancent à sa rencontre. Devant, on a mis les malades, les infirmes et plusieurs guérisons ont lieu. Il prêche sur la place des Lices.
C’est alors que Vincent va étendre sa présence à Rennes, puis en Normandie. Il marqua Caen de sa présence, en passant par Bayeux, Coutances, Avranches. Il reste d’ailleurs des marques en ces villes, de l’influence qu’il exerça : dans les caves des rues principales, de petits temples Manichéens sont restés, avec une pierre d’autel, et des lavabos monolithiques généralement gravés de signes étranges, et surtout d’un homme à tête de taureau. Le tout entouré de 5 cases pleines de cire…
Epuisé par ses voyages incessants, Vincent Ferrer revient finir ses jours à Vannes, où il rendra son dernier souffle le 5 avril 1419.
Entre-temps,
Vincent laisse un nombre considérable de disciples répartis
dans l’Europe entière, qui s’attacheront avec acharnement
à poursuivre son œuvre.
Nous distinguerons tout spécialement parmi ces disciples la duchesse
Jeanne de Bretagne.
Pour le comprendre, rappelons que c’est à son autorité
que la France doit l’implantation du premier monastère féminin
du Carmel de France, à Vannes. Jeanne de Bretagne prit personnellement
soin de former Françoise d’Amboise, qui en fut nommée
supérieure.
Le
Carmel : cet ordre de moines et de moniales auquel on prête, sans
trop de preuves d’ailleurs, des origines en Terre Sainte aussi anciennes
que le douzième siècle, d’ermites vivant dans les grottes
du Mont Carmel et se réclamant du prophète Élie lequel,
800 ans avant le Christ, s'écriait : "Le Seigneur est vivant
devant qui je me tiens".
A la lumière d’un tel mythe fondateur, personne ne s’étonnera
plus qu’un Vincent Ferrer, véritable concepteur et précurseur
du Carmel, ne trouve soudainement, en 1399, sa vocation missionnaire à
la suite de visions. Et encore moins qu’au XIX ème siècle,
un certain Eugène Vintras, ne fasse de Bayeux (ancien foyer de manichéens
où s’était rendu Ferrer), le centre d’une secte
mystique convaincue d’hérésie et pourchassée
en son temps par l’Eglise, l’Eglise du Carmel alias Sanctuaire
Intérieur du Carmel d’Elie alias Œuvre de la Miséricorde,
et tout cela après avoir eu diverses visions… d’un vieillard
qu’il nomme « Elie Jean-Baptiste », ainsi que de Jésus,
Marie, Joseph, etc., etc.
FRANÇOISE D’AMBOISE (1427-1485), DUCHESSE de BRETAGNE CARMÉLITE
Née
en pleine guerre de Cent ans, au château de Thouars le 9 mai 1427,
Françoise est fille du seigneur Louis d’Amboise et de Marie
de Rieux. Son père était Vicomte de Thouars, Seigneur d'Amboise,
Bléré et Montrichard, Comte de Guines, Seigneur de Talmond,
Marans, de l'Ile de Ré, etc. Il était donc immensément
riche, ce qui lui attira les convoitises et la vindicte des Rois de France
Charles VII et Louis XI et de leur entourage.
C’est pourquoi dès les premiers jours de sa fille Françoise,
sa femme se voit contrainte de se réfugier à la cour de Bretagne.
Celle-ci réside à VANNES, puis à NANTES. 
Cloître abbaye Arles sur Tech
Élevée
par la duchesse Jeanne de Bretagne, Françoise dut épouser
en 1441, dès l’âge de 15 ans, pour des raisons politiques,
Pierre de Bretagne, le second fils du Duc Jean V et de la duchesse Jeanne.
Celui-ci, après la mort inopinée de son frère, est
appelé à gouverner la Bretagne en 1450 sous le nom de Pierre
II.
Françoise, la “Bonne Duchesse”, comme on l’appellera après son couronnement, prend une part discrète mais active au gouvernement.
Mais
le Duc PIERRE II est emporté par la maladie dès 1457. Le Connétable
de Richemond, Arthur de Bretagne lui succéda.
Veuve, sans enfants, Françoise songe à entrer dans les ordres.
Après avoir un temps formé le projet de se retirer au couvent
des Clarisses qu’elle venait alors de fonder à Nantes, c’est
finalement sa rencontre avec Jean Soreth, prieur général des
Carmes, alors en visite dans les couvents de Bretagne, qui arrêtera
son choix : c’est au Bondon, à Vannes, à proximité
du couvent des Frères Carmes fondé en 1427, qu’elle
fait construire une maison pour accueillir 9 religieuses qui arriveront
de Liège (Flandres) le 2 novembre 1463.
Fondé avec l’aide de Jean Soreth, cet établissement deviendra le premier carmel féminin de France, placé sous le vocable des “Trois-Marie”. [Notez la ressemblance extrême entre cette formule de dédicace et les légendes qui entourent l’affaire Rennes-le-Château, lesquelles apparaissent comme un édifice intellectuel bâti par la Sanch et les Carmels pour justifier le choix de cet endroit comme lieu d’un soit-disant « Tombeau du Christ » : les Trois Marie (la Vierge, Marie-Madeleine et Marie-Salomé) accostant en France dans le Roussillon et s’établissant dans les Corbières, en compagnie de Jésus et de Jacques le Majeur. Un thème qui sera repris par la Compagnie des Sulpiciens de Jean-Jacques Olier, dans sa devise : Auspice Maria : Sous la Protection de Marie(-Madeleine) ou des Trois Marie]
Après avoir réglé des affaires difficiles et déjoué les intrigues de Louis XI, son cousin, qui veut la remarier, Françoise d’Amboise peut enfin franchir la porte du petit monastère.
A 40 ans, le 25 mars 1468, elle reçoit l’habit du Carmel, et un an plus tard, s’engage par la profession religieuse. Élue Prieure de sa communauté de Vannes qui, peu après (1477) se transfère aux “Couëts”, à Nantes, elle devient Mère Françoise. Ayant voulu assumer seule le soin d’une sœur dite atteinte de la peste, elle meurt le 4 novembre 1485, victime de sa charité.
Quatre
monastères carmélites vivront jusqu’à la Révolution
française selon les Constitutions de Françoise d’Amboise
:
-
les “Couëts” à NANTES
-
“Nazareth”, 2ème couvent établi à VANNES
EN 1530, ainsi que ses deux fondations :
- “le Saint Sépulcre” à RENNES (1622)
- “Bethléem” à PLOËRMEL (1627)
Jean
Soreth (1394-1471)
Nous ne pouvions décemment nous abstenir d’un mot sur celui
qui eut tant d’influence sur l’itinéraire spirituel de
Françoise d’Amboise. Jean Soreth était profès
des Carmes établis à Caen (la branche masculine du Carmel,
indubitablement liée aux prêches de Saint Vincent Ferrer en
ce lieu). Après des études de théologie à Paris,
il gravit peu à peu les échelons de l’Ordre : provincial
de France en 1440, puis commissaire général pour la région
rhénane et les Pays-Bas, il accèdera enfin à la fonction
suprême de prieur général de l’ordre en 1451.
A l’époque, les couvents des Carmes avaient étendu leur
influence sur des monastères de sœurs, sur des groupements de
pénitents, de béguins et de béguines, etc. Jean Soreth
obtint de Nicolas V une bulle lui reconnaissant les juridictions nécessaires
(7 oct. 1452) à la tâche d’encourager et régulariser
ce mouvement.
Dès lors, il exercera ses talents de réformateur au service
de l’idéal de pauvreté, d’ascétisme de
Vincent Ferrer. Il s’attache également à promouvoir
la vie contemplative de l’Ordre. Pour asseoir ses réformes,
Soreth a visité couvents et provinces en Italie, en France, en Allemagne,
en Angleterre, voyageant le plus souvent à pied, par tous les temps
(en somme, sur les traces mêmes de Vincent Ferrer). Tous ces efforts
aboutiront à la promulgation de nouvelles constitutions des Carmes
en 1462, dont il fut le principal artisan.
Son nom demeure de ce fait indéfectiblement lié, aux côtés
de celui de Françoise d’Amboise, aux origines des Carmélites,
ainsi que du tiers ordre du Carmel.
Le
mont Carmel, Jerusalem
La
même remarque est applicable à un autre grand réformateur
du Carmel, qui deviendra même cardinal : Pierre de Bérulle
(1575-1629).
En 1604 il fut l’initiateur, avec madame Acarie sa cousine, d'une
réforme du Carmel importée d'Espagne, avec comme modèle
les préceptes de Jean de la Croix (voir plus bas). Cette réforme
allait, là encore, dans le sens d’un ascétisme et d’une
austérité plus conformes au mode de vie de Saint Vincent Ferrer
(l’inspirateur de l’Ordre, par l’intermédiaire
de sa disciple la duchesse Jeanne de Bretagne, et de l’élève
de cette dernière, Françoise d’Amboise).
Madame
Acarie, Barbe de son prénom, fonda le Carmel de l'Incarnation, le
premier Carmel réformé de France, rue Saint-Jacques, à
Paris (toujours en hommage à la fondation de la Sanch, en l’église
Saint Jacques du quartier du Puig à Perpignan). Elle eut recours
dans cette tâche délicate à l’expérience
irremplaçable de six carmélites ramenées d’Espagne
par Pierre de Bérulle, parmi lesquelles Anne de Jésus et Anne
de Saint-Barthélemy, deux proches disciples des réformateurs
ibères.
C’est d’ailleurs cette Anne de Saint Barthélemy qui deviendra
la première prieure du Carmel de Pontoise.
En 1614, après la mort de son mari, Barbe Acarie entra au Carmel
d’Amiens sous le nom de Marie de l'Incarnation (n’oublions pas
que Saint Vincent Ferrer défendait ardemment dans ses prêches
le dogme de l’Incarnation du Christ, bien compatible d’ailleurs
avec l’accent mis dans sa mystique sur les souffrances de la Passion,
mais que par la suite la Sanch, également sur son instigation, portera
à parts égales son culte sur les souffrances de Marie : statues
de la Soleda, de la Pieta et de la Mater Dolorosa, apparition dans leurs
processions des Vierges des Douleurs vêtues de noir, aux cœurs
percés de glaives).
Madame
Acarie vint ensuite rejoindre Anne de Saint Barthélémy au
Carmel de Pontoise, où elle finit ses jours le 18 avril 1618.
Avant son « entrée en religion », Barbe Acarie possédait
un hôtel particulier dans lequel de Bérulle, fils d’un
conseiller au Parlement de Paris, passa sa jeunesse, et qui fut le point
de rencontre des plus grands érudits de son temps, qu’ils soient
mystiques flamands, laïcs dévôts ou encore Capucins (Benoît
de Canfield). C’est là que de Bérulle fera la connaissance,
entre autres de Louise de Marillac et Saint Vincent de Paul (co-fondateurs
de l’Institution Notre-Dame de la Charité) et de Saint Jean-Baptiste
de la Salle.
Le 15 Janvier 1605, un deuxième carmel est érigé à Pontoise dans le monastère préparé par les soins de Madame Acarie, et les fondations se succèdent avec son concours, sous la supervision de Pierre de Bérulle : Dijon (fin 1605), Amiens (1606), Tours (1607), Rouen (1609), Châlons et Bordeaux (1610), Avignon (1613), Dole (1614), Dieppe (1615), Besançon, Caen, Lyon et Toulouse (1616). En 1618, on comptait en France vingt-sept Carmels, en 1644, cinquante-cinq, et, en 1664, soixante-deux. En 1616, la duchesse de Longueville créait un second carmel à Paris, rue Chapon, et ensuite il s'en fonda un troisième rue de Grenelle.
Outre
son statut d’ardent prosélyte du Carmel (à la mort de
Pierre de Bérulle, on dénombrera jusqu’à quarante-trois
couvents de Carmélites « rénovés à l’espagnole
» dans notre cher pays !), Pierre de Bérulle fut l’un
des membres les plus éminents de la Compagnie du Saint Sacrement
(une société secrète cléricale créée
en 1630 notamment par des Capucins), et le fondateur en 1611, rue Saint-Jacques
à Paris (soit à l’endroit même où madame
Acarie avait fondé le premier Carmel réformé), de la
Congrégation de l'Oratoire de Jésus (Oratoriens), une société
de prêtres qui contribua à réformer et réunir
le clergé français autour des principes carmélites
(hérités de la doctrine de la Sanch) de son fondateur et de
sa cousine madame Acarie.
Cette organisation poursuivit le rêve d’unification cléricale
de Bérulle après sa mort, et fut finalement à l’origine
de la création des séminaires de France.
Jean-Jacques
Olier
Pour
ce faire, l’Oratoire ne cessa de créer des séminaires
et collèges ecclésiastiques dans tout le pays, tous conçus
sur le modèle du séminaire de… Saint-Sulpice, créé
en 1641 par Jean-Jacques Olier, curé de Saint-Sulpice et membre de
l’Oratoire.
En fait, c'est une conception nouvelle du séminaire qui, autour de
1642, allait se développer à partir d'une expérience
originale, celle des "exercices", ou retraites, organisés
pour les ordinands. Ce fut l'oeuvre de Vincent de Paul, Jean Eudes et Jean-Jacques
Olier, trois membres de l’Oratoire fondé par Bérulle.
Dans
cette matrice oratorienne, ce même Pierre de Bérulle formera
en fait bon nombre de personnages, qui étrangement joindront tous
comme lui la société secrète appelée Compagnie
du Saint-Sacrement : Charles de Condren, son successeur à la tête
de l'Oratoire, ainsi que Saint Vincent de Paul (fondateur de la Congrégation
des Prêtres de la Mission de Saint Lazare : Lazaristes). A leur tour,
ces derniers seront les maîtres à penser de Jean-Jacques Olier,
curé de Saint-Sulpice et fondateur de la Compagnie des Sulpiciens.
Plus tard, en 1640, Jean-Jacques Olier créera à Paris, avec
Jérôme Le Royer de La Dauversière, un autre membre de
la Compagnie du Saint Sacrement (en 1635, ce dernier en implantera d’ailleurs
un bureau à La Flèche, la commune de la Sarthe dont il est
originaire), la Société Notre-Dame de Montréal, qui
regroupe des nobles fortunés et pieux désireux de convertir
les « sauvages » de la Nouvelle-France (Canada). Pour mener
à bien cette mission, la Société d'Olier et de La Dauversière
confie à M. de Maisonneuve l'établissement d'une colonie missionnaire
sur l'île de Montréal. Les Sulpiciens sont donc les fondateurs
de Montréal, une œuvre voulue et supervisée par une société
secrète, la Compagnie du Saint Sacrement. Le premier clergé
de Montréal créé en 1657, se composera en effet de
quatre sulpiciens français issus du Séminaire de Saint-Sulpice
de Paris, établi par Olier en 1641. Une statue de l'abbé Olier
est encore visible de nos jours, au sein d'un monument représentant
les fondateurs de la Nouvelle-France, devant la façade de l'Hôtel
du Parlement (Assemblée Nationale) de la ville de Québec.
En somme, un hommage de la part du Québec, à l'un de ses fondateurs,
un Sulpicien membre de la Compagnie du Saint-Sacrement et formé par
des Oratoriens eux-mêmes instruits par des Carmélites, en mémoire
de « services » rendus…
St
Sulpice, Paris
Revenons un instant sur les fondements idéologiques utilisés par Pierre de Bérulle et madame Acarie pour les besoins de leur réforme du C armel. Comme nous l’exposions, ceux-ci prirent modèle pour ce faire sur les préceptes, entre autres, de l’espagnol Jean de la Croix, eux-mêmes inspirés par la pensée d’Ignace de Loyola – Jésuites – (principe de la « plongée dans la nuit », anéantissement de l’âme, préalable et seul moyen, selon Jean de la Croix, pour pouvoir « appréhender Dieu ». Une théorie, dite de la « purification passive », qui conduit à la conclusion que, l’homme se devant selon la Bible de ressembler à Dieu, Dieu serait le Néant… ce qui nous place devant une contradiction manifeste avec les enseignements de l’Eglise Romaine, laquelle conçoit Dieu comme la forme la plus parfaite de l’existence, le triomphateur des ombres de la mort…)
Véritable bourreau de travail, Bérulle intervint aussi personnellement dans la réforme des ordres réguliers (avec des objectifs semblables), tels les Feuillants, les Frères prêcheurs (l’ordre dominicain auquel appartenait Saint Vincent Ferrer), mais aussi… les Bénédictins (grâce auxquels l’Ordre du Temple verra le jour) de Marmoutier et de Saint-Maur, les Prémontrés, des Franciscains et des Augustins.
L’ensemble de cette pépinière de talents suscitée par Pierre de Bérulle marqua si fortement de son empreinte son siècle, que les historiens la désignent aujourd’hui sous le vocable d’« Ecole Française de Spiritualité ».
Ce conglomérat issu de l’Oratoire, cette communauté d’intérêts qui parvint à transcender tous les clivages religieux, fut animé par des personnages comme Saint Vincent de Paul (1581-1660), fondateur des prêtres de la Mission, Louise de Marillac (1591-1660) des Filles de la Charité, Jean-Jacques OLIER (1608-1657) de la compagnie de Saint Sulpice et des séminaires, saint Jean Eudes (1601-1680) de la Congrégation de Jésus et de Marie et de plusieurs communautés féminines, saint Louis-Marie Grignon de Montfort (1673-1716) dont la spiritualité est d'un accent plus marial que les précédentes, et de saint Jean Baptiste de la Salle (1651-1719), fondateur des Frères des Ecoles Chrétiennes.
| La Compagnie du Saint-Sacrement était organisée sous l’autorité d’un conseil composé de neuf membres (symbole des Neuf chevaliers fondateurs de l’Ordre du Temple), renouvelé tous les trois mois, et qui comprenait dans ses rangs un supérieur, généralement un laïque, ainsi qu’un directeur spirituel qui était un prêtre. |
Le nom énigmatique de « Compagnie du Saint-Sacrement » de cette véritable société secrète indique qu’elle avait jeté son dévolu sur un seul sacrement au lieu d’honorer les sept que compte la religion catholique, imitant en cela les Cathares, qui ne reconnaissaient que le Consolamentum : cf. le texte : Puissance du Manichéisme. Ajoutons de plus que ce Saint Sacrement prenait chez eux l’apparence d’un ostensoir ressemblant anormalement à un calice, illuminé en arrière-plan par un disque solaire et contenant une hostie. Le lien entre cette idéologie et celle de la Sanch est ici établi par sa ressemblance avec le Graal, qui était souvent décrit par les Templiers et les Cathares comme le calice ayant recueilli le Précieux Sang du Christ lors de la Crucifixion. C’est ainsi que l’on détermine l’origine de la vénération de la Passion qui a produit ce Précieux Sang, par Saint Vincent Ferrer et la Sanch ; d’où le nom de l’église « Saint Supplice » dont l’abbé sera Jean-Jacques Olier, disciple de Pierre de Bérulle, membre comme lui de la puissante compagnie du Saint Sacrement et fondateur de la Compagnie des Sulpiciens ainsi que de la « Société Notre-Dame », dont les membres iront ensuite coloniser la Nouvelle-France (Canada) et seront à l’origine de la ville de… Montréal.
Il
existe de fait un lien évident, dans la mesure où «
Sulpice » n’est autre qu’une déformation du vocable
« Supplice », entre Saint-Sulpice et l’emblème
de la Sanch, soit la Creu dels Improperis, Croix des Outrages aussi appelée
Croix des Injures, portant tous les instruments du Supplice du Christ et
surmontée du coq, emblème du reniement de Jésus par
Saint Pierre.
De plus, le fait que le nom originel, étrangement tombé en
désuétude, de l’Archiconfrérie de la Sanch ou
« Précieux Sang » était « Confreria de la
Sagrada Passio », c’est-à-dire « Confrérie
de la Sainte Passion », que l’on pourrait encore traduire par
« Confrérie du Saint Supplice », établit fermement
un lien idéologique direct à travers les siècles, entre
les Confréries de la paroisse « parisiaque » et les prêches
exaltés de Vincent Ferrer le fondateur de la Sanch, en passant bien
entendu par l’incontournable ordre du Carmel, implanté pour
la première fois en France à Vannes par Françoise d’Amboise
grâce à l’influence de Jeanne duchesse de Bretagne, disciple
du même Vincent Ferrer.
Incidemment, nous ne saurions manquer de noter l’emploi alternatif des lettres « P. S. » et « S. P. » dans les dénominations choisies par Vincent Ferrer pour la Sanch. Cet indice nous renseigne sur la raison de la persistance de ce cryptogramme « P. S. » dans l’affaire de Rennes-le-Château. On retrouve en effet cette figure particulière tant sur l’un des parchemins codés, que sur la dalle de la tombe de Marie de Nègre d’Albe de Blanchefort. Après avoir absorbé l’information, Saunière ne put s’empêcher d’« ajouter son grain de sel », si l’on peut dire, à l’énigme P. S., en inscrivant au dos du socle de la statue de la Vierge la mention suivante : « Christus A. OM. P. S. Defendit » (Christ défend l’Antique Ordre Mystique du P.S.). Un bon moyen, en somme, de camoufler sous un faux nom une filiation idéologique bien réelle (celle de la Sainte Passion, du Précieux Sang, bref du « Prieuré de la Sanch »), mais plus manichéenne que proprement chrétienne.
«
Mais », nous direz-vous sans doute, « au terme de cette érudite
étude, quel lien y a-t-il entre cette nébuleuse de sociétés
cléricales d’origine manichéenne, et notre cher abbé
Saunière ? Existe-t-il seulement, ce lien ? »
Nous pouvons affirmer que oui. Et il ne nous manque plus pour conclure que
d’examiner plus en détail le profil d’un nouvel intervenant
:
Monseigneur Charles Brault (1752-1833), évêque de Bayeux (1802-1823) puis archevêque d’Albi, ainsi que pair de France.
La mission difficile de Charles Brault, évêque de Bayeux, en France, consista en effet à mettre en place le Concordat de 1801 signé entre Napoléon et le pape Pie VII.
Crucifixion,
Arles sur Tech
En
France, le concordat napoléonien de 1801 débouche sur une
reprise de l’activité ecclésiastique. Néanmoins,
considérée sous certains angles, celle-ci se révèle
éminemment trompeuse, un chef d’œuvre d’illusion,
pourrait-on dire. Certes, les séminaires sont réouverts, et
les candidats à la prêtrise se pressent à nouveau à
leurs portes. Mais ce « renouveau », si l’on peut l’appeler
ainsi, ne profitera pas à l’ensemble du clergé, loin
de là… Jugez plutôt :
De 1805 à 1810, dix séminaires sont confiés aux Sulpiciens
et en 1830, tous les diocèses en France ont un grand séminaire
dirigé par des Sulpiciens, des Lazaristes et même des prêtres
diocésains. On y compte aussi 144 petits séminaires.
Une seule conclusion s’impose, étant donné que Monseigneur Brault, évêque de Bayeux puis archevêque d’Albi, fut à l’origine des instituts Bon Sauveur de Caen (une source de financement très importante mentionnée par la comptabilité de l’abbé Saunière) puis d’Albi, et qu’en outre il avait carte blanche papale, et donc entière responsabilité quant à l’application du Concordat de 1801 : c’est qu’il favorisait évidemment ces congrégations de Sulpiciens (de Jean-Jacques Olier) et de Lazaristes (de Saint Vincent de Paul), sur toutes les autres dans l’attribution des séminaires !
Or ces séminaires seront précisément ceux qui refaçonneront l’ensemble du clergé français après les ravages de la Révolution…
Nous
assistons donc à une évolution continue de l’Eglise,
manifestement pilotée en France par les Lazaristes et surtout par
les Sulpiciens.
En fin de compte et pour aller au fond des choses, il n’est que logique
que ces disciples respectivement de Saint-Vincent de Paul et de son fils
spirituel Jean-Jacques Olier, propulsés à la tête de
la refondation du clergé au XIX ème siècle, entraînent
celui-ci chaque jour davantage dans le sens des préceptes carmélites,
définis sous leur forme actuelle grâce à l’action
de Pierre de Bérulle leur maître à tous, ainsi que la
mystique carmélite Barbe Acarie.
Et dès que l’on parle de mystique du Carmel, de quel héritage
intellectuel s’agit-il, sinon de celui de Saint Vincent Ferrer et
de l’Archiconfrérie du Précieux Sang et de la Sainte
Passion, c’est-à-dire le Prieuré de la Sanch ?
N’oublions pas que la duchesse Jeanne de Bretagne était une
fervente disciple de Vincent Ferrer, et qu’elle s’occupa personnellement
de l’éducation de Françoise d’Amboise, la fondatrice
à Vannes du premier Carmel féminin de France…
Saunière était donc bien financé notamment par la Congrégation des Filles du Bon Sauveur de Caen, un institut créé par l’archevêque pro-sulpicien et pro-lazariste qu’était Monseigneur Charles Brault !
Nous réserverons le mot de la fin pour renouveler nos félicitations à M. Laurent Octonovo, sans qui jamais ce texte n’aurait pu voir le jour. En effet, dans la mesure où il a eu l’inspiration d’évoquer dans sa conférence (dont nous avons pu consulter le compte-rendu, grâce aux bons offices du site de RennesleChâteau.Com), l’éventualité d’un financement de Saunière par le biais de la Compagnie du Saint-Sacrement, la conclusion « sulpicienne » s’est présentée d’elle-même, puisque que le fondateur des Sulpiciens en faisait partie…
Rendons à Saint-Sulpice ce qui est à Saint Sulpice…
Isaac Ben Jacob, Sarah Fishberg, Jean de Niort, Grégoire de Retz et Elisabeth Fermat
Il est formellement interdit de plagier, de modifier, de détourner des informations de ce texte et de prêter des intentions, ou des pensées aux auteurs sans leur avoir demandé leur avis préalablement. Ce texte est à caractère historique et n’a pas de but politique, ni idéologique. On ne peut sur cette base conclure abusivement que les Manichéens sont des hérétiques, ou que ces derniers présentent un danger quelconque. On ne peut de même détourner le texte de son but, qui est celui d’informer, plutôt que de juger… Les courtes citations sont permises avec mentions des auteurs, et de l’étique que se sont fixés ces derniers. Le lecteur et le chercheur devront donc prendre en compte l’ensemble des éléments contenu dans l’article, sans sortir les éléments de leur contexte. Tout abus sera dénoncé publiquement.